Primaires : panique à Solférino chez les partisans de DSK et d'Aubry
27/09/2010 à 14h40 Par RichardTrois sur LE POST
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laude Bartolone le 1er Janvier 2010, au lancement des régionales à la Mutualité à Paris. © Richartrois
Certains ont pu penser que la sortie de Claude Bartolone vendredi sur France Inter n'était que le dérapage isolé d'un proche de Martine Aubry, lequel déclarait que les primaires serviraient juste de "confirmation".
Mais voilà que Claude Bartolone, ex-fabiusien, désormais proche de Martine Aubry,
va plus loin encore ce matin dans Libération. Dans ses déclarations, "Barto" ne fait pas que "vendre" une entente préalable entre Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn.
"Barto" après un passage éclair par la fête de la Fraternité reprend ses habits de porte-flingues et en passe aux menaces.
C'est DSK ou Aubry ou la guerre.
"Nous n'allons pas entretenir un débat factice entre les deux sur la forme, les petites phrases ou la manière d'être. Le truc qui monte dans le pays, c'est que c'est DSK qui doit y aller. Et s'il n'y va pas, que ce doit être Martine Aubry. Si ce n'est pas l'un de ces deux-là, c'est Apocalypse Now", a-t-il ainsi expliqué le plus simplement du monde.

Scène de guerre tirée du film de Coppola Apocalypse Now.
Etonnante, la menace d'une guerre du Vietnam façon Coppola après l'unité affichée et la fraternité. Et alors que sa patronne, Martine Aubry assure des élections "exemplaires et transparentes".
La vérité, c'est que à la direction, si peu légitimite, du Parti socialiste, c'est panique à bord. En effet quand on est fort et sûr sa force, il n'est en général pas besoin d'user de la menace.
Mais voilà, chez Claude Bartolone comme chez d'autres dans l'entourage de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn, il y a une double inquiétude.
La première est liée au parcours de Ségolène Royal depuis les régionales et en particulier à sa rentrée réussie : La Rochelle, "A Vous de Juger" sur les retraites, La fête de la Fraternité, etc... Ségolène Royal a impressionné à la fois les socialistes comme les observateurs de la vie politique. Imaginez même Alain Duhamel et Harlem Désir ont fini par faire des louanges sur le parcours de l'ancienne candidate à l'élection présidentielle...

Ségolène Royal et son équipe le 18 septembre à la fête de la Fraternité. © Razak / DA
D'autres proches de DSK se sont ouvertement inquiétés : "Martine Aubry a laissé beaucoup d'espace à Ségolène Royal."
Il est vrai que
l'incapacité de Martine Aubry à utiliser sa position de première
secretaire pour impacter le débat public a largement de quoi étonner ou
voire d'inquiéter. Qui se souvient par exemple de ce que Martine Aubry a
dit lors de son discours fleuve de La Rochelle ?
Jean-Christophe Cambadélis, "mécanicien d'appareil" pour DSK, diffuse lui dans la presse et en particulier dans Le Monde sa "thèse". Dans les couloirs des journées parlementaires socialistes à Pau, "Camba" expliquait à qui voudrait le croire : "Ségolène Royal a renoncé, elle n'est pas candidate."
Une forme de méthode Coué en politique...
L'autre motif d'inquiétude pour les partisans de DSK comme d'Aubry, c'est l'incertitude liée à la volonté de leur poulain d'affronter des primaires et le suffrage universel. Le Monde citait ainsi ce week-end un socialiste qui résume la situation pour DSK et me semble-t-il pour Aubry aussi :
"François Mitterrand avait dit de Jacques Delors qu'il voulait être
président sans être candidat, eh bien, c'est pareil pour Dominique. Il
veut être candidat à la présidentielle sans passer par les primaires ".
Certains
vous diront même que Claude Bartolone déjà avait quelque peu forcé la
main de Martine Aubry au congrès de Reims pour la pousser à se présenter
au poste de premier secrétaire du PS. Peut être s'agit-il là encore de
pousser Aubry vers un rôle qu'elle ne sent pas...
En tous cas les électeurs de gauche peuvent s'interroger sur la capacité
de politiques qui ont si peur de perdre des plumes dans une primaire.
Comment pourraient-ils affronter une campagne présidentielle ?
Dans tous les cas, on peut comprendre DSK comme Aubry qui, comme au poker, ont déjà payé 2 fois pour voir la force de Ségolène Royal en campagne, lors des primaires socialistes de 2006 et lors du congrès de Reims en 2008.
Et eux, comme leur équipe, ont entre les mains les derniers sondages comme les retours du terrain, qui démontrent qu'ils n'ont pas réussi, comme ils le pensait, à tuer politiquement Ségolène Royal.
Et en politique, tout ce qui ne vous tue pas, vous renforce...
On comprend mieux la panique à Solférino.
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