A Reyhanli, les représailles contre les réfugiés syriens
TURQUIE-SYRIE • A Reyhanli, les représailles contre les réfugiés syriens
John Beck |
17 mai 2013

Dans les moments qui ont suivi l'explosion de la première voiture le 11 mai 2013, des gens se sont précipités sur la place centrale de Reyhanli pour venir en aide aux blessés. C'est alors que la seconde voiture a explosé. "Une quinzaine d'hommes sont morts sous mes yeux", rapporte Kasseim, 26 ans, accouru du Centre syrien pour les médias où se trouve son bureau.
De nombreux habitants du quartier ont alors pris la fuite, croyant qu'il s'agissait de bombes venues de l'autre côté de la frontière. Quand ils sont retournés sur les lieux, poursuit-il, des gens armés de ceintures et de couteaux s'en prenaient à des Syriens alors même que ces derniers aidaient à sortir les victimes des gravats.
Les habitants de Reyhanli sont en colère et leur réaction est justifiée. Les deux explosions ont fait 46 morts et plus de 100 blessés. Elles ont ravagé le centre de la ville en détruisant d'innombrables commerces et bureaux. Sur les 60 000 habitants que compte la ville, rares sont ceux qui n'auront pas été affectés par les énormes pertes matérielles et humaines qu'elles ont causées.
Sur la scène internationale, le ministre des Affaires extérieures turc, Ahmet Davutoglu, a imputé l'attentat à des agents du régime de Bachar El-Assad, tandis que Damas rejetait cette accusation en incriminant des groupes terroristes. Mais, à Reyhanli, la colère se dirige vers d'autres protagonistes. Nombreux sont ceux qui accusent le gouvernement d'avoir provoqué ces attentats en soutenant les rebelles syriens et qui montrent les médias du doigt....
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