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24 janvier 2013

Mélenchon à Metz : haro sur la Hollandie !

Sur le REPUBLICAIN LORRAIN

 

Publiée le 24/01/2013

 

Face à un bon millier de participants, le leader du Front de gauche a lancé, hier soir à Metz, sa campagne contre l’austérité. Un credo antilibéral aux forts accents d’opposition au chef de l’Etat.

 

Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et un symbole fort : la sidérurgie. Photo Pascal BROCARD

Clémentine Autain, Jean-Luc Mélenchon, Pierre Laurent et un symbole fort : la sidérurgie. Photo Pascal BROCARD

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Six mois après la séquence présidentielle et législative, le leader du Front de gauche fait ressortir slogans et calicots. « On lâche rien ! », entonne l’un de ses hymnes de campagne. Mélenchon repart en tournée. Qu’on se le dise. Il n’y aura pas de quartier. Sarkozy n’est plus… Sus, donc, à la Hollandie ! Et qu’importe si la CGT a répondu, seule, hier soir à Metz, à son invitation de l’intersyndicale ArcelorMittal, de Virgin ou de Sanofi. Avec un art consommé de la mise en scène, l’image de sidérurgistes casqués sert sa détermination à faire converger luttes sociales et politiques.

Quelques heures avant le meeting messin, le sénateur PS Luc Carnouvas exhortait le PCF à prendre ses distances avec un Mélenchon accusé d’atteindre « des sommets de démagogie et de populisme » après sa caricature présentant le président français seul à pédaler sur le tandem Merkel-Hollande ( notre interview d’hier ). « Dézingueur en chef », rétorquait Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche à l’intention de Carnouvas. Quant aux parlementaires du Front de gauche, ils ont clairement signifié leur intention de refuser de voter la transcription de l’accord CFDT-Medef pour l’emploi. Ambiance.

Le défi de gouverner

Loin de vouloir rassurer la majorité socialiste, Jean-Luc Mélenchon a enfoncé le clou à Metz face au gros millier de participants réunis au parc des expositions. Fustigeant un accord ratifié à « la faveur d’un traquenard tendu par le Medef », l’orateur en impute la seule responsabilité au gouvernement. Le discours aux inflexions empreintes d’un lyrisme gaullien dépeint une France meurtrie par la crise : « Jamais, elle n’a jamais compté autant de pauvres : 8,6 millions », s’offusque-t-il.

De retour au front, Mélenchon prend date : « Oui, nous sommes prêts à tout moment à vouloir relever le défi de gouverner ce pays sur d’autres bases, avec d’autres objectifs. Ce qui coûte trop cher, ça n’est pas le travail, c’est le capital », s’enflamme celui qui s’empresse de faire huer « l’odieux M. Mittal ». Le remède anti-austérité du Front de gauche tient pourtant davantage du programme électoral que de gouvernement : Smic à 1 700 euros brut, instauration d’un salaire maximum, mise en place de « nationalisations démocratiques au service de l’intérêt général », retraite à 60 ans, blocage des loyers pendant deux ans, limitation des CDD, mesures « pour l’expansion des services publics »… Mais les participants retiendront plutôt la charge anti-Hollande de ce premier meeting qui en annonce d’ores et déjà un deuxième, le 13 février à Rouen, aux portes de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne. Une nouvelle gifle pour ce « président de la République qui n’a pas promis grand-chose et qui a quand même réussi à décevoir », ironisait hier Clémentine Autain (Fédération pour une alternative sociale et économique) en dénonçant « la déception », et « la trahison » d’un gouvernement accusé d’avoir pactisé avec le Medef.

Tonalité monochrome d’un meeting inaugural d’une campagne anti-austérité destinée, selon Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, « à changer le visage de la France… ». « On se met sur la gauche et on accélère ». Christian Picquet (Gauche unitaire) insiste sur la distance qui sépare désormais la majorité gouvernementale de la gauche radicale. Exhumant le discours du Bourget, l’ex-militant LCR rappelle la charge de Hollande contre la finance : « Mon véritable adversaire n’a pas de nom […], c’est le monde de la finance »… « Qu’en reste-il aujourd’hui », questionne Piquet. Sans espérer la moindre réponse.

Xavier BROUET.

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