[CHRONOLOGIE] Sarkozy et l'affaire Bettencourt : les grandes dates
Publié le 23/03/2013 à 16h00
Par Cathy Lafon
Retour sur les grandes étapes de la mise en cause de l'ancien président dans un feuilleton judiciaire politico-familial complexe qui dure depuis 5 ans
Nicolas Sarkozy, l'ancien président de la République, a été mis en examen pour abus de faiblesse à Bordeaux jeudi 21 mars, dans le cadre de l'affaire Bettencourt.
Retour sur les grandes étapes de sa mise en cause dans un feuilleton judiciaire politico-familial complexe qui dure depuis 5 ans
Nicolas Sarkozy, 22 novembre 2012. « En quinze ans, je n'ai souvenir que d'un dîner chez les Bettencourt […] avec ma femme Cécilia », dit-il au juge. « Je suis allé au domicile des Bettencourt une fois, le 24 février 2007 et j'ai reçu à sa demande Mme Bettencourt le 5 novembre 2008, une fois. » Elle était venue lui « demander de la réconcilier avec sa fille ».
Propos attribué à Liliane Bettencourt en avril 2007, consigné dans les carnets de François-Marie Banier. « De Maistre m'a dit que Sarkozy m'avait encore demandé de l'argent, j'ai dit oui.»
2010
Le 16 JUIN. Le volet politique de l'affaire Bettencourt commence. Mediapart révèle l’existence d’enregistrements pirates effectués clandestinement au domicile de la milliardaire par son majordome. Ces documents audio montreraient de possibles fraudes fiscales de Liliane Bettencourt, des immixtions de l’Elysée dans la procédure judiciaire et des liens entre la milliardaire, le ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, Eric Woerth et sa femme, Florence, qui travaille pour une société gérant la fortune de Mme Bettencourt.
6 JUILLET. Nicolas Sarkozy fait son apparition dans le dossier Bettencourt. L’ex-comptable de la milliardaire, Claire Thibout, accuse Patrick de Maistre de lui avoir demandé de retirer 150 000 €, pour les donner au printemps 2007 au trésorier de l’UMP, Eric Woerth, pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.
14 NOVEMBRE. L’Elysée procède à un remaniement ministériel : Éric Woerth, en raison de ses démêlés judiciaires, perd son portefeuille ministériel.
2011
31 AOUT. "Libération" révèle que la juge Isabelle Prévost-Desprez met en cause Nicolas Sarkozy, dans le livre « Sarko m’a tuer », des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lomme : elle affirme que l’infirmière de Liliane Bettencourt a confié, dans le secret de son cabinet, avoir vu Nicolas Sarkozy recevoir de l’argent liquide, avant l’élection présidentielle de 2007.
2012
10 JANVIER. L'affaire entre à l'Elysée. Les comptes de campagne de Nicolas Sarkozy pour la présidentielle de 2007 font désormais l'objet d'une réquisition judiciaire.
30 JANVIER. La Cour de cassation libère la voie pour les juges bordelais chargés de l'affaire Bettencourt, y compris sur son volet politique, en validant les enregistrements pirates qui avaient fait déborder le dossier Bettencourt de son cadre familial. Les enregistrements suggéraient aussi des opérations financières destinées à échapper au fisc (île aux Seychelles, comptes en Suisse et à Singapour), des immixtions de l'Elysée dans la procédure d'abus de faiblesse, ainsi que des liens troubles entre Liliane Bettencourt, l'ancien ministre du Travail Eric Woerth et son épouse Florence.
23 MARS. Patrice de Maistre, est placé en détention à la prison de Gradignan (33). L’ancien gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt est au cœur des investigations menées depuis Bordeaux par le juge Jean-Michel Gentil, en charge de la tentaculaire affaire Bettencourt. Le magistrat qui soupçonne des faits d'abus de faiblesse sur la milliardaire veut savoir si une partie des fonds issus de ce délit présumé a servi au financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Patrice de Maistre clame son innocence.
16 JUIN. Levée de l’immunité présidentielle de Nicolas Sarkozy, qui n'a pas été réélu président de la République. Le lendemain, l’ancien président fait adresser une copie de son agenda 2007 au juge Gentil.
3 JUILLET. Perquisitions dans les bureaux et au domicile de l’ex-président de la République. La veille, Isabelle Prévost-Desprez, la juge de Nanterre était mise en examen à Bordeaux pour "violation du secret de l'instruction".
OCTOBRE. Convocations à Bordeaux de Philippe Courroye et de proches de Nicolas Sarkozy. Le juge Gentil interroge Xavier Musca (ex-secrétaire général de l’Elysée), Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, Patrick Ouart, conseiller juridique de l’ex-président (2007-2009) et son successeur Jean-Pierre Picca, sur des points liés aux agendas présidentiels.
22 NOVEMBRE. Nicolas Sarkozy est auditionné par le juge Gentil à Bordeaux. Interrogé pendant douze heures, l'ancien président ressort sous le statut de témoin assisté, sans être mis en examen.
21 MARS 2013. Les trois juges bordelais qui instruisent les dossiers Bettentcourt mettent en examen l'ancien chef de l'État pour des abus de faiblesse à l'encontre de la milliardaire. L'avocat de Nicolas Sarkozy, Me Hertzog, a annoncé son intention de faire appel de cette mise en examen qui sera examinée par les magistrats de la chambre d'instruction.
Durant l'histoire de la Vème République, seul un autre ancien président de la République a été rattrapé par la justice après avoir quitté ses fonctions. Il s'agit de Jacques Chirac qui a été condamné en 2011 dans l'affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris.
Seize autres mises en examen
Depuis le 14 décembre 2011, seize autres personnes sont aujourd'hui mises en examen à titres divers dans les différents dossiers qui constituent l'affaire Bettencourt, dont François-Marie Banier, ami photographe de la milliardaire, qui a ouvert le bal.