Canalblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Vu au MACROSCOPE
Publicité
Visiteurs
Depuis la création 1 380 271
Newsletter
30 janvier 2014

George Ibrahim Abdallah

Georges Ibrahim Abdallah

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Georges Ibrahim Abdallah

Naissance 2 avril 1951 (62 ans)
Al Qoubaiyat (en), gouvernorat du Nord, Liban
Nationalité Drapeau du Liban Liban
Pays de résidence Drapeau de la France France
Activité principale Membre du Front populaire de libération de la Palestine et chef présumé de la Fraction armée révolutionnaire libanaise

Georges Ibrahim Abdallah, né le 2 avril 1951, est un militant communiste libanais ; le chef présumé de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL), il a été condamné en France à la réclusion à la perpétuité pour des actes terroristes.

 

 

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et famille[modifier | modifier le code]

Georges Ibrahim Abdallah est né le 2 avril 1951 à Al Qoubaiyat (en) au nord du Liban dans une famille chrétienne maronite de 9 enfants dont le père est militaire. Il effectue ses études à l'École normale d'Ahrafieh, dans l'Est de Beyrouth. En 1972, il est nommé instituteur dans un village de la Plaine de la Bekaa. Il reste dans l'enseignement jusqu'en 1979.

Il est l'oncle paternel de Chloé Delaume, écrivaine[1].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Son engagement politique débute dans les rangs du Parti social nationaliste syrien (PNSS) pour rejoindre ensuite, dès 1971, le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP).

L'engagement de Georges Abdallah est motivé par la cause palestinienne et les invasions successives de l'armée israélienne au Sud Liban, en 1978 et 1982[2]. Il est d'ailleurs blessé lors de l'invasion israélienne du Sud Liban en 1978. Selon le Mossad, il est un proche de Georges Habache, le leader du FPLP. Il participe à la création de la Fraction armée révolutionnaire libanaise, organisation se revendiquant « communiste » et « anti-impérialiste », dont il dirige les opérations en France sous les pseudonymes Salih al-Masri et Abdu-Qadir, la base de ce groupe étant à Lyon[3]. Un ancien membre des FARL confiera à Aljazeera.net en 2009 : « Nous avons décidé de mener des actions à l'étranger, notamment en Europe, plutôt qu’au Liban, conformément au slogan : frapper l'ennemi partout où il se trouve »[2].

En 1982, les FARL revendiquent l'assassinat Charles R. Ray (en), attaché militaire américain à Paris (le 18 janvier 1982), Yacov Barsimentov, diplomate israélien (le 3 avril), et blessent gravement Robert Onan Homme, consul américain à Strasbourg.

Arrestation et condamnations[modifier | modifier le code]

Il est arrêté à Lyon le 24 octobre 1984, où il est condamné le 10 juillet 1986. Dans le journal-mémoire qu’il a fait éditer, Jacques Attali, le conseiller du président français François Mitterrand, écrivait : « Mercredi 6 mars 1985… il n’est inculpé que de faux et usage de faux. Il dispose d’un vrai-faux passeport algérien »[4].

Le 23 avril 1985, les FARL enlèvent Gilles Sidney Peyrolles, attaché culturel de la France à Tripoli et fils de l’écrivain Gilles Perrault, et réclament la libération de Georges Abdallah[5]. Yves Bonnet, alors patron de la DST, négocie avec les services secrets algériens (directement avec le colonel Lakehal Ayat, directeur central de la Sécurité militaire et le commandant Smaïn Lamari, directeur de la sécurité intérieure algérienne) l'échange qui est sur le point d'aboutir. Mais la découverte dans une des planques des FARL d'une arme ayant servi à abattre Charles Ray et Yacov Barsimentov a raison de cet arrangement. Georges Ibrahim Abdallah est condamné dans un premier temps à 4 ans de prison, pour détention d'armes et de faux papiers[6].

Puis, il est à nouveau jugé par la cour d'assises spéciale pour complicité d'assassinat le 28 février 1987[7] alors même que le procureur général, représentant de l'accusation, requiert une peine de dix ans. Après de nombreuses pressions, la justice le condamnera finalement à la perpétuité[2]. En 1987, sort un livre confession de Jean-Paul Mazurier, avocat de Georges Ibrahim Abdallah, qui raconte comment et pourquoi il a trahi son client et a pris contact avec les services secrets français (DGSE)[8]. Néanmoins, la validité du procès ne sera pas remise en cause. Il aura ensuite Jacques Vergès comme avocat jusqu'à sa mort en 2013 puis Jean-Louis Chalanset[9].

Le 1er décembre 2009, Georges Abdallah est condamné à 3 mois de prison pour refus de prélèvement ADN par le tribunal correctionnel de Tarbes. Le 20 mai 2010, il est finalement relaxé par la cour d'appel de Pau[10].

Georges Abdallah continue son engagement politique en détention. C’est ainsi qu’il a adhéré à la plate-forme du 19 juin 1999[11] qui a réuni une centaine de prisonniers se revendiquant « révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes » parmi lesquels Jean-Marc Rouillan ou encore Pierre Carette.

Demandes de libération[modifier | modifier le code]

Georges Abdallah est, selon le droit français, libérable depuis 1999[12].

En mars 2002, sa demande de libération est rejetée. En septembre 2002, il est incarcéré à la prison de Fresnes. En novembre 2003, la juridiction de la libération conditionnelle de Pau a ordonné sa remise en liberté à condition qu'il quitte définitivement le territoire pour le 15 décembre. Dominique Perben, alors ministre de la Justice, fait appel de la décision, si bien que le 15 janvier 2004, Georges Ibrahim Abdallah voit sa libération rejetée[réf. souhaitée].

En janvier 2012, Georges Abdallah dépose une huitième demande de libération. Le 21 novembre 2012, le tribunal d'application des peines compétent en matière de terrorisme, réuni à Lannemezan le 23 octobre 2012, prononçait un avis favorable à la demande de libération de Georges Abdallah[13]. Le 10 janvier 2013, la chambre d'application des peines de Paris qui examinait l'affaire en appel, accède à sa huitième demande de libération, en la conditionnant à un arrêté d'expulsion du territoire français[14]. Cette décision est annulée en avril 2013 par la Cour de cassation, car Georges Ibrahim Abdallah « ne pouvait se voir accorder une libération conditionnelle sans avoir été obligatoirement préalablement soumis, à titre probatoire, à une mesure de semi-liberté ou de placement sous surveillance électronique pendant une période d'un an au moins »[15].

Soutiens[modifier | modifier le code]

Manifestation d'extrême gauche, le 26 octobre 2013, devant la prison de Lannemezan où est détenu Georges Abdallah.
Yves Bonnet

Dans une entrevue à La Dépêche du 7 janvier 2012, Yves Bonnet, directeur de la DST au moment de l'arrestation, juge anormal et scandaleux le fait de maintenir encore emprisonné Georges Ibrahim Abdallah. Il considère par ailleurs qu'« il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d'accord, c'est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatila dont les coupables n'ont jamais été punis. Et aujourd'hui, la France garde cet homme derrière les barreaux alors qu'elle a libéré Maurice Papon ? »[16] Il pense ainsi à une vengeance d'État, « c'est absolument lamentable »[16] conclut-il.

Associations, partis politiques et élus de gauche

Plusieurs associations françaises soutiennent la libération de Georges Abdallah comme la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen[17], l'Association France-Palestine Solidarité[18] ou encore l'Union juive française pour la paix[19], ainsi que des partis politiques de gauche et d'extrême gauche, notamment le Parti de gauche[20], le Parti Communiste Français[21], le Nouveau Parti anticapitaliste[22], Lutte ouvrière[23], Alternative libertaire[24] ou encore l'Organisation communiste marxiste-léniniste Voie prolétarienne[25].

Le 19 mai 2012, André Delcourt, maire communiste de Calonne-Ricouart, nomme Georges Ibrahim Abdallah citoyen d'honneur de la ville de Calonne-Ricouart. Le 19 juin 2012, Christian Champiré, maire communiste de Grenay, et les membres du conseil municipal ont nommé Georges Ibrahim Abdallah citoyen d'honneur de la ville[26]. Le 13 décembre 2013, Marc Everbecq, maire communiste nomme à son tour Georges Ibrahim Abdallah citoyen d'honneur de la ville de Bagnolet[27]. Cette décision fait polémique auprès du CRIF[28].

Le 23 octobre 2013, un appel d'élus de gauche au président de la République réclame la libération de Georges Abdallah parmi lesquels Noël Mamère, André Chassaigne, Patrick Braouzec et Nathalie Goulet[29].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.liberation.fr/politiques/2013/01/23/georges-ibrahim-abdallah-l-embarras-de-valls_876196 [archive]
  2. a, b et c http://www.france24.com/fr/20111230-affaire-georges-ibrahim-abdallah-libanais-terrorisme-france-cause-palestinienne-ann%C3%A9e-1980-verges-condamne-justice/ [archive]
  3. Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon,‎ 1987, 308 p.
  4. Jacques Attali, Verbatim, tome l. Deuxième partie Chronique des années 1983-1986, Fayard, Paris, 1993, p. 1180
  5. Patrick Pesnot, « Georges Ibrahim Abdallah » , émission Rendez-vous avec X, 22 septembre 2012
  6. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/20/01016-20131220ARTFIG00559-la-mise-a-l-honneur-de-georges-ibrahim-abdallah-par-une-mairie-communiste-fait-polemique.php [archive]
  7. [PDF][1] [archive] [2] [archive] [3] [archive] Le Nouvel Observateur, 20 février 1987
  8. http://www.ina.fr/video/CPB87005104 [archive]
  9. http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/25/georges-ibrahim-abdallah-le-plus-vieux-prisonnier-politique-d-europe_3502926_3224.html [archive]
  10. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/20/97001-20100520FILWWW00618-adn-preleve-georges-abdallah-relaxe.php [archive]
  11. http://www.secoursrouge.org/Biographie-de-Georges-Ibrahim,72 [archive]
  12. http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/George-Ibrahim-Abdallah/p-24061-Georges-Ibrahim-Abdallah-face-a-l-obstination-d-Etats-et-aux-fantomes-de-son-temps.htm?fb_action_ids=10151413833717065&fb_action_types=og.recommends&fb_source=other_multiline&action_object_map=%7B%2210151413833717065%22%3A134549603371004%7D&action_type_map=%7B%2210151413833717065%22%3A%22og.recommends%22%7D&action_ref_map=%5B%5D [archive]
  13. http://sd-g1.archive-host.com/membres/up/29b72e7b8387d2014690b4aea20c293508c66477/docs/der__procedure.pdf [archive]
  14. Affaire Abdallah : libération sous condition d'expulsion [archive], Le Figaro, 10 janvier 2013.
  15. « Fin du suspense pour Georges Ibrahim Abdallah qui reste en prison » [archive], AFP, 4 avril 2013.
  16. a et b La Dépêche, Yves Bonnet raconte les dessous de l'affaire Abdallah [archive], Propos recueillis par Pierre Challier, publié 07/01/2012
  17. http://www.ldh-france.org/Liberte-pour-Georges-Ibrahim,4659.html [archive]
  18. http://www.france-palestine.org/Georges-Ibrahim-Abdallah-doit-etre [archive]
  19. http://www.ujfp.org/spip.php?article322 [archive]
  20. http://www.lepartidegauche.fr/actualites/international/georges-ibrahim-abdallah-21176 [archive]
  21. http://www.pcf.fr/45441 [archive]
  22. http://www.npa2009.org/content/georges-ibrahim-abdallah-le-gouvernement-oppos%C3%A9-%C3%A0-sa-lib%C3%A9ration [archive]
  23. http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2361&id=8 [archive]
  24. http://www.alternativelibertaire.org/spip.php?article5548 [archive]
  25. http://www.vp-partisan.org/article1125.html [archive]
  26. Georges Ibrahim Abdallah, citoyen d'honneur d'une petite ville du nord de la France - L'Orient-Le Jour [archive]
  27. http://www.saphirnews.com/Georges-Ibrahim-Abdallah-citoyen-d-honneur-de-Bagnolet_a18083.html [archive]
  28. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/20/01016-20131220ARTFIG00559-la-mise-a-l-honneur-de-georges-ibrahim-abdallah-par-une-mairie-communiste-fait-polemique.php [archive]
  29. http://blog.mondediplo.net/2013-10-23-Georges-Ibrahim-Abdallah-trentieme-annee-dans-les [archive]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]

Publicité
Commentaires
Publicité
Vu au MACROSCOPE
Derniers commentaires
Publicité
Archives
Publicité
Publicité