Ségolène Royal. Un devoir de conscience
Dans un précédant article j’avais dénoncé l’escamotage d’«Arbeit macht frei » (le travail rend libre), cette preuve de l’abomination nazie, allant jusqu’à tourner en dérision ce slogan du travail par son inscription sur le portique du camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau, où 1,1 millions d’êtres humains, majoritairement juifs, avaient été lâchement assassinés, souvent par le travail jusqu’à ce que mort s’ensuive, dans les pires conditions d’esclavage et de malnutrition. Une partie des criminels nazis qui avaient occupé des responsabilités dans l’extermination planifiée de dix millions d’êtres humains, dont six millions de Juifs, avait été jugés au procès de Nuremberg en 1946. Pour leur défense, désormais célèbre en tant que « défense de Nuremberg », ils avaient invoqué qu’ils n’avaient fait qu’obéir à des ordres, des lois, des règlements et des procédures. En somme, la responsabilité de chacun n’était que celle de son pré carré, de simple exécutant avec un devoir de loyauté envers sa hiérarchie et une crainte de sanctions. On les avait pendus, pour s’être assis sur leur conscience.
L’Humanité n’a pas tiré les leçons de l’abomination nazie. J’ai de solides raisons de craindre qu’il y aura d’autres horreurs de l’ampleur de la Shoah. Car, si on en avait tiré les leçons, alors on aurait fait inscrire dans la constitution de chaque Etat, le devoir de désobéissance hiérarchique en cas de conflit de conscience et l’immunité pour ces fonctionnaires. Tout supérieur hiérarchique qui ne respecte pas ce droit devrait être limogé avec effet immédiat. Je trouve que non seulement les fonctionnaires de l’Etat, mais aussi les responsables de médias, les journalistes qui ont la responsabilité de la formation de l’opinion publique, devraient bénéficier de pareille protection par la constitution. Si les journalistes sont asservis à un pouvoir, alors les jours de la démocratie sont comptés. N’importe quel pouvoir peut alors s’emparer d’une démocratie, pourvu qu’il ait le soutien des financiers qui possèdent les médias. Tel, était bien le cas d’Hitler. En France, aussi, les médias sont au service d’un lobby financier qui s’est emparé du pouvoir démocratique. La liste des invités du Fouquet’s à la table de Sarkozy, à l’issue de la présidentielle 2007 suffit largement à s’en convaincre. Ça ne devrait pas être ainsi. C’est un déni de démocratie. Aucun journaliste ne devrait être licencié si son opinion, sa conviction personnelle, ne correspond pas à la ligne éditoriale fixée par un pouvoir. Pas plus, qu’il ne devrait être privé de son droit d’expression médiatique. Il devrait pouvoir exprimer sa différence et dire clairement ce qu’il ressent être juste et bien, sans ne jamais être inquiété pour cela.
Lorsqu’on est informé de ce que fait effectivement Ségolène Royal et toute la désinformation médiatique qui l’entoure depuis 2006, alors je mesure à quel point la liberté des médias n’est qu’un leurre, ici en France. Pas un mot que le Poitou-Charentes soit une des régions les plus avancées d’Europe à prendre soin de l’environnement. Presque rien, à propos du sauvetage réussi d’Heuliez, par sa reconversion en éco-industrie produisant une voiture électrique à bas prix, alors que sans l’incroyable persévérance de Ségolène Royal, cela n'aurait vraisemblablement pas été possible. Combien de buzz médiatiques infâmes lui a-t-on fait, combien de Betancourt ? Combien de mensonges pour tenter de discréditer une candidate proche du peuple ? A quand l’inscription « Les médias rendent libres » pour nous faire croire que cela soit encore une démocratie ?
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