PHOTOS. En Crimée, les habitants accueillent les soldats russes à bras ouverts
PHOTOS. En Crimée, les habitants accueillent les soldats russes à bras ouverts
CRIMÉE - C'est une guerre qui ne sème pas la mort, ou du moins, pas directement. On savait que la Russie avait lancé une guerre médiatique pour soutenir son action en Ukraine, les médias publics russes et les autorités appelant à l'unité nationale contre "les fascistes qui ont pris le pouvoir à Kiev", sur fond de nostalgie de l'URSS. L'offensive a désormais aussi lieu sur les réseaux sociaux et dans les rues de Crimée.
Depuis samedi 1er mars, lorsque les troupes russes ont pris position dans les grandes villes de la région, des photos circulent en nombre sur les réseaux sociaux : des enfants, des femmes, des familles se tenant fièrement à côté des soldats russes, leurs "sauveurs". Le compte Twitter d'une fervente défenseur de la Russie, de la Syrie d'Assad et de la Libye de Kadhafi s'est même fait une spécialité de relayer ces images :
(L'article continue après les photos)
#Ukraine #Crimea Young crimean kid takes a selfie with marines from the 810 brigade #Russia pic.twitter.com/qCPiGSYecL via @ProstoMilochka
— Steiner (@Steiner1776) March 2, 2014
Meanwhile in Crimea: Children, say "cheese". pic.twitter.com/Ask8u2kywz
— Russian Market (@russian_market) March 3, 2014
Tea, music, photos with self-defense forces mark peaceful Sunday in Simferopol http://t.co/Jock6RMiX0 #Crimea pic.twitter.com/k10dpCsRkm
— RT (@RT_com) 2 Mars 2014
El tema de los militares dejándose hacer fotos se extiende raramente pic.twitter.com/jFkUdttDbq
— Javier Pascual (@javierpascual) 1 Mars 2014
Can I take a photo with you? pic.twitter.com/qIV1dX9JRP
— Javier Pascual (@javierpascual) 1 Mars 2014
Вот еще из блогов Симферополя. pic.twitter.com/wLOEpeD1vF
— Lida Vasilevskaya (@Vasilevskaya_RT) 3 Mars 2014
La Crimée est une région à majorité russophone, rien de très étonnant donc à ce qu'une partie de la population se réjouissent de la démonstration de force de la Russie. À Sébastopol, bastion russophone stratégique, l'atmosphère était tout le week-end à la fête. "Sébastopol est une ville russe", affirmait une retraitée Zinaida Lazereva, alors qu'un groupe de dames âgées chantait des chansons de guerre de l'époque soviétique sur la place centrale de la ville dimanche 2 mars. "Ici, nous parlons russe, nous avons une mentalité russe et nous voulons être en Russie", explique-t-elle à l'AFP. "Poutine n'a rien saisi chez nous (...), les Russes ne prennent pas le pouvoir, ils viennent ici pour nous sauver", estime une autre retraitée portant les couleurs de la Russie sur un badge accroché à sa veste.
Des manifestants pro-russes payés pour défiler?
Le week-end a aussi été marqué par les manifestations pro-russes à l'Est du pays et en Crimée. À Donetsk, plusieurs incidents ont eu lieu entre manifestants pro-russes et partisans du nouveau gouvernement. Certains commentateurs ont soulevé sur Twitter, des doutes quant au nombre très important de manifestants pro-russes. Photos à l'appui, ces commentateurs soutiennent que le cortège pro-russe se serait mystérieusement évaporé à 14h, heure à laquelle, le salaire qu'ils avaient touchés ne les obligeait plus à rester.
@HannaGun @piosmo RT @olgatokariuk Empty square in Donetsk pro-Russian 'activists' were paid to stay till 2pm pic.twitter.com/yhATUwTgku
— padewski (@apadewski) March 1, 2014
"La place de Donetsk vide, les activistes pro-russes étaient payés pour rester jusqu'à 14h."
Influencés sans doute par les diffusions des chaînes de télévisions russes, qui ont régulièrement décrit les manifestants comme des fascistes, beaucoup de Criméens voient le nouveau pouvoir à Kiev comme une menace pour eux-mêmes et leurs familles. "Ces terroristes veulent venir détruire nos monuments et l'histoire de notre combat contre le fascisme, affirme un ex-membre des forces sous-marines, Vasily Gradsky. Ils veulent venir brûler nos maisons et ils ont dit qu'ils pendraient les gens qui parlent russe."
Même si de nombreux habitants souhaiteraient voir la Crimée rejoindre la Russie, d'autres ne pensent pas qu'il faille aller aussi loin. "Je ne pense pas qu'on finira par rejoindre la Russie mais cela pourrait conduire à une plus grande autonomie", commente Dina Toporskaya, monitrice de surf d'une vingtaine d'années. "C'est juste qu'il y a eu tellement de changements et que les gens ont peur maintenant", souligne-t-elle.
Le HuffPost avec AFP | Publication: 03/03/2014 12h22 CET