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4 janvier 2010

Ségolène Royal «diviseuse», «marrante»?

Par jocegaly sur LE POST

le 27/12/2009 à 20:14

 

Que de tentatives, pour tenter de disqualifier « l'ensorceleuse du Poitou » auprès du public!

Les manipulations les plus fréquentes vont des formules « pétantes » lancées à une presse avide de bons coups et d'une suite espérée d'échanges fiévreux, à un silence soigneusement entretenu sur les réalisations de ce personnage politique.

On remarque que certains procédés sont plus régulièrement utilisés:

 

Garder le silence sur les réalisations et innovations de Ségolène Royal dans sa région.

Il est aisé d'admettre, objectivement, que « l'anti royalisme » est en tout premier lieu, et impérativement, nourri par le silence: rien ou presque, n'est dit dans la presse nationale sur les réalisations et innovations de Ségolène Royal dans sa région, et sur ses interventions dans l'international. Lors d'interviews sur des chaines TV ?... la question immuable et insistante qui lui est posée, est, en substance, « que pensez vous du PS »! C'est devenu un rituel, malgré la sempiternelle réponse qui précise que c'est Aubry et non elle, Ségolène Royal, qui est responsable du PS.

Trouver les formules qui frappent les espritsLes détracteurs de Ségolène Royal tentent d'influencer par des mots lançés comme des titres de chapitre, mais... où aucun texte ne suit: "Clivante". "Diviseuse". "Marrante"... etc. , qui ne reposent sur aucun argument d'une critique fondée, éclairante et constructive.

 

S'appuyer sur le fonctionnement réflexe du public, et surtout pas sur le rationnel

La manipulation médiatique qui consiste à lancer des mots destinés à provoquer une réaction de rejet de la part du public commence à être bien connue. Prenons pour exemple: « Diviseuse » … Le mot est lancé pour appeler un réflexe immédiat du lecteur: «  Mais je veux le rassemblement, moi! »

Cette forme de manipulation des esprits a plusieurs facettes:

  • elle évite soigneusement de souligner l'illégitimité (depuis novembre 08), la sclérose , la procrastination (depuis... tant d'années!) , de l'appareil que Ségolène Royal persiste à défendre, qu'elle veut sauver malgré lui. A noter toutefois, que lorsque l'on parle de PS, tout le monde croit qu'il s'agit du parti ET de ses militants: c'était vrai en 2006, lorsqu'il y avait 230 000 adhérents dont la moitié s'étaient inscrits, ou ré-inscrits pour soutenir Ségolène Royal... Mais depuis le 17 juin 2007, après cette phrase fameuse de François Hollande « il faut faire fondre le tas de neige sur lequel Ségolène est assise » , et en raison des persistantes lenteurs et inerties de ce PS là, il reste aujourd'hui... environ 80 000 élus , et quelques petits militants survivants (50 à 60 000 au maximum, dont je suis encore...)

Ce procédé consiste à provoquer un "vote contre", au lieu d'un "vote pour", pour quelqu'un d'autre et pour autre chose... mais là, la matière manque cruellement parmi les propositions et les actes des autres candidats potentiels à la présidentielles de 2012 ... nous ne rencontrons quotidiennement que des promesses : "on y travaille", on prépare un projet" etc.

C'est dire le dénuement des "anti-royalistes" et concurrents lorsqu'il s'agit de poser une critique rationnelle de son action.

C'est dire leur mépris du bon petit citoyen qui aimerait bien savoir ce que ces beaux esprits peuvent fournir comme critiques rationnelles à opposer.

C'est dire l'abrutissement, l'abêtissement auquel ces "esprits forts" condamnent les lecteurs.

Rien ! Décidément rien qui soit posé et qui ressemble à des arguments critiques sur les réalisations de Ségolène Royal.

 

Et enfin, faute d'arguments, détourner les qualités de la personne

L'anti royalisme s'efforce de s'attaquer à des qualités qui distinguent Ségolène Royal de nombre de ses concurrents et adversaires:

  • humanisme et intérêt actif pour les chômeurs, les plus démunis (reformulé par ses opposants, cela devient « populisme » dans la presse et dans la bouche de ses adversaires )

  • écoute en continu, prise en compte des feed-back de la base , et ajustements à partir de ces expressions par l'application d'une « démocratie participative » (cela a été signalé , à droite comme à gauche comme une forme de « démagogie » …à noter , pour sourire, que depuis peu , ils sont de plus en plus nombreux, à droite comme à gauche à se targuer de faire de la démocratie participative! )

  • persévérance et détermination (cela devient « entêtement »),

  • sélectivité dans le choix des membres de son équipe de travail, de soutiens de confiance, soudés autour d'objectifs partagés (cela devient « solitude »),

  • mise en actes de ses paroles et discours, là où elle en a le pouvoir (cela devient « la région Poitou Charentes n'est qu'une région, à l'échelle de la France c'est autre chose »),

  • détermination à ouvrir un parti sclérosé aux contextes économiques, sociaux, du XXIè siècle , aux innovations incontournables, et à des valeurs d'éthique et de respect des pratiques démocratiques (cela devient « clivante » ou « diviseuse », ou encore « elle nuit au PS »... en passant sous silence que les décideurs de ce PS là ont souvent méprisé les votes des militants, placé leurs compères aux meilleures places éligibles lors d'élections nationales, pour pouvoir continuer encore longtemps à pratiquer « le chantage à la gamelle »... qui est à l'heure actuelle le seul attrait que présente ce PS à quelques petits ou grands arrivistes qui ont su faire allégeance à ces décideurs là... )

 

 

Mais alors, que penser de tout cela???

Ségolène Royal « diviseuse », « marrante » etc.? NON... A l'évidence.

Quant au PS: est-il un « Astre mort » selon la formule d'une ancienne – et parmi les plus fidèles – de ses militantes?... Un astre mort, ce PS qui a su être un temps l'espoir d'une alternance, mais qui, ces dernières années n'a eu de cesse de vouloir priver la gauche et l'opposition de la personne la plus charismatique , et innovatrice en idées et EN ACTES parmi ses représentant(e)s?

Un proche avenir nous l'apprendra.

 

°°°°°°°°°°°°°

MISE A JOUR Lundi 4 janvier 2010

 


"Rendre à Ségolène..."

      

   

     chronique : Rendre à Ségolène...    

   

          

par Léon-Marc Levy sur LE MONDE    

 

   

« Redonnons sens au mot fraternité » nous dit notre Président à l'occasion de ses vœux aux Français. Vous comprendrez pourquoi, ça me fait aussitôt penser à Ségolène Royal, vous savez la dame qui nous a tant amusé quand elle a dédié, naguère, un grand rassemblement à ce thème.

Vous l'avez sûrement remarqué, depuis quelques semaines, on ne se gausse plus  de Ségolène Royal. En tout cas nettement moins. Depuis 2006, on avait pris l'habitude d'une forme de basse continue dans ce pays, tissée de plaisanteries, d'anecdotes, de récits de « gaffes », de plus ou moins bon goût et, surtout, de plus ou moins bonne foi. Et puis là, depuis quelque temps plus rien. On sait pourquoi. En fait, c'est encore pire, c'est parce qu'on ne dit plus grand chose de Ségolène Royal. Ni en bien, ni en mal. Elle n'a pas la cote. Elle arrive même en tête des personnalités qui ont le plus pâti de l'année 2009 selon les Français ! Depuis sa « passe d'armes » avec Vincent Peillon, elle est « débuzzée ». J'espère pour elle qu'elle n'est pas désabusée. Peut-être est-ce le moment de lui rendre, un peu, justice.

Il en va ainsi des mœurs de notre politique. Du statut de star à celui d'anonyme (ou presque) le chemin est d'une brièveté saisissante. Les feux de la rampe grillent plus de gens qu'ils n'en propulsent au firmament de la popularité. Je ne suis pas sûr, bien que j'aie contribué à animer sa campagne présidentielle dans ma région, que Ségolène méritât à l'époque le vedettariat dont elle jouissait. Les unes des journaux et magazines (politiques, glamour, people) ne connaissaient qu'elle. Et pourtant, son « book » était bien mince : un ministère de l'environnement sous Bérégovoy, un ministère délégué à l'Education sous Jospin, une présidence de région, quelques vagues concepts énoncés constituaient tout le bagage de la coqueluche médiatique de l'époque.

Je suis encore moins sûr qu'elle mérite le silence d'aujourd'hui. Pour des raisons évidemment inverses : je trouve que son « book » s'est sérieusement épaissi.

Commençons par le début : sa campagne présidentielle de 2007. Bon. Comme on sait la fin, on a tendance à gommer le chemin qui a conduit à un échec. On a tort. Il y avait de belles pépites sur ce chemin et le fait que les Français, à ce moment-là, n'en aient pas voulu ne les rend pas moins éclatantes ! Je n'en cite que trois :

-       Rénover le Parti Socialiste par exemple, son fonctionnement et sa philosophie (on disait, chez les ségolénistes, son « logiciel »). Pas mauvaise idée non, si on en juge par les errements dudit parti depuis ? Connaissez-vous aujourd'hui un seul socialiste qui ne dise la même chose ? Même les « gardiens du Temple » sont convertis à la rénovation radicale, les mêmes qui dénonçaient alors le « Feu sur le Quartier-Général » de SR !

-       Ouvrir le débat démocratique à la participation populaire. On a aimé... en Amérique, quand Obama l'a fait ! Et aujourd'hui, pas un commentateur de la vie politique qui ne s'afflige de la phagocytation de l'exercice politique par le pouvoir sarkozyste. Même le Premier Ministre est un fantôme !

-       Rendre à la Gauche les valeurs qu'elle avait, au moins depuis 1968, abandonnées au profit d'un angélisme béat et anti autoritaire : la Nation, la Patrie, l'autorité, l'ordre, la puissance publique. Cela nous aurait peut-être évité le désastre d'un faux débat sur l'identité nationale et la communautarisation accélérée de notre tissu social (voir l'interview d'Emmanuel Todd dans « Le Monde » du 26 décembre sur « l'ethnicisation » du débat social).

Et puis un mot sur l'élection présidentielle même. Dans une France crispée dans ses peurs, dévorée par l'angoisse de l'emploi, du revenu et de l'insécurité, plus à droite qu'elle n'avait jamais été, Ségolène Royal a « fait » 17 millions de voix. Pas si mal. Je sais, il s'est bien trouvé des « y'a qu'à » pour dire, contre toute raison, que cette élection était « im-per-da-ble » pour la Gauche. On se demande s'ils vivaient dans le même pays que nous, voire sur la même planète. Je pense que cette élection était in-ga-gna-ble, et pourtant, Ségolène a fait un score très honorable. Ma cruauté naturelle m'oblige à rappeler qu'en tout cas c'était mieux que Jospin 5 ans avant (il paraît qu'il le reconnaît enfin pleinement !)

Enfin, depuis 2 ans, ce qu'elle fait ne me semble pas si mal. La Présidente de région est reconnue pour ses compétences, elle a failli gagner la direction du PS (et, de nouveau, ma cruauté naturelle me pousse à dire qu'elle a gagné vraiment la direction du PS !) et elle voit, peu à peu, toutes ses « intuitions » politiques récupérées, l'une après l 'autre, par ses (nos) « camarades » et même au-delà !

Voilà. Ce n'est pas forcément un hommage « posthume ». C'est une femme « debout » dit-elle, elle a l'énergie pour rebondir, peut-être très bientôt. Mais, quoi qu'il en soit, il m'a semblé sain de rendre à Ségolène un bout de ce qui est à Ségolène.

 

      

 

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Commentaires
B
bonjour,<br /> Une fine analyse du positionnement des adversaires politique et médiatique à l'égard de Ségolène Royal dans cet article.C'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce positionnement en déni des actes, des actions,du projet national constructif en devenir de Ségolène, c'est qu'il est de surcroit en constante singularité de devoir se justifier par la désignation d'une posture de recours ou de recherche d'une posture à travers des actes, des actions, des projets autres existant dans un imaginaire s'épuisant par lui même.<br /> Bien amicalement,
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