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26 mai 2010

Le côté glauque du cas Heuliez - Ce que la presse ne veut surtout pas révéler




Le cas Heuliez est exemplaire de la crédulité des citoyens et du manque de conscience professionnelle des journalistes. Aucun d'entre eux, n'a cherché à voir ce qui se cachait sous le discours officient.  Tous les citoyens sont persuadés quant à eux que les politiques, bien braves, oublient leur différends entre gauche et droite, pour sauver le plus gros employeur de la région.

NB:Je dois signaler aux lecteurs que les censeurs du Post à la botte du pouvoir, de l'UMP et de Louis Petiet, ont censuré mes propos par 8 fois, je me dois par égard pour les 1200 salariés d'Heuliez qui sont roulés dans la farine depuis au moins 2 ans, de rétablir la vérité.

LES PREMICES D'UNE FAILLITE ANNONCEE:  Menée par un duo d'incompétents Heuliez déjà dès 2006 présente les signes d'un naufrage prochain. Le père et le fils Quéveau, pro UMP, se caractérisent par leur manque de vision et d'anticipation. Ils présentent le profil type des dirigeants français de PME: aucune compétence managériale, aucun ouverture à l'innovation, l'essentiel c'est de faire suer le burnous aux salariés car on pense que le business continuera sur le vieux modèles pendant encore 20 ans et que les clients (Peugeot) n'oseront jamais les abandonner. Manque de chance, d'anticipation, de vision et d'innovation, Heuliez perd des contrats importants (renouvellement du contrat de production de la Peugeot série 206/207 CC et flop commercial de l'Opel Tigra). Début 2008, concomitamment, Heuliez se met sur les rangs d'un concours lancé par la région Poitou Charentes pour la production d'un véhicule électrique économique (VELEC), et est approché par un financier indien Sanjay Sing d'Argentum Motors (et aussi fondateur de SpiceJet, sorte d'EasyJet indien). Heuliez gagne en finale le concours avec une petite entreprise locale et le groupe REDIGO. Grande présentation au salon de l'auto de Paris 2008 lors d'une conférence de presse, des 3 finalistes. Le directeur indien est présent sur la scène aux côtés de Queveau fils. Argentum Motors est annoncé comme repreneur d'Heuliez en apportant 45 mio €. A l'époque on cache la poussière sous le tapis et on présente l'achat comme une OPA amicale avec la complicité ou l'ignorance de la presse. Il est vrai qu'aucun journaliste depuis le début de l'affaire, n'a jamais investigué et cherché à soulever le tapis !

En fait peu de temps après le salon de l'automobile de Paris en octobre 2008, l'indien s'enfuit sans laisser de trace et se concentre sur ses affaires indiennes. Des amis en Inde qui le connaissent m'ont dit qu'il a senti l'embrouille quand il a vu les comptes, le contexte économico-politique et les exigences des Queveau.

UNE VRAIE PARTIE D'ECHEC INITIEE PAR LOUIS PETIET: Début 2009, la messe est dite et c'est là qu'entre en action Louis Petiet qui, grâce à ses appuis en haut lieu, lance une vraie partie d'échec dont le scénario est écrit jusqu'à la victoire. C'est la stratégie du vautour, que tant d'autres avant lui (Tapie, Niel, Dumenil, Royer,..) ont menée avec succès. Il faut laisser pourrir la situation en feignant de tout faire pour "sauver ce vrai patrimoine du savoir-faire français" !!! Ségolène Royal par son caractère volontariste remue ciel et terre pour tenter de sauver Heuliez; certainement que son volontarisme l'a aveuglée quant aux réelles intentions des vautours qui volaient au dessus de la dépouille. Louis Petiet arrive tel le chevalier blanc en promettant 16 mio € à la condition que l'état via le FIS injecte 10 mio € et que la région s'engage à hauteur de 5 mio €. Par un habile tour de passe-passe, Louis Petiet, avec la complicité suspecte du tribunal de commerce, met la main sur Heuliez sans jamais avoir versé les 16 mio €. Les Queveau réussissent eux à partir avec un pactole confortable. Il ne faut pas être prix Nobel d'économie pour savoir qu'une entreprise dans la tourmente et pour laquelle aucune solution concrète n'a été trouvée, n'a plus aucune chance sur les marchés, car les clients se trouvent face à un déficit de confiance. Pendant ce temps, toutes les informations stratégiques concernant Heuliez sont mises à nu lors des "due diligences" menées pour le compte des acheteurs potentiels. Ainsi les concurrents (Bolloré, PSA et Renault) peuvent combler leur retard ou profiter d'un contexte concurrentiel plus dégagé.

L'UMP comptait sur cette affaire pour faire gagner Dominique Bussereau et, corollairement, prononcer l'oraison funèbre de Ségolène Royal. Cette étape intermédiaire prévue dans le scénario n'a pas été couronnée de succès. Par contre la conclusion est en bonne voie. Après maintes tentatives d'achat plus ou moins sérieuses, Louis Petiet qui est toujours actionnaire majoritaire de l'entreprise se trouve en position de force: soit il vend Heuliez à un des acheteurs potentiels, il gagne 25mio € sans avoir mis 1€ dans l'entreprise, beau coup de poker menteur, soit il feint de s'approcher du tribunal de commerce et du liquidateur judiciaire et il acquiert Heuliez pour 1€, soit le prix d'un café à la machine à café chez BKC ! En tout cas cette dernière étape est bien partie et l'on devrait annoncer d'ici septembre qu'Heuliez est propriété du sauveur d'entreprise Louis Petiet. Comme pour Look, Charles Jourdan, Stéphane Kélian, Terraillon, etc... Heuliez sera démantelé par appartements et Louis Petiet ne gardera que la partie la plus intéressante, avec même l'option de la délocalisation.

Alors quand Libération qualifiait Louis Petiet de "serial looser", je crois que le journaliste était dans l'erreur total car il raisonnait par rapport à la morale et à ce qui est permis et licite. Par contre si on se place sur l'enrichissement personnel, Louis Petiet, comme Tapie et consorts, est un habile vautour et, dans son métier de vautour, il n'est plutôt pas mauvais. Certes ce n'est pas un Warren Buffet, mais comme en compétition automobile, tout le monde ne peut pas courir en F1. Il y d'autres séries moins médiatisées, et l'essentiel pour Louis Petiet et ses affidés, c'est la victoire et l'enrichissement personnel. Pendant ce temps là, le salarié et sa famille sont les dindons de la farce. Comme quoi depuis Germinal d'Emile Zola, rien n'a changé.

Compte tenu de ce que je décris, il serait temps qu'un journaliste sérieux comme par exemple John Paul Lepers s'intéresse de près au cas Heuliez et à tout le côté obscur de cette affaire en dénonçant les coupables. Les citoyens par leur passivité n'ont pas constitué un rempart à ces malversations. Enfin, les syndicats portent une lourde responsabilité en n'ayant jamais dénoncé quoi que ce soit.

Marina Santorelli 

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