Exclus du Parti socialiste...
... pas de décision cet été
Dans L'INDEPENDANT
Languedoc-Roussillon. François Lamy affirmait hier dans
Libération qu'il n'y aura pas de réintégration en bloc des 58 exclus
pro-Frêche. Après plus de deux mois
d'absence au sein de l'hémicycle, pour cause de maladie, Georges Frêche
préside ce matin la session du conseil régional. A ses côtés, les 58
"exclus" du PS qui avaient choisi de le suivre lors des dernières
élections régionales n'auront toujours pas retrouvé leur carte.
Effectivement, alors que ce printemps, les déclarations des uns et des
autres avaient laissé entendre que leur réintégration serait rapide, une
enquête parue dans Libération hier tend à prouver le contraire.
François Lamy, qui mène le dossier déclare "la réintégration, c'est comme
les jours de grève. On ne les paie que quand le conflit est terminé. Et
il n'y aura pas de réintégration en bloc des 58 exclus".
Déjà, début juillet il affirmait son intention de "faire des propositions différenciées"
p uisque, selon lui, la mission de réintégration s'était "bien passée
dans l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Pas dans l'Hérault". " Une République autonome" Le département de Georges Frêche est, semble-t-il, au coeur du problème. "L'Hérault concentre tous les problèmes. C'est la république autonome", explique
un dirigeant du PS dans Libération. Dirigée par Robert Navarro, un
fidèle du président de région, la fédération héraultaise est celle d'où
la révolte est partie pendant la campagne des régionales. Paul Alliès
d'abord, au nom de la rénovation ; Hélène Mandroux ensuite "parce que Martine Aubry lui avait demandé" ont tenté de renverser le pouvoir "frêchiste" sans y parvenir.
"Il s'agit de rétablir l'Etat de droit socialiste"
reprend Pascale Boistard, secrétaire nationale au PS dans Libération.
"Tout est passé au crible. Et certaines fédés ne sont pas du tout en
accord avec les statuts".
Elu premier des socialistes du
Languedoc-Roussillon à l'automne dernier, l'Audois Didier Codorniou
avait demandé la réintégration des "58 exclus" dans un courrier envoyé
il y a une quinzaine de jours à Martine Aubry. Si les demandes étaient
individuelles, tous les exclus écrivaient vouloir "bénéficier d'un traitement similaire au nom de la solidarité".
Les parlementaires audois avaient également demandé à François Lamy de
ne pas faire d'exception dans la réintégration des exclus. Ils n'ont
visiblement pas été entendus par Paris qui semble désormais décidé à
reprendre la main dans l'Hérault... Affaire à suivre à la rentrée
puisque selon Libération, les propositions de la mission de
réconciliation qui devaient être présentées en bureau national fin
juillet ne le seront qu'en septembre.
E. D.