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15 mai 2010

Gerard Filoche analyse la Réforme des Retraites

Intervention de Gérard Filoche lors du débat organisé le 8 Avril par la section PS de Saint-Denis avec Antoine Rémond économiste, Stéphane Privé secrétaire Section , Georges Sali, président élus PS et apparentés , Mathieu Hanotin vice-président conseil-général de Seine-Saint-Denis

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« Avant d'aller assassiner le roi, citoyens, faisons comme les Allemands, pétons, rions, buvons! »<br /> <br /> Dans la jungle, la jungle concurrentielle, un rhinocéros gouvernemental qui porte, comme un énorme chapeau-bras, toute la richesse du monde, s'échine à donner une leçon-express de conformisme présidentiel, à quelques pôv' crapauds médiatiques:<br /> <br /> -Assez de charabia! Les Français veulent qu'on leur parle de l'emploi des jeunes et du chômage point barre!<br /> Ce quasi baiser de la mort est aussi un point de non retour. Le spectre du spectre du meilleur économiste de France le hante. C'est logique! Son économie, à haut standing, standard, a pour devise: dégraissage, équarrissage. Économie composée d'une foule innombrable de petites victoires et leurs maréchaux-gratteurs, se précipitant au final dans une gigantesque débâcle. En voici la leçon éternelle: il y a des gagnants et des perdants. Les juifs ont perdu, c'est pas de chance!<br /> <br /> Sur la plage arrière de ce véhicule hors-pair de la langue, qui reproduit, pondue par Murakami, la bobine contemporaine de sainte-Medef, quelqu'un qui en veut plus, ne rien lâcher, c'est naturel, et justement se lâche afin de bien faire entendre sa petite différence, quelqu'un opine doucement du chef, il ne lui fait pas dire au gros patapouf. D'ailleurs, il n'aurait pas dit mieux. La seule différence, certes, de taille, c'est lui, le rossignol du bois capitaliste qui l'aurait dit. Et alors, c'eût été comme si ç'avait été fait. Tout le monde suit?<br /> <br /> Les pôv' journalistes qui pourtant travaillent, en partenariat avec ce nouveau roi des animaux, une bête, un fauve, un lion (de Tarascon) ont raté une belle occasion de s'excuser:<br /> <br /> -Ah bon! Nous, on croyait que les Français tenaient absolument à parler de la retraite-fantôme! Que c'était là leur priorité!<br /> <br /> Savoir faire mine de rien et de vice, vertu. Patapouf enfonce le clou, il dégaine à l'anglaise: faire avaler des couleuvres aux crapauds à gorges profondes, qui espèrent ainsi devenir des princes de l'espace public. Un espace plié, comme peau de rhino. Attention! Zigzag philosophique!<br /> <br /> -Les Français veulent qu'on leur parle de l'emploi des jeunes et du chômage, <br /> pas de remaniement ministériel!<br /> <br /> Couché, Sultan! Bon chien! Un kleptomane que les moins de vingt ans ont appris à connaître. Là, au moins, il n'y a pas de rupture générationnelle.<br /> <br /> Évidemment, ce n'est pas tout à fait ce que rapportent les médias, à l'affût des Français qui aspirent à grimper dans la carrière, pool! (over, of course, quasi synonyme de, rouge!). Ces derniers (façon de parler) n'ont en tête que le poste qui rendra le Français heureux. C'est qu'ils y pensent, et pas seulement en se rasant le haut ou le bas, à la bonne place, au bon poste! C'est en effet leur souci prioritaire. Et honnêtement, les Français-là méritoires, s'ils pouvaient exprimer la totalité de leur être, débordant d'amour à son encontre, jureraient qu'ils n'en ont proprement rien à foutre des jeunes et des chômeurs! Pour eux, c'est les Français, d'abord! Comme dit la tranche allô-pourri! de l'UMP, un produit financier extrêmement toxique. Mais quand même, pour voir, izanpens'quoi, des jeunes et des chômeurs, les Français-là, à cheval sur la carrière?<br /> <br /> -Que c'est pas des gens sérieux, voilà!... Les jeunes! Les jeunes! Les jeunes!... Y songent à quoi, les jeunes!... A la retraite!... Les jeunes!... Et les chômeurs, hein!... A quoi i' rêvent!... I' rêvent au chaud, les chômeurs!... I' rêvent de gros matelas!... I' veulent des parapluies!... Pourquoi pas des parachutes, pendant qu'on y est!… Et dorés, en plus!... Pour toucher, faut se mouiller!... C'est ça, la vie!... Ou couler!... Parfaitement, coulé!... Alors, hein, franchement, les jeunes!... Et les chômeurs, kif-kif!!... I' donnent une mauvaise image de la France!... Et de la France, dans le monde!... Une image dégradée!... C'est pas choquant, ça, qui pèse!...<br /> <br /> Un Français sur deux, c'est sûr, peut devenir premier ministre. Et si un Français sur deux, qu'a le don de la gouvernance, le peut, ça prouve que le fait de changer de modèle gouvernemental est quelque chose de tout à fait marginal. C'est rare que les catastrophes durent. Même si ça coûte cher, au final!<br /> <br /> Nous nous disions aussi, les médias racontent vraiment n'importe quoi! N'importe qui en 2007 aurait fait l'affaire. Et kif-kif, en 2012. Parce que dire que les chômeurs coûtent cher et que les jeunes valent pas mieux, c'est quand même à la portée du premier venu. Ce qui rend l'apocalypse désirable aux yeux d'une majorité qui ne dit mot, c'est qu'au départ, elle tend la main à monsieur tout-le-monde: l'otage qu'en a gros sur la patate, parce qu'il est pas libre d'en gagner librement. Ce détail n'est et n'est pas l'affaire du rhinocéros gouvernemental. Comme le lapin Dur-à-cuire, il rabâche et rabâche, jusqu'au bout de la nuit, son toi-comprendre-le-français-sans-peine:<br /> <br /> My taylor is rich! I' boss gratis!<br /> <br /> Moralité: si les journalistes comprennent pas le Français, un rhinocéros gouvernemental le leur apprend.
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V
L'idiot supérieur français, qui carbure aux médias, ne voit pas les choses, mais alors pas du tout, comme nous, les drogués au communisme. Quand des millions de prolétaires, à l'appel de tous les syndicats qui pourtant prônent l'union sacrée face à la guerre économique, dénoncent l'escroquerie du siècle, concernant le salaire-retraite, siècle qui se vit, de façon réaliste, comme un troisième reich positif, pour avoir commencé en 2000 et non en 40, l'idiot en question, perché sur son bouclier, entend, lui, des inquiétudes! Chose qui sonne incontestablement avec platitudes. C'est que pour cet individu à l'index facile, la masse, forcément brute et instinctive, sans doute en tant que cobaye des cow-boys du politique, au lieu de rester de marbre comme lui, sa grandeur garnie d'un abîme de réflexion, qui agit, face à la vie et ses dangers, en risquant l'une et se gardant douillettement des autres, réagit mécaniquement. La masse est donc un animal mécanique, un automate, sans pensée propre, ni, a fortiori, de volonté, autrement dit, c'est un phénomène de foire (l'ancêtre du marché) au même titre que la roue de la Fortune, le palais des glaces et le train-fantôme de marchandises. Alors, coco, comment ça marche? Facile! Tu mets deux balles, tu actionnes le bras et chapeau! Cocorico! A nous, le magot! Cette fois, ça rime richement avec démago! Au bout du très long tunnel du discours tranquillisant, rationnel, flanqué de galeries de souteneurs professionnels, qui, comme ils s'en vantent, soulèvent des lièvres, les vessies présidentielles, sous la lanterne médiatique, offrent, aux caniches de l'état français, un asile où recycler leur infinie diablerie. Parce que, la barbarie, bien sûr, c'est nous, les crétins alpins à dos d'éléphants roses.<br /> <br /> Une fois déplié, le bicorne utérin de toute explication officielle, nous concernant, nous, les méchants abonnés aux additions totalitaires, qui saluons ici ce qui ressemble à une sorte de gai calot, très folklo, comme un chancre spirituel ajouté au cerveau humain, nous pouvons suivre les contorsions du monde-tel-qu'il-est, s'ajustant au monde tel qu'il est, selon le principe de l'hyper-même, néanmoins autre, à tout moment. Sa vision standard du monde, étant extra-large, il imite la vie avec un naturel qui défie toute concurrence et qu'on peut résumer comme suit: la politique, la barbe! C'est ainsi que les Maréchal et Saroyan de l'exécutif français nous vendent leur You koun-koun, le coeur en diamant, du train des réformes-fantômes. La marchandise, en effet, n'est ni de droite, ni de gauche. Un point de vue que nous n'hésitons pas un instant, à faire nôtre, à la condition expresse d'en rappeler la nature 100% capitaliste. Les marchés sont, au final, l'unique espèce de choses qui émeut véritablement les états-capitalistes et leurs agents institutionnels et privés, sans oublier, collés à eux, l'inconsistant radeau des médusés fiscaux et autres formes molles, et pour ce, d'autant plus personnalisées. S'exprime là, mezza voce, un comique éberlué par sa propre performance: l'idée que la vraie politique n'est pas politique, mais simple question de technique, grâce à quoi, elle peut s'élever et croître au-dessus des parties. Et nul doute, sans besoin d'aller en prendre la mesure à Saint-Étienne, qu'un mètre environ sépare cette volonté proférée de néant national et le désir captif de la pantalonnade sous-jacente de laquelle elle émane. Au moins, cette vérité-là, grandeur nature, facilite son propre dévoilement. A cela, cependant, mettons un bémol. Comme elle est la chose la plus naturelle au monde, et par là en quelque sorte, une chose insaisissable, attention à n'y pas glisser et être irrémédiablement entraîné à adopter des postures en tout point éloignés de la dignité humaine, sauf si c'est pour rire.<br /> <br /> Et donc, prendre garde à n'y pas glisser, vu qu'à nouveau, la chose, certes parfumée au goût du jour, mine de rien, se pose, consiste d'abord à rendre au socialisme français qui, le premier, de concert, avec le Dingo étoilé et sa Tartine Mariole anglaise, a entrepris la dérèglementation des politiques publiques, la politique publique libérale dont il a été à la fois l'abeille et l'architecte. En effet, le docteur Jekyll de la mondialisation financière et docteur Frankenstein de la libéralisation de l'économie et ses plans de modernisation et autres privatisations, le Mittelmuth de l'Europe européenne et concurrentielle, le facteur Cheval des plans sociaux, de l'allongement et de l'intensification du temps de travail, sous couvert des 35 heures, c'est lui, d'abord! Tout ça mériterait une légion d'honneur d'un mètre de long, à la soviétique. Mais l'actuel distributeur de médaille du mérite et commandeur du travail obligatoire est sourd comme le pot au pied de l'arc-en-ciel européen. Riff-raff! L'homme à tout faire de la République a raflé la mise: avant moi, tous des pôv'cons! Comme j'ai dit, j'ai tout fait. Il les a donc étouffés, ces étranglés par une indignation malpropre, c'est logique! Franchement! Qu'est-ce qu'on aurait fait à sa place? Pareil, of course! Et nous allons le faire, comme dit, en 2012: prolétaires, aucune voix pour le socialisme français et son état-phare libéral.<br /> <br /> Nous n'avons pas besoin de président!<br /> D'abord retour à la retraite pour tous à 60 ans!<br /> Ensuite au trou, escrocs et patrons-tyrans!
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