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5 novembre 2011

G-20: un échec et l'Italie sous tutelle

Sur MEDIAPART

 

Extraits:

... Nicolas Sarkozy s'était fixé trois objectifs (lire ici notre article de janvier) : la refonte du système monétaire ; la fin de la spéculation sur les matières premières agricoles ; la taxe sur les transactions financières. Le premier dossier est en panne. Le deuxième est oublié. Le troisième est refusé. Cet ordre du jour balayé, il est resté la crise européenne. Commencé sous le choc de l'annonce d'un référendum surprise décidé par le premier ministre grec Georges Papandréou, le sommet s'achève sur un seul résultat tangible : la mise sous surveillance de l'Italie par le FMI.

Pendant trois jours, les autres dirigeants invités du G-20 ont assisté, vaguement hallucinés, à ce qui fait désormais l'ordinaire des réunions européennes : des membres de la zone euro dépassés par les événements, qui, sans ligne directrice, multiplient les conciliabules et les réactions brouillonnes ; des déclarations d'intention jamais suivies d'effet ; un couple franco-allemand s'érigeant en directoire.

  ...
   

  • Les membres du G20 refusent de financer le fonds de stabilité financière

Les responsables de la zone euro espéraient beaucoup de la réunion du G-20 pour convaincre les pays émergents, Chine en tête, de venir financer le fonds de stabilité financière. Cela avait dit, et assumé par Nicolas Sarkozy, lors du conseil européen du 27 octobre, déclenchant au passage une vive polémique en France sur l'appel fait aux Chinois. Or, ils se sont heurtés à une fin de non-recevoir.

Le président chinois a déclaré qu'il ne voyait pas « pourquoi les pays émergents devraient venir en aide à des pays qui connaissent le bien-être et le luxe ». De toute façon, a-t-il ajouté, il est hors de question que la Chine apporte de l'argent dans une zone euro si incertaine. Ce refus chinois a rassuré le gouvernement américain qui voit d'un mauvais œil un rapprochement entre la Chine et l'Europe : les Etats-Unis entendent à la fois avoir une exclusivité des relations avec la Chine et considèrent l'Europe comme leur chasse gardée.

Le gouvernement russe a émis les mêmes réserves. Quant à la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, elle a tenu un langage qui a le mérite de la clarté: «Je n'ai pas l'intention de contribuer directement au fonds européen de stabilité financière, a-t-elle expliqué. Pourquoi devrais-je le faire ? Les Européens ne le font pas.»

Dans le même temps, les responsables du G-20 n'ont pas trouvé d'accord pour renforcer les moyens du FMI. L'Europe poussait beaucoup à cette augmentation  afin d'avoir des financements supplémentaires pour l'aider dans la crise de la zone euro. Si les principaux créanciers du FMI n'ont pas écarté un renforcement à terme de ses fonds, un accord n'a pu être trouvé sur les montants. Les pays émergents estimant, de toute façon, qu'il n'y avait pas d'urgence sur cette question, l'Europe ayant les ressources nécessaires pour se sauver elle-même.

...

Ordre du jour englouti

Comme il fallait bien afficher quelque résultat sur ce dossier emblématique, le G-20 a profité de la nomination du Canadien Mark Carney à la tête de l'autorité de stabilité financière, chargée de superviser le secteur financier international, pour rappeler sa détermination à mieux contrôler le système financier. Une liste de 29 groupes financiers représentant un risque systémique pour la finance internationale, et auxquels le G-20 demande de renforcer leurs fonds propres au-delà des normes habituelles, a été publiée. Y figurent notamment Goldman Sachs, JPMorgan, Citibank, Barclay's, HSBC,UBS, BNP Paribas, la Société générale, le Crédit agricole, la BPCE, Deutsche Bank et Commerzbank.

  • Les grands sujets mondiaux enterrés

Que ce soient la politique agricole, la lutte contre la spéculation sur les produits agricoles et les matières premières, la faim dans le monde, l'énergie, le changement climatique, l'environnement, tous ces grands sujets ont été purement et simplement oubliés. Il n'y a pas un mot s'y référant dans le communiqué final. Tellement pris par le référendum grec et la crise de l'euro, les dirigeants n'ont pas eu le temps d'en parler.

Le G-20 n'a pas évoqué non plus une des grandes questions, à l'origine de la crise : les déséquilibres commerciaux mondiaux. Quant au sujet épidermique de la sous-évaluation du yuan, le président chinois se trouvait dans une situation si confortable dans cette enceinte vibrionnant des problèmes de l'Europe, qu'il a pu s'en tenir au service minimum. La politique de change chinoise deviendra plus «flexible», s'est-il engagé. Mais le taux du yuan est toujours fixé par décision gouvernementale. De ce côté-là non plus, rien ne change. Et de cette réunion de Cannes, ne reste que le souvenir d'inopérants conciliabules:

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Ordre du jour englouti

Comme il fallait bien afficher quelque résultat sur ce dossier emblématique, le G-20 a profité de la nomination du Canadien Mark Carney à la tête de l'autorité de stabilité financière, chargée de superviser le secteur financier international, pour rappeler sa détermination à mieux contrôler le système financier. Une liste de 29 groupes financiers représentant un risque systémique pour la finance internationale, et auxquels le G-20 demande de renforcer leurs fonds propres au-delà des normes habituelles, a été publiée. Y figurent notamment Goldman Sachs, JPMorgan, Citibank, Barclay's, HSBC,UBS, BNP Paribas, la Société générale, le Crédit agricole, la BPCE, Deutsche Bank et Commerzbank.

  • Les grands sujets mondiaux enterrés

Que ce soient la politique agricole, la lutte contre la spéculation sur les produits agricoles et les matières premières, la faim dans le monde, l'énergie, le changement climatique, l'environnement, tous ces grands sujets ont été purement et simplement oubliés. Il n'y a pas un mot s'y référant dans le communiqué final. Tellement pris par le référendum grec et la crise de l'euro, les dirigeants n'ont pas eu le temps d'en parler.

Le G-20 n'a pas évoqué non plus une des grandes questions, à l'origine de la crise : les déséquilibres commerciaux mondiaux. Quant au sujet épidermique de la sous-évaluation du yuan, le président chinois se trouvait dans une situation si confortable dans cette enceinte vibrionnant des problèmes de l'Europe, qu'il a pu s'en tenir au service minimum. La politique de change chinoise deviendra plus «flexible», s'est-il engagé. Mais le taux du yuan est toujours fixé par décision gouvernementale. De ce côté-là non plus, rien ne change. Et de cette réunion de Cannes, ne reste que le souvenir d'inopérants conciliabules:

Sarkozy, Merkel, Obama, Cameron. Sarkozy, Merkel, Obama, Cameron.

 

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