Le quotidien britannique The Guardian a affirmé dimanche que la France figurait parmi les 38 "cibles" surveillées par la NSA. A l'image de Christiane Taubira, s'agit-il selon vous d' "un acte d'hostilité inqualifiable" ?
C’est une agression ! Les États-Unis méprisent les Français ! Il faut le regarder en face et répliquer.
Les gouvernements français et européens pouvaient-ils ignorer de telles pratiques ? Ont-ils fait preuve de naïveté ?
Je suis certain que nos services savaient. Pourquoi les ministres n’ont-ils rien fait ? Comment nos médias de référence peuvent-ils ignorer ce que sait un quotidien allemand ? Dans les deux cas cela pose de graves questions. Une commission d’enquête parlementaire sur l’espionnage nord américain serait bienvenue. Quant au président, sa tendre complicité idéologique avec les démocrates des Etats-Unis l’aveugle. Ils se sont bien moqués de lui ! Sa naïveté est dangereuse.
"Nous ne pouvons pas accepter ce type de comportement entre partenaires et alliés", a déclaré François Hollande ce lundi. Estimez-vous que sa réaction a été à la hauteur ?
Si comme d’habitude les coups de menton ne sont suivis d’aucun acte, la France sera affaiblie. Les États-Unis se croiront tout permis chez nous. Attention, dans la cour des grands la pleutrerie a un prix.
La France doit-elle envisager des sanctions ? Quelle est sa marge de manœuvre ?
Nous sommes en état de légitime défense ! Il faut se faire respecter. En son temps, Charles Pasqua avait expulsé 47 diplomates nord américains ! Les négociations pour le marché transatlantique doivent être immédiatement stoppées puisque le secret des positions européennes est violé.
Vous proposez l'asile politique en France pour Edward Snowden. Peut-on se permettre une telle défiance à l'égard des Etats-Unis ?
Snowden a rendu un service immense à notre sécurité nationale et à l’Europe. Il est en danger nous devons l’aider. Dans ce cas, l’asile politique est notre tradition. Sinon les Etats-Unis s’essuieront les pieds sur nous !
1 juillet 2013
Espionnage : "Je suis certain que nos services savaient", assure Mélenchon
INTERVIEW - Après les révélations d'écoutes des institutions européennes par les Etats-Unis, Jean-Luc Mélenchon plaide pour la création d'une commission d'enquête parlementaire. Le leader du Front de Gauche met en garde : "la naïveté" de François Hollande est "dangereuse".
Jean-Luc Mélenchon, le 24 juin dernier à Paris. Photo : LCHAM/SIPA
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