De passage à la Fête de l'Humanité, comme deux autres candidats à la primaire PS, Martine Aubry et Arnaud Montebourg, mais comme il se doit pas en leur compagnie, Ségolène Royal a discuté quelques minutes avec le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. L’occasion de souligner leurs "points de convergences"...

"Mon dieu quelle comédie !"

Arrivée peu après 10 heures, la présidente de Poitou-Charentes a été accueillie par le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, comme devait l'être Martine Aubry en début d'après-midi. Des sifflets et des huées ont retenti alentour, alors que les deux responsables politiques arpentaient les allées de la fête, mais quelques "Bravo Ségolène" aussi.

Fendant une nuée de photographes, cameramans et autres journalistes qui ne laissaient guère de place aux militants, Royal et Laurent ont rejoint Mélenchon qui les a accueillis d'un "Mon dieu, quelle comédie !" avant d'embrasser la candidate socialiste.

 

"Les banques doivent obéir"...

S'en est suivi un échange d'une dizaine de minutes sur leurs objectifs communs, au moins au nombre de deux : d'une part "la réforme bancaire" a dit Royal, car "les banques doivent obéir", "cesser de commander" et de "racketter les gens avec des tarifs exorbitants", et d'autre part "l'interdiction des licenciements boursiers", qu'il faut selon elle "inscrire dans une loi" pour "remettre de l'ordre juste".

Dans cette perspective, elle a proposé à Mélenchon de "lui transmettre deux projets de loi" afin que le Front de gauche y travaille aussi, avant de finaliser les choses ensemble dans "une démarche participative".


"Tu comprends notre démarche"...

Saluant "une bonne nouvelle", Jean-Luc Mélenchon a notamment répondu :"si tu arrives à centraliser ces questions dans le débat des socialistes, on ne peut que s'en réjouir". "C'est formidable que tu sois venue... tu comprends notre démarche de la radicalité concrète", s’est-il ensuite félicité, apparemment plus sincère que goguenard. Encore que…

Fin 2008, c'est justement après que le Parti socialiste avait adopté une motion portée par Ségolène Royal avant le congrès de Reims, que Mélenchon dénonçant l'orientation du PS vers "le centre-gauche" en avait claqué la porte pour créer un mouvement "sans concession face à la droite", le Parti de gauche dont il est co-président.

 

"Le temps du mépris est fini"...

Quoi qu'il en soit, l'atmosphère entre les deux candidats à la présidentielle était tout à fait détendue ce samedi. Répétant à la presse qu'il ne voulait pas "se mêler de la primaire" PS, l’eurodéputé a souhaité "bonne chance" à Ségolène Royal, dont il a qualifié la présence d'"énorme", car elle est venue "non pas pour nous promettre des postes dont nous n'avons que faire", mais pour affirmer ses convergences.

Cela signifie que "le temps du mépris est fini à notre égard" a-t-il estimé, ajoutant qu'il attend "que les autres viennent dire pareil". Quant au fait que Ségolène Royal puisse par ailleurs être tentée de pactiser avec François Bayrou et les centristes comme en 2007, "c'est son problème, pas le nôtre a conclu" l'ex-sénateur PS.

 

Pas là pour "chercher des voix"...

De son côté, après une petite heure de visite, Royal qui avait fait l'impasse sur la Fête de l'Huma en 2006, lors de la précédente primaire socialiste, a assuré à des journalistes qui la questionnaient sur sa présence, qu'elle n'était pas venue à La Courneuve "pour chercher des voix", mais "pour souligner des convergences" et rassembler "toutes les gauches", loin des "tractations d'appareils", sur "la base d'un projet concret".