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1 juillet 2012

Carpentras : 400 partisans qui ont du choeur

Publié le vendredi 29 juin 2012 à 13H50

La gauche et les associations patriotiques ont répondu à la Ville en chantant hier soir devant la mairie

Georges Sabatier, ancien maire communiste de Bollène, et les 400 personnes présentes ont entonné le Chant des partisans devant la mairie.

Georges Sabatier, ancien maire communiste de Bollène, et les 400 personnes présentes ont entonné le Chant des partisans devant la mairie.

Photo Jérôme Rey

Le collectif initiateur de ce rassemblement voulait une réponse forte. Il l'a eue, avec la venue de plus de 400 personnes hier en fin d'après-midi sur le parvis de la mairie de Bollène. "Malgré les longues campagnes électorales qui viennent de se terminer, cette mobilisation démontre que beaucoup de citoyens sont inquiets", expliquait après coup Serge Fiori, responsable local du Parti communiste.

Dans la foule qui se pressait autour de Georges Sabatier, ancien maire PCF de 1977 à 1989 et maître d'oeuvre des opérations, de nombreux Bollénois, mais aussi des voisins du Pays Voconce, de l'Enclave, ou encore de la Drôme et du Gard, ainsi que Pierre Meffre et Fabienne Haloui, candidats de gauche dans la circonscription lors des dernières législatives.

Une assemblée plutôt grisonnante, mais pas seulement, à l'image d'un petit groupe de trentenaires, largement féminin, venu au titre de "citoyens, juste pour montrer qu'on est en éveil". Le tout dans une ambiance bon enfant, sous l'oeil de policiers en civil et de quelques gendarmes restés à l'écart sans avoir à intervenir.

"Un sursaut pour la défense de la République"

Si le côté politique d'une manifestation largement coloré par les drapeaux rouges du PCF et du Front de gauche était évident, il s'agissait aussi d'apporter une réponse républicaine à l'interdiction municipale d'interpréter le "Chant des partisans" le 18 juin. "Ce rassemblement est un sursaut pour la défense de la République, de ses valeurs et du devoir de mémoire", résumait Anthony Zilio, responsable local du Partis socialiste.

Propos repris par les représentants de l'Arac (Association républicaine des anciens combattants). "L'heure n'est plus à la vigilance mais à l'action pour défendre les valeurs républicaines. Ce qui s'est passé est une insulte à tous les résistants de France." Puis Serge Fiori a fait grimper la ferveur d'un cran en lançant : "Au-delà de la violence du moment, c'est la violence symbolique du fait d'opposer le "Chant des partisans" à "la Marseillaise" qui est inacceptable !" Il y a bien eu quelques "Démission ! Démission !" qui ont fusé dans la foule à l'adresse de Marie-Claude Bompard, mais ce n'était pas l'air attendu.

Les 400 choristes d'un soir ont enfin, comme prévu, entonné un vibrant "Chant des partisans". Suivi d'une non moins fervente "Marseillaise". À quelques mètres de là, les portes et fenêtres de la mairie sont restées closes. Mais pas les oreilles.


L'histoire du "Chant des partisans" : un refrain né dans la guerre, devenu universel

Le "Chant des partisans", baptisé parfois "Marseillaise de la Résistance" a émergé sous l'occupation nazie, pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses paroles ont été écrites par deux intellectuels, le journaliste, grand reporter, romancier Joseph Kessel et l'écrivain et homme politique Maurice Druon. Il deviendra rapidement l'emblématique hymne de la Résistance française. Conçu dans le sang, les cendres et les larmes, le "Chant des partisans" est encore aujourd'hui repris par la jeune génération qui y voit volontiers un chant de fraternité ("Ami, entends-tu"...) et un refrain contre toutes les formes de rejet et de xénophobie.

En 1997, le groupe toulousain Zebda, qui se produira en juillet à Carpentras, l'avait adapté. Mais plus d'une génération d'artistes et de chanteurs n'a pas hésité à le graver sur le vinyle de son répertoire comme Yves Montand ("Le Chant de la libération" en 92), Leni Escudero, Catherine Ribeiro, ou le comédien Philippe Léotard pour les artistes français les plus engagés. Mais même Johnny Hallyday l'a interprété en 1998 dans un single. Il n'est pas le seul du monde de la variété à se l'approprier puisque l'inoxydable chanteuse avignonnaise, Mireille Mathieu, l'a également interprété.

Le "Chant des partisans", qui était relativement tombé dans l'oubli, avait été réinitialisé par le ministre de la Culture André Malraux lors de l'entrée des cendres du Résistant Jean Moulin au Panthéon. C'était le 19 décembre 1964.

Nicolas LAVERGNE

 

Commentaire sous cet article de la provence:

cani

30/06/2012 à 11h55

Je suis incapable de citer mes sources car ce qui va suivre est un "montage" que j'avais fait pour mes enfants - Pardon aux auteurs réels.

LE CHANT DES PARTISANS

Maurice DRUON est mort. Il était écrivain résistant et homme politique français, membre de l'Académie française dont il a été le secrétaire perpétuel durant quatorze ans.
Il avait écrit avec Joseph KESSEL "Le Chant des Partisans" qui a été utilisé comme signe de reconnaissance dans les maquis durant la dernière guerre.

Le Chant des Partisans, "La Marseillaise de la Résistance", fut créé en 1943 à Londres. Immédiatement, il devint d'hymne de la Résistance française, et même européenne.
La génération des 20-30 ans se le réapproprie, sur un rythme au goût du jour, sans pour autant en changer un seul mot, dans son combat contre la xénophobie ...
Ce n'est pas un hasard : "ami, entends-tu... " est un chant de fraternité, de combat contre les forces de la nuit, un appel intemporel à résister. La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes tient donc à ce que son histoire soit connue.

" Ce chant est à jamais inscrit dans l'histoire"
(Pierre SEGHERS, "La Résistance et ses poètes", Ed. Seghers, 1975).

Il est né le 30 mai 1943 dans la banlieue de Londres, entre midi et 16 heures.

Chanté à voix basse, sifflé sourdement, le Chant des Partisans évoque la chape de plomb
qui s'est abattue sur le pays occupé, la censure, les souffles et murmures de la clandestinité,
la nuit où des ombres furtives collent des affiches, sabotent les voies ferrées, se glissent dans les maquis, se cachent loin des poteaux d'exécutions.
Mais l'âpreté des paroles en dit long sur la lutte implacable des maquisards et des combattants de l'ombre, sur le nécessaire recours aux armes, sur les risques de chaque minute.

Hymne de la Résistance, "Le Chant des Partisans" est aussi un appel à la lutte fraternelle pour la liberté : "C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères ; la certitude que le combat n'est jamais vain "si tu tombes, un ami sort de l'ombre".
Et si la fin de ce chant semble absorbée par la nuit et se perdre, c'est que la nuit est l'heure de tous les rêves, à commencer par le rêve d'une liberté à conquérir éternellement.

Chant de fraternité, nul ne peut confisquer le Chant des Partisans à des fins contraires à ses origines et son sens profond ...
Comme nul ne peut confisquer La Marseillaise, hymne de la Révolution Française fondatrice des valeurs d'égalité, et de démocratie qui sont celles de la Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes

Voici quelques informations essentielles sur le contexte de création, les auteurs et la portée de cet hymne de la Résistance.

«Elle fit de son talent une arme pour la France » : cette phrase de Charles De GAULLE à propos d’Anna MARLY résume l’œuvre de celle que l’on surnomma « le troubadour de la Résistance ». Depuis Londres, cette artiste d’origine russe composa la musique de l’hymne officieux de la France libre. Le 30 mai 1943, depuis un hôtel de la banlieue londonienne, Joseph KESSEL et son neveu Maurice DRUON vinrent poser leurs textes sur la mélodie : le Chant des Partisans fut interprété le soir même dans la capitale britannique.
Cette «Marseillaise de la Résistance» a été commandée par le réseau Libération et son chef Emmanuel d’ASTIER de la VIGERIE au motif que l’on «ne gagne la guerre qu’avec des chansons». Diffusé clandestinement en France, le texte est médiatisé par les émissions de la BBC faites sous l’indicatif « Honneur et Patrie ». Parachuté par les aviateurs britanniques et transmis par la bouche à oreille, cette ode à la liberté sera chantée par les résistants dans les prisons ou au moment de leur exécution. Le manuscrit original de cet hymne emblématique de la Résistance et de la Libération (trois feuillets d’un cahier d’écolier où le chant est rédigé à l’encre bleue) est depuis 2006 classé comme monument historique, une œuvre marquante de notre patrimoine immatériel.

 

 

 

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