Incidents aux Invalides après la manifestation des “anti”
(presse LIBRE qui informe...ou ré-informe :-)
« Dimanche c'était bon enfant à côté de ce soir... Là, c'est tout autre chose. On ne sait pas encore comment ça va évoluer », explique à Mediapart un policier. Il est un peu moins d'une heure aux Invalides dans la nuit de mardi à mercredi, et les forces de l'ordre tentent encore de disperser des manifestants anti-mariage pour tous violents.
Quelques heures plus tôt, environ 3 500 opposants au mariage pour tous (selon la police) ont manifesté, comme chaque soir depuis le retour à l'Assemblée du texte (voté ce mardi). Comme plusieurs soirs cette semaine, des échauffourées avec les forces de l'ordre ont eu lieu. Mais cette fois-ci la violence est montée d'un cran (voir la série de photos du Parisien). « Les affrontements sont extrêmement violents », a indiqué une source policière.
Environ 500 personnes, dont certaines masquées ou cagoulées, ont provoqué les forces de l'ordre, postées derrière des grilles et camions anti-émeutes, rue de l'Université. À l'origine de ce débordement, des groupes d'extrême droite qui ont ensuite été suivis par certains manifestants, a expliqué un policier à Mediapart. De nombreuses bouteilles de verre et des pétards ont été lancés contre les forces de l'ordre, ainsi que des objets trouvés sur un chantier de travaux publics – barrières, barres de fer, gaines électriques. Le Parisien rapporte qu'un commissaire de police a été blessé par un pavé à la tête et devait être évacué par les secours.
Après l'adoption du texte, heurts aux Invalides par ITELE
Mais les manifestants s'en sont aussi pris à des journalistes. Certains ont été agressés, d'autres menacés. Certains individus, armés de chaînes, s'en sont pris à eux en les traitant de « salauds », de « collabos », de « pourris ». Selon 20 Minutes, deux photographes ont été frappés ou touchés par des éclats, et l’un d’entre eux a dû être hospitalisé.
Agressé, le journaliste de France 2 en rend compte sur Twitter :
Les chaînes d'info en continu stoppent leur retransmission. La journaliste d'i>Télé se réfugie dans le camion de la chaîne et fait son duplex par téléphone.
Plusieurs confrères font état d'un climat d'extrême tension, d'agressivité et d'insultes. « Les journalistes, il faut les lyncher », dit très calmement une dame au reporter de l'AFP, sans savoir qu'il est journaliste. Des militants d'extrême droite, visages masqués par des écharpes, rôdent. L'un s'approche de moi de façon très agressive et menace : « T'es la journaliste de Mediapart, qu'est-ce que tu fous là ? Qu'est-ce que tu fous là ?! » Il prévient le reste de son groupe : « C'est elle, c'est la journaliste de Mediapart qui a écrit contre les Le Pen l'autre jour ! »
Un peu plus loin sur les pelouses des Invalides, quelques centaines de « veilleurs », ces opposants au mariage pour tous qui chantent pacifiquement, sont assis avec des bougies :
À 23 h 30, les CRS et gendarmes mobiles chargent à plusieurs reprises les manifestants agressifs et envoient des gaz lacrymogènes. D'importants mouvements de foule ont lieu. Des manifestants courent dans tous les sens. « CRS collabos », « Hollande démission », « Nous sommes le peuple », entend-on.
Autour d'une heure du matin, un policier avertit au mégaphone : « C'est votre dernière chance de partir avant interpellation ! » Peu à peu, la foule restante se disperse. Certains individus tentent de revenir sur l'esplanade. Des dizaines et dizaines de camions et voitures de police restaient encore postées aux alentours des Invalides, après deux heures du matin.
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