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12 janvier 2014

MARCHE TRANSATLANTIQUE? Ils réfléchissent en France: parlementaires triés , sommités du monde patronal et économistes "en cour..

  Il existe encore , en France , des journalistes qui méritent ce titre. Oui ils sont rares. Très rares. Trop rares hélas. Merci à Jack Dion d'en être.

 

 

Sur MARIANNE

L'agent du néolibéralisme fou

Mercredi 8 Janvier 2014 à 05:00 | Lu 28356 fois I 227 commentaire(s)

 

Jack Dion
Directeur adjoint de la rédaction de Marianne et grand amateur de théâtre En savoir plus sur cet auteur

 

Au nom de l'Europe, Ignacio Garcia Bercero négocie en secret avec les États-Unis un accord de libre-échange qui soumettrait les pays aux diktats des géants du privé.

 

Ignacio Garcia Bercero à Washington en juillet 2013 - Evan Vucci/AP/SIPA
Ignacio Garcia Bercero à Washington en juillet 2013 - Evan Vucci/AP/SIPA

Qui connaît Ignacio Garcia Bercero ? L'homme est directeur général du commerce à la Commission européenne, structure qui est à la transparence ce que la margarine est au beurre. A ce titre, il négocie pour les vingt-huit l'accord de partenariat transatlantique entre les Etats-Unis et l'Union européenne. Ce dernier vise à concrétiser le rêve des libre-échangistes les plus fous : la création d'une vaste zone où les barrières douanières et réglementaires seraient bannies, au profit des géants du privé, et notamment des groupes américains.

Il s'agit de mettre à bas les normes en vigueur dans des domaines multiples et variés, qui vont de la sécurité alimentaire à la protection de la vie privée, au nom du principe imbécile selon lequel la liberté du commerce dérégulé induit l'expansion générale (si tel était le cas, ça se saurait). Une fois ces principes coulés dans le marbre juridique, ni les Etats ni les Parlements ne pourraient s'y opposer, sauf à être renvoyés devant des tribunaux internationaux qui seraient en mesure de leur faire payer leurs incartades.

Les négociations durent déjà depuis plusieurs mois, dans l'opacité générale, à l'abri des regards indiscrets. A part le nom des négociateurs officiels, rien ne transparaît. Seuls les lobbyistes ont accès aux premiers documents préparatoires issus des discussions. Pour le reste, c'est le black-out. Pas question de mettre sur la table des éléments d'information qui pourraient permettre aux peuples ou à leurs mandants d'intervenir.

Nicole Bricq, ministre du Commerce extérieur, s'est contentée de mettre en place un «comité de suivi et de réflexion sur l'accord de partenariat transatlantique». On y trouve quelques parlementaires triés sur le volet, des sommités du monde patronal et des économistes bien en cour, emmenés par l'inévitable Elie Cohen.

Bref, des experts vont en surveiller d'autres, emmenés par Ignacio Garcia Bercero, qui n'a jamais reçu le moindre mandat populaire et qui se considère autorisé à faire ce qu'il veut. La ministre s'est bien gardée de demander la levée du secret de la négociation et l'accès du Parlement aux débats en cours. Ce serait pourtant le minimum. Avant de donner des leçons de démocratie à l'Ukraine, il faut balayer devant sa porte.

 

 

 

 

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