CAP 2012... et après?

30/10/14

Barrage de Sivens: La FNSEA dénonce les «djihadistes verts» d'un mouvement «bien organisé»

Sur 20 minutes

 

Barrage de Sivens: La FNSEA dénonce les «djihadistes verts» d'un mouvement «bien organisé»

Le président de la FNSEA Xavier Beulin, le 26 mars 2014 à BiarritzLe président de la FNSEA Xavier Beulin, le 26 mars 2014 à Biarritz - Gaizka Iroz AFP

20 minutes avec AFP

Créé le 29.10.2014 à 15:52

 

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé mercredi que l'opposition au barrage de Sivens (Tarn) avait généré «des djihadistes verts» et que ce qui est «présenté comme un mouvement pacifique est extrêmement bien organisé». «L'équilibre démocratique est menacé aujourd'hui», a ajouté lors d'une rencontre avec la presse le responsable du syndicat agricole pour qui «quand une décision est prise, on l'exécute, sinon ce n'est plus une démocratie digne de ce nom».

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Discours de Valdaï." Poutine, un westphalien à toute épreuve" par Yannick Jaffré

 

Françoise Compoint

Hier, 21:15
Discours de Valdaï. Poutine, un westphalien à toute épreuve
Discours de Valdaï. Poutine, un westphalien à toute épreuve
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Le dernier discours de Vladimir Poutine au club Valdaï a surpassé de par sa force celle de Munich en 2007.

Bien que les thèses avancées par le Président russe s’inscrivent toujours dans une optique polycentrique, souverainiste et rationnellement respectueuse du droit international, il n’en demeure pas moins que le développement qui leur a été donné la semaine dernière est sans précédent.

Poutine, aurait-il lancé un défi aux USA, considérant que le traitement actuel du dossier ukrainien ne laisse plus aucune place aux formules hautement diplomatiques ? La nouvelle idéologie d’Etat russe, permettrait-elle enfin de faire face, avec beaucoup plus d’efficacité qu’auparavant, au néo-impérialisme thalassocratique anglo-saxon et notamment à la théorie du Heartland mackindérien ou encore du containment de Kennen qui en sont les expressions les plus révélatrices? En serait-on venu à un stade où l’hégémonie transatlantique serait dépassée par l’ascendance économique des BRICS, si bien que la Russie n’hésite plus à dévoiler le jeu des puissances dites démocratiques en pointant du doigt, argumentaire détaillé à l’appui, les responsables d’un chaos déjà si peu contrôlable qu’il pourrait conduire à une guerre généralisée ?

Yannick Jaffré a plus d’une corde à son arc. Agrégé de philosophie, auteur d’un livre aussi édifiant qu’original intitulé Vladimir Bonaparte Poutine, il nous a livré son analyse du discours de Poutine au dixième forum du club Valdaï.

 

La Voix de la Russie. Le dernier discours de Poutine au club Valdaï a frappé plus d'un par sa tonalité. En effet, le Président russe remet en cause, clairement et radicalement, les fondements du leadership américain et la manière dont celui-ci s'opère. Pourquoi maintenant? La coupe, serait-elle sur le point de déborder? Peut-on considérer qu'il s'agit d'une réaction au discours d'Obama où ce dernier a comparé la menace russe à celle que présente l'EI ou le virus Ebola?

Yannick Jaffré. Je crois que cette déclaration d’Obama qui d’ailleurs est tout à fait symptomatique de la façon dont les USA, leurs alliés occidentaux et, pour ma grande honte, les Français conçoivent les relations internationales, n’a certes pas arrangé les choses. Ceci dit, je pense qu’en l’occurrence Poutine réagit à l’attitude américaine et européenne au cours de la crise ukrainienne et plus généralement encore à la conception du monde monopolaire ou maniaco-polaire qui est celle des atlantistes.

En effet, ladite conception détruit les conditions de cette rationalité qui devrait définir les relations internationales en garantissant la conservation d’un horizon de paix sans pacifisme. On passe par les rapports de force mais on ménage les portes de sortie. Or, la rhétorique obamienne fait penser à celle de Laurent Fabius lorsqu’il dit que « Bachar el-Assad ne mériter[ait] pas d’être sur terre » (août 2012). Elle détruit ainsi les conditions d’un dialogue diplomatique qui n’est certes pas un dialogue angélique mais qui permet à l’adversaire ou à l’antagoniste de formuler sa propre réponse. Or, quand on incarne le Mal absolu, quand on ne mérite pas d’être sur terre, ce droit nous est automatiquement refusé.

Je préciserai, pour ponctuer cette réflexion, que Poutine me semble encore plus dur vis-à-vis de l’UE que vis-à-vis des USA nonobstant leur rôle de meneur à l’échelle mondiale. Poutine n’a pas lancé dans ses discours d’appels forts en direction de l’UE, celle-ci étant au contraire l’objet de ses critiques. Il y a une belle mention vers la fin d’un partenariat entre l’Europe occidentale et l’Eurasie mais une mention assez peu accentuée, constat qui me semble être l’inflexion principale de ses discours.

La Russie a été profondément déçue par l’attitude de l’UE au cours de la crise ukrainienne. Les Européens ont joué aux va-t-en-guerre en renforçant une crise qui était parfaitement évitable et dont Poutine a énuméré d’une façon succincte les étapes de l’escalade provoquée par l’action conjointe de l’UE et des USA. A cet égard, on pourrait évoquer l’affaire du coup de fil entre Poutine et Barroso il y a quelques mois. Ce dernier avait affirmé que le Président russe était prêt à entrer à Kiev. En réalité, Poutine qui répugnait à parler directement au Président de la Commission européenne considérant qu’il n’était pas un chef d’Etat, avait fait remarquer qu’il se trouvait dans une posture de négociations et qu’il pourrait être à Kiev dans 15 jours. La déclaration de Barroso est tout aussi emblématique que celle d’Obama que vous avez évoquée. Elle témoigne du refus occidental d’entamer un dialogue raisonnable et raisonné avec la Russie.

LVdlR. "La prospérité des USA repose en grande partie sur la confiance des investisseurs et des détenteurs étrangers de dollars et de valeurs mobilières étasuniennes. Cette confiance est mise à mal et des signes de désillusion quant aux fruits de la mondialisation sont maintenant visibles dans de nombreux pays". A votre sens, peut-on interpréter cette phrase comme une allusion (entre autres) au fait que la Chine puisse finir par bouder la dette étasunienne? Si c'est le cas, à quoi rime-t-elle?

Yannick Jaffré. Je ne pense pas qu’il s’agisse exactement de cela. Les intentions des dirigeants chinois me semblent assez opaques dans leurs détails mais claires dans leur généralité. La Chine étend son Empire au moyen de lois qui sont plutôt celles de la pénétration économique. Effectivement, les banques chinoises pourraient mettre en défaut les USA mais je ne crois pas que cela soit dans leur intérêt immédiat, surtout que les liens entre les élites chinoises et les USA mériteraient sans doute d’être éclairés par de véritables journalistes qui feraient leur travail.

Je pense que Poutine essaye de créer à travers l’Organisation de coopération de Shangai et les BRICS une alternative au pétrodollar et aux excess dollars mais il est difficile de dire quelle est l’attitude de Pékin à cet égard.

En tout cas, quand Poutine en appelle dans son discours de Valdaï à la rationalité libérale du marché global qui est rompue par la logique des sanctions infligées par les USA et leurs alliés à la Russie, il essaye de retourner le libéralisme à l’envoyeur libéral et de construire des aires de cohérence économique qui échappent à la mainmise américaine.Mais tant que le dollar reste la monnaie de référence internationale soutenue par la puissance militaire des USA, les entreprises de Poutine – et il en a conscience – auront des effets limités.

Pour en revenir à la mise en défaut des USA par les banques chinoises, je n’y crois pas pour le moment. Ce qui en revanche est flagrant, c’est l’inspiration quasi-gaulliste de Poutine. Le remplacement en 1965 de l’étalon OR par le dollar avait suscité chez le Général des inquiétudes tout à fait prémonitoires dont on a pu constater depuis le bien-fondé : un pays, les USA, peut produire la monnaie d’échange de référence autant qu’elle le juge bon suivant ses intérêts. Il semblerait donc que Poutine essaye de contrer ce phénomène en impliquant la Chine mais étant assez sinosceptique je ne suis pas vraiment convaincu de ses succès dans l’immédiat.

LVdlR. Poutine parle de résoudre le dilemme entre les actions de la communauté internationale et les principes de la souveraineté nationale (clin d'œil à l'Ukraine). On peut se demander si ce dilemme est résoluble en pratique. Le gouvernement russe, croirait-il encore qu'une réactualisation d'Helsinki soit possible?

Yannick Jaffré. Il y a plusieurs aspects à relever sur ce point. Je l’écris dans l’ouvrage que je lui ai consacré (Vladimir Bonaparte Poutine, NDLR), Poutine est un westphalien, c’est-à-dire un tenant de la souveraineté nationale et territoriale ce qui est son attitude la plus constante. Il y a en effet une contradiction potentielle entre ce principe et ce qui serait le droit international ou une convergence internationale qu’il réfère à Helsinki. Assez curieusement, il y a comme une trace d’un Poutine soviétique derrière un Poutine westphalien. Ceci étant, je pense qu’il faut inscrire cette contradiction apparente dans une conception plus large. Poutine est westphalien. Il est diplomate et juriste et tient donc à la conception de l’équilibre des forces contre le messianisme américain aggravé par la situation d’hyperpuissance solitaire des USA portés à déifier leur mission hier au nom de Dieu, aujourd’hui, au nom des droits de l’homme.

Il me semble donc que Poutine aspire à former un espace intellectuel encadrant la rigidité du droit international en vue de contester le manichéisme des conceptions atlantistes. Pratiquement parlant, il s’agit pour lui de laïciser ou de rationaliser les rapports internationaux qui sont marqués par une logique religieuse. Ce n’est plus au nom de Dieu que l’on justifie aujourd’hui un certain nombre d’interventions militaires mais au nom de l’Homme et de ses droits. Dans ce cadre-là que Poutine conteste, on est condamné au manichéisme. Pourtant, Carl Schmitt, et bien d’autres avant lui, avertissaient qu’il fallait toujours considérer l’ennemi comme relatif et développer un discours qui puisse être entendu par un pair, c’est-à-dire un être humain. Pas un Dieu ou un Homme en général mais par d’autres nations, à savoir par l’ennemi.

Dans le cadre qui est celui que définissent les interventions américaines depuis 25 ans, il n’y a pas de dialogue possible. Il n’y a que le Mal, aspect qui exclue tout discours diplomatique et rationnel. C’est bien cette vision réductionniste que Poutine conteste et c’est bien dans cet esprit qu’il brandit la logique du droit international malgré la prédominance sous-jacente des rapports de force qui sont à sa racine.

Je pense donc que la maxime de Poutine n’est pas celle de l’impératif catégorique kantien selon lequel les principes de l’action d’une personne doivent fonder une morale universelle mais que le sens de cette maxime avoisine une stratégie qui pousse l’adversaire à reconnaître ta force et à accepter ton droit dans la mesure où tu reconnais le sien ou, a minima, fait en sorte que tu puisses revendiquer ton action devant un tiers, c’est-à-dire en l’occurrence l’ensemble des nations dans un contexte de multilatéralité, d’où la référence à l’ONU. Non pas que Poutine soit particulièrement épris du cadre des Nations Unies mais celui-ci permet malgré tout de construire une véritable multilatéralité.

Il y a en parallèle une référence à Helsinki qui à son tour s’inscrit dans une double référence à la guerre froide puisque, d’une part, Poutine semble considérer que les USA s’arrogent d’une manière abusive le titre de vainqueurs de cette guerreet que, de l’autre, ils la perpétuent puisqu’il leur faut des ennemis imaginaires, par exemple l’Iran, la Russie ou les rogue States (les Etats voyous) du début des années 2000. C’est en ce sens qu’Helsinki lui paraît une référence employable. Mais en pratique je suis d’accord avec vous, cette référence est quelque peu obsolète ce qui n’amoindrit nullement la portée du discours prononcé par Poutine.
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/5646129/279388184/

 

 

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L’Institut kurde de Paris inquiet à l’heure de la bataille de Kobané

Sur MEDIALIBRE

L’Institut kurde de Paris inquiet à l’heure de la bataille de Kobané

27 octobre 2014 

Frédérique Le Brun

Photos : Frédérique Le Brun

Crédit photo : Frédérique Le Brun

Haut-lieu de la culture kurde au cœur du Xe arrondissement, l’Institut kurde de Paris voit sa mission patrimoniale passer au second plan quand une actualité majeure surgit. À l’heure où les Kurdes de Kobané livrent une bataille des plus médiatisées contre les djihadistes de l’État islamique (EI), visite rue Lafayette, où, en ce vendredi 10 octobre, chacun garde les yeux tournés vers la Syrie. 

Installée dans la bibliothèque du petit immeuble où loge l’Institut kurde depuis trente ans, Sandrine Alexie épluche les dépêches AFP et Reuters et surveille les réseaux sociaux. En charge du « plus important fonds documentaire kurde du monde occidental », la documentaliste a délaissé ses fonctions habituelles : à Kobané, au Kurdistan de Syrie, les combattants kurdes du PYD défendent la ville assiégée par l’organisation djihadiste de l’État islamique (EI).

 

Le PYD, ou Parti de l’union démocratique, est affilié au Parti des travailleurs du Kurdistan turc (PKK), considéré comme terroriste par la Turquie, les États-Unis et l’Otan.

Une colonne de fumée s’élève

« Certains journalistes, postés en Turquie face à Kobané, sont en contact téléphonique avec des Kurdes restés dans la ville. Ils nous livrent des informations de première main », explique-t-elle. « Tout le monde prétend combattre l’EI mais personne ne veut le faire de la même façon, et tous s’empêchent mutuellement d’agir, en raison de leurs programmes contradictoires. » Son regard tombe sur une photo postée sur Twitter. Une colonne de fumée s’élève d’un bâtiment bombardé par l’EI. « Appeler les Kurdes de Kobané à résister jusqu’à la mort n’était pas une bonne stratégie. L’EI serait tombé un jour, et les Kurdes seraient revenus. Là, ils vont se faire massacrer », déplore la documentaliste.

Sandrine relaie une dépêche AFP sur le compte Twitter de l’Institut. En ce 10 octobre, le QG de l’armée kurde à Kobané vient de tomber aux mains des djihadistes. Chaque avancée dans la ville s’accompagne d’un cortège de viols et de décapitations, et accentue l’inquiétude du petit microcosme de cette fondation dédiée au peuple kurde.

Pas d’intervention de la communauté internationale

À l’étage du dessus, Ridvan, le webmaster, les traits tirés, témoigne de cette tension : « Ce qui se passe ne nous laisse pas tranquilles. De plus, notre site subit des tentatives de piratage qui viennent de Turquie. » À ses côtés, Hassan, graphiste, suit les fils d’information. « Tu as vu ?, Sky News Arabia annonce qu’en face de Kobané, la police turque a tiré sur les manifestants et tué douze personnes. » Ridvan soupire et cherche la dépêche sur Internet. Ensemble, ils font le tour du Net en kurde, arabe, turc, anglais et français. « C’est très grave ce qui se passe, commente Hassan. Pourquoi la communauté internationale a-t-elle bougé en Irak et pas là ? » demande-t-il, faisant allusion aux frappes américaines qui ont contribué à stopper l’avancée de l’EI aux portes d’Erbil, au Kurdistan d’Irak, en août dernier. « On a l’impression que l’histoire se répète tout le temps. Ça fait mal de voir qu’on est abandonnés », conclut-il, les yeux rivés sur son écran.

Des Kurdes syriens sans armes

À quelques mètres de là, dans un petit bureau aux murs recouverts de tapisseries orientales, Joyce Blau, professeure de kurde à la retraite, assure le secrétariat en sus de sa tâche de trésorière de l’Institut. Elle, qui a consacré sa vie à la culture kurde, avance les affaires courantes tout en exprimant son affliction. Vers 17h30, Kendal Nezan, président de l’Institut, revient d’une journée marathon sur les plateaux de télé. Il fait le point avec Joyce. « RTL m’a demandé mon sentiment. J’ai répondu que c’était une honte pour la communauté internationale d’assister à ce nettoyage ethnique, raconte-t-il d’une voix fatiguée mais déterminée. On assiste à cela en direct parce que c’est près de la frontière, mais ça se passe aussi ailleurs. » Dirigeant l’Institut depuis sa création, Kendal poursuit une mission : « Nous vivons au diapason des Kurdes en détresse. Nous essayons de donner une voix à ces populations sans voix. »

Kendal Nezan, président de l’institut, revient d’un marathon médiatique d’une journée. Au premier plan, Joyce Blau, trésorière de l’Institut, professeure de kurde à la retraite. Crédit photo : Frédérique Le Brun.

Kendal condamne l’attitude de la Turquie, qui empêche les combattants kurdes massés à sa frontière de rejoindre la bataille. Il n’épargne pas non plus celle des pays occidentaux, qui refusent de livrer des armes aux Kurdes de Kobané, sous prétexte qu’elles pourraient un jour être utilisées en Turquie par les militants du PKK. [NDLR : La situation a changé depuis que ce reportage a été réalisé, la Turquie ayant finalement accepté de laisser repartir combattre en Syrie les Kurdes de Kobané qui s’étaient réfugiés sur son sol].

« On aurait pu leur donner des armes pour qu’ils se défendent. Ce n’est pas avec ça qu’ils auraient attaqué la Turquie. Ou alors, c’est qu’elle serait bien faible », ironise-t-il. Quelle issue voit-il à ce nouveau drame ? « Toutes les histoires ont une fin, mais nous on ne la verra pas cette fin, c’est tout », lance-t-il, pragmatique.

Il est 18 heures. Hassan part. Il croise Kendal sur son chemin. « Tu es joignable, ce week-end ? » demande le président. « Tu sais bien, on est toujours sur le front. »

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Discours de Valdaï - L’ours de la taïga, la dédollarisation et la question du fou

Sur DEDEFENSA

L’ours de la taïga, la dédollarisation et la question du fou


25/10/2014 - Bloc-Notes

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 L’ours de la taïga, la dédollarisation et la question du fou

Le discours du président russe Poutine lors de la onzième rencontre du Club Valdaï (Valdai International Discussion Club) a permis d’entendre pour la première fois de façon claire et précise de son chef, l’affirmation que la dédollarisation est en marche. Ce fut une étrange occurrence où Poutine joua à la fois son rôle de chef d’État et de leader antiSystème, et d’autre part le rôle d’une sorte d’anthropologue incrédule, demandant au bloc BAO, et particulièrement aux USA  : “Mais pourquoi faites-vous cela ?” (“pourquoi faites-vous ce que vous faites ?”), – c’est-à-dire, votre politique, votre frénésie de désordre et de pressions unilatérales, qui nous conduisent évidemment à chercher des alternatives au dollar ? Ou dit encore autrement, selon une expression employée par Poutine, “mais pourquoi sciez-vous la branche sur laquelle vous êtes assis, en nous poussant à diverses mesures contre vous, dont cette dédollarisation ?”

Pas de réponse certes, et aucun espoir d’en avoir, mais un discours intéressant et, effectivement, ces questions qui ne le sont pas moins. Nous nous concentrons sur cet aspect du discours de Poutine (la dédollarisation effective, déclenchée par les sanctions contre la Russie), mais on trouve d’autres aspects intéressants, tous marqués par une critique aigue des USA et du bloc BAO et par l’affirmation que la Russie, plus que jamais symbolisée par ce noble et puissant animal qu’est l’ours de la taïga, a décidé de suivre sa propre voie qui est de se tourner vers d’autres partenaires (“[L’ours] est considéré comme le maître de la taïga et, je le sais d’expérience, il ne veut pas vivre sous un autre climat où il ne serait pas à son aise. Quoi qu’il en soit, il ne cédera devant personne ; je pense que cela devrait être clairement compris... [...] La Russie a fait son choix, – nous voulons développer notre économie et les valeurs démocratiques. Nous y travaillons, notamment avec nos partenaires de l’Organisation de Coopération de Shanghai et avec les BRICS. Nous voulons que nos opinions soient respectées. Nous devons tous être prudents pour éviter de prendre des initiatives hâtives et dangereuses. Certains des acteurs de la scène mondiale semblent avoir oublié cette nécessité...”)

Russia Today (RT) donne, le 24 octobre 2014, un rapide résumé de l’intervention de Poutine sur le double thème des sanctions et de la dédollarisation ... «The sanctions imposed on Russia by the US and the West, among other financial blunders, are mistakes that have triggered the world to de-dollarize. Russian President Putin describes this as like “cutting down the branches, upon which they are sitting.” Putin said that sanctions have an overall negative effect on the entire global community, and actually motivate countries to seek financial sovereignty from the status quo. [...]

» “Politically-motivated sanctions have intensified the trend of economic and financial sovereignty, the desire of countries and regions would like to secure themselves against outside pressure,” he said. Dependence on a single global power will decrease, and new reserve currencies, such as the yuan and ruble, are already starting to emerge. “Now, an increasing number of countries are attempting to move away from dollar dependence and to establish alternative reserve currencies and settlement systems,” the President said.

»Maintaining global equilibrium becomes difficult when everyone stops playing by the rules, the President said, citing the precedent of the Cyprus bailout and the “politically-motivated” sanctions against Russia over its action in Ukraine. “Now they risk losing confidence as the leaders of globalization. My question is – why would they do it? The prosperity of the US depends on its investors, those that own dollar debt,” he said. “I think our American counterparts are sawing the branch they are sitting on,” Putin said,..»

... Ainsi pourrait-on parler d’une “doctrine Sinatra” pour la Russie, en souvenir amical de ces temps heureux où la rupture et la fin brutale de la Guerre froide semblaient pleines de promesses. En 1990, le ministre des affaires étrangères de Gorbatchev, Edouard Chevardnadze, avait qualifié le désir manifesté par les satellites est-européens de l’URSS en processus accéléré d’émancipation de sortir du Pacte de Varsovie qui se dissolvait à une très grande vitesse, de “doctrine Sinatra”. Il faisait allusion à la chanson My Way, adaptation par Sinatra du Comme d’habitude de Claude François, exprimant dans la version US le constat et la volonté de suivre sa propre voie pour faire sa propre vie. Poutine a donc proclamé sa propre version de la “doctrine Sinatra“, dissipant un malentendu né autour de 1990, avec l’arrivée d’Eltsine, vodka en bandouillère. Cette circonstance oiseuse, d’ailleurs favorisée par tous les agents américanistes du monde, avait fait croire à l’Ouest, futur bloc BAO, que la Russie, entretemps mise à l’encan par le même futur-bloc, abdiquerait toute prétention identitaire et souveraine pour se couler docilement dans le moule de la “gouvernance mondiale” que prétendaient et prétendent toujours assurer, chacun d’ailleurs avec ses illusions propres qui ne cessent d’accentuer de plus en plus les perceptions faussaires impliquées, les USA et l’UE constitués en un bloc BAO.

Mais à part le nom, la “doctrine Sinatra” de Poutine diffère de fond en comble de celle de Chevardnadze. Le temps des sourires et des visites à l’OTAN des chefs d’état-major des forces armées soviétiques puis russes a laissé place à des crispations extraordinaires de tension et de puissance contenues. Le ton et les termes du discours de Poutine sont calmes et mesurés, mais la résolution est évidemment inflexible, parce qu’il ne peut en être autrement. Manifestement, on a l’impression constante qu’en même temps qu’une affirmation politique résolue mais classique, le président russe ne cesse d’exsuder une stupéfaction sans fin. Il semble que ses affirmations évidentes soient soulignées, en arrière-plan, de l’interrogation constante, concernant la politique russe du bloc BAO : “mais comment et pourquoi font-ils cela et à qui croient-ils donc avoir à faire quand ils ont à faire à la Russie?” Effectivement, un tel discours fait s’interroger de savoir si tous nos distingués dirigeants, surchargés de diplômes et de réformes postmodernistes, savent ce dont il s’agit quand il s’agit de la Russie, – ou, disons, comme dit Poutine, du grand ours qui est le maître de la taïga. Tout cela culmine avec l’interrogation effectivement stupéfaite de Poutine, qui semble répétée sans fin : “Ma question est, – pourquoi font-ils cela ?” («My question is – why would they do it?»)

Cette question concerne effectivement la dédollarisation comme acte concret et extraordinairement déstructurant de l’ordre du bloc BAO, en plus de diverses autres avancées politiques. C’est la première fois que Poutine l’évoque en des termes si concrets, selon un constat si clair et sans détour. Il n’est plus temps de jouer au plus fin : la Russie “dédollarise” et elle n’est pas la seule, elle ne fait que caractériser, susciter, démarrer un mouvement qui va priver les USA de l’une de leurs armes principales... “Je pense que nos homologues [américains] sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis”. Ces diverses affirmations, – toujours le ton, la mesure et la résolution, avec cette constante stupéfaction en une sorte de basse continue, – montrent combien Poutine agit sans intention agressive ou mobilisatrice, mais bien qu’il y est contraint par la politique du bloc, qu’il le fait parce qu’il le faut, sans joie particulière mais aussi sans la moindre hésitation, et finalement sur la voie (“doctrine Sinatra”) d’y trouver évidemment des avantages considérables pour la Russie et ses amis. En fait, l’impression dominante serait que ce discours serait plus important par l’interrogation à propos de l’étrange comportement des “homologues” du bloc BAO, que par l’affirmation de la Russie qui, elle, va évidemment de soi, sans nécessité de discours finalement. On comprend d’autant mieux ce constat inattendu que, de tous côtés, – sauf du côté de l’Ouest du monde certes, –s’accumulent les rapports et les commentaires sur les catastrophiques conséquences pour le bloc BAO de la “politique” du bloc BAO.

(Voir par exemple l’article de Edward Lozansky et de Martin Sieff, – Martin Sieff, ancien journaliste-vedette de United Press, – deux dirigeants universitaires US de l’American University de Moscou qui n’ont rien de “dissidents” US pro-Poutine, dans Inside Russia, ce 25 octobre 2014Sanctions Policy Is a Massive Fail. Hurting Europe, Helping China, and Isolating... the US. The policy is short-sighted, petulant, and self-destructive. It’s making Putin more popular and strengthening Russia's resolve on Ukraine. EU and Washington are “deluded”.»] «It is indeed an extraordinary strategic fantasy to imagine that the United States and the EU can “isolate” Russia and China, which are not so lonely after all... [...] Policymakers in Washington and Brussels continue in the delusion that they live in an “End of History” world where their shared liberal and democratic values are bound to win – and quickly – over every alternative economic and political system... [...] Economic sanctions are not isolating Russia: They are isolating the United States and straining the bonds of the European Union. Those outcomes are already clear.»)

Ainsi soit-il... Le discours de Poutine, au Club Valdaï dans sa onzième session annuelle, constitue l’annonce officielle de l’ouverture de la voie de la dédollarisation. C’est l’événement conjoncturel le plus important qui résulte de l’étrange crise ukrainienne, ouverte et poursuivie sans aucun frein par le bloc BAO, selon une perception extraordinairement faussaire de la situation. Ce que va montrer cette voie de la dédollarisation, encore plus que le considérable basculement géopolitique qu’elle amorce, c’est l’extraordinaire enfermement de la perception du monde des dirigeants des USA et de l’UE, la fantastique autosuggestion qui anime cette perception, cette “extraordinary strategic fantasy” dénotant en fait une situation encore plus hors du commun, une “extraordinary psychological fantasy”...

C’est-à-dire que si l’on comprend parfaitement Poutine, la logique de sa démarche, sa volonté de préserver et d’affirmer la “voie” sociale et culturelle de la Russie, la puissance de la Russie, la réalité des soutiens extérieurs de la Russie, l’évidence de la démarche de la dédollarisation, etc., on doit aussi savoir que l’important, sinon l’essentiel réside dans cette “extraordinary fantasy” caractérisant le comportement du bloc BAO (du terme fantasy tel qu’introduit dans notre idée de fantasy-narrative inauguré dans notre texte du 1er septembre 2014). Ce n’est pas une situation normale, et c’est bien pourquoi l’importance réelle du discours de Poutine réside dans cette question («My question is – why would they do it?») ; car c’est bel et bien la question de l’état de l’esprit d’un bloc BAO complètement sous l’empire du Système qui est posé, et c’est bel et bien la question du fou...

 

Mis en ligne le 25 octobre 2014 à 14H36

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29/10/14

Uruguay : le défi de la succession à « Pepe » Mujica : le « sage de Montevideo » (1)

Sur INVENTERRE

 

Uruguay : le défi de la succession à « Pepe » Mujica : le « sage de Montevideo » (1)

Les sondages avaient anticipé un rude combat. De fait, l’élection présidentielle en Uruguay, dimanche, n’a pas encore livré le nom de son vainqueur.

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Un second tour est prévu le 30 novembre pour savoir qui succédera à José « Pepe » Mujica. (1 ) A 79 ans, le chef de l’Etat sortant, qui fourmille de projets pour l’avenir (dont celui de créer une école des métiers agricoles), aura en tout cas détonné dans le monde politique au cours de ses cinq années de mandat. Et « prouvé (…) qu’une autre forme de gouvernement était possible »,
Son bilan ? Dans un long entretien accordé à The Economist, en août, l’ancien guérillero Tupamaro le jugeait globalement positif – notamment sur la réduction du chômage et de la pauvreté –, même si, concédait-il, beaucoup reste à faire en matière d’éducation et de redistribution des richesses.
Connu pour son style de vie ascétique à l’extrême et sa répugnance à l’ostentation, le « sage de Montevideo » n’aura pas hésité à bousculer la tradition de son petit pays de 3,3 millions d’habitants, en le poussant à toute vapeur vers le « progressisme ».
En témoignent ses réformes sur la dépénalisation de l’avortement en 2012, le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels (2013) ou, plus récemment, la légalisation du cannabis. Cette dernière, qui a suscité tumulte et remous, va-t-elle survivre sous son successeur ?, s’interroge le Guardian. Fort peu probable, estime Bloomberg, rappelant la ferme opposition de M. Lacalle Pou et les réticences de son adversaire.
Seule certitude : le futur élu, quel qu’il soit, n’aura pas la tâche facile. Politologue à Montevideo, Daniel Buquet, cité par le Christian Science Monitor, le confirme : « Aucun président ne jouira de la même notoriété que José Mujica. Il est unique. » 
D’après des sondages de sortie des urnes, Tabaré Vazquez, du Frente Amplio (Front élargi, centre gauche) aurait recueilli 44 à 46 % des suffrages, contre 31-34 % à Luis Lacalle Pou, du Parti national (Partido Blanco, centre droit).
Le Monde 27/10/2014
Uruguay : le défi de la succession à « Pepe » Mujica Le Monde.fr | 27.10.2014
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 Président uruguayen José Mujica : Homme de conviction  Publié le 14 octobre 2014
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La banque BRICS opérationnelle - Une sortie du Consensus de Washington ?

Sur INVESTIG'ACTION

 

 

La banque BRICS opérationnelle - Une sortie du Consensus de Washington ?

Chems Eddine CHITOUR

 

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29 octobre 2014

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Une bonne nouvelle passée pratiquement inaperçue dans les médias occidentaux. Les cinq pays du Brics ont créé au début de l’été 2014 une banque de développement qui aura comme capital 100 milliards de dollars et qui aura comme siège Shanghaï. Contrairement au FMI et à la Banque mondiale, les prêts faits ne seraient pas assortis de conditions contraignantes (ajustement structurel). Les rares informations occidentales présentent cela comme une agression contre l’ordre établi par l’Occident. Le fameux Consensus de Washington mis en place pour figer l’architecture financière internationale selon les vœux du grand capital.

Les potentialités des pays du Brics

Pour François Houtart, les cinq pays composant les pays dits « émergents », c’est-à-dire, la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil et l’Afrique du Sud, forment un bloc important à l’échelle mondiale. Leur poids démographique atteint 3 milliards de personnes, soit 42% de la population mondiale et leur PIB représentait en 2010, quelque 14.000 milliards d’USD, ou 18,5% du PIB mondial. Leur réserve de devises est estimée à 5000 milliards d’USD, dont 3.200 milliards pour la seule Chine.

Cependant, malgré leur poids, tous ces pays, et en particulier les BRIC’S, sont fermement arrimés à l’économie capitaliste dominante.

Il suffit de citer quelques faits. Leurs réserves monétaires sont en majorité constituées par le dollar, au point de détenir une part importante de la dette extérieure des Etats-Unis et donc indirectement de contribuer à maintenir le système.

La « ré-primarisation » de continents tels que l’Afrique et l’Amérique latine, toujours plus producteurs de matières premières et de produits agricoles, place ces derniers en position de faiblesse dans la division internationale du travail, même si la conjoncture des prix leur a été favorable au cours des 15 dernières années » (1).

« Sur le plan financier, la dépendance est aussi très nette. Ainsi, la politique de la Réserve fédérale américaine visant à augmenter les taux d’intérêt à long terme, entre janvier et août 2012, a eu pour effet une diminution de la valeur de la monnaie de plusieurs pays émergents : l’Afrique du Sud,-20%, Inde,-17,2%, Brésil, -17,4%, Russie,-8,4%. Seule la Chine, avec sa capacité productive énorme et l’importance de ses exportations, a mieux résisté au phénomène. Cependant, ce pays a augmenté sa participation aux bons du Trésor des Etats-Unis, c’est-à-dire comme détenteur de la dette américaine, passant de 1 268 milliards de dollars en août 2013 à 1 293 milliards en septembre de la même année, soit 27,8% de l’ensemble de la participation étrangère. »(1)

Le long chemin vers l’indépendance réelle

Ecoutons ce qu’en pense le journaliste de Asia Times, Pepe Escobar : « Le Bric’s, groupe des pouvoirs émergents (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud) lutte contre le (Des) Ordre du Monde (Néolibéral) à travers une nouvelle banque de développement et un fonds de réserve mis sur pied pour compenser les crises financières. Le diable, évidemment, est dans les détails de comment ils y parviendront. Cela fut une route longue et sinueuse depuis Yekaterinburg en 2009, lors de leur premier sommet, jusqu’à la contre-attaque, longtemps attendue, du Brics contre le consensus de Bretton Woods - le FMI et la Banque mondiale - mais aussi l’Asian Development Bank (ADB). dominée par le Japon, (mais répondant en grande partie aux priorités US). » (2)

« La Banque de développement Brics - investira dans les projets d’infrastructure et de développement durable à une échelle mondiale. Dans quelques années, il atteindra une capacité de financement allant jusqu’à 350 milliards de dollars. Avec un surplus de financement, notamment de Pékin et de Moscou, la nouvelle institution pourrait faire mordre la poussière à la Banque mondiale. Comparez l’accès à l’épargne réelle au papier vert imprimé du gouvernement US sans garantie [dollar]. Et ensuite il y a l’accord établissant un fonds de réserves de devises de 100 milliards de dollars - le Contingent Reserve Arrangement (CRA) Pour le fonds, la Chine contribuera à hauteur de 41 milliards de dollars, le Brésil, l’Inde et la Russie avec 18 milliards chacun, et l’Afrique du Sud avec 5 milliards.

Au-delà de l’économie et de la finance, c’est essentiellement de la géopolitique- comme ces pouvoirs émergents offrant une alternative au Consensus de Washington qui a échoué. La stratégie arrive aussi à être un des noeuds clés de l’alliance Chine-Russie progressivement consolidée, récemment dessinée lors du « deal du gaz du siècle » et du forum économique de Saint-Pétersbourg ». (2)

« En Amérique du Sud, Poutine ne rencontre pas seulement le président de l’Uruguay, Pepe Mujica - discutant parmi d’autres sujets, de la construction d’un port en eau profonde - mais aussi Nicolas Maduro du Venezuela et Evo Morales de la Bolivie. Xi Jinping est aussi en tournée, se rendant en dehors du Brésil, en Argentine, Cuba et au Venezuela. Ce que Pékin dit (et fait) complète Moscou ; l’Amérique latine est vue comme extrêmement stratégique. Cela devrait se traduire par plus d’investissement chinois et augmenter l’intégration Sud-Sud.

Cette offensive commerciale et diplomatique russo-chinoise correspond à la poussée concertée vers un monde multipolaire L’Argentine est un exemple de premier ordre. Pendant que Buenos Aires, déjà vue dans la récession, lutte contre les fonds de vautour US - épitomé de la spéculation financière - dans les palais de justice de New York, Poutine et Xi viennent en offrant d’investir dans tout, des chemins de fer au secteur énergétique ».(2)

« Ce que les Brics essaient de présenter au Sud mondial écrit Pepe Escobar, est maintenant un choix ; d’un côté, spéculation financière, fonds de vautour et l’hégémonie des Maîtres de l’Univers ; de l’autre côté, le capitalisme productif (...) Il est toujours instructif de revenir à l’Argentine. L’Argentine est emprisonnée dans une crise chronique de dettes extérieures principalement déclenchée par le FMI depuis plus de 40 ans - et maintenant perpétuée par les fonds vautour. La banque Brics et le fonds de réserve comme alternative au FMI et à la Banque mondiale offrent la possibilité pour des dizaines d’autres nations d’échapper à la difficile situation à l’Argentine. Sans parler de la possibilité que d’autres nations émergentes telles que l’Indonésie, la Malaisie, l’Iran et la Turquie contribuent bientôt aux deux institutions. »(2)

Les réactions occidentales, entre la condescendance et les pronostics sombres

Les réactions occidentales vont tous dans le sens d’une impossibilité de cohésion dans la durée : « Ce n’est pas étonnant poursuit Pepe Escobar, que les Maîtres hégémoniques du gang universel soient inconfortables sur leurs chaises de cuir du Financial Times résume avec soin le point de vue de la City de Londres - paradis notoire du capitalisme de casino. Ce sont des jours passionnants en Amérique du Sud sur plusieurs aspects. L’hégémonie d’Atlantiste fera partie du décor, évidemment, mais c’est la stratégie du Brics qui montre la voie plus loin en bas de la route. Et la roue multipolaire continue à rouler dessus ».(2)

Dans le Monde de l’économie on nous explique pourquoi la banque : « Objectif : permettre à ses membres de se protéger en cas de nouvelle tempête sur leurs devises, comme celle déclenchée mi-2013 après l’annonce du changement de cap de la politique monétaire américaine. Les Brics avaient alors dû affronter de violentes sorties de capitaux.(...) Certains experts doutent néanmoins que 100 milliards de dollars suffisent à contrer de telles attaques. « L’efficacité du fonds serait préventive et symbolique : c’est déjà beaucoup », juge M.Zlotowski. (...) (3)

Insidieusement, le Monde de l’économie s’interroge : « Les inconnues sont nombreuses. Les pays aidés accepteront-ils de se mettre sous la tutelle officieuse de la Chine, qui sera le principal contributeur financier ? Comment se situera la banque de développement des Brics face aux institutions similaires, notamment la nouvelle banque asiatique d’investissements en infrastructures que Pékin lance en parallèle ? La cohésion entre les pays membres sera-t-elle suffisante pour mener ces projets à bien ? « J’en doute : tous poursuivent des objectifs politiques et économiques très différents », assène M.Lehmann Jean-Pierre Lehmann, spécialiste de politique économique internationale. Avant d’ajouter, non sans ironie : « Entre les Brics, il a toujours manqué le ciment. » (3)

Selon le South China Morning Post, « le président de la Banque mondiale Jim Yong-kim a salué cette initiative, déclarant qu’elle ne serait pas une menace pour les institutions de Washington [Banque mondiale et FMI], et qu’elle aiderait à combattre la pauvreté ». Jim Yong-kim aurait ajouté que « notre compétition est la lutte contre la pauvreté, notre ennemi est le manque de croissance ou encore une croissance non inclusive ». (4) (5) « L’Hindustan Times écrit également que « le sommet prendra en compte le refus du Congrès américain de ratifier les propositions donnant plus de poids aux pays émergents au sein du FMI ». Outre-atlantique, l’inquiétude est parfois de mise. En témoigne cette étude publiée par Forbes, qui titre : « Plus qu’une alliance antidollar, un nouvel outil de stabilisation du commerce qui constitue un risque réel pour la dominance du dollar américain ». (5)

Justement lassés d’attendre que le Congrès des États-Unis autorise la réforme du FMI qui leur donnerait une représentation plus conforme au poids qu’ils ont acquis dans l’économie mondiale, les Brics créent l’embryon d’un système parallèle qui se pose en contrepoids, si ce n’est en alternative, à celui dont les bases avaient été jetées pendant la Seconde Guerre mondiale, à un moment où les équilibres étaient très différents de ceux d’aujourd’hui.(5)

Les Brics et la construction d’un nouveau monde L’importance du sommet Brics annonce un nouveau monde en train de naître. D’autres pays pourront rejoindre les Brics actuels qui seraient bientôt rejoints par l’Iran et l’Indonésie. L’Iran est un chef de file pilier politique technologie important. Il dispose d’énormes ressources naturelles. Il fait d’extraordinaires progrès technologiques.

Il y aura bientôt un membre Bric’s. Et il en sera de l’Indonésie, qui a la quatrième plus grande population, une économie en développement rapide (environ 7% par an) et, encore une fois, d’énormes ressources naturelles. Déjà, les Brics actuels ont 40% de la population mondiale, 30% de sa masse terrestre, et 25% de son PIB, et ce dernier étant un chiffre en forte augmentation. Le raisonnement sous-jacent est simple : les Brics sont déterminés à défier l’Ouest, domination politique et économique et, en particulier, de briser la domination du Fonds monétaire international et la Banque mondiale qui n’ont pas servi les besoins de développement des pays pauvres et ont généralement servi que de les mettre dans de plus en plus, non remboursable de la dette. (6)

« Peut-être le résultat le plus important du sommet Brics est le projet de création d’un câble à fibre optique reliant les cinq États (avec des extensions relativement faciles à l’Iran et l’Indonésie). En effet, il se pourrait que les Brics soient la construction d’un système mondial indépendant optique Internet fibre ou au moins un étendue sur laquelle ils auront un contrôle complet. »

La coopération Sud-Sud pourra trouver des objectifs nombreux, la déconnection du Sud vis-à-vis du Nord ne sera complète que par l’abandon du paradigme capitaliste et, en contrepartie, de la construction commune d’une option alternative pour la vie de l’humanité sur la planète. En fait, la crise structurelle que vit l’ensemble du globe ne laisse pas de choix et une coopération Sud-Sud peut contribuer à établir les nouveaux objectifs et à définir les transitions. »(6)

Il est vrai cependant que les Brics sont effectivement très différents en termes de système politique, de niveau de croissance économique et autres indicateurs de développement, de culture et de démographie. Il est à espérer que les pays du Brics fassent réellement de cette banque la plaque tournante du développement sans demander aux pays demandeurs d’aide de sacrifier les fondamentaux de la vie, l’éducation, la santé, les droits à l’alimentation, à l’eau et à posséder un toit. De plus, le vertige de puissance pourrait amener les grands pays du Brics à monopoliser les décisions. Nous l’avons vu avec la difficulté de choisir le siège. C’est, en définitive, la Chine qui l’a récupéré. (7)

1. François Houtart http://www.cahiersdusocialisme.org/... 2. Pepe Escobar http://www.elcorreo.eu.org/BRICS-co... 15 juillet2014 3. http://www.lemonde.fr/economie/arti... 4. http://www.scmp.com/business/econom... 5. Lionel Pelisson http://www.courrierinternational.co... 6. http://alalumieredunouveaumonde.blo... 7. C.E. Chitour http://www.legrandsoir.info/L-Avene...

Source : Le Journal de l’Afrique n°3, Investig’Action

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[A LIRE ABSOLUMENT] La réponse d’Igor Strelkov à Mikhaïl Khodorkovski. Le 23 octobre 2014 par The French Saker

[A LIRE ABSOLUMENT] La réponse d’Igor Strelkov à Mikhaïl Khodorkovski

23 octobre 2014 The French Saker

Chers amis,

Aujourd’hui, je soumets à votre attention deux documents intéressants. Un discours de Mikhaïl Khodorkovski, « l’ex-oligarque et mafieux à présent devenu activiste démocratique », et une réponse d’Igor Strelkov à ce discours.

Khodorkovsky et Strelkov

Khodorkovsky et Strelkov

Ne vous méprenez pas : une guerre est en cours. Certes, elle ne s’est pas encore transformée en guerre ouverte, avec, de chaque côté, deux armées déchaînant leur puissance, mais c’est une guerre quand même. Cette guerre oppose, d’une part, les 1 % qui constituent les élites dirigeantes de l’Empire anglo-sioniste et leurs alliés en Russie – que nous pouvons appeler la « 5ème colonne » ou les « intégrationnistes atlantistes » – et, d’autre part, les « souverainistes eurasiens russes » et leurs alliés dans le reste du monde, y compris les nombreux partisans, en Occident, d’une Russie souveraine et indépendante. Cette guerre se livre sur de nombreux « fronts » : celui qui sépare la Novorossia du Banderastan, bien sûr, mais aussi bien d’autres fronts. Il y en a un en Syrie, en Iran et en Irak. Il en est un autre à l’intérieur même de l’Union européenne. Il en est un en Extrême-Orient, le long du détroit de Taiwan, et une autre encore en Amérique latine. Dans un passé récent, on trouvait également de tels fronts en Krajina serbe de Croatie, à la frontière entre Israël et le Liban, et en Tchétchénie. En fait, il s’agit là de la première véritable *guerre planétaire* et ses « fronts » sont partout. Même la « oumma » [1] musulmane est profondément divisée entre ceux qui soutiennent le wahhabisme saoudien (lequel a l’appui des USA) et ceux qui s’y opposent (ils sont dirigés par l’Iran).

À l’heure actuelle, le plus important de ces fronts traverse le Donbass, mais cela peut changer demain.

L’un de ces fronts traverse la société russe. Khodorkovski est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « intégrationniste atlantiste », tandis que Strelkov est le symbole emblématique et le porte-parole du camp « souverainiste eurasien ». S’il vous plaît, lisez à la fois leurs deux manifestes et comparez-les : vous constaterez que les différences entre ces deux visions du monde ne sont pas seulement profondes, elles sont inconciliables.

Un grand « merci !! » à « A » qui a traduit (en anglais) le manifeste de Strelkov pour ce blog.

J’espère que vous apprécierez cette lecture fascinante.

Cordialement,

Le Saker

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Discours de M. Khodorkovski lors du dîner d’attribution des prix de la Maison de la liberté

Ce qui suit est le texte préparé du discours prononcé par Mikhaïl Khodorkovski le 1er octobre au dîner d’attribution des prix 2014 de la Maison de la liberté. L’original de ce texte a été publié ici.

Mikhaïl Khodorkovski

Mikhaïl Khodorkovski

Le choix européen, la justice sociale et la mobilisation nationale

1. Il est une légende sur la façon dont, il y a près de 200 ans, les émigrés politiques russes de l’époque demandèrent à Karamzine, historien de la cour de Russie, des nouvelles de ce qui se passait dans la mère patrie. Karamzine réfléchit un moment et répondit d’un seul mot : « Vol ». Peu de choses ont changé en Russie depuis cette époque. Sauf peut-être que le vol est devenu encore plus sophistiqué. Tout est volé en Russie, mais le principal – et c’est, je pense, unique –, c’est qu’en Russie, on vole même le temps.

2. Il y a un peu plus de dix ans de cela, je me suis envolé des États-Unis vers la Russie, afin de rayer dix ans de ma vie et de la vie de ma famille. Ces dix ans m’ont été pris. En échange, j’ai reçu une expérience de la vie unique, qui m’a permis, sinon de tout reconsidérer, du moins assurément de reconsidérer une très grande partie de ce à côté de quoi j’avais vécu et de ce à quoi j’avais cru au cours de la décennie précédente. Mais il n’y a pas moyen de faire revenir le temps.

3. Pourtant, la pire chose que j’ai découverte, lorsque je suis sorti de prison, c’est qu’on avait volé ces dix années, non seulement à moi, mais au pays tout entier. Le temps avait rayé la décennie Poutine de la vie de la Russie. Dissimulé derrière une façade de prospérité extérieure, le fait est que le pays a cessé son développement. Et non seulement cela, mais dans la plupart des régions, le pays a été rejeté en arrière loin dans le passé : politiquement, économiquement, psychologiquement. La profusion des marchandises dans les magasins et l’argent abondant dans les poches des gens ne doivent tromper personne. Le régime ne peut se prévaloir de cela. Ce sont les cours du pétrole qui en sont la cause.

4. Ce n’est pas tout. Il s’avère que non seulement le régime a volé la Russie, mais qu’il tente de ramener le monde entier à l’ère de la guerre froide (si même il ne s’agit pas d’une guerre chaude), un temps où les conflits sont réglés à la pointe du fusil, et où la supériorité est établie, non par des taux de croissance économique, mais par l’agression militaire. La Russie et le monde en sont arrivés à un point très dangereux, au-delà duquel se profile une troisième guerre mondiale.

Le retour à l’Europe

5. Un retour aux valeurs européennes, qui sont à la base de la civilisation euro-atlantique, un retour à la fois mental et politique, est le point de départ de la nouvelle orientation politique qui pourrait aider la Russie à faire son chemin hors du piège historique dans lequel elle se trouve maintenant prise. La Russie n’a que deux voies face à elle : elle peut aller de l’avant en entrant dans l’ère post-industrielle avec l’Europe, ou elle peut retourner au Moyen-Âge, et, après cela, sombrer dans la non-existence pure et simple.

6. Tout ce que mon pays a aujourd’hui, tout ce qu’il considère vraiment comme « à lui en propre », tout ce qui lui a permis de devenir une grande puissance et qui est maintenant sa « carte de visite » : exploration de l’espace, bouclier nucléaire, littérature et art, niveau élevé d’éducation et de science (que même trente années « hors du temps » n’ont pas été capables de détruire), tout cela a été créé dans le cadre de la tradition culturelle européenne, en interaction avec la culture européenne et au sein du milieu culturel européen. Tous les actes de bravoure spirituelle du peuple russe, tous les sacrifices innombrables qu’il a apportés à l’autel de son indépendance, ont été réalisés dans le giron de la tradition chrétienne, qui a été et qui reste européenne dans sa nature.

7. Une rupture avec l’Occident, avec ses valeurs et ses connaissances, est une initiative dangereuse, une initiative qui amènera la Russie à perdre sa véritable identité culturelle. L’« eurasianisme » que l’on impose activement à la société, comme la nouvelle idéologie totalitaire, n’est rien de plus qu’une justification verbeuse à l’ignorance et à la barbarie militantes. Afin de préserver la Russie en tant qu’État unitaire, indépendant et souverain, il est impératif de la faire revenir sur cette voie de développement qu’elle avait suivie lorsqu’elle a atteint sa gloire.

8. Les valeurs européennes (ou les valeurs euro-atlantiques, comme on les appelle aujourd’hui communément) sont avant tout les valeurs d’un État fort et juste, doté d’institutions efficaces et de lois qui fonctionnent. C’est de cela que la Russie a besoin, tout autant que n’importe quel autre peuple dans le monde. La Russie a besoin d’un État de droit et d’une économie ouverte, pas parce que cela plaira à l’Europe occidentale et à l’Amérique, mais parce que, de la sorte, elle pourra collaborer avec le monde euro-atlantique – et si nécessaire entrer en concurrence avec lui – sur un pied d’égalité. Pierre le Grand n’a pas bâti une armée russe en se fondant sur les modèles européens juste pour faire plaisir aux Suédois.

9. Celui qui veut être fort ne doit pas se permettre de prendre du retard. La Russie ne peut pas se fermer au progrès en se retranchant derrière une sorte de muraille de Chine (au sens littéral comme au sens figuré de cette expression). L’hystérie anti-occidentale est une manifestation d’insécurité psychologique et de peur de la concurrence, de la part de ces éléments sociaux, qui, aujourd’hui, constituent l’élite de la Russie. Churchill a dit jadis que s’il n’y avait pas d’antisémitisme en Angleterre, c’était pour la raison que les Anglais ne pensaient nullement être, en quoi que ce soit, plus bêtes que les Juifs. Nous n’avons aucune raison de craindre l’Europe, parce que nous ne sommes pas plus bêtes que les autres Européens.

10. Se joindre à l’Europe ne veut pas dire se dissoudre dans l’Europe. La Russie a sa propre identité culturelle distincte et ses propres intérêts nationaux particuliers, qu’elle doit savoir comment protéger. Dénier à la Russie un choix européen, sous le prétexte de protéger ses intérêts nationaux, ou en utilisant le choix européen comme une explication pour avoir refusé de protéger les intérêts nationaux, sont deux attitudes également inacceptables.

Un retour à l’équité

11. La société russe moderne est structurée de façon injuste. Celui qui a les plus gros poings y a les droits les plus importants. Dans la Russie d’aujourd’hui, la force c’est le droit, alors que les choses devraient fonctionner dans l’autre sens : ce qui est juste devrait être doté de puissance. Restaurer l’« équilibre de l’équité » est une tâche hautement prioritaire pour toutes les forces qui ont pour objectif la transformation de la Russie en un État moderne et dynamique, en plein développement. Si l’on ne trouve pas une solution pour cette tâche stratégique, la société n’apportera pas son soutien à quelque réforme économique, sociale ou politique que ce soit. Pour paraphraser Engels, on peut dire que toutes les réformes précédentes dans la Russie post-communiste ont conduit à une augmentation de l’injustice sociale, et qu’à présent, il s’agit d’éliminer ou à tout le moins de réduire cette injustice.

12. Il n’est pas possible de revenir à la justice sociale en Russie, si l’on ne répare pas le préjudice causé par une privatisation injuste. La privatisation a été une tâche historique douloureuse, sans laquelle le développement ultérieur de la Russie n’aurait pu être envisagé. Mais la façon dont elle a été accomplie a conduit à l’apparition d’effets secondaires sociaux extrêmement graves. L’objet de la prochaine étape de l’histoire de la Russie devra consister à éliminer ces « distorsions ». Aujourd’hui, le pouvoir procède de facto à un réexamen des résultats de la privatisation, à sa façon très particulière, en retirant la propriété des mains de certaines personnes, pour simplement la transférer immédiatement dans d’autres mains, que l’on suppose être davantage « de notre côté ». Ce n’est pas ce que notre peuple attend. Cela ne mènera nulle part, si ce n’est à encore plus de vol et de corruption.

13. Pour commencer, il faudra, pour rétablir l’équité, aborder également la question de l’utilisation du sous-sol, qui est la principale source de la richesse du peuple russe, et à ce jour sa seule source. À ce stade de notre évolution historique, nous devons reconnaître le caractère équitable de cette formule simple : le revenu de l’exploitation du sous-sol de la Russie doit appartenir au peuple de la Russie. Le sous-sol peut très bien être la propriété privée de ceux qui en tirent des revenus pour la société – et en particulier pour la société – et qui gèrent efficacement les opérations et les accroissent. Mais il ne peut pas rester à la disposition de rentiers de la nomenklatura, qui se paient à eux-mêmes des « salaires » disproportionnés et sont incapables de travailler efficacement.

14. Il est également impératif de ramener l’équité dans la répartition des revenus dans leur ensemble, en rétablissant des taux d’imposition proportionnels. Nous devons créer l’image du « contribuable responsable », avec toutes ses obligations, mais aussi, est-il nécessaire de le dire, avec des droits. Seul celui qui paie des impôts a le droit de demander à l’État ce que celui-ci a fait pour lui des sommes ainsi collectées. Une nation de rentiers n’a pas un tel droit, et c’est pourquoi le pouvoir fait à présent ce qu’il veut de la nation.

15. Le vecteur de développement du libéralisme russe, qui est aujourd’hui exclusivement politique, doit être repensé. Élaborer des projets de constitution et des plans de réformes politiques et économiques radicales est un exercice futile, jusqu’à ce que la société commence à sentir que l’idée libérale est une idée juste.

16. La société a un énorme potentiel d’auto-organisation, dès lors qu’une matrice peut se former autour d’une idée. Pour la Russie, une telle idée ne peut être que celle d’un État-nation à vocation sociale. La seule question est de savoir si cet État-nation à orientation sociale sera libéral ou fasciste.

La guerre : l’injustice ultime

17. Le fascisme, c’est la guerre. La Russie mène déjà une vraie guerre. Ceux qui envoient des héros mourir le font, non pas au nom de l’intérêt national, non pas pour défendre la patrie, mais pour maintenir au pouvoir un petit groupe de ploutocrates, qui tentent, de cette manière, de prolonger la vie d’un régime qui a déjà fait son temps.

18. La guerre est devenue le seul pilote du régime moribond. Elle se passe en Ukraine, mais cette guerre n’est pas faite pour l’amour de l’Ukraine ou de la Russie, mais pour l’amour du pouvoir. Ce qui a suscité une réaction si follement enthousiaste de l’homme de la rue apportera des épreuves et des tribulations innombrables au peuple russe, déjà dans l’avenir le plus proche que l’on puisse prévoir.

La mobilisation nationale

19. Le régime au pouvoir est en train de faire de la Russie un protectorat chinois. Ce n’est même pas une question d’annexion de la Sibérie. Aujourd’hui, il serait suffisant pour la Sibérie d’être complètement arrimée à la Chine, laquelle, à toutes fins utiles, s’apprête à en pomper les ressources gratuitement, comme on pompe celles d’une colonie.

20. La Russie est bloquée sur une voie historique dangereuse, de laquelle sortir sera très compliqué. Ne serait-ce qu’arrêter, et d’autant plus si c’est pour changer de voie, exigera la mobilisation de toutes les énergies du peuple russe. La tâche des vrais patriotes russes n’est pas de promettre au peuple russe une croisière en douceur, mais de dire la vérité. C’est seulement s’ils comprennent l’ampleur de la menace et l’importance historique de ce moment que les gens peuvent être incités à accomplir des actes héroïques. Et sans actes héroïques, la Russie aujourd’hui ne peut être sauvée.

21. L’acte héroïque du peuple russe doit consister en un travail constructif. Il doit consister à inculquer la discipline et la modération, et à développer la capacité à travailler ensemble et à s’entraider. En d’autres termes, à faire revivre toutes ces compétences morales qui ont aidé la culture russe à se développer et qui ont dans une large mesure été perdues au cours des dernières années. Afin de tirer les gens vers le haut, pour qu’ils soient en mesure d’accomplir cet acte héroïque, la minorité pro-européenne a besoin de prouver sa solidité morale et sa volonté d’observer, non pas en paroles, mais en actes, le principe de l’égalité de tous devant la loi. C’est précisément cette égalité de tous devant une loi qui soit la même pour tous, devant une adversité qui est la même pour tous, et pour une cause commune qui est la même pour tous, qui constitue le vrai sens du libéralisme. Si les gens en viennent à croire en cela, alors tout le reste trouvera sa place : les réformes, le progrès économique et la prospérité de la Russie.

22. La Russie a perdu du temps ces dix dernières années. C’est maintenant que nous devons commencer à rattraper ce temps perdu.

Mikhaïl Khodorkovski

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La réponse de Strelkov à Khodorkovski

Avant-propos, par le colonel CASSAD : Après un long silence, Strelkov parle. Il parle avec une critique programmatique du manifeste de Khodorkovski. Cette transition vers une controverse publique, où Strelkov oppose, à la vision de cet éloquent oligarque, diffusée depuis les États-Unis, sa vision de l’avenir de la Russie, définit dans une large mesure la vision que Strelkov a de l’avenir du pays. En général, la réponse de Strelkov à Khodorkovski reflète son point de vue que le printemps de Crimée est le début d’une « révolution depuis le sommet », qui est l’œuvre de Poutine.

Igor Strelkov

Igor Strelkov

Au début d’octobre, au siège de l’organisation internationale des droits de l’homme Freedom House (Maison de la liberté) à Washington, l’ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a prononcé un discours condamnant l’État russe et le président russe. Un discours qui a constitué la base du manifeste publié par la suite. Ayant obtenu le soutien de l’oligarchie financière mondiale, Khodorkovski a présenté quelques thèses théoriques, usant de la comparaison, de l’analogie et de l’association, lesquelles sont familières aux Russes, copiant même parfois les méthodes de la rhétorique patriotique. Avec un pathos enviable et la demande du statut d’instance ultime, l’ex-oligarque tente de combiner les incompatibles. Il « ajoute » des « valeurs » libérales, étrangères à la Russie et au peuple russe, aux notions de fierté et de justice nationales, chères au cœur russe, créant ainsi l’illusion dangereuse de leur compatibilité biologique. Khodorkovski essaie d’habituer la partie active de la société aux futures transformations libérales initiées par l’oligarchie mondiale et, plus encore, déclare qu’elles seules sont possibles et utiles. Malheureusement, il est tout simplement impossible d’ignorer cette combinaison de « chaud et de doux » et de la laisser sans réponse. Des discours par trop dangereux sont tombés déjà des lèvres de cet ennemi évident de la Russie, et la simple tentative de mettre en œuvre les scénarios qu’il propose peut s’avérer bien trop destructrice. Il nous faut donner la réponse patriotique russe au scénario libéral mondialiste imposé par Khodorkovski, sous le couvert d’un nouveau cycle de « réformes ». Après tout, il ne s’agit pas simplement de raisonnements de loisirs émanant de ce criminel riche et peu commun, qui s’est enfui de la patrie, il s’agit du programme idéologique d’une nouvelle révolution en Russie, de la « feuille de route » de la révolte oligarchique dirigée, comme toujours dans l’histoire de la Russie, contre le gouvernant, contre le peuple et contre le pouvoir. Eh bien, nous allons faire le tri de tout cela point par point.

Le choix russe, la justice sociale et la mobilisation nationale

1. Il y a 100 ans, le dernier tsar-martyr de Russie, Nicolas II, a écrit : « Tout autour, trahison, lâcheté et tromperie ». Il ne parlait pas du tout du peuple, ni des « imbéciles ou gens des routes », mais de l’élite politique, militaire et économique qui l’entourait pendant cette période. La trahison de l’élite a fini en effondrement de ce qui était la plus grande puissance mondiale, l’Empire russe. Il y a 200 ans, l’élite politique a, sous la direction de l’envoyé britannique, participé au régicide de l’empereur Pavel, ce qui a conduit à l’invasion par Napoléon et à la guerre patriotique de 1812 qui s’en est suivie. Il y a 400 ans, pendant la Période des Troubles, l’élite politique de la Russie prêta serment à des imposteurs et au roi de Pologne, commettant une trahison, tant envers la patrie qu’envers la foi, et seule la révolte de la milice russe sauva à la fois la Russie et l’orthodoxie, au cours de cette période difficile, en jetant les bases d’une nouvelle dynastie de tsars de Russie. Depuis lors, en Russie, peu de choses ont changé. Les gouvernants de la Russie, avec le soutien du peuple russe, apportent leur vie sur l’autel de la patrie, tandis que les élites de compradores engraissés et corrompus ne dédaignent pas de trahir la patrie, d’aucune manière, se faisant lâchement traîtres au souverain, volant le peuple et le tenant en état de subordination, au nom de leur seul profit personnel instantané. C’est alors, toujours, qu’est venue la pacification, après de longues et pénibles années de désarroi : ayant laissé derrière elle la crise et des guerres sanglantes, la Russie a commencé à se développer progressivement à nouveau. L’histoire s’est répétée il y a 23 ans (sous nos yeux), une fois de plus. « L’empire rouge » avait rendu nécessaire une réforme sérieuse et extrêmement prudente. Au lieu de cela, il fut pillé, volé et détruit par le racket de hauts fonctionnaires du parti, simplement « repeints » pour l’occasion. Il fut vendu aux « ennemis idéologiques » récents, et avec eux à des nouveaux riches sans scrupules. L’histoire s’est accélérée… Ses cycles deviennent plus courts. Et, aujourd’hui encore (pour la deuxième fois au cours de notre petit siècle), il apparaît que le pays, qui commence à peine à connaître une restauration, après le dernier « désordre », est sous la menace d’une ruée cupide. Ceux qui, en fin de compte, n’avaient pas été autorisés à piller notre patrie en détresse dans les années 1990, sont aujourd’hui avides de revanche.

2. Dix ans d’emprisonnement pour vous, M. Khodorkovski, c’est une véritable tragédie. Après tout, combien vous aurait-il été possible de voler pendant cette période ! Votre seule tâche est maintenant de rattraper le temps perdu. Regardons les dix dernières années de votre activité. Depuis 1991, avant votre arrestation, vous, M. Khodorkovski, « en partant de rien » (sans investir un rouble, mais en vous étant approprié des dizaines de milliards de dollars de bien national), vous avez créé cet énorme empire financier et industriel, et vous êtes devenu l’un des hommes les plus riches du pays. De la même façon, vous avez, en outre, comme d’ailleurs tous les oligarques de l’époque, généreusement « marché sur des cadavres », vous ne vous êtes embarrassé d’aucune restriction morale, et vous avez pillé et ruiné le gigantesque patrimoine industriel soviétique. Vous vous êtes roulé dans l’argent et dans « l’élitisme », sans vous refuser quoi que ce soit. Pendant ces mêmes années, moi ainsi que beaucoup de mes amis et camarades, nous étions presque en permanence à la guerre, pour le peuple russe et pour la Russie, contre les ennemis de la patrie. Tout d’abord en Transnistrie, puis en Bosnie, puis en Tchétchénie. Tandis que nous subissions défaite sur défaite, à cause de la trahison de celle qui se disait la « nouvelle élite », que nous reculions, en serrant les dents, accompagnés de commentaires méprisants et pleins de haine de la part des prétendus médias « démocratiques », vous, M. Khodorkovski, et vos semblables, ne vous êtes pas même souvenu des besoins du pays et de ses habitants. Par conséquent, nos expériences sont de nature entièrement différente. Vous avez appris à voler, à piller et à mentir, et nous à protéger la Russie et le peuple. Alors même que nul ne l’exigeait de nous. La prison change toujours les gens, parfois en mieux. Vous, hélas, n’avez rien retenu de cette expérience. Après tout, vous n’avez pas plaidé coupable de quoi que ce soit, même après votre retour à la liberté. De surcroît, vous avez alors fait votre apparition immédiatement dans le camp des ennemis, à nouveau, confirmant par là même que c’était pour une bonne raison, que vous vous trouviez en prison.

3. De quoi parlez-vous donc lorsque vous utilisez le mot « volé » ? Vous, dont le credo était de « voler, voler et encore voler » ? Avez-vous jamais construit ou fabriqué quelque chose dans votre vie, quelque chose qu’il serait possible à un autre de vous voler personnellement à vous ? Non. Parce que vous n’étiez pas engagé dans quoi que ce soit, si ce n’est dans le vol, la fraude et le brigandage, avant qu’on ne vous mette en prison. De tous vos accomplissements, le seul que je sois personnellement prêt à reconnaître comme un résultat socialement utile, ce sont les « bottes » que vous avez « cousues » en prison. Du point de vue moral, c’est là également votre seule œuvre digne, dans cette vie passablement sale (pour user d’un euphémisme) de voleur hautement professionnel et d’escroc talentueux, qui est la vôtre. Mais le pire de tout, c’est que cette activité manuelle ne vous a fait aucun bien du tout, à en juger par ceux en compagnie desquels vous agissez aujourd’hui ; elle ne vous a en rien conduit à la compréhension de vos erreurs et de vos crimes. Quand les vrais patriotes de la Russie et les Russes s’engageaient en Novorossia, vous, après avoir reçu le pardon du président Poutine, vous avez immédiatement pris le parti de ses ennemis et des ennemis de la Russie. Vous étiez sur place, au sein d’un Maïdan russophobe, et vous rassembliez sur le territoire de l’ennemi toutes les « couleurs » de traîtres russes, sur un forum destiné à lutter contre le Printemps russe. Vous dites que « la Russie a cessé de croître » ? C’est là le résultat direct de votre activité, de votre privatisation, de votre politique de comprador. Maintenant, vous appelez à des réformes capitales ? En vous associant avec qui ?? Avec d’évidents ennemis de tous les Russes ? Et cela pour des motifs patriotiques ?

4. De manière particulièrement brillante, vous démontrez votre « patriotisme », Mikhaïl Borissovitch, par votre répétition d’un véritable « film d’horreur » à propos de la Russie, que vous présentez comme une « menace pour l’Europe et pour le monde entier ». Jadis, Goebbels, et bien avant lui, Napoléon et les Britanniques Lord Palmerston et Disraeli, ont eux aussi vociféré haut et fort (et de manière bien plus talentueuse) à propos de cette « menace ». Puis ce fut le tour de Winston Churchill et du président américain Ronald Reagan, lequel, sans le moindre temps d’hésitation, donna à l’Union soviétique le nom d’« Empire du mal ». Ainsi, Mikhaïl Borissovitch, vous vous êtes engagé sur un chemin déjà largement frayé. Il semble que vous ayez cette pleine confiance d’être, vous seul, « le plus intelligent », et le seul à connaître l’histoire, tandis que tous les Russes seraient des crétins profonds et de complets ignares. Et, en vérité, des lâches aussi, qu’il serait facile de tromper et d’intimider en agitant un fantôme de « troisième guerre mondiale », pour leur faire accepter facilement de renoncer à la Patrie et de renoncer à aider leurs frères, qui périssent en Novorossia, au nom de ce fameux « tout sauf la guerre ». Cependant, le principal destinataire de cette adresse n’est pas du tout en Russie. Il s’agit bien plutôt, de votre part, d’une sorte de « serment » fait à ceux, qui, durant toute l’histoire de la Russie, ont rêvé de la liquider. À mon avis, il s’agit là d’un accueil « shulersky » typique, par lequel, lorsqu’il comprend qu’il est sur le point d’être démasqué, le joueur qui se sert lui-même de cartes marquées accuse immédiatement ses partenaires de tromperie. Le monde occidental, dirigé par l’oligarchie financière mondiale dont vous êtes partie intégrante, Mikhaïl Borissovitch, s’efforce de nous présenter, nous les Russes, comme nous apprêtant à détruire ou à conquérir nos voisins. Toujours et partout, c’est ainsi qu’on commence à accuser les futurs adversaires, en leur attribuant précisément ses propres intentions. Alors il est possible d’affirmer que la Russie constitue vraiment une menace de guerre. Dans l’espoir qu’elle en sera effrayée et capitulera, qu’elle se désarmera elle-même. Dans l’espoir d’en terminer une bonne fois pour toutes. Qu’y a-t-il à dire ici ? La tâche des vrais patriotes russes (mais pas des habitués de la « Maison de la liberté » de Washington) consiste à préparer la réflexion sur l’agression de l’Occident, parce que c’est seulement comme cela que la Russie pourra avoir l’occasion de prévenir ladite agression et de défendre sa souveraineté.

Le retour à la Russie

5. Lorsque vous parlez de « valeurs européennes », vous, M. Khodorkovski, soit vous ne comprenez pas, soit vous faites simplement semblant de ne pas comprendre qu’elles n’ont aucun rapport avec les véritables valeurs, les valeurs traditionnelles de l’Europe. Ces valeurs revivent aujourd’hui en Russie, grâce au président Poutine. Et ces « valeurs », qui sont imposées par l’oligarchie financière mondiale sous le nom d’« européennes », suscitent aujourd’hui des actions de protestation de la part de centaines de milliers de personnes en Europe. Il y a plus de vingt ans de cela, la dernière fois que la direction de l’URSS a décidé de « se tourner » vers ces prétendues « valeurs », cela n’a eu d’autre résultat que de diviser le pays, qui s’est trouvé pillé et humilié : le peuple russe est soudainement apparu comme étant la plus grande nation divisée du monde. Depuis le moment où il est arrivé au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la catastrophe des années 1990, en maîtrisant le pouvoir absolu de l’oligarchie, en nationalisant les possessions de l’élite, en restaurant l’économie détruite. Tandis qu’il s’efforçait de rétablir un certain ordre, le président a jugé possible de montrer de la miséricorde, même à l’égard d’un salaud tel que vous, puisque c’est ainsi que vous vous montriez au monde, M. Khodorkovski, avant la prison. Mais vous n’avez pas su apprécier. Probablement parce que vous avez considéré la faveur qui vous était faite comme une manifestation de faiblesse. Après tout, vous, M. Khodorkovski, vous ne vous embarrasseriez pas bien sûr d’un semblable sentiment, n’est-ce pas ? Et maintenant, après avoir trompé le président par de faux remords, avez-vous l’intention de vous venger de tout ce qu’il a fait ? De ce qu’il se soit appuyé sur le renforcement de l’État et la protection des intérêts nationaux, au détriment de l’élite des compradores ? De ce qu’il n’ait pas permis de vendre pour une bouchée de pain les plus grands stocks de ressources naturelles à des « Rothschild », ce qui aurait voué la Russie à une gestion depuis l’extérieur ? De ce qu’il vous ait puni pour vos intentions ouvertement déclarées de le démettre de ses pouvoirs par des moyens inconstitutionnels ? D’après vos propres paroles : tandis que vous étiez en prison, vous avez « réévalué beaucoup de choses ». Pourtant, à peine aviez-vous été libéré que vous êtes apparu du côté opposé de ce front sur lequel le peuple russe se bat pour le monde russe, en opposition directe et inflexible sur la question du Donbass, à nouveau. Votre haine de Poutine vous a amené dans le camp des ennemis, non seulement du président personnellement, mais dans le camp des ennemis de l’État russe et de tous les Russes. Comment osez-vous reprocher à Poutine de s’être levé pour la défense du peuple de la Crimée et de la Novorossia, de n’avoir pas permis aux nazis ukrainiens soutenus par l’Occident de mettre en place sur la Crimée et le Donbass une dictature sanglante ? N’était-ce pas là, après tout, les Russes se protégeant eux-mêmes et protégeant leurs vies ? Vous accusez les victimes de ce qu’elles auraient eu le courage de se défendre. Une troisième guerre mondiale est exclue, tant que la Russie sera assez forte et assez puissante pour garantir une parité, certes asymétrique, mais en tout cas stratégique, et tant qu’il y aura aux responsabilités des gens qui ne sont pas prêts à troquer leur pays et le peuple contre la promesse de faire partie de l’élite financière supranationale. À votre aspiration à vendre ce qui ne vous appartient pas, aspiration persistante et qui ne s’est pas infléchie durant les années de votre emprisonnement, nous ne donnerons d’autre réponse que celle du dégoût mérité qu’elle nous inspire. Et nous ne nous laisserons pas emporter une fois de plus par les faux slogans, comme ce fut le cas il y a vingt-trois ans.

6. Ces choses dont vous nous parlez, telles que « les valeurs européennes et la civilisation euro-atlantique », non seulement sont sans relation avec la Russie, mais contredisent directement notre histoire, notre psychologie et notre destin, en tant que nation. L’Europe s’est détournée de ses propres valeurs chrétiennes depuis longtemps, après avoir plongé dans l’abîme des défauts les plus vils, et l’« euro-atlantisme » tant vanté n’est guère plus que la doctrine géopolitique de la domination mondiale des États-Unis, dirigée contre les peuples du monde entier qui gardent encore leur religion propre, leur souveraineté et leurs traditions nationales. À deux reprises déjà, ces derniers temps, la Russie a été touchée par la lèpre des « idées progressistes européennes », et sévèrement endommagée par les passe-temps insensés de ses propres élites et de ses intellectuels. Devant elle s’ouvrent aujourd’hui deux routes : soit revenir à elle-même, en retrouvant sa foi, sa tradition, ses valeurs, sa souveraineté, soit être dissoute dans l’Occident mondial, entrer en esclavage et disparaître en tant que civilisation, une fois qu’elle aura tout perdu. Je soulignerai une fois encore de quelle hypocrisie exceptionnelle vous êtes doté, M. Khodorkovski, quand vous déplorez la perte de l’art, de la littérature, de la science, de l’aventure spatiale et d’autres réalisations de notre « passé totalitaire » impérial et soviétique. En vérité, vous êtes comme « le loup qui se sent désolé pour un cheval à qui ne restent que la crinière et la queue » ! Mais, même en supposant que, dans ce que vous dites, quelque chose soit vrai, même de loin, je vous demanderais de bien vouloir apprendre un peu d’histoire : ce n’est pas de l’Occident catholique, mais de l’Orient orthodoxe que la Russie a reçu la foi chrétienne, directement de cet Empire romain d’Orient de Byzance, qui est resté le gardien du vrai christianisme tout au long du millénaire tout entier. Mais comment pourriez-vous débattre de la foi chrétienne ?

7. Tout ce que la Russie est aujourd’hui, tout cela a été créé par notre peuple et par notre État, au cours d’une lutte désespérée pour la préservation de notre originalité propre, de notre liberté et de notre souveraineté. Au cours d’une lutte, à la fois contre les ennemis de l’Occident et de l’Orient. La Russie s’est développée, d’abord comme un État national, qui a grandi jusqu’à devenir un grand empire, parce qu’il était suffisamment souple dans sa capacité à discerner les expériences positives de ses voisins. Rien là qui soit, ni honteux, ni outre-mesure honorable : c’est la façon de faire de toutes les nations qui ont des dirigeants sensés, des dirigeants qui bâtissent et développent leur propre État. Emprunter ne signifie pas copier aveuglément. Trop c’est trop, et copier à ce point… Seul le marxisme a importé d’Europe à l’identique, et à quel coût pour le pays ! Chaque nation et chaque État sont uniques. Comme une prairie herbeuse est belle des différentes herbes qui la composent et de l’éparpillement des diverses fleurs qui en parsèment l’étendue, ainsi l’humanité est belle dans la floraison de peuples dont chacun est unique, dans la lutte entre les uns et les autres, à celui qui aura « la meilleure place sous le soleil », mais pas dans ce qui rappelle cette « pelouse publique et plate », en laquelle « les hommes universels euro-atlantiques » veulent tout changer.

8. Les valeurs euro-atlantiques seraient les « valeurs d’un État fort et juste » ? Bien joué, Mikhaïl Borissovitch ! En ce moment même, ces valeurs conduisent cette grande Europe, dont nos libéraux brassés maison aiment tant à parler, à l’extinction de ces peuples de l’Europe qui les ont suivies, et qui jadis même les ont créées. Est-ce en cela que consiste votre prétendue « justice » ? Vous-même, cependant, pour des raisons évidentes, ne vous souciez en rien des destinées historiques d’aucun de ces Allemands, Français ou Britanniques. Non plus que des Russes, des Bachkirs, des Tatars, des Lezguiens et ainsi de suite. À moins que « l’État fort », puisque c’est ainsi que vous en parlez, ne signifie les États-Unis ? Après tout, il ne reste plus d’État « fort » (c’est-à-dire relativement souverain et indépendant) en Europe. Le dernier État souverain d’Europe, en dehors de l’ancienne URSS, qui ait osé défendre les intérêts de ses citoyens, était la Yougoslavie, qui a été écrasée et soumise il y a quinze ans de cela. Elle fut incitée à faire « le choix euro-atlantiste », par des bombes et des roquettes, par le blocus et la mutinerie de l’étranger. Maintenant, c’est le tour de la Biélorussie et de la Russie, n’est-ce pas ? La base en était déjà créée en Ukraine : il ne reste plus que la percée finale. Les valeurs propagées par l’oligarchie financière mondiale (« européenne », « euro-atlantiste », « universelle », etc.), ce sont des valeurs d’élimination des États nationaux et d’annulation radicale de tout ce qui ressemble un tant soit peu à la justice sociale. Ici, M. Khodorkovski, vous êtes, soit un ignorant, soit consciemment un menteur. Il va de soi que je ne fais mention d’« ignorance » que pour conserver à mon propos l’apparence d’une « boutade », n’ayant pas d’illusion sur la qualité de l’éducation que vous avez reçue. Le libéralisme que vous défendez a pour objectif ultime la mondialisation totale, le nivellement de toutes les personnes et de toutes les communautés religieuses, tous et toutes coiffés par le même « peigne » du consommateur, et tous assujettis à la déclaration de puissance de l’oligarchie financière mondiale, laquelle est en train de mener à bien l’abolition de tous les États historiquement développés (le projet de l’Union européenne, qui fut la première étape dans cette direction). Dans le domaine de l’économie, les politiques libérales nient de manière inflexible la justice sociale, non seulement en pratique, mais même en théorie. La liberté du marché, à propos de laquelle les libéraux sont intarissables, est incompatible avec la redistribution des bénéfices que réclament avec insistance les partisans de la justice sociale. Plus la Russie sera impliquée dans les processus de mondialisation, plus vite elle perdra sa souveraineté et la possibilité de poursuivre une politique sociale. Venons en maintenant à la « mobilisation ». Nous avons, bien sûr, besoin d’une puissante mobilisation nationale contre l’agression des « euro-atlantistes », qui ne visent que le pillage accéléré et définitif de la Russie, sous le prétexte de son « intégration dans la communauté internationale » et dans l’« économie mondiale ». Mobilisation à la fois de l’État et du public. Parce que la menace est suspendue, non seulement au-dessus de la souveraineté de l’État russe, mais également au-dessus de l’identité culturelle et morale de son peuple, identité décomposée sans relâche par ces tares de l’« euro-atlantisme », que la propagande nous assène et voudrait introduire chez nous : débauche sodomite, pédophilie, meurtre d’enfants et de personnes âgées (avortements et euthanasies), toxicomanie, terrorisme, etc., tous bienfaits de ce « nouvel ordre mondial humain ».

9. « Celui qui veut être fort ne peut pas se permettre de rester en arrière ». C’est là une thèse tout à fait exacte. Pour cette raison, la décision prise par le président Poutine d’entreprendre la modernisation complète de l’armée d’ici à 2020 est une réponse parfaitement appropriée à l’hystérie russophobe de l’Occident. L’armée russe, des chefs de complexes de l’industrie de la défense, des industriels et des hommes d’affaires régionaux doivent prendre la place de l’élite des compradores des années 1990, ceux que l’on dénomme « oligarques », dont vous êtes un représentant typique, M. Khodorkovski. Les oligarques sont étrangers à la Russie, leurs capitaux et leur famille sont à l’Ouest, alors même qu’ils ont bâti leur fortune en exploitant le peuple russe. Ils représentent les intérêts de l’oligarchie financière mondiale, pensent selon les catégories de l’ultra-libéralisme et, de fait, se considèrent eux-mêmes comme une sorte d’administration coloniale. Il est donc logique que ce soit depuis Washington D. C. qu’ils préfèrent faire part de leurs « révélations », par vos lèvres « prophétiques ».

10. Aujourd’hui, ce n’est pas l’Europe qui importe, mais la Russie. Notre voie est un retour à nous-mêmes. Il est nécessaire de revenir à la Russie, à notre histoire, à notre culture, à notre mission. Cette mission a toujours été, et reste de porter la lumière de la foi du Christ, les idéaux du bien et de la justice sociale pour les peuples du monde, d’être des « gardiens » contre le mal, comme a dit l’apôtre Paul. Nous avons eu un passé très lourd. La Russie a été secouée durant tout le 20ème siècle dans les fièvres de révolutions sanglantes et de guerres destructrices. Mais, grâce à ces lourds tests que nous avons passés, la Russie a réussi à sauver beaucoup de choses, que l’Europe a perdues de façon quasi irrévocable. Si l’Europe veut revenir à ses propres traditions et aux principes chrétiens, c’est avec nous que sera son chemin, pas avec l’oligarchie financière des États-Unis, qui amène aux peuples du monde une civilisation athée de la décadence morale, leur transformation en zombies idéologiques, leur mort spirituelle et physique.

La création d’une société juste

11. « La société russe moderne est structurée de façon injuste », dites-vous. Je suis entièrement d’accord avec cela. Mais je dois répéter ce que j’ai écrit précédemment : c’est par vous et par vos semblables que cela a été fait. Profitant de la crise que connaissait l’URSS, vous avez commencé à piller et à tuer, vous appropriant les biens nationaux. Vous et vos complices avez, par conséquent, posé les bases de la « société russe moderne », où la couche [sociale] la plus cynique et la plus vicieuse, qui œuvre d’après les plans et selon les instructions d’administrateurs d’outre-Atlantique, a entre les mains tous les leviers du développement économique, et pour partie le pouvoir politique. Juste après son arrivée au pouvoir, Poutine a commencé à corriger la situation, mais l’injustice, qui était devenue le principe dans les années 1990, a des racines profondes. C’est pourquoi un retour à notre société de justice sociale sera un long et difficile processus. Mais je crois que nous saurons y faire face sans les conseils d’un éloquent ex-oligarque, qui s’est constitué une fortune par le pillage de la richesse nationale, autrefois créée par le travail acharné de générations du peuple russe.

12. En lisant votre critique de la privatisation (soit dit en passant, tout à fait raisonnable), j’ai été surpris par votre cynisme : ce sont vous et vos semblables qui, par cet accaparement criminel de la propriété publique, avez acquis ces énormes capitaux. Et voici que vous tentez à présent d’en accuser celui-ci ou celle-là, en évitant soigneusement de viser ceux qui sont en fait les véritables coupables. La privatisation, du moins telle qu’elle s’est produite, n’était pas une « distorsion », mais un crime. Sa conséquence, c’est que les propriétés en question tombèrent aux mains, non de gens ordinaires, mais d’une minorité aussi prompte que sans scrupules. Et les plus gros « morceaux » furent acquis avec le soutien direct du capital financier étranger, qui a littéralement marché « sur des cadavres ». Qui sait cela mieux que vous ? Poutine a commencé à rétablir les bonnes proportions, rendant à l’État les domaines stratégiques les plus importants de l’économie. Ce faisant, il essaie simplement de corriger les conséquences catastrophiques d’une privatisation criminelle. Sans éradication de l’oligarchie qui s’est constituée à la suite de cette privatisation criminelle, il n’y aura ni justice sociale, ni plein développement de l’entreprise privée.

13. En affirmant que les ressources naturelles doivent appartenir au peuple, vous avez entièrement raison. J’ai déjà dit que, parfois (même si c’est rare), la prison corrige en bien. Sur ce point, le changement est sans aucun doute positif. C’est exactement ce qui vous est arrivé : les actifs de vos compagnies d’énergie, créés de façon criminelle, sont passés sous la gestion de l’État, donc de son peuple. Comment est-il possible, autrement, de faire des ressources naturelles un bien national, si ce n’est par leur nationalisation et par la redistribution des profits en faveur de tous les citoyens ? Cela exclut la propriété privée des grandes structures d’extraction des hydrocarbures. L’histoire de Ioukos est un exemple de la façon dont les ressources naturelles reviennent au peuple. L’efficacité de leur utilisation est une autre question. Pour commencer, il y a lieu de les soustraire aux gens tels que vous et vos semblables, et, alors seulement, il faudra les utiliser le plus efficacement possible. Il est difficile d’argumenter contre le fait que l’utilisation du revenu généré par une ressource donnée est loin d’être idéale. Le principal, cependant, est de ne pas laisser quelque ressource naturelle que ce soit à la propriété privée d’une oligarchie.

14. Un barème d’imposition proportionnel, c’est une façon de faire absolument correcte. C’est aussi aller dans le sens de la justice sociale. En revanche, il n’est pas correct pour vous, M. Khodorkovski, qui êtes devenu riche en spoliant la population, et qui avez emmené votre fortune à l’étranger, de faire valoir quoi que ce soit à ce sujet. Dans quel pays avez-vous payé vos impôts ? En Suisse ? En Angleterre ? Aux États-Unis ? Pourquoi ne pas rendre à ceux que vous avez volés ? Commencez par vous-même : payez des impôts en Russie. Ou vous faut-il pour ce faire devenir d’abord président ? Un oligarque qui vous ressemble a tout récemment prodigué à l’électorat du pays voisin le même genre de serment. Son nom est Petro Porochenko. Il a juré de donner à la population de l’Ukraine le produit de tout ce qu’elle avait semé par son labeur éreintant ! Mais il n’est pas pressé. Commencez donc par vous-même ! Montrez au monde une image de ce « contribuable responsable » ! Alors, peut-être quelqu’un (s’il est vraiment naïf) sera-t-il également porté à vous croire.

15. Le libéralisme comme vous le comprenez, M. Khodorkovski, est une illusion absolue. C’est une fausse doctrine, qui ignore complètement Dieu, l’esprit, la culture, l’humanité, la société, et, s’agissant de l’individu, n’attache d’importance qu’à ses intérêts privés matériels et au domaine financier, une importance primordiale. Le libéralisme, compris de cette manière, est absolument incompatible avec la liberté d’origine : comment quelqu’un peut-il être libre, si la société dans laquelle il vit est un esclavage du taux d’intérêt, une servitude de la dette à l’égard de l’oligarchie financière internationale et de ses superviseurs locaux ? Si toute vie humaine est subordonnée à la recherche et au renforcement de ses avantages matériels, et si le relevé du compte bancaire est seul un critère ? Aujourd’hui, le libéralisme est une idéologie totalitaire, et c’est par sa diffusion que les États-Unis construisent leur hégémonie mondiale. Il est inacceptable pour la Russie, sous quelque forme que ce soit : ni acceptable en politique, ni sur le plan économique, ni sur le plan juridique. Cela est extrêmement important. Pour vous, M. Khodorkovski, le libéralisme est la vérité ultime, et le développement national, comme la justice sociale, sont bons pour le populisme. Mais en Russie, le libéralisme est condamné, il n’est acceptable, ni pour la droite, ni pour la gauche. C’est une idéologie coloniale, qui va à l’encontre de notre identité russe. En essayant de détruire cette identité, au nom de la célébration de l’idéologie libérale, vous détruisez aussi la Russie. J’en suis venu à penser que c’est là votre but ultime.

16. Un État à orientation sociale, fondé sur des valeurs chrétiennes, c’est le but, un point de référence, et la stratégie des vrais patriotes russes. Dans la réalisation de cet objectif, la « droite » comme la « gauche », les partisans de la monarchie comme ceux du socialisme, peuvent s’unir en toute liberté. Et, bien sûr, cet État doit être fondé sur un strict respect des préceptes de la loi. Mais vous, quelle relation avez-vous avec tout cela ? Après tout, il ne vous est besoin que de tenter les gens pour qu’ils soient maintenant enclins à écouter des mots d’ordre tels que création « d’un État national à vocation sociale » (sans qu’ils comprennent comment il sera possible de construire cet État « national » à la place de l’Empire russe vieux de plusieurs siècles, au sein duquel des centaines de nations vivaient en paix et se développaient). Vous nous jetez cet os, à nous le peuple russe. Mais les Russes ne sont plus le troupeau confiant qui, au cours du siècle passé, a, par deux fois « tâté du bec » des promesses « de lait et de miel », et, pour résultat, n’a fait que répandre des océans de sang. J’espère sincèrement que nous avons appris quelque chose et que nous réussirons à distinguer le vrai de ce faux enveloppé dans un bel emballage. L’État national à vocation sociale, c’est tout sauf vous, les oligarques, valets de pied des Rothschild. Laissez cela, M. Khodorkovski, laissez les questions nationales et sociales : ce sont là des concepts qui exigent des mains propres et une biographie irréprochable.

La guerre est la tragédie qu’il est parfois impossible d’éviter

17. Les États-Unis et l’hégémonie américaine sont en guerre. Nous le voyons en Libye, en Syrie, en Irak et en Afghanistan, en Ukraine. Partout, les États-Unis contribuent à mener à bien des « révolutions de couleur ». Des fascistes, des extrémistes, des fondamentalistes arrivent au pouvoir. Être le défenseur des États-Unis, de l’Occident et de l’OTAN signifie se faire l’assistant des fascistes, l’avocat de la guerre. Cette guerre, c’est contre toute l’humanité qu’elle est menée, cette humanité qui ne souhaite pas vivre selon les règles américaines et servir docilement et servilement les intérêts de l’oligarchie financière mondiale.

18. Cette guerre est menée contre la Russie, contre l’Ukraine. Ces héros, qui se lèvent pour la défense du monde russe qui se bat en Novorossia, ils ne voulaient pas de cette guerre. Ils voulaient la paix. Mais la paix ne peut pas être acquise au prix de la liberté et de la dignité. Selon les conditions imposées par la junte néo-nazie portée au pouvoir à Kiev par vos maîtres, M. Khodorkovski, et que vous soutenez vous-même personnellement, la vie n’est pas une vie, et la paix n’est pas la paix. Des Russes, en Crimée comme en Novorossia, se sont levés pour la liberté et la justice, pour le droit à un développement national, pour la langue et la culture. C’était la guerre contre la guerre. Vos appels à la paix ne sont pas de la simple hypocrisie, ils sont de la traîtrise. Comme tout le reste, au demeurant. Nous sommes tout simplement d’un côté différent de la ligne de front, et, pour moi, qui ai pris une part active dans les opérations militaires en Novorossia, vos paroles sonnent comme des appels de l’autre côté : « Russe, abandonne. Il y aura une paix ! Tu as été trompé ! ». En conditions de combat, il ne peut y avoir qu’une seule réponse à un tel appel. Devinez laquelle. Le problème de la Russie d’aujourd’hui n’est pas qu’une guerre serait (comme vous dites) le « pilote » du régime. Au contraire, Poutine a fait tout son possible et fait tout son possible pour éviter une « grande » guerre (la petite, les USA l’ont déjà lancée par les mains de Kiev, et elle se poursuit en prélevant chaque jour son lot de vies humaines). Reprocher aux autorités de la Russie de ne pas laisser le monde russe à la merci du destin, c’est parler de manière blasphématoire. À défendre cette thèse, vous trouvez certes l’appui de l’élite compradore occidentalisée qui, régulièrement, convie à des « marches pour la paix » anti-russes, mais vous devez dire au revoir pour toujours à ceux qui se tiennent du côté de la Russie historique et de la justice sociale, ce qui est le cas d’une grande majorité des gens. S’agissant de la Crimée et de la Novorossia, vous êtes dans l’autre camp : l’une comme l’autre, maintenant plus que jamais, se rallient aux Russes, en soutenant inconditionnellement les pas décisifs que Poutine fait dans cette direction.

La mobilisation nationale

19. Les autorités agissantes ont amené la Russie au seuil d’une percée décisive vers l’indépendance, un pouvoir et une liberté qui sont capables de la faire sortir de la zone d’influence directe de l’hégémonie américaine. Malheureusement, c’est là mon jugement privé, la percée en question se trouve manifestement ralentie (je soupçonne vos partisans, secrets et manifestes, d’en être la cause, eux qui ont encore un énorme ascendant, grâce aux richesses volées et à l’influence dans les hautes sphères de la politique interne qu’ils ont achetée grâce à ces richesses). Certaines hésitations, quant à la nécessité d’avancer plus avant, sont visibles également. Mais les gens du pays, eux, y sont tout à fait prêts, et cela vous fait peur. C’est là qu’intervient cette hystérie concernant la menace d’un « protectorat chinois ». La « menace chinoise » n’est à ce jour qu’une théorie. À l’inverse d’un protectorat à visage découvert des États-Unis, tel qu’il a été établi sur la Russie en raison de la trahison de Gorbatchev et d’Eltsine. Ce protectorat est une réalité de la vie. La principale menace pour la souveraineté de la Russie, c’est l’impact agressif que pourrait avoir l’oligarchie financière mondiale, effrayée par la possibilité de perdre la Russie du fait d’un simple creux de décantation de « l’économie coloniale ». La menace pour la Russie est aussi dans sa cinquième colonne, dont vous êtes l’un des idéologues.

20. L’oligarchie financière mondiale se bat désespérément et frénétiquement contre une renaissance de la Russie. Si la Russie résiste, elle a de l’avenir, elle fera retour à l’histoire, et elle gagnera. Mais si l’agent commercial de l’oligarchie financière mondiale, qui hait tous les Russes (comme vous), arrive au pouvoir en Russie, nous échouerons dans un gouffre, en comparaison duquel l’ère des gangsters des années 1990 semblera un jeu d’enfants. Ce sera la désintégration du pays, avec tout ce que cela implique, sous forme de guerres, de pauvreté généralisée, de faim, d’épidémies et de catastrophes d’origine technologique à grande échelle. Voilà ce qui nous attend dans cette boite. Comment de telles choses se passent, à ce jour, j’ai eu l’occasion de l’observer personnellement sur une échelle beaucoup plus petite, plus d’une fois, et pas seulement deux. Tout récemment, en Ukraine, où les « cerises » sont encore à venir. Après tout, M. Khodorkovski, votre intention est d’aider l’Occident à détruire à nouveau ce que Poutine, dans les années 2000, a commencé à restaurer. Mais vous n’y parviendrez pas, parce que nous sommes Russes, et que Dieu est avec nous ! L’oligarchie financière mondiale, les prêtres de Mammon, s’étant mis à la place de Dieu et entendant diriger pour leur propre compte les destinées du monde, sont allés trop loin. L’hégémonie américaine s’effondre, comme un colosse aux pieds d’argile. L’Occident s’effondre. Ses populations autochtones s’éteignent. Les pays européens deviendront musulmans d’ici vingt ans. La culture chrétienne y est reléguée à la périphérie de la vie publique. La Chine est devenue officiellement la plus grande économie du monde. Les États-Unis ne sont pas en mesure de payer leur énorme dette nationale, ils sont eux-mêmes secoués par des troubles sur les terrains racial et social. Dans son agonie, l’Ouest ne sème sur le monde que chaos et destructions, sang et souffrances. C’est dans un autre sens que nous devons aller, vers une renaissance de la Grande Russie, envers et contre toutes les menaces et tous les appels. Un gigantesque virage a déjà été opéré à cet égard : Poutine a de nouveau assemblé la Crimée et la Russie, et personne ne sera en mesure de nous la prendre !

21. Vous avez commencé à parler des exploits russes, mais vous les avez réduits à la sobriété et au travail. Probablement croyez-vous que le bonheur futur du peuple russe serait dans un travail d’esclave pour un bol de skilly [2], au seul profit de l’oligarchie financière mondiale que vous représentez. Pour un bol de skilly et pour le genre de « spectacles » de bas niveau que vous offrirez en plus d’une skilly, de ceux qui garantissent le retour de la personne à la condition d’un animal suivant ses instincts les plus simples. Eh bien, dans ce cas, ce sera « seulement en passant sur nos cadavres » ! Les Russes ont de tout autres horizons et de tout autres desseins qu’une soumission muette aux élites occidentales corrompues. Ici, je vais laisser de côté vos thèses, et je vais formuler brièvement notre réponse russe, laquelle est exprimée par une formule simple : « Pour la foi, le tsar et la patrie ». Pour ces concepts sacrés, depuis des temps immémoriaux, les Russes sont allés mourir, comprenant parfaitement que se battre pour ces concepts, c’est se battre pour eux-mêmes et pour l’avenir. Aujourd’hui, cela signifie une loyauté très concrète : à l’Église orthodoxe russe, et au commandant suprême de l’État russe, Vladimir Vladimirovitch Poutine.

22. Au cours des quinze dernières années, la Russie s’est préparée à une percée dans le grand avenir russe. À présent, il est temps de la faire.

Igor Strelkov
Traduit par Goklayeh pour vineyardsaker.fr

Notes de traduction

[1] La « oumma » (Ummat islamiyya, « la Nation Islamique ») est la communauté des musulmans, indépendamment de leur nationalité, de leurs liens sanguins et des pouvoirs politiques qui les gouvernent.

[2] Nourriture légère présentée sous forme de bouillie liquide, de gruau ou de soupe, communément fabriquée à partir de farine d’avoine, et traditionnellement servie dans les prisons et les hospices.

Source : Igor Strelkov replies to Mikhail Khodorkovsky (vineyardsaker, anglais, 20-10-2014)

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GORBATCHEV SANCTIONS - On essaye de nous attirer dans une nouvelle guerre froide, par Mikhaïl Gorbatchev

 Sur LES CRISES

 

29 oct 2014

Dans une interview à la RTS du 17 septembre 2014, le Nobel de la paix et ex-président de l’URSS a critiqué l’Otan et jugé “révoltantes” les sanctions européennes contre la Russie.

 

Transcription de l’interview :

Q : Les sanctions de l’Union européenne contre la Russie, est-ce que c’est risqué, c’est dangereux selon vous ? Une provocation ?

MG : C’est indéfendable ! Quelle genre de politique est-ce que c’est ? C’est révoltant ! Ça veut dire essayer d’étouffer notre pays pour que la Russie cesse sa politique, sa stratégie de coopération, de développement. Cela veut dire que notre partenaire va mal.

Q : Il y a 25 ans, moment historique : vous avez accepté le mouvement d’époque, une Allemagne unifiée dans l’OTAN, une maison commune (c’étaient vos paroles). Est-ce que l’OTAN a trahi en voulant tellement s’étendre du côté de la Russie ? Est-ce qu’elle a trahi ?

MG : L’OTAN n’est pas nécessaire ! On n’en a plus besoin.  L’OTAN n’est plus nécessaire.

Q : Elle devrait être dissoute ?

MG : On n’a plus besoin de l’OTAN. On s’est bien débarrassé du Pacte de Varsovie. Mais l’OTAN veut toujours prouver qu’elle a sauvé le monde ! Ils veulent, à l’OTAN, faire en sorte que partout sur tous les territoires, on leur obéisse. Ils disent : « pour la paix » ; mais en fait ils veulent simplement avoir une influence universelle sur la politique de tous les pays.

[…]

Q : Cette femme si puissante [Angela Merkel], une Allemagne prospère, équilibrée… A quoi vous pensez ?

MG : Je pense que la génération actuelle et la précédente ont fait beaucoup de choses pour changer l’Allemagne, pour changer la réputation de l’Allemagne. C’est un pays démocratique. Mais je vois que la chancelière Mme Merkel – je la respecte beaucoup – mais elle va dans tous les sens.

Q : Sur la question de l’Ukraine vous dites ?

MG : Oui. Sur les sanctions surtout. Mais je ne pense pas que les Allemands puissent permettre une complication de nos relations.

Q : Vous avez mis fin à la guerre froide. Aujourd’hui, est-ce qu’il y a dans les têtes de certains, aux États-Unis, en Russie, un retour de guerre froide ?

MG : ça y ressemble quelque part. J’ai l’impression parfois aussi que l’on essaye de nous attirer dans une nouvelle guerre froide. Mais il faut tout faire pour ne pas admettre ça. Il faut arrêter quiconque veut une nouvelle guerre froide.

Source : Interview de Mikhaïl Gorbatchev à la RTS, sur le site du Point

 

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A partager = La vraie cause du cancer et pourquoi elle a été gardée secrète !

 Sur BRUJITA

 

A partager = La vraie cause du cancer et pourquoi elle a été gardée secrète !

Le lauréat du prix Nobel, le Dr OttoWarburg H., a consacré sa vie à l’étude et à la cause du cancer. Dr Warburg était directeur de l’Institut Kaiser Wilhelm (aujourd’hui Institut Max Planck) pour la physiologie cellulaire à Berlin. 

 

Otto Heinrich Warburg, né le 8 Octobre 1883 à Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg), mort  à Berlin, était un médecin, physiologiste et biochimiste allemand. Docteur en chimie et docteur en médecine, il fut lauréat du Prix Nobel physiologie et médecine pour sa découverte de processus-clés de la respiration cellulaire et de différents systèmes enzymatiques. Ayant démontré que les cellules cancéreuses changent leur métabolisme pour passer à un métabolisme anaérobie Il a formulé l’hypothèse, non confirmée, que le cancer ne peut pas se développer dans un milieu riche en oxygène. Parmi ses étudiants, le plus illustre est Hans Adolf Krebs, prix Nobel lui aussi en 1953.

Le Dr Warburg a été l’un des éminents physiologistes du 20ème siècle, et il a découvert que la cause du cancer est une acidité trop importante dans le corps, signifiant que le pH dans le corps est en dessous du niveau normal de 7,365, qui constitue un état « acide ». Warburg a étudié le métabolisme des tumeurs et la respiration des cellules et a découvert que les cellules cancéreuses persistent et prospèrent dans un pH plus faible, à 6,0, à cause de la production d’acide lactique et d’une concentration élevée en CO2. Il croyait fermement qu’il y avait une relation directe entre le pH et l’oxygène. Un pH plus élevé, qui est alcalin, signifie qu’il y a une concentration plus élevée en molécules d’oxygène, tandis qu’un pH plus faible, qui est acide, signifie qu’il y a une concentration plus faible d’oxygène… c’est cette même oxygène qui est nécessaire pour garder des cellules saines.

En 1931, il a été lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine pour cette importante découverte sur la cause du cancer. Il a déclaré : « les tissus cancéreux sont acides, alors que les tissus sains sont alcalins. L’eau se divise en ions H+ et OH-, s’il y a un excès d’H+, c’est acide ; s’il y a un excès d’OH-, alors c’est alcalin. »

Dans son ouvrage Le métabolisme des tumeurs, il a prouvé que « toutes les formes de cancer sont caractérisées par deux conditions de base : l’acidose et l’hypoxie. Le manque d’oxygène et l’acidose sont les deux faces d’une même pièce: si vous en avez une, vous avez l’autre. » « Toutes les cellules normales ont un besoin absolu d’oxygène, mais les cellules cancéreuses peuvent vivre sans oxygène , c’est une règle sans exception. Privez une cellule de 35 % de son oxygène pendant 48 heures, elle pourra devenir cancéreuse. »

Le Dr Warburg a clairement démontré que la première cause  du cancer est un manque d’oxygène, ce qui crée un état acide dans le corps humain. Le Dr Warburg a découvert que les cellules cancéreuses sont anaérobies et ne peuvent pas survivre en présence de niveaux élevés d’oxygène, que l’on trouve dans un état alcalin .

Comprendre le pH , la cause du cancer

et pourquoi on a le cancer ou d’autres maladies.

D’après les recherches du Dr. Enderlein, une guérison totale de maladies chroniques, ne peut arriver que lorsque le sang est ramené à un pH normal, légèrement alcalin.

Cause du cancer : pourquoi le pH devrait-il nous concerner ?

Etant donné que nous sommes faits à 60-70% d’eau, le niveau du pH a des effets très profonds sur la chimie du corps, la santé et les maladies. Tous les mécanismes régulateurs (respiration, circulation, digestion, production hormonale) ont pour but d’équilibrer le pH, en débarrassant le corps et les tissus des résidus acides sans endommager les cellules vivantes. Si le pH dévient , trop acide ou trop alcalin, les cellules s’empoisonnent avec leurs propres déchets toxiques et meurent. Comme les pluies acides sur une forêt et des déchets alcalins dans un lac, un pH déséquilibré corrode les tissus humains, consumant les  milliers de kilomètres de veines et d’artères, comme les produits corrosifs s’attaquent au marbre. S’il n’est pas régulé, un pH déséquilibré peut interrompre les activités et fonctionnements cellulaires, comme les battements de cœur et les étincelles entre les neurones du cerveau.

La cause du cancer est liée à 2 facteurs qui sont toujours

présents lors d’un cancer, le pH acide et le manque d’oxygène.

En apprenant à manipuler ces deux facteurs qui seraient la cause du cancer , on peut réduire ou inverser le processus du cancer. Rappelons-nous que le pH est un nombre exponentiel de 10 ; donc une petite différence dans le pH se traduit en grosse différence dans le nombre d’ions OH-. En d’autres mots, un sang avec un pH de 7.45 contient 64.9% plus d’oxygène qu’un sang donc le pH est 7.3. Le cancer a besoin d’un environnement acide/pauvre en oxygène pour survivre et se développer. Les patients en phase terminale d’un cancer sont environ 1000 fois plus acides qu’ils ne devraient l’être. Cela veut dire un niveau d’oxygène dangereusement critique au niveau cellulaire. En l’absence d’oxygène, le glucose fermente et devient acide lactique. Cela baisse le pH des cellules. Le pH des urines et de la salive des patients en phase terminale de cancer se situe très souvent entre 4.0 et 5.5. Quand le cancer se transforme en métastases, le pH chute d’avantage. Nos corps ne peuvent pas lutter contre la maladie si le pH n’est pas proprement équilibré.En d’autres termes,c’est « alcalinise ou meurt ».

 

Cliquez sur ce lien pour voir la : Liste des aliments alcalinisants et acidifiants

source via Ben Garneau

 

La chimiothérapie favorise-t-elle la relance du cancer ?

 

Une étude révèle l'imposture de la chimiothérapie

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Une étude révèle l'imposture de la chimiothérapie

Sur BRUJITA

 

Une étude révèle l'imposture de la chimiothérapie

Oui mais à 2600 euros la séance = ça  rapporte des milliards au cartel pharmaceutique !!!

 

(NaturalNews) Une équipe de chercheurs de l'état de Washington a récemment ont poussé un mémorable ''oups !'' quand elle a découvert par hasard la vérité mortelle sur la chimiothérapie en cherchant pourquoi les cellules cancéreuses de la prostate sont difficiles à éradiquer par les méthodes conventionnelles de traitement. Comme on le constate, en réalité la chimiothérapie ne traite ni ne guérit le cancer, selon les découvertes de l'étude, mais active plutôt la croissance et l'étendue des cellules cancéreuses, les rendant beaucoup plus difficiles à les éliminer une fois que la chimiothérapie a déjà été démarrée.
On pourrait en parler comme preuve irréfutable, une fois pour toutes, de la tromperie de l'industrie conventionnelle du cancer. Non seulement la chimiothérapie, qui est la méthode standard de traitement du cancer aujourd'hui, est, selon l'étude un fiasco total, mais elle est au complet détriment du malade cancéreux. Publiées dans le journal Nature Medicine, les choquantes découvertes qui, sans surprise, ont été ignorées de la communauté scientifique dominante, éclairent en détails la manière dont la chimiothérapie obligent les cellules saines à libérer une protéine qui en réalité alimente les cellules cancéreuses et les fait prospérer et proliférer.

Selon l'étude, la chimiothérapie induit la libération dans les cellules saines une protéine, WNT16B, qui aide à promouvoir la survie et la croissance des cellules cancéreuses. La chimiothérapie endommage aussi définitivement l'ADN des cellules saines, préjudice à long terme qui persiste longtemps après la fin du traitement par chimio. L'action combinée de la destruction de cellules saines et la promotion de cellules cancéreuses fait techniquement de la chimiothérapie plus un protocole de création de cancer qu'un protocole de traitement cancéreux, par définition, fait qui devrait retenir l'attention de quiconque est personnellement impliqué, soit pour lui-même en ayant un cancer, soit parce qu'il connaît quelqu'un d'autre qui en est affecté.

Quand le WNT16B (la protéine) est sécrétée, elle interagirait avec les cellules cancéreuses proches et les ferait grossir, se répandre et le plus important, résister à une thérapie ultérieure,'' a expliqué le co-auteur de l'étude Peter Nelson du Centre de Recherche Fred Hutchinson sur le cancer à Seattle, concernant cette découverte à laquelle ''il ne s'attendait pas du tout.'' ''Nos résultats indiquent que dans les cellules bénignes les réponses en retour... peuvent contribuer directement à une dynamique de grossissement de la tumeur,'' a ajouté l'équipe au complet selon ce qu'elle a observé.
Éviter la chimiothérapie augmente les chances de recouvrer la santé, suggère la recherche

Cela signifie qu'à tous égards la technique toute entière de la chimiothérapie est totalement sans valeur, et qu'elle est en fait au complet détriment du patient cancéreux. Celui qui cherche vraiment à guérir fera en d'autres mots tout pour éviter la chimiothérapie, et recherchera une voie alternative. Laquelle peut comprendre les traitements alternatifs du Dr Gerson ou des aliments et nutriments anti-cancer comme le bicarbonate de soude, le curcuma, de fortes doses de vitamine C et la vitamine D.

''Toute manipulation dirigée contre les tumeurs peut par inadvertance augmenter le nombre de tumeurs métastatiques, c'est ce qui tue les patients au bout du compte,'' a admis le Dr Raghu Kalluri, auteur d'une étude similaire publiée l'année dernière dans le journal Cellule cancéreuse. Cette étude particulière a conclu que les drogues anti-cancer, qui sont habituellement données en même temps que la chimiothérapie engendrent des métastases.


SOURCE

Traduit par Hélios pour le BBB.

Lire aussi l'article du Dr JacquesLacaze (cancérologue), ''Rapport accablant : 3 médecins sur 4 refusent la chimio pour eux-mêmes''.

http://bistrobarblog.blogspot.com/2013/01/limposture-de-la-chimiotherapie.html

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[Dossier] Analyse des causes de l’accident du vol MH17 par l’Union des ingénieurs russes

 Sur LE SAKER

 

[Dossier] Analyse des causes de l’accident du vol MH17 par l’Union des ingénieurs russes

 

Préambule

Pour ceux qui en douteraient encore, l’évaporation fait des ravages (pas seulement en été) chez les sujets qui dérangent. Al Zheimer (et sa bande) se sont abattus sur ce qui restait de journalisme d’investigation dans nos pays occidentaux. La psittacose a eu raison du quatrième pouvoir. Et le sens de la vérité, s’il existait, a fondu comme flocon d’hiver au haut-fourneau chez les dirigeants de nos démocratures tellement éprises de valeurs et de droits de l’homme. Un crime ? Qui s’en soucie ? Des victimes ? Qui s’en souvient ? Des mensonges ? Qui le saura ?

« Il est arrivé quelque chose à un Boeing malaisien au-dessus de l’Ukraine, dites-vous ?  Curieux, je ne m’en souviens pas…

Ah… vous voulez parler de cet avion scandaleusement abattu par les « séparatistes pro-russes » (© médias occidentaux officiels, marque déposée) à l’aide de missiles que leur avaient fournis les Russes ! Comment cela, on n’en parle plus ? Mais pour dire quoi ?? C’est réglé, non ? Poutine est un assassin.

Comment cela, l’enquête ? Mais puisqu’on sait déjà tout…! Les boîtes noires ? Ma foi, elles sont à l’étude, oui. Les enregistrements ? Mais de quels enregistrements parlez-vous ?  Vous n’avez donc pas entendu le président Obama ? Il sait, lui, il a des moyens, vous pensez ! Bon bien sûr, il ne peut pas dévoiler toutes les preuves dont il dispose, il faut lui faire confiance. En homme d’État responsable, il l’a dit très clairement, dès le début : l’avion a été abattu par un missile sol-air anti-aérien russe tiré par les terroristes rebelles de l’est. Il vous faut quoi de plus ? Oui, 298 morts, je sais, c’est bien triste… Mais les Russes ne reculent devant rien, vous savez.

La vérité ? Mais la vérité on la connaît déjà !! Vous ne croyez tout de même pas qu’on aurait pris toutes ces « sanctions » contre les coupables, s’il en était autrement ? Les résultats de l’enquête ?? Pff… mais je ne sais pas, moi. Vous voulez quoi de plus ? Vous n’êtes jamais satisfait, vous, décidément. »

Le Saker francophone

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SOMMAIRE DU DOSSIER MH17

L'Union des ingénieurs russesL’Union des ingénieurs russes

 

  1. L’événement
  2. Questions de l’enquête
  3. Groupe d’analyse
  4. Données de base générales
  5. Aspect technique de la question
  6. Premier scénario : le Boeing 777 a été détruit par un système de missiles anti-aériens, par exemple un « Bouk-M1 »
  7. Second scénario : le Boeing 777 est détruit par un tir conjoint de missile air-air et de canon
  8. Analyse des débris
  9. Reconstitution de ce qui s’est passé

1. L’événement

Le vol de Malaysia Airlines (Amsterdam — Kuala Lumpur), un Boeing 777, a quitté l’aéroport de Schiphol le 17 juillet 2014 à 10 h 14 UTC (14 h 14 GMT) et devait arriver à destination le lendemain à 6 h 10, heure locale (22 h 10 UTC/02 h 10, heure de Moscou).

Le Boeing volait à une altitude de 33.000 pieds, soit environ 10.000 mètres, niveau ouvert aux vols commerciaux internationaux survolant le territoire de l’Ukraine. Selon la compagnie aérienne, la communication avec l’avion a été interrompue à 14 h 15 GMT, à environ 50 km de la frontière russo-ukrainienne. Selon les données du portail Flightradar24 (Radar de vol 24), l’avion a cessé d’émettre sa position grâce au système ADS-B au-dessus de Snejnoe (les dernières coordonnées transmises étaient 48° 2′ 25,08″ nord, 38° 46′ 22,0794″ est) après 13 h 21 min 28 s UTC (17 h 21 min 28 s, heure de Moscou, 16 h 21 min 28 s, heure locale) au niveau de vol 33.000 pieds (juste au-dessus de 10.000 mètres).

Les débris encore fumants de l’avion ont été retrouvés ultérieurement au sol en Ukraine. L’avion est tombé près du village de Grabovo (proche de la ville de Thorez). Aucun occupant de l’avion n’a survécu.

2. Questions de l’enquête

Quelles sont les circonstances de l’accident ?

Qui aurait pu être impliqué dans la destruction de l’avion ?

3. Groupe d’analyse

Un groupe d’experts de l’Union des ingénieurs russes s’est réuni pour analyser la situation. Il comprend des officiers de réserve ayant une expérience dans l’utilisation de systèmes de missiles anti-aériens, ainsi que des pilotes ayant une expérience avec les armes aériennes. Ce dossier a également fait l’objet d’une réunion de l’Académie des problèmes géopolitiques, où de nombreux scénarios ont été envisagés et à nouveau discutés. Au cours de leur analyse, les experts ont utilisé des documents matériaux provenant de sources publiques, glanés dans les médias. Un simulateur de vol informatique d’un avion SU-25 a également été utilisé pour vérifier certaines hypothèses.

L’analyse matérielle suivante est le fruit de ce travail.

4. Données de base générales

4.1. Situation aérienne générale dans la région de Donetsk

La situation aérienne générale dans les environs de Donetsk a fait l’objet d’une conférence spéciale tenue le 21/07/2014 par le Ministère de la Défense russe, portant sur la destruction du vol MH17 alors qu’il était dans le ciel de l’Ukraine.

Lors de cette conférence, le chef de la Direction des opérations principales, chef adjoint de l’État-major général des forces armées russes, le lieutenant-général Andreï Kartapolov, a présenté les données objectives de surveillance de 17 h 10 à 17 h 30 heure de Moscou.

Au cours de cette période, dans cet espace aérien, trois avions civils effectuaient des vols réguliers :

  • Un vol de Copenhague à Singapour à 17 h 17 ;
  • Un vol de Paris à Taipei à 17 h 24 ;
  • Un vol d’Amsterdam à destination de Kuala Lumpur.

En outre, le centre de contrôle aérien russe a enregistré l’ascension d’un avion des forces aériennes ukrainiennes, probablement un Su-25, dans la direction du Boeing 777 malaisien. La distance entre le SU-25 et le Boeing 777 était de 3 à 5 km.

 

Fig.1 Diagramme de la situation aérienne dans la zone où le Boeing 777 a été détruit (selon les données du ministère de la Défense de la Fédération de Russie)Fig.1 Diagramme de la situation aérienne dans la zone où le Boeing 777 a été détruit
(selon les données du ministère de la Défense de la Fédération de Russie)

 


4.2. Conditions météorologiques dans la zone que le Boeing 777 survolait :

 

Données météorologiques à Thorez, région de Donetsk, le jeudi 17 juillet 2014Données météorologiques à Thorez, région de Donetsk, le jeudi 17 juillet 2014

 


4.3. Données initiales du site de l’écrasement du Boeing 777

Une analyse détaillée des fragments offre une image plus complète des causes de l’accident. L’examen des photos des fragments d’avion présentées sur Internet permet d’observer différentes formes de dégâts sur sa coque ou sur son revêtement — des déchirures et des fractures, des perforations avec des plis sur la surface extérieure et intérieure du fuselage, signes révélateurs d’un puissant impact externe qui a frappé l’avion.

 

Photo 1. Fragment du Boeing 777 et Photo 2. Fragment du revêtement du Boeing 777Photo 1. Fragment du Boeing 777 et Photo 2. Fragment du revêtement du Boeing 777

 

 

Photo 3. Fragment du Boeing 777 et Photo 4. Détail de l’avion Boeing 777 Photo 3. Fragment du Boeing 777 et Photo 4. Détail de l’avion Boeing 777

 

 

Photo 5. Détail du fuselage du Boeing 777 et Photo 6. Détail de la cabine de pilotage du Boeing 777Photo 5. Détail du fuselage du Boeing 777 et Photo 6. Détail de la cabine de pilotage du Boeing 777

 

On notera en particulier les trous dans le fuselage, et les bords pliés vers l’intérieur. Les trous sont arrondis, et généralement regroupés. Seuls des objets métalliques à section circulaire peuvent avoir causé ces perforations, par exemple des tiges en métal ou des obus tirés par le canon d’un avion. La question se pose : qui pourrait tirer de tels projectiles sur l’avion, par quels moyens et à quoi ces projectiles pourraient-ils ressembler ?

4.4. Caractéristiques du Boeing 777 en tant que cible aérienne

Les données fondamentales nécessaires à l’analyse de cette situation sont les suivantes : les données techniques du Boeing 777 ; la route qu’il suivait ; son altitude et sa vitesse ; tout changement dans sa trajectoire par rapport à celle prévue à l’origine ; l’endroit où il s’est écrasé ; photos et vidéos des débris de l’avion ; une description du rayon (champ de débris) et la nature des débris dispersés.

 

Photo 7. Boeing 777 Photo 7. Boeing 777

 

Un avion comme le Boeing 777 n’est pas une cible difficile pour des éléments de défense anti-aérienne. Il s’agit d’une cible de haute altitude (de 4.000 à 12.000 m) à très grande surface réfléchissante efficace dont la surface équivalente radar (SER) est d’au moins 10 m², alors que des appareils comme le SU-25 n’ont qu’une SER de 0,5-0,6 m². Il a une maniabilité limitée et n’a aucun moyen de défense anti-aérienne (brouillage actif ou passif). Un Boeing 777 peut être abattu à l’aide d’avions de combat (chasseurs intercepteurs ou ’autres types d’aéronefs qui opèrent dans la même gamme d’altitudes et de vitesses), ainsi qu’à l’aide de systèmes de missiles (comme les S-200 ou S-300) ou de missiles antiaériens militaires (comme le « Bouk-M1 »).

5. Aspect technique de la question

Une défense aérienne moderne comprend trois catégories de moyens de désactiver des cibles aériennes, classées en trois types :

  • Type A – cessation du vol motorisé ;
  • Type B – poursuite du vol avec perte partielle des commandes sans possibilité d’atterrir ;
  • Type C – poursuite du vol avec possibilité d’atterrir si les réparations nécessaires peuvent être faites.

Dans ce cas, selon les données disponibles, il y a des raisons de croire que l’attaque était de type (A) – fin du vol motorisé.

Nous avons étudié les versions préliminaires présentées par des experts de différents pays. Prenant en considération l’aspect technique de la question, nous pouvons affirmer que le Boeing 777 a été détruit à l’aide d’armes anti-aériennes : par des missiles anti-aériens sol-air ou par un autre aéronef armés de missiles et de canons.

En utilisant les méthodes de l’analyse technique, les experts de l’Union des Ingénieurs russes se sont penchés sur ces deux scénarios, qui recueillent l’assentiment de pratiquement tous les experts et des spécialistes.

6. Premier scénario : le Boeing 777 a été détruit par un système de missiles anti-aériens, par exemple un « Bouk-M1 »

 

Photo 8. SAM 9K37M1 « Bouk-M » Photo 8. SAM 9K37M1 « Bouk-M »

 

6.1. Circonstances qui militent en faveur du premier scénario

6.1.1. La probabilité de détruire des cibles aériennes comme le Boeing 777 à l’aide du SAM 9K37M1 « Bouk-M1 » est élevée.

L’avion se déplaçait à une altitude de 10.100 mètres, à une vitesse de 900 km/h, ses paramètres étaient connus. Il représentait une cible aérienne appropriée pour le « Bouk-M1 ». La probabilité de succès d’une telle attaque par un SAM « Bouk-M1 » va de 0,8 à 0,95. Il était donc, techniquement, possible de frapper une telle cible aérienne.

 

Fig.2. Emplacements des SAM ukrainiensFig.2. Emplacements des SAM ukrainiens

 

Parmi les troupes ukrainiennes situées dans la zone de l’écrasement, le 17 juin, se trouvaient 3 ou 4 positions de missile « Bouk-M1 ». C’est ce qu’a déclaré le ministère de la Défense russe. Le chef de la Direction des opérations principales de l’État-major général, le lieutenant-général Andréï Kartapolov, a souligné que la partie russe avait des images-satellites des différents emplacements des unités de l’armée ukrainienne dans le sud-est de l’Ukraine, en particulier d’une unité « Bouk » à 8 km de Lougansk. Et la matinée du jour où l’avion malaisien a été abattu, les Russes ont détecté une batterie SAM « Bouk-M1 » près du village de Zarochtchenskoe. Ce jour-là, elle a été déplacée vers Donetsk, dans la région où se trouvaient les milices. Nous considérons ces données objectives et fiables.

6.1.2. La station de détection et de repérage 9С18 « Coupole » est capable de détecter et reconnaître des cibles volantes jusqu’à une distance de 100 à 160 km.

En outre, le système d’armes peut détecter des cibles volant à basse altitude (à partir de 30 m) avec une portée maximale de 45 km. Cette station de détection et de repérage peut être utilisée pour détecter et suivre un Boeing 777.

 

Photo 9. RLC 9С18М1 « Coupole »Photo 9. RLC 9С18М1 « Coupole »

 

6.1.3. De plus, nos experts de l’Union des ingénieurs russes insistent sur le fait que le lancement d’un missile « Bouk M-1 » est accompagné par quatre effets audio-visuels remarquables.

  1. Émission d’un bruit fort, à la fois au lancement et pendant la durée du vol (audible entre les altitudes de 100 m et 3000 m)
  2. Puissante explosion sur le site du lancement (Photo 10).
  3. Panache de fumée, émis par le missile, qui résulte de la combustion du carburant durant le vol (Photo 11).
  4. Explosion avec une signature identifiée dans le ciel, à l’emplacement du point d’impact entre le missile et sa cible (Photo 12).

6.1.4. D’après l’opinion de nos experts, le récit détaillant l’usage du complexe « Bouk M1 » rencontre un grand nombre d’écueils, ce qui laisse penser que c’est une chronique inexacte des événements.

Jusqu’à maintenant, personne n’a été en mesure d’apporter la preuve crédible du tir d’un missile surface-air, dont le lancement, c’est bien connu, est accompagné d’effets audio-visuels significatifs.
Le nuage de fumée du lancement montera jusqu’aux nuages et sera visible dans le ciel durant 10 minutes.

Le bruit du tir de missile est audible à quiconque dans un rayon de 7 à 10 km autour du site de lancement.

 

Photo 10. Lancement d’un missile « Bouk-M1 »Photo 10. Lancement d’un missile « Bouk-M1 »

 

Le vol du missile est accompagné d’un bruit fort. Le vol sera facilement observé grâce au panache de fumée issu de la combustion de carburant par le missile.

Dans ce cas, il n’y a eu aucune preuve de ce qu’un panache de condensation blanc résultant de la combustion du carburant serait apparu et aurait persisté durant quelques minutes après le lancement, ni aurait été visible aux personnes au sol dans un rayon de 10 km autour du site de lancement.

 

Photo 11. Missile « Bouk-M1 » en vol Photo 11. Missile « Bouk-M1 » en vol

 

L’impact de la charge militaire suit un schéma caractéristique qui peut être observé du sol par temps clair.

 

Photo 12. Explosion d’un « Bouk-M1 » atteignant une cible Photo 12. Explosion d’un « Bouk-M1 » atteignant une cible

 

Le Missile 9 min 38 s est propulsé par un moteur à carburant solide à deux étages (durée de combustion approximative estimée de 15 secondes).

 

Photo 13. Missile antiaérien 9М38 « Bouk M1 »Photo 13. Missile antiaérien 9М38 « Bouk M1 »

 

Un missile surface-air avec une charge militaire pesant 40 à 50 kg n’explose pas directement dans la cible, mais plutôt à proximité, à une distance comprise entre 50 et 100 mètres. La détonation de la charge militaire produira une onde de choc qui va propulser du shrapnel à grande vitesse. Ce shrapnel peut pénétrer le fuselage d’un avion. Cependant, considérant les dimensions d’un Boeing 777 (longueur 63,7 mètres, avec une envergure de plus de 60 mètres), le shrapnel sera incapable d’infliger des dégâts suffisants, comme c’est le cas s’agissant de la destruction d’un avion six ou sept fois plus petit. Lors de l’impact avec un Boeing 777, de tels fragments pourraient causer des dommages à l’alimentation en carburant, ce qui provoquerait des fuites de carburant à l’extérieur du fuselage et l’inflammation de l’appareil. 

De même, si le système hydraulique avait été endommagé, les commandes du Boeing n’auraient plus répondu ou, à tout le moins, le contrôle en aurait été sérieusement altéré (conformément au scénario « c »). Dans ce cas, si un appareil aussi imposant que le Boeing 777 de la Malaysian Airlines avait été touché par un missile surface-air, l’équipage aurait été en mesure d’informer le contrôle du trafic aérien de la situation de l’avion ; rien de tel cependant ne s’est produit, selon les mass-médias révélant les données décodées des enregistreurs de vol, ce serait chose certaine.

L’avion de ligne a été abattu en pleine journée, dans une zone à forte densité de population, en présence non seulement des parties militaires observant le ciel, mais aussi de journalistes pourvus de caméras et également de la population locale, elle aussi équipée de téléphones et de caméras.

On devrait aussi remarquer qu’une seule personne ne suffit pas à lancer le missile, mais qu’il faut au moins qu’une escouade militaire soit présente au lancement d’un « Bouk M1 », ce qui rend sa dissimulation impossible.

En conséquence de quoi, ces photographies et enregistrements vidéo pris en temps réel depuis différentes perspectives et montrant les différentes étapes du vol du missile, seraient arrivées sur internet pratiquement en temps réel (cf. l’évènement médiatique autour de l’astéroïde qui a touché Tcheliabinsk). Les résidents ont uniquement confirmé que des explosions se sont produites, et que des corps humains sont tombés du ciel sur leurs maisons.

Au moment où le Boeing 777 était abattu, il y avait un satellite américain au-dessus de la zone. De ce fait, l’armée russe estime que leurs partenaires américains devraient porter les images prises durant la destruction de l’appareil à la connaissance d’une audience plus large, si de telles images devaient se trouver entre les mains de Washington.

Conclusion du premier scénario

Ce qui précède rend douteuse la proposition initiale, selon laquelle le Boeing aurait été abattu au moyen d’un tir de missile antiaérien depuis une installation « Bouk-M1 ».

7. Second scénario : le Boeing 777 est détruit par un tir conjoint de missile air-air et de canon

7.1 Pour soutenir ce scénario, on peut s’appuyer sur les circonstances décrites ci-après.

7.1.1 De nombreux témoins attestent de la présence dans le ciel d’un appareil militaire dans la région du crash du Boeing (certains témoins parlent de deux), présumé être un chasseur étant donné l’altitude et la vitesse (altitude d’un chasseur entre 5000 et 7000 m, vitesse de 950 km/h). Il y a aussi des signalements de bruits d’avion dans le ciel. Il est possible que ces signalements soient en rapport avec des avions de type MiG-29 ou Su-25.

 

Photo 14. MIG-29Photo 14. MIG-29

 

L’armement du MiG-29 inclut le canon monotube GSH-301 (30 mm, avec 150 obus, cadence de tir 1.500 coups/minute) à la racine de l’aile gauche. Six points d’emport externes sous la voilure qui peuvent être utilisés pour le combat aérien : 6 missiles guidés R60 ou R-73 infrarouges à courte portée ; 4 missiles guidés à courte portée et 2 missiles de portée intermédiaire R-27PE à guidage radar ou R-27TE à infrarouges ou encore R-77.

Selon le ministère russe de la Défense, le 17 juillet, le contrôle du trafic aérien russe a détecté un appareil, potentiellement un Su-25 de l’armée de l’air ukrainienne, montant en direction du Boeing 777 de la Malaysian Airlines. La distance entre les deux appareils n’excédait pas 3 à 4 kilomètres.

 

Photo 15. SU-25 Photo 15. SU-25

 

Armement du SU-25 : 1 × GSh-30-2 (canon de 30 mm monté sous le nez de l’appareil avec 250 coups).

Missiles guidés : Kh-23 (AS-7), AS-9, Kh-25L (AS-10), Kh-29 (AS-14) missiles air-surface, K-13 (AA-2) ou R-60 (AA-8) missiles air-air ; SPPU-22 Conteneurs avec canon bitube 23 mm GSH-23L Canons avec 260 coups.

De par ses spécifications, le Su-25 est capable d’atteindre brièvement une altitude supérieure à 10.000 mètres. Son équipement standard inclut des missiles air-air R60. Ces missiles peuvent engager et détruire des cibles à plus de 10 km avec un taux de réussite de 100 % jusqu’à 8 km. En conséquence, il n’est pas nécessaire pour l’appareil d’approcher sa cible de près, il suffit de s’assurer que la distance d’engagement correspond à la portée garantie par le missile.

7.1.2. Le ministère de la Défense russe a déclaré que l’armée russe a détecté l’activation de la « Coupole » d’un système de défense antiaérien ukrainien « Bouk-M1 » le jour de la catastrophe du Boeing 777 de la Malaysian.

 

Fig.3. Statistiques de l’activité des radars ukrainiens aux environs de l’heure de la destruction du Boeing 777 malaisien, du 15 au 20 juillet 2014 Fig.3. Statistiques de l’activité des radars ukrainiens aux environs de l’heure de la destruction du Boeing 777 malaisien, du 15 au 20 juillet 2014

 

L’activité des Stations de localisation radar (SLR) peut témoigner du déploiement actif de l’aviation militaire dans la mesure où les SLR sont activement utilisés pour la reconnaissance aérienne et la transmission d’informations au centre de contrôle de l’aviation. Pour mener à bien certaines missions, il est commun de fournir des données au navigateur permettant la coordination d’un ou plusieurs chasseurs.

Il peut s’agir de missions de supériorité aérienne ou d’embuscade. Dans de telles missions, l’attaque peut être opérée par l’avant ou en poursuite avec coordination depuis le sol.

7.1.3. Un Su-25 ou un MiG-29 apparaissent identiques au radar, dans la mesure où ils ont des tailles et surfaces réflectives similaires. Le plafond pratique d’un MiG-29 est de 18.013 m, de sorte qu’il peut facilement atteindre l’altitude à laquelle volait l’appareil de la Malaysian (10.100 m). Le MiG-29 a deux moteurs qui génèrent une forte poussée, permettant à l’appareil d’atteindre des vitesses de l’ordre de 2.000 km/h.

7.1.4 Les conditions météorologiques sont aussi en faveur de l’attaque du Boeing 777 par un autre avion. La météo dans la région de la ville de Donetsk entre 15 h et 18 h le 17 juillet 2014 se caractérise par de la pluie et une forte couverture nuageuse. La route du vol passe au-dessus de la base nuageuse la plus élevée. À cette altitude, seuls les nuages de type cirrus sont présents. Ceux-ci sont de faible densité, des nuages fibreux blancs et transparents, avec des formations denses occasionnelles. Ils sont comme massés par paquets échoués ici ou là, tel un cordon s’étirant jusqu’à l’horizon. L’altitude moyenne de la limite basse de ces nuages se situe entre 7 et 10.000 mètres, tandis que la couche nuageuse peut s’étendre de plusieurs centaines de mètres à quelques kilomètres.

Une attaque par un appareil militaire montant rapidement à travers la couche nuageuse prendrait l’équipage du Boeing 777 par surprise, et ne serait pas observable depuis le sol en raison de l’épaisse couverture nuageuse aux niveaux bas et intermédiaire.

Sur la base de ces éléments, on peut avoir confiance dans la thèse, selon laquelle le Boeing 777, volant sur une trajectoire horizontale à 10 000 mètres d’altitude, aurait pu sans grande difficulté se retrouver à portée de l’armement canon et missile d’un chasseur, qu’il s’agisse d’un MiG-29 ou d’un Su-25.

7.1.5. La question logique est alors : quels armements ont conduit à la destruction du Boeing 777 de la Malaysian Airlines ?

Missiles

Aussi bien le MiG-29 que le Su-25 peuvent être équipés avec les missiles à courte portée guidés par infra-rouge R-60M.

 

Photo 16. Missiles R-60M sur point d’emport externe R-60M Photo 16. Missiles R-60M sur point d’emport externe R-60M

 

Le MiG-29 est équipé d’un canon de 30 millimètres GSh-301, d’une cadence de tir de 1.500 coups par minute. Ce canon est chargé de 150 obus perforants avec une flèche en alliage de tungstène. La portée pratique pour des cibles aériennes se situe entre 200 et 800 mètres, pour des cibles au sol entre 1200 à 1800 mètres. Ce type de projectile traverse la cible de part en part, laissant un orifice de passage de forme parfaitement ronde ; ils n’explosent pas à l’intérieur et ne sont pas incendiaires, mais ils peuvent tuer l’équipage et détruire la cabine. Les orifices d’entrée et de sortie ont une configuration caractéristique. Les trous d’entrée ont les bords évasés vers l’intérieur ; du côté opposé les bords sont tordus vers l’extérieur.

 

Photo 17. Canon aérien G-Sh301 Photo 17. Canon aérien G-Sh301

 

Le Su-25 est équipé du canon GSH-2-30.

 

Photo 18. Canon aérien GSH-2-30Photo 18. Canon aérien GSH-2-30

 

D’autre part, le Su-25 peut emporter des canons bitubes GSh-23L sur point d’emport externe avec le conteneur SPPU-22.

Dans un combat, les deux types de canons s’utilisent contre des cibles aériennes et causent des dégâts analogues à ceux observés sur l’épave du Boeing 777.

Conclusion du second scénario

Selon les analystes de l’Union des ingénieurs russes, la destruction complète du Boeing 777 résulte de l’usage conjoint des deux types d’armes : des missiles à courte portée air-air et un canon de 30 mm, ou bien un canon bitube GSh-23L de 23 mm dans un conteneur SPPU-22. Afin d’améliorer la précision du tir de manière significative, on peut utiliser un télémètre laser ou un viseur laser (ou même une conduite de tir prédisant le point d’impact). Cette conclusion s’appuie sur la forme et la disposition des dégâts observés sur les débris : des trous ronds, qui sont le résultat typique d’un tir au canon, et des trous discontinus, caractéristiques de missiles fléchettes.

8. Analyse des débris

Si l’on considère la première version du crash, il est évident que la façon dont sont disposés les trous et les fragments sur les surfaces planes du fuselage ne reflète pas la disposition typique de l’impact d’un missile « Bouk-M1 », qui aurait laissé des dégâts à la forme très remarquable et caractéristique. Dans ce cas, il est manifeste que de telles traces sont inexistantes sur les débris.

Si l’on examine la possibilité de tels dégâts occasionnés par des missiles air-air à courte portée, on doit avoir à l’esprit que le R-60 (Su-25) et le R-73 (MiG-29) sont des missiles de combat aérien à courte portée, de faible puissance et à guidage infrarouge. Leur rayon de destruction n’est que de 3 à 5 mètres, et un coup au but nécessite un impact direct. La masse de la charge militaire est de 3,5 kg pour le plus ancien, 5 kg pour le plus récent. Cette charge contient de fines particules de fil de tungstène. Il s’agit de missiles plutôt faibles, conçus exclusivement pour de petites cibles. Ces armes suivent la trainée de chaleur, elles ont été conçues pour cibler le moteur.

Il serait logique de présumer que les dommages visibles sur la photo 19 sont le résultat du tir d’un canon du type GSh ou SPPU.

 

Photo 19. Dégâts sur les surfaces planes du Boeing 777Photo 19. Dégâts sur les surfaces planes du Boeing 777

 

 

Photo 20. La nature des dégâts sur la cabine du Boeing 777Photo 20. La nature des dégâts sur la cabine du Boeing 777

 

La photographie des trous d’entrée et de sortie sur le cockpit du Boeing 777 correspond parfaitement avec le passage d’obus de calibres 20 à 30 mm, tels qu’on en trouve sur les avions militaires, ce qui confirme le second scénario de ce qui a abattu le Boeing. Ce point est appuyé par la dispersion des trous crevant la surface de l’appareil. Sur le débris du côté gauche de la cabine, les bords des trous sont tordus de l’intérieur vers l’extérieur, ce qui nous indique qu’une explosion significative s’est produite à l’intérieur du cockpit à la suite de l’impact dynamique des obus frappant le côté droit.

Sur le panneau de garniture, les trous d’entrée sont visibles, de même que quelques points de sortie. Les bords des trous sont tordus vers l’intérieur. Ils sont nettement plus petits et de forme bien circulaire. Les trous de sortie ont une forme plus brouillonne, leurs bords sont tordus vers l’extérieur. De plus, il est clair que les trous de sortie se sont formés à travers la double épaisseur d’aluminium, et qu’ils l’ont tordue vers l’extérieur. C’est le résultat d’éléments d’assaut (à en juger par le type d’impact, des obus de canon aérien) traversant le cockpit. Les rivets ont aussi été tordus vers l’extérieur.

La photo 21 montre un fragment du Boeing 777. On y voit clairement les trous d’entrée (cerclés de rouge) dans la couche externe, tordue vers l’intérieur par un canon de 30 mm. Cette torsion vers l’intérieur est caractéristique de ce type de projectile.

 

Photo 21. nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777Photo 21. nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777

 

La photo 22 montre une autre partie des débris du Boeing 777. On y voit (1 rouge) que les rivets ont disparu et (2 rouge) que le fuselage s’est rompu, de l’intérieur vers les bords extérieurs du point d’impact, ce qui a été causé par une explosion à l’intérieur de l’avion, ou part une violente perte de pression à haute altitude.

 

Photo 22. Nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777Photo 22. Nature des dégâts sur la carlingue du Boeing 777

 

La topologie générale des trous et leurs emplacements suggèrent qu’il est très vraisemblable que le Boeing 777 a été la cible d’un tir de canon GSh-2-30 ou d’un conteneur SPPU-22 avec canon bitube-23mm GDh-23L visant la zone du cockpit. Lorsque les munitions ont eu traversé le cockpit, elles sont ressorties de l’autre côté et ont endommagé la surface de l’aile (voir photo 20). Les deux types d’armement causent des dégâts sur les aéronefs, qui sont analogues à ceux observés sur les fragments du Boeing 777.

La nature des trous visibles sur les fragments de surfaces externes et de fuselage, disponibles sur les réseaux médiatiques, nous autorise à affirmer que c’est bien la combinaison d’un missile et d’un tir de canon qui en est la cause.

9. Reconstitution de ce qui s’est passé

En se basant sur ce qui précède, nous pouvons reconstituer l’événement selon deux angles.

9.1. En relation avec les circonstances de l’écrasement du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Le 17 juillet 2014, le Boeing 777 de la Malaysia Airlines effectuait le vol Amsterdam — Kuala Lumpur dans le couloir de vol établi par les contrôleurs aériens. En même temps, il est probable que le contrôle manuel des commandes a été éteint et que l’avion a été mis en pilotage automatique, volant sur un plan horizontal, le long de l’itinéraire aménagé et adapté par les contrôleurs de la circulation aérienne, sur la partie ukrainienne du vol.

De 17 h 17 à 17 h 20, le Boeing 777 volait dans l’espace aérien ukrainien près de la ville de Donetsk, à l’altitude de 10 100 m. Un avion de combat non identifié (probablement un Su-25 ou MiG-29), qui était un niveau en dessous, sur une trajectoire de collision, dans la couche de nuage, a rapidement pris de l’altitude et est soudainement apparu au-dessus des nuages à l’avant de l’avion civil, ouvrant le feu sur le poste de pilotage avec un canon de calibre 30 mm ou moins. Le pilote d’un avion de chasse peut le faire en mode « chasse libre » (à l’aide du radar de bord) ou avec l’aide du guidage de navigation et des données sur l’espace aérien transmises depuis un radar au sol.

De multiples tirs d’obus ont causé de gros dégâts sur l’habitacle, et une dépressurisation soudaine, qui a provoqué la mort immédiate de l’équipage, du fait des impacts et de la décompression. L’attaque a été soudaine : une fraction de seconde. Dans de telles circonstances, l’équipage n’a pas pu lancer d’alerte : le vol s’est poursuivi de façon apparemment normale, comme si aucune attaque n’était intervenue.

Puisque ni les moteurs, ni le système hydraulique, ni aucun autre organe vital nécessaire à la poursuite du vol n’ont été touchés, le Boeing 777, sous pilote automatique (procédure standard), a continué sa trajectoire horizontale, en perdant peut-être graduellement de l’altitude.

Le pilote de l’avion de combat non identifié s’est placé à l’arrière du Boeing 777. Ensuite, tandis que l’avion non identifié restait sur la zone de combat, le pilote, au moyen de son équipement de poursuite de cible, a verrouillé la cible et lancé ses missiles R-60 ou R-73.

Le résultat en a été la perte de pressurisation à l’intérieur de l’appareil, la destruction du système de contrôle de l’avion et la mise hors service du pilote automatique. L’avion a perdu alors toute capacité à maintenir son assiette et il est parti en vrille. C’est là le résultat de grosses défaillances mécaniques à haute altitude.

L’avion, selon les informations fournies par l’enregistreur de vol, s’est brisé en l’air, mais cela n’est possible que dans le cas d’une chute verticale depuis une altitude de 10 000 mètres, et seulement lorsque la surcharge maximum admissible est dépassée. Aussi bien la cabine de pilotage que les cabines des passagers s’étant dépressurisées, l’équipage n’était plus en mesure de contrôler l’avion, qui s’est mis à tomber en vrille et s’est rompu à haute altitude. Cela explique que les débris se sont éparpillés sur plus de 15 km2.

9.2. Au sujet de la responsabilité dans la mort de 283 passagers et de 15 membres d’équipage.

Ce 17 juillet 2014, les Forces armées de la République nationale de Donetsk n’avaient pas d’avion de combat capable de détruire une cible volante telle que le Boeing 777, ni le réseau de contrôle aérien, ni le matériel radar de détection, de ciblage et de poursuite adéquats.

Aucun avion de combat des forces armées de la Fédération russe n’a violé l’espace aérien de l’Ukraine, ce qui est confirmé non seulement par les Ukrainiens, mais aussi par les tierces parties chargées de la surveillance de leur espace aérien. 

Pour établir la vérité, il est nécessaire d’enquêter objectivement et impartialement sur toutes les circonstances de la destruction du Boeing 777, d’interroger les centaines de citoyens qui peuvent avoir vu quelque chose. Naturellement, cette enquête doit être conduite par des professionnels. Aller vers la vérité, poser les bonnes questions, est une science rigoureuse, qui nécessite un savoir-faire.

Les informations importantes sont contenues dans l’épave de l’avion et les restes des victimes, mais ces informations précises sont faciles à détruire, à déformer et à cacher. Et il y a beaucoup de parties intéressées à occulter la réalité des faits. Comme le confirme le fait que l’Ukraine, les Pays-Bas, la Belgique et l’Australie ont signé un accord le 8 août, indiquant que les informations sur l’enquête relative à l’accident ne seraient divulguées qu’avec le consentement de toutes les parties.

« L’enquête suit son cours, par des expertises et d’autres actes d’instruction », a annoncé le porte-parole du Procureur général de l’Ukraine, Youri Boytchenko. « Les résultats seront annoncés lors de la conclusion de l’enquête et avec le consentement de toutes les parties qui ont signé l’accord ».

La procrastination et le manque d’investigation objective de tous côtés, avec la participation de prestigieuses organisations internationales, font d’autant plus douter que les parties concernées rendent jamais publiques les véritables circonstances qui entourent le crash du Boeing 777 de la Malaysia Airlines.

Ivan A. Andrievskii, le 15 août 2014
Traduit de l’anglais au français par Patrick, Lionel, Francis et Goklayeh (qui a écrit le préambule). Traduction du russe à l’anglais : Alice & Gideon (Russian Saker / Oceania Saker).

Sources :  Анализ причин гибели рейса МН17 (малайзийскогоBoeing 777) [PDF] (российский-союз-инженеров.рф, russe, 15-08-2014) et Malaysian Flight MH17 crash analysis, by The Russian Union of Engineers (vineyardsaker, anglais, 18-09-2014)

Ivan A. Andrievskii est Premier Vice-président de l’organisation publique pan-russe« Union des ingénieurs russes » et président du conseil d’administration de la compagnie d’ingénierie « 2K ».

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    9. MH17 : analyse des hypothèses et rapports du Saker (v09-08-2014)
    10. L’étrange Monsieur Dunleavy  (Des questions qui tuent ! Et qui ont peut-être tué…)  (05-08-2014)
    11. Décevant, le Service de Sécurité d’Ukraine révèle des photos qui de toute évidence sont truquées   (03-08-2014)
    12. MH17 : un rebondissement ? (31-07-2014)
    13. MH17. Notre volonté de ne pas chercher à mieux comprendre (31-07-2014)
    14. [L’œil itinérant] Crime (Israël) et châtiment (Russie) (31-07-2014)
    15. La catastrophe du vol MH17 : la BBC à la recherche du missile « Bouk » – Le rapport vidéo censuré par la BBC (27-07-2014)
    16. Autres points rapportés par le Saker (27-07-2014)
    17. [Vidéo] Toujours aucune preuve de la version US du crash du MH17, par A. Antonov, Vice-ministre de la Défense de la Russie (26-07-2014)
    18. La Russie dit détenir des photos de l’Ukraine en train de déployer des missiles BUK à l’est, et des preuves de la présence d’avions de guerre dans le voisinage du MH17 (24-07-2014)
    19. Les anglo-sionistes présentent leur preuve (23-07-2014)
    20. Qu’ont vu les satellites-espions US en Ukraine ? (22-07-2014)
    21. Propagande de guerre : le premier tabloid hollandais demande une intervention de l’OTAN pour protéger le site du MH17, et Feinstein dit à Poutine « Soyez courageux, avouez ! » (22-07-2014)
    22. Souvenirs, réminiscences, suppositions et spéculations à propos de l’affaire du vol MH17 (21-07-2014)
    23. Rutte, le Premier ministre hollandais, presse  Poutine « vous devez faire maintenant tout ce qui est en votre pouvoir [pour établir la vérité] ! » (21-07-2014)
    24. [Vidéo] Conférence de presse d’Alexandre Borodaï à propos du crash du vol MH17, le 19 juillet 2014, sous-titrée en français (21-07-2014)
    25. MH17 : A y est ! L’enquête est bouclée (20-07-2014)
    26. [L’œil itinérant] Le missile, c’est Poutine ! (20-07-2014)
    27. Les preuves continuent à émerger : l’affaire du vol MH17 est une opération sous fausse bannière (19-07-2014)

 

 

 

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Jean Ziegler choisit son camp : « Retournez les fusils ! »

Sur POLITIS

Jean Ziegler choisit son camp : « Retournez les fusils ! »

À mesure que se précise la débâcle dévastatrice du vieux système capitaliste, le citoyen responsable se devrait de prendre position. Le sociologue suisse Jean Ziegler, lui, n’y va pas par quatre chemins : « Retournez les fusils ! »

Jean Ziegler (photo : AFP/Michael Gottschalk)
Jean Ziegler (photo : AFP/Michael Gottschalk)

L’ouvrage initial date de 1980, mais Jean Ziegler s’est senti contraint de l’adapter aux temps présents en le réécrivant entièrement. À l’origine, explique l’auteur dans une interview au Point, le titre était repris d’un manifeste de Trotski appelant le prolétariat engagé dans la première boucherie mondialisée à retourner leurs armes contre les capitalismes plutôt que contre leurs camarades du camp d’en face.

 

Trente-quatre ans après, rien n’a changé, sinon en pire. Jean Ziegler :

« Les capitalistes font aujourd’hui un maximum de profits en spéculant sur les aliments de base comme le riz, le maïs, le blé. Les prix explosent, et toutes les cinq secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim. Aujourd’hui plus que jamais, il faut retourner les fusils. »

Devant son interlocuteur abasourdi, Ziegler tempère à peine son séditieux propos. Non, non, il n’est pas question d’aller illico « flinguer son banquier », mais au moins d’empêcher par tous les moyens les capitalistes de semer la désolation sur toute la planète.

Et de donner l’exemple des cinq cents sociétés tentaculaires multinationales échappant à tout contrôle, notamment à celui des États, s’appropriant 52,8 % du produit mondial brut, coupables de maltraitances contre leurs ouvriers, comme ces quelques 1 300 victimes mortes dans les ruines de l’immeuble insalubre Rana Plaza à Dacca.

 

Chasser les grands prêtres des religions malfaisantes

Or, la forteresse financière néolibérale n’est désormais guère plus salubre que le bâtiment délabré de Dacca. De sinistres craquements en ont de nouveau ébranlé les fondations tout au long de la semaine passée. Les métastases du cancer systémique ont repris leurs lugubres ravages, frappant jusqu’aux derniers refuges du sanctuaire : les places boursières et financières.

Et tout retour en arrière est désormais impossible. Les lettres ouvertes indignées aux dirigeants du monde malade pour qu’ils changent de cap sont vaines et dérisoires. Comme le dit le banquier défroqué Charles Sannat dans un de ses éditos du Contrarien, il n’y a plus rien à espérer du système agonisant, ni de ses gouvernants :

« Il faudrait tellement tout changer, tellement tout bouleverser que jamais, jamais un consensus ne pourra se faire sur des mesures d’une telle ampleur tant que nous ne serons pas tombés au fond du gouffre. Nous sommes au pied du mur mais cela ne change rien. Nous pouvons gloser des heures et des heures sur quoi faire, comment le faire, pourquoi le faire, nous ne ferons rien. Rien. »

Tout changer, oui, dans les institutions comme dans les mentalités. Tout changer pour passer au monde d’après en surmontant le chaos laissé par le monde d’avant. Mais qui pense sérieusement que l’on peut se débarrasser d’un système sans écarter ceux qui s’en portent garants jusqu’à l’intolérable ? Qui croit qu’on puisse mettre hors d’état de nuire une religion malfaisante en restant soumis à ses grands prêtres et respectueux de ses temples ?

"Retournez les fusils ! Choisir son camp". En vente dans toutes les bonnes librairies. L’idée — et l’urgence — méritent qu’on y réfléchisse, non ? D’ailleurs qui parmi vous, chers lecteurs, n’y a pas déjà au moins secrètement pensé ?

 

P.-S.

- Jean Ziegler, "Retournez les fusils ! Choisir son camp", Seuil, 294 pages.

- Photo Jean Ziegler : AFP/Michael Gottschalk

- BONUS :

« Il n’y a pas de tyrans, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande » (Anselme Bellegarrigue)

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28/10/14

TURQUIE - Serena Shim, journaliste tuée en Turquie : les médias occidentaux, hypocrites, demeurent silencieux

Sur LE CERCLE DES VOLONTAIRES

 

Serena Shim, journaliste tuée en Turquie : les médias occidentaux, hypocrites, demeurent silencieux

La journaliste américaine Serena Shim

La journaliste américaine Serena Shim

La mort suspecte d’une journaliste née aux Etats-Unis, Serena Shim, et le silence des médias américains sur son histoire, illustre de manière évidente le « deux-poids, deux mesures » qui caractérise les médias occidentaux. Serena Shim, une journaliste américaine de 29 ans d’origine libanaise, couvrait la guerre en Syrie et plus spécifiquement la bataille entre les militants de l’EIIL et les forces kurdes, non loin de la ville de Kobani, située sur la frontière turco-syrienne. Serena Shim, rentrait à son hôtel, à bord de sa voiture de location, après un reportage réalisé dans la ville turque de Suruc, près de la frontière syrienne, lorsqu’un plus gros véhicule l’aurait heurtée, causant sa mort [le 19 octobre dernier, ndt].

Alors que les autorités turques ont très vite déclaré qu’il s’agissait d’un simple accident, beaucoup à travers le monde, incluant des dirigeants et des cadres de PressTV, l’agence Iranienne d’informations pour laquelle Serena Shim travaillait, ont exprimé des doutes concernant les circonstances entourant sa mort, les décrivant comme suspectes. En effet, les doutes sembleraient justifié, en raison du fait que l’accident présumé, surviendrait un jour seulement, après que Serena Shim, eut fait part de ses craintes pour sa sécurité, à la suite de menaces de morts, adressées par les services secrets turcs (MIT).

Dans une interview pour PressTV, juste après avoir été accusé d’espionnage et avoir reçu des menaces de mort, Shim déclarait :

« Je suis vraiment étonnée de cette accusation. J’ai même pensé me rapprocher des services de l’intelligence Turque, parce que je n’ai rien à cacher….Je suis un peu inquiète, parce que… la Turquie a été désignée par reporters sans frontières comme la plus grande prison pour journalistes…donc j’ai un peu peur de ce qu’ils pourraient utiliser contre moi..Nous étions parmi les premiers sur les terrains, si ce n’est les premiers, à faire sortir l’histoire des militants qui passent par la frontière Turque. J’ai des images d’eux, dans des camions de l’organisation alimentaire mondiale. Il était apparent qu’il s’agissait de militants, avec leurs barbes, les vêtements qu’ils portaient, et ils se déplaçaient dans des camions appartenant à des ONG. »

Cette interview révélatrice met en évidence le fait que Shim, contrairement à beaucoup de journalistes occidentaux couvrant le conflit Syrien, était en réalité en train de poursuivre une enquête sérieuse, incluant des sources concernant les communications entre les services secrets turcs et certains militants extrémistes afin de faire entrer clandestinement des mercenaires et des armes en Syrie. Bien que cet aspect du conflit syrien ait été rapporté par Reuters, le New York Times et d’autres, Shim était sur place couvrant l’événement, rassemblant des preuves documentées, des vidéos et photos de militants dans des camions d’ONG, en contradiction totale avec les lois internationales.

C’est précisément cette preuve accablante de l’implication de la Turquie dans la conflit syrien qui a probablement attirée sur elle les menaces de morts, et très certainement conduit à son assassinat. La mort tragique de Shim provoqué la colère (sans parler de la profonde tristesse) de sa famille et de ses collègues, qui ont demandé l’ouverture d’une enquête impartiale sur les circonstances de sa mort. Les condoléances ont afflué du monde entier, et ont été adressées aussi bien à PressTv qu’à sa famille. Cependant et de façon remarquable, il y a eu un black-out total de la part des médias occidentaux et spécialement aux Etats-Unis, le pays dont Shim était une ressortissante et une citoyenne.

Quand est-ce que la mort de journalistes devient-elle digne d’attirer l’attention des médias ?

À la lumière de la mort de Serena Shim, et de l’absence honteuse de couverture médiatique la concernant, des questions dérangeantes commencent à émerger quant à l’attitude des médias occidentaux, vis à vis des attaques, kidnappings, assassinats et ou morts suspectes de journalistes. Plus particulièrement, les grands médias et leurs gouvernements respectifs ainsi que leurs propriétaires, à savoir les grands patrons de multinationales. Il doivent expliquer pourquoi la mort de certains journalistes est traitée comme des sujets internationaux, capable de susciter l’indignation mondiale et de servir de prétexte pour des ingérences militaires, alors que d’autres comme Serena Shim, n’auront à peine droit qu’à une mention en passant ?

Le journaliste américain James Foley (Photo AFP / Nicole Tung)

Le journaliste américain James Foley (Photo AFP / Nicole Tung)

L’indignation internationale à la suite du kidnapping et de l’exécution par décapitation de James Foley a occupé la une des médias occidentaux pendant des semaines, et a permis d’offrir la justification nécessaire aux bombardements américains contre l’EIIL en Syrie. Des hommages lui ont été consacré par la plupart des médias « mainstream », une page dédiée à sa mémoire a été crée par des fans et Reporters Sans Frontières ; le président Obama lui-même s’est exprimé, décrivant Foley comme : « un homme qui vivait pour son travail, qui relatait courageusement les histoires de ses semblables et qui était aimé par ses amis et sa famille… Nous ferons tout notre possible, pour protéger les nôtres et les valeurs éternelles pour lesquelles nous vivons. ». Un tel hommage, venant du président, démontre la signification politique et sociale, que revêt la mort de James Foley pour les américains.

Et pourtant, Serena Shim qui, comme James Foley, était journaliste et citoyenne américaine, n’a pas reçu tant d’égard. Il n’y aura pas d’hommage, de grandes chaînes d’informations pour elle, la plupart ne s’embarrasseront même pas à rapporter les conditions suspectes entourant sa mort. Il y a très peu d’articles mentionnant l’incident, et ceux qui existent, tendent à valider la thèse de l’accident comme affirmée par les autorités turques. Et ceci, en dépit du fait qu’il n’y a pas eu d’enquêtes, et que par l’effet d’une coïncidence qui vient bien à propos, des menaces de morts avaient été proférées quelques heures seulement avant l’accident.

Toujours pas de déclaration publique, de la part de Reporters Sans Frontières (1) pour l’instant, ou même de toute autre organisation chargée de la protection et de la promotion de la liberté de la presse, et de la protection universelle des journalistes. Pourquoi ? Quelle est la différence entre Shim et Foley, qui explique la disparité flagrante de traitement médiatique et d’indignation au niveau mondial ?

C’est en rapport avec ce que vous dites, et avec votre employeur

La mort de Serena Shim, illustre douloureusement mais de manière claire et tranchée, le « deux-poids, deux mesures » appliqué par les médias et les politiciens occidentaux. La mort de James Foley était une tragédie mondiale, la mort de Shim, une petite note de bas de page, tout au plus. Le fait remarquable, c’est que cette disparité de traitement n’est pas liée à qui ils étaient en tant qu’individus [journalistes américains, ndt], mais plutôt à leur employeur.

James Foley s’était volontairement engagé dans la guerre de l’OTAN/Etats-Unis en Libye, s’incorporant lui-même avec les soit disant « rebelles » qui, grâce à la campagne de bombardements massifs de l’OTAN, a effectivement détruit les infrastructures militaires, et participé au renversement de la Jamahiriya Libyenne et à l’assassinat de Mouammar Kadhafi. Foley a présenté une image héroïque des rebelles, dont beaucoup avaient des liens directs avec Al-Qaïda et le réseau terroriste s’étendant de l’Afghanistan à l’Arabie saoudite. Il les considéraient comme de vrais patriotes qui voulaient libérer leur patrie d’un dictateur brutal et sanguinaire. En vérité, Foley, était l’un des propagandistes en chef pour l’opération de l’OTAN en Libye, capturant des photos susceptible de servir la cause de Washington et de l’OTAN.

En contraste, Shim travaillait pour PressTV, une chaîne d’informations Iranienne, financée par le gouvernement et qui procure une autre lecture des événements, à celle proposée par les médias occidentaux. Les reportages de PressTv ont été critiques de l’opération internationale contre la Syrie, en plus d’avoir remis en question, par des articles, débats et analyses, le rôle de la Turquie, de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de Washington, Tel Aviv et d’autres dans la préparation de cette guerre.

PressTv a critiqué les positions politiques Américaines vis à vis de la Syrie et de l’Irak, et a diffusé de nombreuses rapports mettant en cause le rôle d’acteurs internationaux dans ces conflits. Shim, trouve elle-même la mort, quelques heures après avoir délivré la brûlante information selon laquelle des extrémistes avaient traversé la frontière vers la Syrie, avec l’assistance des services secrets turcs, et en utilisant des camions de l’Organisation Alimentaire Mondiale. Cette exclusivité détonante, corroborait d’autres témoignages datant de 2012, sur l’implication des services secrets turcs, précisément dans ce type d’opérations.

Donc, il apparaît évident, que la réaction des médias et des gouvernements, face à la mort de journalistes, dépend du type de reportages qu’ils font. Si vous êtes un journaliste, travaillant pour alimenter la narration des intérêts occidentaux et pour la propager, alors vous êtes un héros et votre mort est une tragédie nationale, qui doit provoquer une réponse ferme. Si par contre, vous êtes un journaliste travaillant pour un groupe d’informations non-occidental, et que vous êtes critique de l’occident, de ses politiques et de ses actes, alors votre mort n’est tout simplement pas digne d’être rapportée et sera très vite oubliée.

Avec regret, ce n’est ni la première ni la dernière fois
Journalistes en Ukraine (Reuters / Yannis Behrakis)

Journalistes en Ukraine (Reuters / Yannis Behrakis)

Peut être que l’aspect le plus épouvantable dans cette histoire, c’est le fait que la mort de Shim n’est que la dernière d’une longue liste de morts de journalistes, dans les récentes années et les derniers mois, qui ont été pratiquement occultés des médias occidentaux. De l’Ukraine à la Syrie en passant par Gaza, des journalistes ont été pris pour cible de manière alarmante, pendant qu’en occident on passe ces faits sous silence.

Dans l’est de l’Ukraine, un nombre impressionnant de journalistes ont été agressés, kidnappés, torturés et/ou tués, par les forces du régime militaire et paramilitaire de Kiev, soutenu par les Etats-Unis. En Juin 2014, Igor Kornelyuk et Anton Voloshin, tout deux employés de la chaîne Rossiya Tv, ont été tué tout près de Lugansk. En dépit des dénégations répétées émanant des autorités de Kiev et concernant le ciblage délibéré des journalistes, des témoins oculaires présent sur la scène du crime ont déclaré que les journalistes avaient été délibérément pris pour cible, par les forces Ukrainiennes. Viktor Denisov, le seul rescapé de l’équipe, a expliqué : « Je suis certain qu’il ne s’agissait pas de tirs accidentels, c’était une opération ciblé de la garde nationale. ». Malgré ce témoignage oculaire, ajouté aux images de l’attaque obtenues par Denisov, il n’y a eu pratiquement aucune couverture de la presse internationale.

En juin 2014 toujours, Anatoly Klyan, un cameraman de la chaîne de télévision russe Channel One, a été tué par les forces loyalistes au régime de Kiev, soutenu par les Etats-Unis. Il a reçu une balle dans le ventre, alors qu’il était à bord d’un bus rempli de mères de conscrits qui avait été visé par les forces militaires de Kiev ; Klyan est mort avant d’atteindre l’hôpital. Tandis que, quelques reportages ont été initialement réalisé par les médias occidentaux (notamment des médias anglais), nous n’avons pas assisté à l’indignation générale, consistant à demander la protection des journalistes en Ukraine, ou tout du moins à démontrer un intérêt plus important, quant à l’investigation des crimes présumés des forces du régime de Kiev et des forces paramilitaires, pas plus que l’on a assisté par ailleurs, de la part des soutiens du régime de Kiev, à l’exercice d’une influence quelconque sur le président Poroshenko sur cette problématique.

Andrey-Stenin

Hommage à Andrey Stenin à Moscou, le 5 septembre 2014 (Reuters / Sergey Karpukhin)

En août 2014, un photojournaliste, Andrey Stenin, de Rossiya Segodnya (anciennement Ria Novosti) a été tué, quand la voiture dans laquelle il voyageait, a été attaqué ainsi que plusieurs autres voitures et passagers, tous civils, cherchant à fuir les zones de combats. Stenin a été déclaré disparu pendant un mois, avant que l’on obtienne finalement la confirmation de sa mort. Durant la période où on le croyait enlevé, il y a eu des manifestations de solidarité et des demandes pour sa libération, notamment de la part du Comité pour la Protection des Journalistes, qui a collecté de la documentation, sur un nombre de crimes commis contre des journalistes, et particulièrement les journalistes russes, par les forces Ukrainiennes. Quoiqu’il en soit, au delà de la communauté des professionnels des médias, il n’y a décidément pas eu de réaction en occident, où l’information de sa disparition et subséquemment de sa mort est totalement passée inaperçu.

La mort de ceux-là et d’autres journalistes russes en Ukraine ne sont malheureusement pas les seules attaques contre des journalistes non-occidentaux. PressTv, qui est aujourd’hui frappé par le deuil de Shim, n’est que trop familier de ce type d’événements. En septembre 2012, le correspondant de PressTv Maya Nasser a été tué par un sniper, pendant qu’il était en direct, rapportant la récente attaque sur le quartier général de l’armée syrienne. Le fait qu’il ait été tué par un sniper (ce qui accrédite la thèse selon laquelle des attaques sont délibérées perpétrées contre des journalistes, afin de les empêcher de faire leur travail)  aurait dû faire de lui une cause célèbre pour les organisations de médias à travers le monde. Ils sont pourtant demeuré silencieux, parce que Nasser n’était pas un journaliste occidental et faisait, au contraire de ceux-ci, un travail embarrassant pour les puissances occidentales, puisqu’il permettait de donner des éléments nouveaux et circonstanciés à propos de ces fameux « rebelles modérés » combattant le « brutal dictateur Assad ». La leçon a tiré objectivement, c’est que les journalistes peuvent être des cibles légitimes, à partir du moment où leur description des faits, va à l’encontre des plans de Washington et de ses alliés.

Finalement, il y a eu le tragique cas de Gaza, une véritable vallée de la mort pour les journalistes, où au moins 8 journalistes ont trouvé la mort, tués par les forces israéliennes durant leur guerre sur Gaza, au cours de l’été 2014. Alors que la Fédération Internationale des Journalistes a présenté sa protestation officielle aux Nations-Unies contre les exécutions de leurs collègues, et que d’autres organisations comme Al Haq ont mené des investigations poussées sur ces incidents, l’affaire a été totalement ignorée par les grands médias, avec un prix d’honneur décerné aux médias américains qui, fidèles à leurs habitudes, n’ont rapporté qu’une seule version de la situation sur le terrain à Gaza. Lorsque des journalistes américains correspondaient confortablement depuis Jérusalem, Tel Aviv, Amman et d’autres villes, des journalistes palestiniens perdaient leurs vies, pour témoigner de l’horreur indicible qui prenait place à Gaza. Encore une fois, le silence des médias était assourdissant.

Il est crucial de réitérer le fait que les médias occidentaux, qui sont toujours les premiers à sortir les trompettes pour affirmer leur engagement pour la liberté de la presse, parmi tant d’autres, sont bizarrement silencieux dès qu’il s’agit de la mort de collègues travaillant pour des médias non-occidentaux. Il semblerait que l’indignation soit plus une affaire d’idéologie, que d’un soutien sincère à la cause journalistique. Sur cette voie, les médias occidentaux se font les complices de crimes. En renonçant à leurs responsabilités pour rapporter les faits de manière honnête, en omettant consciemment de montrer leur soutien à des collègues tombés pour avoir exercé leur métier partout autour du monde, ces médias occidentaux se révèlent être des instruments du système impérialiste Etats-Unis/OTAN.

Eric Draitser (source : RT)
Traduction pour le Cercle des Volontaires : La Diotima


(1) Note du Cercle des Volontaires : le 20 octobre, sur leur mur Facebook, nous avons interpellé RSF à propos de leur silence sur la mort de Serena Shim. RSF nous a répondu le 21 octobre : « we are still verifying informations and really concerned about this. More coming soon » (traduction : nous sommes encore en train de vérifier certaines informations et sommes réellement préoccupés par [ce tragique événement]. Nous y reviendrons prochainement.). En date du 26 octobre, RSF n’avait toujours rien publié.

A propos de l'auteur :

Je suis Webmaster depuis 1998, et producteur de musique reggae (Black Marianne Riddim). Je suis un grand curieux, je m’intéresse à beaucoup de sujets (politique, géopolitique, histoire des religions, origines de nos civilisations, …), ce qui m’amène à être plutôt inquiet vis-à-vis du Choc des Civilisations que nos dirigeants tentent de nous imposer.

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BARRAGE de SIVENS - Rémi Fraisse, une mort « stupide et bête » ? M. Carcenac doit démissionner !

par Attac France

 

Rémi Fraisse, une mort « stupide et bête » ? M. Carcenac doit démissionner !

mardi 28 octobre 2014

Thierry Carcenac, Président du Conseil général du Tarn : « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ». Une telle phrase, qui fait la Une du quotidien régional La Dépêche, devrait conduire son auteur à la démission de toutes ses responsabilités dans la République, président du conseil général et sénateur.

M. Carcenac est un personnage politique, ses paroles engagent la collectivité dont il est l’élu. Qui peut se reconnaître dans une telle déclaration ?

Rémi Fraisse est mort parce qu’il avait des valeurs, qu’elles donnaient du sens à sa vie, des valeurs partagées pour préserver un monde commun et habitable. Il ne s’est pas rendu à Sivens pour mourir pour ses idées. Il y a simplement rencontré la bêtise mortifère d’un projet et de ses promoteurs qui ont oublié ce que peut signifier avoir des valeurs, et même des idées.

Sa mort n’est pas bête, ni relativement ni absolument, elle est scandaleuse. Si scandaleuse que les mots justes semblent manquer au pouvoir, enfermé dans une langue de bois indigne, et dans une condamnation unilatérale de la violence des opposants. Aucun apaisement ne pourra venir sans des mesures qui restituent une légitimité aux valeurs républicaines, et notamment le droit absolu à une égale dignité pour tous. En ce sens M. Carcenac doit être sanctionné.

Le projet de barrage doit être définitivement abandonné et les responsables de ce drame humain identifiés. Il est urgent de réparer les dégâts écologiques déjà considérables, et de récupérer de cette zone pour l’intérêt général. Pour ce faire, il faut écouter toutes celles et ceux qui se sont opposés depuis des mois à ce projet, et qui répètent depuis des mois les critiques contenues dans le rapport d’expertise arrivé trop tard. Ainsi la mémoire de Rémi pourrait être honorée.

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BARRAGE de SIVENS - Un crime du pouvoir socialiste

Sur REPORTERRE

EDITO - Un crime du pouvoir socialiste

Hervé Kempf (Reporterre)

lundi 27 octobre 2014

Le décès de Rémi Fraisse au Testet est le résultat d’un crime : celui des responsables socialistes qui ont piétiné la loi et la démocratie pour ne laisser d’autre issue que la violence.


Le drame qui s’est déroulé près d’une rivière où, voici quelques semaines, s’épanouissait une forêt vivante, n’est pas un accident. C’est un crime.

Nous ne pouvons assurer définitivement ici qu’une grenade ou un autre projectile lancé par les forces de « l’ordre » a touché mortellement le jeune Rémi Fraisse. Les témoignages que nous publions incitent à le penser, mais nous attendons le résultat de l’autopsie et d’autres témoignages indiscutables pour déterminer notre conviction.

Mais nous affirmons que la mort de ce jeune homme résulte de l’obstination criminelle de hauts responsables qui ont, contre l’évidence et en piétinant l’esprit de la loi, conduit à une situation où la seule issue était la violence, une violence savamment entretenue par une police à qui l’on a lâché la bride.

Rappelons divers faits, amplement documentés par Reporterre et par les collectifs de sauvegarde de la zone humide du Testet :

- l’enquête publique avait conclu à un avis favorable, SOUS RESERVE d’un avis positif du Conseil National de Protection de la Nature. Or, celui-ci a rendu un avis nettement défavorable ;
- les travaux de défrichement se sont déroulés sans autorisation préalable de défrichement ;
- les opérations obligatoires de diagnostic archéologique préalable ont été oubliées ;
- le conflit d’intérêt est manifeste, puisque la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne a établi l’étude concluant à la nécessité des travaux, alors que c’est elle qui doit les réaliser.

Par ailleurs, l’action de la police a été extrêmement violente depuis la fin août, outrepassant largement les nécessités de l’ordre public dans un Etat républicain. De nombreux témoignages attestent de cette violence souvent gratuite, à l’encontre d’opposants installés sur la Zad essentiellement non-violents. Plusieurs des opposants ont certes, à l’occasion, lors des affrontements de début septembre, lancé des projectiles et parfois des cocktails molotov contre les forces de police. Mais l’esprit dominant, aussi bien sur la Zad que parmi les collectifs, est à la non-violence, comme l’attestent reportages et témoignages. La répression provocante menés par gendarmes et CRS à l’encontre de manifestants ou d’occupants pacifiques ne pouvait que viser à susciter des réactions violentes - servant d’alibi à la répression - chez les opposants.

Et par ailleurs, on traitait par le mépris ceux qui, s’engageant pacifiquement, mais au péril de leur santé, ont fait plus de cinquante jours de la faim afin, simplement, d’obtenir... un débat.

L’obstination du président PS du Conseil général du Tarn, Thierry Carcenac, à mener les travaux quoi qu’il puisse en coûter, avec l’appui du préfet et du premier ministre Manuel Valls, est bien criminelle : elle a conduit à la mort d’un homme.

On sait la tactique suivie par les promoteurs de ce projet inutile et imposé : aller le plus vite possible pour réaliser le barrage. Ensuite, la justice pourrait bien juger de son illégalité, le barrage serait là, inamovible.

Ce mépris de la loi, de la démocratie, du droit des citoyens, a conduit au trépas d’un jeune homme, et c’est un crime.

Ses auteurs - M. Carcenac, M. Valls qui l’a soutenu, tous ceux qui se sont tus parmi les responsables politiques en situation de peser - portent aussi une terrible responsabilité historique : en continuant à se comporter ainsi, ils alimentent le dégoût de nos concitoyens et concitoyennes pour les pouvoirs politiques, ils encouragent la montée de l’extrême-droite, ils préparent des lendemains dramatiques à ces journées de deuil.

On peut revenir en démocratie. Laisser la vérité émerger sur les circonstances du décès de M. Fraisse. Suspendre durablement les travaux, le temps de réfléchir, de dialoguer, et d’étudier. Reprendre le contrôle de la police, en la rappelant à sa noble mission, qui est de protéger la République, donc la démocratie.

Les responsables du crime se grandiraient en prenant ce chemin.


Source : Hervé Kempf pour Reporterre.

Illustration : Pixabay

Lire aussi : Testet : Rémi Fraisse a été touché par une grenade

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Barrage de Sivens - Rémi Fraisse, mort pour rien ?

Sur AGORAVOX

Rémi Fraisse, mort pour rien ?

 

Un barrage voulu par un président de Conseil Général obstiné, démarré avant même que soit publié l’expertise indépendante… pratique habituelle qui a fait florès à de nombreuses occasions (« super »phénix, Lyon Turin, NDDL…) afin de bloquer toute forme de contestation

Colère populaire justifiée, et en terme de dialogue, des gendarmes armés jusqu’aux dents, avec comme résultat un mort chez les contestataires.

Il s’appelait Rémi Fraisse.

Bravo la France socialiste !

Face à l’entêtement de quelques élus, droits dans leurs bottes, qui voulaient se convaincre de la nécessité d’un Barrage à Sivens, dans le Tarn, malgré les approximations financières et techniques du projet, la contestation, depuis l’automne 2013 n’avait cessé de monter.

Du coté des élus, Thierry Carcenac, président du conseil général, et socialiste, défend le projet sans le moindre état d’âme… lien

Nombreux, à l’instar de José Bové, sont ceux qui lui reprochent son obstination. lien

Comme le disent aujourd’hui les opposants : « Carcenac, du sang sur ton barrage ». lien

Face à ce barrage contesté, et contestable, un collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet avait été crée en 2011, dénonçant un projet inadapté, au cout environnemental très élevé, au profit de pratiques agricoles dans l’impasse (lien) négligeant la technique du BRF qui permet de cultiver sans arroser. lien

Un rapport d’expert avait été commandé, mais avant même les résultats, les engins s’étaient mis au travail, les forêts dévastées, exaspérant une juste colère chez les contestataires, lesquels décidaient d’un grand rassemblement le 25 octobre 2014.

Ils seront plus de 5000 rassemblés ce jour là pour une journée qui se voulait festive et joyeuse. lien

Détail navrant, d’après les organisateurs, le préfet s’était engagé à ce qu’aucun gendarme ne soit présent sur la zone durant le weekend, ce qui avait fait écrire par les opposants « ce rassemblement sera sans risque de violence, ni répression ». lien

On connait la suite.

Le lundi 27 octobre 2014, ce rapport parvenait enfin, confirmant les dires des opposants : lien

« L’estimation des besoins a été établie sur des données anciennes et forfaitaires »… « La mission conclut à une surestimation des besoins de substitution de l’ordre de 35%  »… « Le contenu de l’étude d’impact est considéré comme très moyen »… 

Les 2 experts, Nicolas Forray et Pierre Rathouis, tous 2 ingénieurs généraux des eaux, des ponts et des forêts, ont relevé en détail les incohérences du projet.

Les promoteurs du projet avaient affirmé que le barrage bénéficierait à 81 exploitations… les opposants le limitant à 19… et les experts ont retenu finalement le chiffre de 30, demandant en conséquence de revoir l’importance de l’ouvrage.

Au sujet de l’étude d’impact, qu’ils jugent « très moyenne », ils affirment que «  le choix d’un barrage en travers de la vallée a été privilégié sans réelle analyse des solutions alternatives possible  ».

Ils ont ajouté que les mesures compensatoires étaient largement insuffisantes.

Il faut savoir que les 13 hectares menacés par l’ouvrage abritent 94 espèces animales protégées. lien

Mais ce rapport pourtant très critique conclut malgré tout qu’il faut poursuivre les travaux, quitte à affecter le barrage à d’autres usages et selon une autre gestion. lien

« Etonnant non », aurait dit Pierre Desproges !

Revenons aux évènements.

Il aura fallu la mort d’un manifestant de 21 ans, Rémi Fraisse, un étudiant toulousain en écologie, pour que l’état décide enfin de suspendre les travaux, mais n’est-ce pas un peu tard ?

La victime était un bénévole botaniste à Nature Midi-Pyrénées. lien

Pour l’instant les causes de sa mort ne sont pas établies, mais des témoignages se multiplient : selon un manifestant, «  entre 2 et 3 heures du matin, il y a eu des tirs tendus de grenades lacrymogènes et une personne à terre, manifestement touchée par une grenade, aurait été ramassée par les gardes mobiles, qui l’ont porté près de la route  ».

S’agissait-il de Rémi Fraisse  ?

Une opposante affirme qu’il a été frappé au sol par des gendarmes. lien

Selon Médiapart, et Reporterre, les gendarmes ont retiré le corps du jeune homme, touché, selon un témoin, par une grenade. lien

Reporterre laisse planer un doute sur l’origine de sa mort, soit une grenade, soit un flash-ball, et l’autopsie en cours devrait apporter toute la lumière. lien

Ajoutons qu’au-delà de cette mort, les affrontements ont fait une dizaine de blessés chez les manifestants, donc 5 évacués à l’hôpital, et un blessé au visage par un tir de flash-ball…

On apprend aussi que le SAMU, appelé par les organisateur à refusé de venir sur place.

Sur ce lien, le premier récit.

Et pourtant la gendarmerie pleine d’assurance assure que « ses militaires ne sauraient être mis en cause sur la seule base de témoignages, parfois anonymes » (lien) alors que sur le site « reporterre  », les témoins ont bel et bien un nom, et que leurs témoignages ne laissent que peu de doutes. lien

Le 27 octobre, le procureur d’Albi, Claude Derens, à déclaré : « la plaie importante située en haut du dos de Rémi Fraisse a été causée, selon toute vraisemblance par une explosion »…

Il a donc été attaqué dans le dos, pourrait-on logiquement en déduire, et ce qui déshonnore encore plus la gendarmerie mobile.

Il a ajouté : « des analyses doivent à présent établir si une grenade lancée depuis la zone où les gendarmes étaient retranchés a pu être à l’origine de cette explosion ». lien

En tout état de cause, si le Préfet avait tenu ses engagements de ne pas déplacer de gendarmes mobiles sur la zone, Rémi Fraisse serait toujours vivant, et si les pouvoirs publics avaient attendu les résultats de l’expertise avant de lancer les travaux, on n’en serait pas arrivé à ces extrémités tragiques.

Quoi qu’il en soit, le père de la victime assure que « son fils n’était pas un garçon violent, ni un garçon qui faisait partie des irréductibles sur ce genre de manifestation ». lien

Vital Michalon, un jeune physicien, tout comme Rémi Fraisse n’était pas un garçon violent.

Il avait 31 ans lorsqu’il est mort le 31 juillet 1977, lors de la manifestation contre « Superphénix », suite au tir tendu d’une grenade offensive qu’il a reçu en pleine poitrine, et il aura fallu cette mort pour que le pouvoir, socialiste lui aussi à l’époque, se décide enfin d’en finir avec ce projet dangereux. lien

Aujourd’hui une situation identique aurait pu survenir au sujet du projet Lyon Turin.

Alors que la Cour des Comptes vient une fois de plus de dénoncer ce projet, estimant que les données sont faussées : exagération du nombre de voyageurs qui l’emprunteraient, sous estimation du prix du chantier, sous exploitation du fret ferroviaire sur le réseau existant, le tout amenant une évident non rentabilité du projet…un projet de 30 milliards tout de même. lien

Là aussi, bien avant que l’enquête d’utilité publique soit lancée, les travaux avaient commencé, mais ils étaient présentés comme des « études » (financées par la Région) argumentant qu’il s’agissait du percement de galeries de reconnaissance…

Le 3 décembre 2013, avec l’accord de la préfecture, les opposants organisèrent une journée d’information de la population lyonnaise, manifestement peu au courant des conséquences d’un tel projet. lien

Malgré l’autorisation tacite des autorités, dès que les opposants furent sur la place proposée, la place Brotteaux, et acceptée par ceux-ci…les forces de l’ordre, planquées dans des rues adjacentes, mirent en place un lourd dispositif de grilles en béton, piégeant ainsi les manifestants, et les privant d’avoir le moindre lien avec les populations qu’ils entendaient informer.

Etrange démocratie.

Il a fallu beaucoup de sang froid à ceux-ci pour qu’il n’y ait pas de dérapage, car manifestement les forces de l’ordre avaient envie d’en découdre, à l’abri derrières leurs carapaces, multipliant les provocations, sans obtenir l’effet escompté.

Là aussi, il y aurait pu y avoir un mort.

Quel est donc ce pouvoir qui, que ce soit à Notre Dame des Landes, au Testé, à Malville, à Lyon, ou ailleurs, répond aux propositions de dialogue et de débat, par la force des armes, reniant en même temps la parole donnée ?

Comme dit mon vieil ami africain, tout comme Paul Valery : « la politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde ».

L’image illustrant l’article vient de « croah.fr »

Merci aux internautes pour leur aide précieuse.

Olivier Cabanel

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BARRAGE de SIVENS - DOSSIER de REPORTERRE : La bataille pour sauver la zone humide du Testet

 Sur REPORTERRE

DOSSIER : La bataille pour sauver la zone humide du Testet

Reporterre

mardi 28 octobre 2014

 

Dans le Tarn, le projet de barrage de Sivens menace d’engloutir plus de trente hectares de forêts et de zone humide pour un gain économique dérisoire. La résistance ne cesse de monter depuis l’automne 2013.


- Delphine Batho : au Testet, « il faut rétablir le moratoire sur les travaux », Barnabé Binctin (Reporterre), 28 octobre 2014.

- Tristesse et colère après la mort d’un jeune écologiste au Testet, Grégoire Souchay (Reporterre), 28 octobre 2014.

- EDITO - Un crime du pouvoir socialiste, Hervé Kempf (Reporterre), 27 octobre 2014.

- EXCLUSIF - Testet : Rémi Fraisse a été touché par une grenade, Isabelle Rimbert (Reporterre), 27 octobre 2014.

- Testet : le rapport d’experts confirme les arguments des opposants au barrage, Camille Martin (Reporterre), 27 octobre 2014.

- Testet : Le Collectif appelle au calme, Collectif pour la Sauvegarde de la Zone Humide du Testet, 26 octobre 2014.

- Drame au Testet : un mort. Premier récit, Grégoire Souchay et Isabelle Rimbert (Reporterre), 26 octobre 2014.

- Un mort dans la nuit au Testet, Camille Martin (Reporterre), 26 octobre 2014.

- Une transhumance a parcouru le Tarn contre le barrage de Sivens et l’agriculture productiviste, Grégoire Souchay (Reporterre), 25 octobre 2014.

- Tout savoir sur le Testet, si on a loupé les épisodes précédents, Grégoire Souchay (Reporterre), 20 octobre 2014.

- Testet : ils en sont à 50 jours de grève de la faim. But : obtenir un débat public, Grégoire Souchay (Reporterre), 16 octobre 2014.

- Choses vues au Testet, Hervé Kempf (Reporterre), 13 octobre 2014.

- Pourquoi occupez-vous un arbre sur la zone du Testet ?, une question à Claire, 10 octobre 2014.

- EXCLUSIF - Au Testet, l’Etat piétine la loi sur l’archéologie, Grégoire Souchay (Reporterre), 30 septembre 2014.

- Un journaliste de Reporterre molesté par la police à Albi, Hervé Kempf (Reporterre), 23 septembre 2014.

- Carnage et désolation : choses vues au Testet, Isabelle Rimbert (Reporterre), 20 septembre 2014.

- Testet : les lycéens se révoltent contre le massacre de la nature et la violence policière, Grégoire Souchay (Reporterre), 17 septembre 2014.

- Testet : à la violence de l’Etat, les résistants opposent... la générosité, Emmanuel Daniel (Reporterre), 15 septembre 2014.

- Testet : le défrichement a été mené sans autorisation, Grégoire Souchay, (Reporterre), 12 septembre 2014.

- La bataille du Testet racontée par Hervé Kempf sur Radio Nova (11 septembre 2014) : à écouter ici :

IMG/mp3/radio_nova-kempf-11_sept_2014.mp3

- « Mme Royal, nous vous demandons un arrêt des travaux au Testet », Isabelle Attard, Geneviève Azam, José Bové, Guillaume Cros, Pierre Larrouturou, Corrine Morel Darleux, Noël Mamère, Laurent Pinatel, François Simon, Vincent Liegey, 11 septembre 2014.

- Les enterrés du Testet, pacifiques et courageux, face à la violence de l’Etat, Grégoire Souchay et Emmanuel Daniel (Reporterre), 9 septembre 2014.

- M. Valls prétend que le barrage de Sivens servira à installer de jeunes agriculteurs, Grégoire Souchay (Reporterre), 9 septembre 2014.

- Testet : le massacre des arbres continue mais la résistance populaire grandit, Grégoire Souchay (Reporterre), 6 septembre 2014.

- Ségolène Royal ne connait pas le dossier du Testet et s’en lave les mains, Barnabé Binctin (Reporterre), 5 septembre 2014.


- La carte de la zone au 3 septembre 2014 -

- Au Testet : « Ils m’ont écrasé la tête sur le bitume en me disant que je n’étais qu’une merde », Nad’, 3 septembre 2014.

- Au Testet, deuxième jour du déboisement, la police redouble de violence, Grégoire Souchay (Reporterre), 3 septembre 2014.

- Au Testet, la police stimule la croissance en coupant les arbres, Grégoire Souchay (Reporterre), 2 septembre 2014.

- Les soutiens se multiplient pour sauver la zone humide du Testet, Grégoire Souchay (Reporterre), 1er septembre 2014.

- Les opposants au barrage du Testet résistent aux forces de l’ordre, Barnabé Binctin (Reporterre), 27 août 2014.

- Au Testet, la police a expulsé les opposants, Grégoire Souchay (Reporterre), 17 mai 2014.

- Week-end ludique pour sauver la zone humide du Testet, 25 avril 2014.

- Au Testet, la Zad vit et palpite dans la bonne humeur, Grégoire Souchay (Reporterre), 5 avril 2014.

- Course contre la montre pour sauver la zone humide du Testet, Grégoire Souchay (Reporterre), 3 mars 2014.

- La ZAD du Testet, dans le Tarn, est expulsée, l’occupation continue, Camille Martin, (Reporterre), 27 février 2014.

- Dans le Tarn, les citoyens font barrage pour sauver une zone humide, Grégoire Souchay (Reporterre), 28 novembre 2013.


Source : Reporterre

Photos :
. chapo : Emmanuel Daniel
. champ et gaz lacrymogènes : Cédric Rutter
. carte : Grégoire Souchay


Pour une information libre, soutenez Reporterre :

 

 

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BARRAGE de SIVENS - Delphine Batho : au Testet, « il faut rétablir le moratoire sur les travaux »

Sur REPORTERRE

Delphine Batho : au Testet, « il faut rétablir le moratoire sur les travaux »

Barnabé Binctin (Reporterre)

mardi 28 octobre 2014

Delphine Batho a eu à étudier le projet de barrage de Sivens quand elle était ministre de l’Ecologie. Elle dit avoir refusé l’autorisation, en raison de l’avis du Conseil national de protection de la nature. Elle demande à Mme Royal de déclarer un moratoire.


Interrogée par Reporterre, Delphine Batho, qui a été ministre de l’Ecologie entre 2012 et 2013 se désole : « On ne doit pas mourir à 20 ans pour avoir défendu la nature ».

Pour elle, « une procédure judiciaire est en cours. Le défenseur des droits pourrait être saisi (chargé de la responsabilité de la déontologie des forces de l’ordre), en complément, cela permettrait un élément de transparence supplémentaire ».

« De manière générale, on aurait jamais dû en arriver là, car les travaux n’auraient jamais dû commencer. Le préfet aurait dû se ranger à l’avis du Conseil national de protection de la nature, il n’aurait jamais dû y avoir d’autorisation pour ce projet. Il y a eu par deux fois un avis défavorable du CNPN.

« Lorsque j’étais ministre, le préfet m’avait demandé de déroger à l’avis du CNPN sur le projet du barrage de Sivens, et j’avais refusé, en juin 2013. C’est après mon limogeage que l’autorisation a été donnée, mais tous les éléments d’appréciation étaient dans les mains de l’administration. »

Que faut-il faire ?

« Pas seulement suspendre, mais aussi arrêter et reboiser, les dégâts sont lourds, certes, mais on ne peut pas considérer la situation comme un fait accompli, on ne doit pas entériner son caractère irréversible. Le projet est construit sur de faux arguments. Celui qui consiste à le présenter comme un soutien au débit d’étiage est irrecevable, car c’est bien une retenue de substitution. Par ailleurs, l’ouvrage n’est pas d’intérêt général, car il est destiné à une petite minorité d’exploitants. Pour toutes ces raisons, il faut rétablir un moratoire ».

Autres réactions : José Bové, Corinne Lepage, les Amis de la Terre, FNE

Corinne Lepage a indiqué à Reporterre « ressentir forcément beaucoup d’émotion quand on voit un jeune homme de cet âge qui meurt ». « Je réclame que toute la lumière soit faite, car c’est incontestablement très bizarre ce qui s’est passé ». Selon l’ancienne ministre de l’Environnement, « ce qui s’est passé mérite au moins la suspension des travaux, le temps de reprendre l’étude d’impact qui n’a pas l’air bien ficelé ».

De leur côté, les Amis de la Terre jugent que les casseurs sont ceux qui détruisent la nature.

France Nature Environnement, dont Rémi Fraisse était membre d’une association, s’est déclaré « en deuil ».

José Bové, député européen EELV de Midi Pyrénées a conclu pour sa part qu’« il ne fallait pas commencer les travaux ».


Source : Barnabé Binctin pour Reporterre.

. Pour en savoir plus : Le dossier : La bataille pour sauver la zone humide du Testet.

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BARRAGE de SIVENS - Tristesse et colère après la mort d’un jeune écologiste au Testet

Sur REPORTERRE

Tristesse et colère après la mort d’un jeune écologiste au Testet

Grégory Souchay (Reporterre)

mardi 28 octobre 2014

 

Alors que de premiers éléments d’autopsie du corps de Rémi Fraisse ont été communiqués lundi, l’avocat de la famille va déposer plainte contre X. Plusieurs manifestations ont eu lieu en France pour protester contre la violence policière. Sur la Zad du Testet, on tente de reconstituer le déroulement précis des événements.


- Lisle-sur Tarn, Albi, Gaillac, reportage

« Pour moi, un de nos frères n’est plus là, il ne peut plus parler, plus respirer, plus boire, plus faire la fête, plus embrasser les enfants et ça, ça change tout. » Ce matin, sur la ZAD du Testet, la tristesse se mêlait aux doutes, aux interrogations, aux habituelles crises de conscience devant pareille tragédie. Qui est responsable ? Comment en est-on arrivé là ?

Trente-six heures après les faits, la Brigade d’identification criminelle de la gendarmerie de Toulouse s’est enfin rendue sur les lieux pour effectuer son travail, devant une assemblée attentive et calme d’opposants. Il faudra encore attendre lundi soir pour avoir les résultats de l’autopsie.

Une expertise légale tardive qui confirme la mort par explosion

Trente-six heures après les faits, la Brigade d’Identification Criminelle de la Gendarmerie de Toulouse s’est enfin rendue sur les lieux pour effectuer son travail, devant une assemblée attentive et calme d’opposants. Ce n’est que le soir venu, lundi, que le procureur d’Albi indiquera des éléments supplémentaires. Selon l’expertise du médecin légiste : « une plaie importante située en haut du dos de Rémi Fraisse a été causée, selon toute vraisemblance par une explosion » qui « a projeté le jeune homme au sol de manière violente » causant « une mort instantanée ».
Pour autant, le médecin ne se risque pas à « affirmer ni infirmer que l’origine de la plaie proviendrait d’une grenade lancée depuis la zone où les Genndarmes se trouvaient ».

Lundi soir, une nouvelle analyse légiste a été demandée par la famille et les proches de Rémi, tandis que l’on connaitra ce mardi les résultats issus du laboratoire de police scientifique de Toulouse, bien que l’on sache déjà que les manifestants ne disposaient que de feux d’artifice et en aucun cas de grenades de toute sorte. Mardi 28 octobre, l’avocat de la famille, Elié Alimi, devait déposer plainte contre X, afin que l’affaire soit instruite par un juge, et non par le procureur.

Des interrogations sur le contexte précédant la mort de l’opposant

« Tout a progressé vers la tragédie de la nuit de samedi à dimanche. » Voilà comment un habitué du mouvement nous présente la situation quand nous l’interrogeons sur les événements de ce week-end.


- Les enquêteurs sur les lieux du drame, lundi 27 octobre. -

L’engrenage aurait commencé vendredi. Les organisateurs de la manifestation avaient expressément demandé à ce qu’aucun policier ne soit présent sur le site durant le week-end et que tout le matériel de chantier soit évacué. Sauf que le vendredi soir, on trouvait à côté du local technique une petite machine génératrice, entourée de trois vigiles.

« C’était une chèvre, pour nous appâter », assure un autre occupant. Et effectivement, « à plusieurs, on est allé faire chier les vigiles. Vers une heure du matin, le samedi, quand l’Algeco a commencé à brûler, ils ont appelé les flics ».

Relativement peu violents, les affrontements dureront une partie de la nuit. Chepchep, présent à ce moment témoigne : « On les attaquait avec des petits tas de terre, ils ont tout de suite riposté avec des grenades lacrymogènes, des grenades assourdissantes et nouveauté, des grenades explosives. Les copains, cachés dans une tranchée, recevaient les grenades comme dans un piège. »

Présence et pression policières

Au final, la police restera toute la nuit et durant tout le rassemblement du week-end, « alors qu’il n’y avait plus rien à protéger. Ils avaient peut-être peur qu’on prenne le contrôle de la zone en vue de la reprise du chantier le lundi. »

Interrogation également sur le maintien de leur présence massive, samedi soir, après 21 heures, alors que selon le responsable de la gendarmerie lui-même « les choses se sont alors calmées. »

Pourtant, deux heures plus tard, les cordons de police étaient toujours présents sur le site. Hugo, qui voyait la scène d’un peu plus loin raconte : « Jusqu’à 2 heures et demi, on voyait par coups sporadiques des lumières de grenades assourdissantes, de désencerclement et des feux d’artifice. C’était très violent ce soir là. » Il ajoute : « C’était quelques minutes après deux heures du matin, d’un coup on n’a plus entendu les détonations. Les combats ont peut être continué mais il n’y a plus eu de coups bruyants. »

Cette présence policière est à relier avec la constante pression qu’ont subie les occupants depuis le début du chantier, avec brimades, humiliations, expulsions illégales et violences physiques répétées. La nuit où Rémi à été tué, au moins dix personnes ont dû être évacuées à l’hôpital dont trois avec des blessures graves, du type tirs de flashballs dans la tête. « Cette présence policière permanente ne peut pas être détachée de la tragédie », nous confirme-t-on.

Un mouvement qui peine à contenir ses pulsions radicales

D’autres attestent par ailleurs de l’arrivée massive et coordonnée de personnes cagoulées vers 16 heures. Chepchep raconte : « A partir de vendredi, on a vu des gens affluer sur la zone. Ils font pression, on a du mal à s’entendre et ils passent en force, contre les décisions collectives. »

Un sentiment confirmé par un militant de longue date sur la zone : « J’ai croisé ceux qui sont partis le samedi vers 16 heures pour en découdre. On ne les connaissait pas. Ils avaient un discours très sommaire, disaient n’avoir de compte à rendre à personne, mais étaient très organisés et disposaient de leur propre équipement pour aller à l’affrontement. »

Devant les événements, la rage et colère des personnes violentes semblent prendre le pas sur la volonté collective de commémorer dans la paix la mort de leur camarade. À cela s’ajoute la probable présence marginale de groupuscule d’extrême-droite identitaires. Le mouvement fait face à certaines contradictions comme l’admet Camille : « On ne fait pas de tri. Quel que soit ton but, tes opinions, si tu luttes contre le projet, tu as ta place. »

Rémi Fraisse protégait la renoncule à feuille d’ophioglosse

Pour les amis et la famille, il est encore difficile d’évoquer la mémoire de celui qui est mort dans la nuit de samedi à dimanche au Testet. On en sait cependant un peu plus sur Rémi Fraisse, ce jeune de 21 ans.

Originaire de la région, il était étudiant à Toulouse et avait effectué un BTS dans le domaine de l’environnement. Engagé, il faisait partie de l’association Nature Midi Pyrénées. Dans un communiqué, Jérôme Calas, président de l’association explique : « Rémi faisait partie de cette jeune génération de bénévoles investis dans les actions de l’association. Très actif au groupe botanique depuis plusieurs années, il participait notamment au suivi de la flore protégée en Haute-Garonne où il assurait la coordination du suivi de la Renoncule à feuille d’ophioglosse. L’association et notamment le groupe botanique où il avait de nombreux amis est sous le choc de la disparition de ce jeune bénévole passionné. »


- Renoncule à feuille d’ophioglosse -

Selon d‘autres témoignages, il semblerait que ce week-end était la première visite de Rémi sur la Zone du Testet.

Dimanche soir : Une manifestation sous tension à Gaillac

Dimanche soir, vers 18 heures, nombre de voitures convergeaient vers Gaillac pour une manifestation improvisée. Sur la place centrale de la ville, plus de mille personnes s’organisent en assemblée générale spontanée pour savoir quoi faire ensuite, partagés entre des tentations d’aller jusqu’au commissariat ou de rentrer sur la zone.

À peine Ben Lefetey, le porte-parle du Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet, a-t-il le temps d’annoncer la suspension des travaux par la préfecture que la situation dégénère.

D’un côté, les uns accusent la gendarmerie d’avoir déployé des camions de gardes mobiles tout autour de la place et d’avoir tiré sans sommation des lacrymogènes sans laisser aux manifestants le temps de se retirer.

De l’autre, nous avons pu constater sur place une colère importante d’une partie du groupe qui trouvait « scandaleux de devoir rentrer alors que l’un des nôtres est mort » et qui a jeté des pierres sur une banque et une voiture voisines, avant de refluer vers la place avec l’assaut policier.

Quel que soit l’origine du trouble, ce qui devait être un hommage pacifique s’est transformé une nouvelle fois en affrontement, la majorité du groupe quittant les lieux avec la dispersion des gaz lacrymogènes dans les rues adjacentes, les autres restant sur place encerclés et gazés jusqu’à ce qu’interviennent les brigades de clowns activistes, comme l’explique un communiqué du collectif Tant qu’il y aura des Bouilles :

« Le rassemblement à Gaillac s’est terminé dans le calme grâce aux clowns et à la volonté du plus grand nombre de ne pas se laisser entraîner dans la violence, ce qui n’aurait fait que desservir notre cause. »

Malgré la volonté du Collectif Testet d’annuler un nouveau rassemblement à Albi ce lundi, dès 13 heures, les voitures convergeaient depuis la ZAD jusqu’au Conseil général et la Préfecture, sans échauffourées à signaler jusqu’à cette heure.

Pendant ce temps, les experts du ministère de l’écologie donnaient les conclusions du rapport d’expertise sur le projet, qui reprend nombre d’arguments soulignés depuis des mois par le Collectif Testet.

Des manifestations dans plusieurs villes de France

Lundi, de nombreux autres rassemblements se sont déroulé dans le pays, à Toulouse, Nantes, Strasbourg et bien sûr Albi, dans le Tarn, où environ cinq cent personnes ont convergé à partir de 14 heures devant la Préfecture « pour Rémi » comme le clamèrent les nombreux slogans. Cette fois, les dérapages furent moins nombreux que la veille, du fait de l’important dispositif policier mais aussi de la volonté des manifestants de ne pas reproduire la situation de la veille.

Après une action allongée par terre devant la Préfecture pour symboliser la mort de leur camarade, le cortège s’est déplacé vers le tribunal de grande instance, avec des tentatives de déterrer des pavés et de construire des barricades. Mais le déploiement policier ne leur laissant pas le temps et encercla rapidement coupant le cortège en plusieurs groupes.


Source et photos : Grégoire Souchay pour Reporterre

. photo du chapô : manifestation à Albi (Grégoire Souchay)
. sauf policiers : Le Lot en action

Lire aussi : Testet : Rémi Fraisse a été touché par une grenade ou un flash-ball

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27/10/14

Poutine au club Valdaï : Moscou restera inflexible face aux sanctions (expert)

Sur RBTH

Poutine au club Valdaï : Moscou restera inflexible face aux sanctions (expert)

 

Poutine au club Valdaï : Moscou restera inflexible face aux sanctions (expert)

Crédit : Mikhaïl Voskressenski / RIA Novosti

Nikolaï Zlobine, président du Centre américain des intérêts globaux (RIA Novosti)

« L'idée principale de son discours était que la Russie ne deviendrait jamais un pays totalitaire. C'est le message que le monde voulait entendre, parce que c'est justement ce qui trouble l'opinion publique internationale. Je m'attendais à une attitude et des jugements beaucoup moins conciliants envers les États-Unis et la situation en général. Il me semble que Vladimir Poutine est très sérieusement disposé à trouver un compromis. Ses réponses aux questions sur l'Ukraine étaient très modérées.

Washington va bien sûr critiquer ce discours mais, ensuite, les Américains essayeront peut-être d'y voir des notes positives – notamment dans le fait qu'il ne comportait presque pas de jugements négatifs.

Poutine pourrait quand même faire l'objet de remarques pour son manque d'esprit critique quant aux actions de la Russie. Quand quelque chose ne marche pas, il faut aussi essayer de comprendre sa part de responsabilité. La Russie est aussi responsable de l'aggravation du climat international, et pas seulement avec l'Ukraine. C'était le cas auparavant. Moscou aurait pu agir de façon plus sage à de nombreuses reprises ».

Alexeï Fenenko, chercheur à l'Institut des problèmes de sécurité internationale (RIA Novosti)

« Le discours prononcé par le président russe dans le cadre du club Valdaï prolonge ses déclarations de Munich sur la sortie du statu quo dans les relations internationales.

A Sotchi, Poutine a souligné que la Guerre froide était terminée, mais que la paix dans le monde n'était pas encore acquise. Il a affirmé que l'architecture des relations internationales avait besoin d'être repensée mais que les USA, se considérant comme les vainqueurs, n'avaient « pas conscience de cette nécessité » et avaient décidé de mettre le monde entier « sous leur contrôle, en faveur de leurs intérêts ». Mais ils n'ont pas réussi à « soutenir » ce modèle unipolaire et essaient aujourd'hui de recréer un monde « pseudo-bipolaire », selon Poutine. Le président russe a souligné qu'il fallait délimiter le champ des actions unilatérales, et résoudre le dilemme entre intérêts sécuritaires, droits de l'homme et principe de souveraineté.

Le discours du président montre que la Russie rejette la proposition américaine de construire un nouvel ordre mondial. Jusqu'à présent, le socle des relations internationales « est le même que pendant la Guerre froide », c'est-à-dire la parité nucléaire avec les USA et la longueur d'avance des deux Etats sur le potentiel des autres pays. Je dirais que nous ne vivons pas dans un nouvel ordre mondial, mais dans une version modernisée du système de Yalta-Potsdam.

Si on retire la rhétorique anti-américaine du discours de Poutine, voilà comment le résumer : nous entrons dans une période où les règles du jeu vont pouvoir être redéfinies. Nous vivons jusqu'à présent selon les règles établies par les puissances victorieuses en 1943-1945. Toute la logique du développement du système mondial actuel repose sur cette question : va-t-il être remodelé ?

Poutine appelle les Américains à revoir les règles du jeu. Ce qu'inclura cette révision et sa nature n'est encore pas défini. Mais la question est posée ».

Viktor Litovkine, expert militaire indépendant

« Poutine a décrit de façon très ferme mais réaliste la politique des Etats-Unis, axée sur la domination dans le monde moderne. D'autant que cette suprématie ne s'appuie pas sur des avantages dans les sphères économique et intellectuelle, mais sur la force militaire et la destruction des régimes qui ne conviennent pas au gouvernement américain.

Vladimir Poutine a fait comprendre d'une façon très nette aux États-Unis et à leurs alliés de l'OTAN que la Russie défendrait ses intérêts nationaux très fermement, et qu'aucune menace ni sanction n'infléchirait la position du Kremlin sur les questions principales ayant trait aux intérêts nationaux du pays.

La Russie est très solide. Et le monde ne se résume pas aux gouvernements des pays occidentaux. Moscou construira sa politique souveraine internationale en s'appuyant sur la coopération avec les principaux pays du monde sur tous les continents. En premier lieu avec les pays du BRICS et des États qui ne plient pas sous la pression de Washington et de Bruxelles.

Poutine a rappelé que la Russie était une puissance nucléaire et qu'il était donc contre-productif de lui parler dans l'optique d'un rapport de force ».

Référence : RIA Novosti  

 

 

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La face cachée de Manuel Valls

 

 

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Brésil : les médias nous ont enfumés, nous enfument et nous enfumeront encore

LE GRAND SOIR

Comment François Hollande a balayé Nicolas Sarkozy en 2012 tandis que Dilma Rousseff a failli être battue par Aecio Neves en 2014.
Brésil : les médias nous ont enfumés, nous enfument et nous enfumeront encore

Hier, dimanche 26 octobre 2014, Dilma Rousseff a été réélue présidente du Brésil avec avec 51,64% des suffrages contre 48,36% à son concurrent Aecio Neves (chiffres donnés ce matin, lundi 27 octobre, par nos « grands » médias en ligne. Ils peuvent varier à la marge dans la journée).

Les Echos : « Dilma Rousseff, réélue de justesse »… « score étriqué »…

Le Monde nous parle d’un « résultat serré ». « La candidate du Parti des travailleurs a battu d’une courte tête son adversaire de centre droit, Aecio Neve ».

La Dépêche : « Brésil : Dilma Rousseff réélue présidente de justesse avec une courte avance… ».

L’Obs : « La présidente sortante a devancé avec une courte avance… » (passons sur la beauté de la phrase où l’on apprend que si la candidate devance c’est qu’elle est devant).

L’Express : « Dilma Rousseff, réélue de peu… ».

La plupart ont repris une dépêche de l’AFP, qui donne l’information ET son avis.

Notons les mots suivants : de justesse, résultat serré, score étriqué, courte tête, courte avance, réélue de peu.

On pourrait dire que l’écart n’est pas énorme (moins de 2,5 %), mais aussi que les élections présidentielles nous ont habitués à ça. Or, justement...

Petit retour en arrière :

Le 5 mai 2012, François Hollande est élu président de la République avec 51,64 % des suffrages exprimés, contre 48,36 % à son adversaire.

Vous avez remarqué ? Exactement les mêmes pourcentages que dans le duel Dilma Rousseff/ Aecio Neves. Les mêmes que ceux sur lesquels nos médias ont apprécié les résultats au Brésil.
Donc, François Hollande a été élu de peu, de justesse, d’une courte tête, avec une courte avance (qui le plaça devant), le résultat fut serré, le score étriqué ?.
Pas du tout, au contraire.

RFI, le 6 mai 2012 : « C’est une victoire nette ».

France Info, le 7 mai 2012 : « François Hollande élu président de la République avec 51,62% des voix. Le candidat socialiste remporte nettement le second tour ».

Etc. On y passerait la journée.

Contre qui a gagné Dilma Rousseff ?

Le Monde : « contre son adversaire de centre droit, Aecio Neve ».

L’Express : « contre 48,36% pour son adversaire de centre-droit Aecio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) ».

L’Obs  : « contre son adversaire de centre-droit Aecio Neves ».

La Dépêche : « contre son adversaire de centre-droit Aecio Neves ».

Libération : » contre son adversaire de centre-droit Aecio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) ».

Le Point : « contre son adversaire de centre droit Aécio Neves, du Parti social-démocrate brésilien (PSDB) ».

Où est passé la droite brésilienne ?

Vous avez remarqué ça aussi ? Dilma Rousseff était opposé à un candidat centriste, voire ressemblant à un dirigeant de notre PS (social-démocrate). Il n’y a pas de droite au Brésil. Et s’il y en a une, elle ne se présentait pas.

Heureusement, dans la presse qui n’aime pas Dilma Rousseff, Le Figaro du 23 octobre vend la mèche : « … Aécio Neves, le candidat du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB), la principale formation politique de droite dans le pays ».

Qui est Dilma Rousseff

C’est la fille d’une enseignante et d’un cadre du privé. Ils lui font apprendre le piano et le français : elle lit Proust, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir.

Pendant la dictature (1964 à 1985), elle entre dans la résistance armée et dans la clandestinité qui durera deux ans avant son arrestation. Qualifiée de « papesse de la subversion » par la dictature, elle est torturée, mais ne lâche aucun nom de ses camarades. Traduite en Justice, elle fera baisser les yeux à ses juges (photo).

On comprend pourquoi France Inter, radio publique que nous finançons tous, nous a expliqué qu’il fallait, pour le bien du Brésil, la virer de la présidence. Et pour qu’on en soit persuadés, Nicolas Demorand avait donné le micro, le 29 septembre (1), à Arnaud Leparmentier, directeur-adjoint de la direction du Monde qui nous a dit sa volonté de « sortir le Parti des Travailleurs ». Et d’insister : « Oui, notre choix est fait pour dimanche prochain, nous voulons que la présidente sortante s’en aille… »

Hélas, comme de plus en plus de Français orphelins d’un « journal de référence », les Brésiliens ne lisent pas Le Monde. Par conséquent, ils ont reconduit pour la quatrième fois le Parti des Travailleurs qui a fait baisser spectaculairement le chômage, qui a augmenté les allocations familiales, multiplié les logements sociaux, amélioré la Santé et réduit la misère à 1,7 % de la population, selon des chiffres confirmés par l’ONU. Le PT et Dilma désespèrent le FMI , les USA et leurs valets français.

Il y a sans doute pas mal de choses à dire (et à redire) sur le Brésil. Mais ces vérités-là devaient-elles attendre ?

Vladimir Marciac (pour Le Grand Soir).

(1) Voir notre article : http://www.legrandsoir.info/elections-presidentielles-au-bresil-l-hist...

»» http://www.legrandsoir.info/elections-presidentielles-au-bresil-l-hist...
URL de cet article 27269
http://www.legrandsoir.info/bresil-les-medias-nous-ont-enfumes-nous-enfument-et-nous-enfumeront-encore.html

 

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Najat Vallaud-Belkacem s'exprime sur le cumul des mandats #ONPC

 

Ajoutée le 25 oct. 2014

Najat Vallaud-Belkacem était invitée dans "On n'est pas couché"
25 Octobre 2014

 

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26/10/14

Ulcan, la France et Israël : le grand bluff

Sur PANAMZA

 

Ulcan, la France et Israël : le grand bluff

Protection mafieuse de l'axe Paris-Tel Aviv. Menaces de mort, piratages informatiques, usurpations d'identité : l'ambassade d'Israël s'est contentée d'un bref communiqué laconique au sujet du cybercriminel franco-israélien Grégory Chelli. Décryptage.

Le 26.10.2014 à 16h28

Daniel Schneidermann ne manque pas d'humour.

Le site dont il assure la responsabilité éditoriale -Arrêt sur images- a publié vendredi un article au titre presque cocasse : 

asi241014

L'info? Le communiqué minimaliste de l'ambassade d'Israël à Paris à propos de l'un de ses ressortissants, réfugié dans le quartier cossu Youd Alef d'Ashdod.

israelembassy241014

L'auteur du papier d'Arrêt sur images, dénommé Robin Andraca, avait co-animé en août un maigre débat sur Ulcan en compagnie de Schneidermann, Benoît le Corre (dont le père décédé avait été harcelé par Grégory Chelli) et Willy Le Devin.

Ce dernier, journaliste à Libération (dont le travail sur le Qatar est promu par l'association radicale France-Israël), a également relayé la nouvelle du jour avec un article au titre particulièrement saugrenu: 

liberation241014

Notons que Le Devin, souvent approximatif, présente tacitement la capitale d'Israël comme étant Jérusalem : une erreur sur le plan du droit international doublée d'une faute journalistique, mais une assimilation qui devrait ravir la mouvance ultra-sioniste en général (qui défend cette représentation, notamment depuis l'annexion de l'est de la ville en 1967) et le nouvel actionnaire principal de Libération en particulier (Patrick Drahi, homme le plus riche d'Israël). Sans omettre de signaler ici le cas emblématique du patron direct de Willy le Devin : Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération et chantre de la "supériorité morale" d'Israël lors de l'invasion de Gaza en 2008.

Quant au texte de son article, il est presque digne du traitement édulcoré d'Ulcan par France 2 : il est ainsi question, sur un mode d'écriture empathique, de "menaces scabreuses", d'"actions peu glorieuses" et d'un "narcissisme outrancier" imputé au délinquant multirécidiviste. Les mots "extrémiste, raciste, sioniste"  pour désigner Ulcan n'y figurent pas.

Vingt jours plus tôt, Libération avait déjà usé d'un titrage trompeur à propos du personnage en employant les qualificatifs "sans foi ni loi", ce qui ne manquerait pas de faire sourire ceux qui connaissent , via le suivi du site Viol Vocal, la revendication réitérée par Ulcan d'un militantisme non seulement "sioniste" mais également "juif" pour justifier ses actes.

Deux mois auparavant, Willy Le Devin -l'homme à l'origine de la diffusion de la rumeur relative au projet gouvernemental d'une pseudo-dissolution de la Ligue de défense juive- avait également mené l'entretien téléphonique d'Ulcan (capturé et mis en ligne par l'interviewé) avec, par moments, une certaine complaisance: le journaliste avait ainsi tenté d'amadouer son interlocuteur en lui évoquant (à 47') la "dénonciation depuis de longs mois" du tandem Dieudonné-Soral par son journal Libération.

 

Pierre Haski, cofondateur de Rue 89, a évoqué plus sérieusement le communiqué de l'ambassade israélienne -qualifié de "service minimum"- en s'"étonnant" du "silence incongru" du gouvernement français sur le sujet.

Cible d'Ulcan à l'instar de Schneidermann, Haski partage curieusement un souci particulier avec son confrère: celui de s'inquiéter des répercussions de cette affaire sur l'image d'Israël. Le 4 octobre, Panamza avait souligné que le journaliste, auteur d'une biographie consacrée au criminel de guerre David Ben Gourion, avait affirmé qu'Ulcan faisait "du tort à Israël même" avant d'ajouter qu'il condamnait "sa méthode, pas son opinion".

Le 14 octobre, c'est au tour du sophiste Schneidermann (dont Panamza a dévoilé antérieurement la délicatesse subtile et insoupconnée envers le régime de Tel Aviv) de publier un éditorial conclu par une étrange réflexion -similaire à celle d'Haski- selon laquelle Chelli sert "la cause des ennemis d'Israël".

Analogie: dans les années 80, seuls des éditorialistes d'extrême droite (tels ceux de l'hebdomadaire Minute) cultivaient la défense de Prétoria et pouvaient ainsi employer une expression équivalente pour fustiger "la cause des ennemis de l'Afrique du Sud", régime alors ségrégationniste comme l'est aujourd'hui Israël.

Ce que révèle l'impunité d'Ulcan

Pourquoi une telle précaution oratoire -chez certains titulaires de la carte de presse- pour nommer factuellement les crimes et délits commis par Ulcan? Pourquoi un tel souci -y compris dans la tête de certaines victimes d'Ulcan- au sujet des effets néfastes sur l'image déjà ternie d'Israël? Et, surtout, pourquoi aucun média français n'a-t-il envoyé de journaliste solliciter des réponses auprès de Gideon Sa'ar, ministre likudnik de l'Intérieur (sur le point de quitter ses fonctions) et de Tzipi Livni, ex-agente du Mossad (à l'origine de l'assassinat d'un savant nucléaire égyptien à Paris) devenue ministre de la Justice?  Triple mystère.

Un fait -déjà souligné par de nombreux usagers des réseaux sociaux- demeure certain à ce jour:  si Grégory Chelli, juif ultra-sioniste né dans le XVIème arrondissement de Paris, avait été un islamiste franco-algérien réfugié à Dubaï et parti en guerre contre des personnalités pro-israéliennes de l'Hexagone, nul doute que le vacarme politico-médiatique aurait été plus assourdissant.

Ulcan ne sert pas la "cause des ennemis d'Israël" selon la grotesque formule dramatique de Schneidermann : à son insu, l'homme qui continue, ces derniers jours encore, de se vanter de pirater des sites français consacrés à la défense des droits bafoués des Palestiniens, agit comme un révélateur. Celui d'une mystérieuse impunité d'État accordée à une infime minorité, radicale et "tribale", de la population française.

Reste à savoir comment les citoyens épris de justice et désireux d'abolir ces nouveaux privilèges de caste pourront lutter contre ce fléau couvert par le tandem Hollande-Valls, toléré par les élites décisionnaires du pays et jamais nommé pour ce qu'il est.

HICHAM HAMZA  

 

***Bonus : le dossier Ulcan de Panamza***

Quand le censeur Daniel Schneidermann crie à la « censure »… (24.08.14)

Le Crif, Hanouna, Elfassi, Darmon, Ulcan : tous veulent la peau d’Aymeric Caron (12.09.14)

Ulcan promu et blanchi par Alain Marschall de RMC (15.09.14)

Ulcan provoque un malaise chez la mère d’Aymeric Caron (17.09.14)

Ulcan/France Télévisions : la censure ne passera pas (18.09.14)

La honte : France 2 transforme Ulcan en « star du net » (26.09.14)

Un homme harcelé par Ulcan est décédé (01.10.14)

Ulcan adresse « toute sa condescendance » à Benoît Le Corre (01.10.14)

L’un des policiers chargés de traiter le cas Ulcan est un militant ultra-sioniste proche de Marine Le Pen (02.10.14)

Ulcan-Goldnadel-Thooris : la connexion israélienne (03.10.14)

Pierre Haski de Rue 89 condamme la « méthode » d’Ulcan, pas son « opinion » (04.10.14)

Découvrez comment Grégory Chelli  a harcelé Thierry Le Corre (05.10.14)

Une militante centriste chargée de la vie scolaire défend Ulcan (05.10.14)

Ulcan panique (05.10.14)

Ulcan menace Panamza (06.10.14)

Ulcan pirate Radio France et menace Martine Aubry (09.10.14)

Panamza brièvement censuré par Twitter à cause d'une fan d'Ulcan (13.10.14)

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Le "plug anal" de McCarthy place Vendôme : un accident industriel ?

Comme le souligne Philippe Dagen:
le choix de ce spécialiste des « provocations pornographiques et scatologiques » ( mac Carthy.) risque de mettre à nu les ressorts du système économique de l’art contemporain : une coterie de riches, de critiques et de fonctionnaires de la Culture s’accaparant l’espace public pour décréter « œuvres » des signes qui servent de plus en plus la rente financière et sa défiscalisation massive. Un secteur en plein essor.

 

Sur MARIANNE

Le "plug anal" de McCarthy place Vendôme : un accident industriel ?

Dimanche 26 Octobre 2014 à 05:00 | Lu 9588 fois I 28 commentaire(s)

 

Eric Conan

Et si l'installation de Paul McCarthy avait été la "provocation" de trop, celle risquant de mettre à nu les ressorts du système économique de l’art contemporain : une coterie de riches, de critiques et de fonctionnaires de la Culture s’accaparant l’espace public pour décréter "œuvres" des signes qui servent de plus en plus la rente financière et sa défiscalisation massive ?

 

Jacques Brinon/AP/SIPA
Jacques Brinon/AP/SIPA
Que se passe-t-il ? Si le sabotage du « plug anal » géant de Paul MacCarthy - lui-même géant de la création contemporaine - érigé place Vendôme pour l’ouverture de la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) a produit l’habituel concert de basse-cour des coucous suisses piaillant par réflexe « Réacs ! Réacs ! Réacs ! », de grandes voix ont significativement divergé. A commencer par celle de l’un des commissaires politiques les plus écoutés du marché de l’art contemporain, le critique Philippe Dagen. Cette fois-ci, au lieu de hurler avec les idiots utiles de l’avant-gardisme chic et de la provocation toc, il a condamné dans sa chronique du Monde une opération relevant selon lui du « vulgaire » et de la « trivialité » : « Il y a mieux à faire que gonfler un phallus couleur sapin dans les beaux quartiers de Paris ».

 

La surprenante mise en garde de Philippe Dagen est en fait un signal d’alarme lancé à un monde dont lui-même fait partie : la bulle spéculative de l’art contemporain qui s’emballe depuis quelques années. Il prévient qu’elle pourrait exploser et le pot aux roses être découvert à cause d’erreurs comme celle qui a fait « pschitt ! » place Vendôme. Les komsomols à front bas de l’art contemporain se réjouissent du scandale McCarthy - selon eux une réussite totale : l’artiste est un héros d’avoir été agressé physiquement par un dangereux crétin et sa baudruche est grandie d’avoir été dégonflée. Mais Philippe Dagen, lui, a compris autre chose. Et il sermonne le Comité Vendôme (qui réunit les enseignes de luxe de la célèbre place), les organisateurs de la Fiac et la Mairie de Paris pour avoir mis en scène cet « enculoir » (selon la traduction de Delfeil de Ton dans L’Obs) rebaptisé « Tree » pour les petits enfants et les grands journalistes faux-culs. Attention, leur fait comprendre la vigie culturelle du Monde, le choix de ce spécialiste des « provocations pornographiques et scatologiques » risque de mettre à nu les ressorts du système économique de l’art contemporain : une coterie de riches, de critiques et de fonctionnaires de la Culture s’accaparant l’espace public pour décréter « œuvres » des signes qui servent de plus en plus la rente financière et sa défiscalisation massive. Un secteur en plein essor.

L’art dit contemporain suscite en effet aujourd’hui plus de commentaires dans les pages « Finances » et « Argent » des journaux que dans la rubrique « Culture ». Le Monde Eco Entreprise nous apprend que « 76% des collectionneurs l’achètent pour faire un investissement » : pour les très riches à la recherche de bons placements, « l’art est aujourd’hui le plus porteur. Selon Artprice, son indice a augmenté depuis 2012 de 12 % quand celui de l’or baissait de 49 % et les prix immobiliers de 3 % ». Ce marché, qui a augmenté de 40 % en un an et de 1 000 % sur dix ans, vient d’être rassuré par le gouvernement anti-passéiste de Manuel Valls qui assomme les retraités et les familles mais a maintenu pour les riches l’exonération des œuvres d’art de l’impôt sur la fortune.

« L'art des traders »

L’un des artistes les plus côtés, Jeff Koons (les homards gonflables…), lui même un ancien financier, est représentatif de cet « art des traders » analysé par Jean Clair, historien de l’art et ancien directeur du Musée Picasso : « Est arrivée la crise de 2008. Subprimes, titrisations, pyramides de Ponzi : on prit conscience que des objets sans valeur étaient susceptibles non seulement d’être proposées à la vente, mais encore comme objets de négoce, propres à la circulation et à la spéculation financière la plus extravagante ». Le développement de cette bulle spéculative confirme les pronostics faits bien avant la crise par Jean Baudrillard, critique regretté des simulacres de la société de consommation. Il avait décrit la capacité de cet autre marché à « faire valoir la nullité comme valeur » : « Sous le prétexte qu'il n'est pas possible que ce soit aussi nul, et que ça doit cacher quelque chose », l’art contemporain « spécule sur la culpabilité de ceux qui n'y comprennent rien, ou qui n'ont pas compris qu'il n'y avait rien à comprendre. Autrement dit, l'art est entré (non seulement du point de vue financier du marché de l'art, mais dans la gestion même des valeurs esthétiques) dans le processus général de délit d'initié ».

Délit d’initiés, car, comme les subprimes et la titrisation, cette valorisation financière de la nullité repose sur une division du travail tacite entre collectionneurs privés, fondations (qui défiscalisent à hauteur de 60 %), musées d’Etat et journalistes afin de décider dans le dos du public des valeurs à la hausse. Dans ce système, l’artiste est en fait plus créé qu’il ne crée. « Les commissaires se sont substitués aux artistes pour définir l’art », résume Yves Michaud, philosophe et ancien directeur de l’Ecole des Beaux-Arts. L’important n’est pas l’artiste mais ce processus associant collectionneurs, fonctionnaires et critiques qui le désignent. Dans un milieu de plus en plus fluide : les collectionneurs pénètrent les conseils des musées publics, les « artocrates » passent du ministère de la Culture, aux musées et aux fondations, les grands collectionneurs prescrivent le marché tandis qu’à coup d’expositions et d’achats, les fonctionnaires d’un Etat culturel de plus en plus co-financé par le mécénat privé orientent l’argent des contribuables pour valider auprès du public la cote des artistes sélectionnés. C’est l’un de ces petits marquis de la rue de Valois qui avait dit il y a quelques années au peintre Gérard Garouste qu’il n’aimait pas sa peinture « qui ne représentait en rien l’art français ».

Imposture en bande organisée

Comme toute les impostures en bande organisée, cet art d’initiés additionne les risques. D’abord ceux que représentent les grands enfants que sont ces nouveaux artistes. Ils peuvent vendre la mèche comme l’avait fait un jour Jeff Koons : « Mon œuvre n’a aucune valeur esthétique… Le marché est le meilleur critique ! » Une fois qu’ils sont starisés, il est parfois difficile de les contrôler et ils peuvent se montrer approximatif dans le réglage du niveau de provocation, comme McCarthy ou comme cet autre génie qui avait, la nuit, pendu aux arbres d’une place de Milan des imitations d’enfants pour se gausser des ploucs locaux horrifiés au petit matin... Car leur créativité sans bornes est aussi facile que risquée : n’importe qui peut être candidat à l’art conceptuel. Ce qu’avait anticipé Claude Levi-Strauss dans son fameux article sur « le métier perdu » en peinture a bien muté : il n’y a plus besoin d’une formation technique aux métiers de l’art pour récupérer une vieille palette sur un chantier, faire faire un tonneau à une voiture, mettre du caca en conserve ou produire des pénis en chocolat. « L’acte artistique ne réside plus dans la fabrication de l’objet, mais dans sa conception, dans les discours qui l’accompagnent, les réactions qu’il suscite », explique la sociologue Nathalie Heinich, auteur du Paradigme de l’art contemporain (Gallimard).

Le risque peut venir aussi des collectionneurs, qui par inculture ou passion spéculative, ne savent pas s’arrêter quand il faut, parce qu’ils se flattent, au travers de leurs actes d’achat, d’ignorer le passé, l’histoire, la culture dont il faut faire table rase. « Avoir un Jeffs Koons chez soi dispense de justifier ses gouts tout en envoyant un message clair : "Je suis riche" », explique la marchande d’art Elisabeth Royer-Grimblat. « De la culture au culturel, du culturel au culte de l’argent, c’est tout naturellement que l’on est tombé au niveau des latrines, souligne Jean Clair, Le fantasme de l’enfant qui se croit tout puissant et impose aux autres les excréments dont il jouit ».

La machine à cash dévoilée

A ce propos, Philippe Dagen est assez inquiet pour se permettre dans son rappel à l’ordre de sermonner aussi François Pinault. Il reproche au grand collectionneur d’avoir lui aussi commis l’erreur d’exposer dans sa Fondation les œuvres scatologiques de McCarthy et d’autres petits génies dont l’inventivité se réduit à représenter divers carnages, sodomies et supplices sexuels. Il recommande à Pinault et à ses « conseillers » de suivre plutôt l’exemple de son frère ennemi en spéculation artistique, Bernard Arnault, dont la Fondation Vuitton, « loin de chercher le scandale », sait maintenir les apparences, avec un « art ni transgressif ni régressif ».

Car, insiste Dagen, s’il se réduit à la « blague salace », à la « provocation grasse » et au « scandale sexuel », l’art contemporain aura du mal à continuer de faire croire qu’il est autre chose qu’une machine à cash fonctionnant au coup médiatique. Le risque le plus grave serait de perdre la complicité des élus-gogos et des fonctionnaires drogués au mécénat. Car ces provocations programmées ont besoin de disposer de lieux publics emblématiques et prestigieux (Tuileries, Versailles, Grand Palais, place Vendôme, etc.), la profanation de ces célèbres écrins historiques permettant de sacraliser des « œuvres » – poutrelles de ferraille, animaux gonflables, carcasses de voitures, étrons géants, etc. – qui n’auraient pas le même effet sur un parking de supermarché ou un échangeur d’autoroute. Dagen explique qu’un bug pas banal comme le plug anal « fournit des arguments à tous ceux qui, avec Luc Ferry pour maître à penser, tiennent l’art d’aujourd’hui pour uniformément nul – une vaste blague ». Le philosophe dénonce en effet régulièrement, avec exemples confondant à l’appui, l’« imposture intellectuelle » de cet « art capitaliste jusqu’au bout des ongles », qu’il analyse comme une version nihiliste de la « destruction créatrice » de Schumpeter étendue de l’économie à la culture.

Derrière les cris des perroquets hurlant aux « réacs »

Pour l’instant, les réflexes sont toujours là. Canal + continue à ânonner le catéchisme habituel : « Avec cet art qui appuie là où ça fait mal, McCarthy n’a pas fini de déranger et de briser les tabous, et c’est tant mieux pour nous ! ». Et la ministre de la Culture Fleur Pellerin a gagné le prix de la célérité à atteindre le point Godwin de nazification de l’affaire McCarthy en tweetant  : « On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d'une définition officielle de l'art dégénéré ». Plus significatif était le retrait et l’embarras très inhabituel de l’autre ministre de la Culture, Jack Lang, sur le plateau du Grand Journal : il ne dissimulait pas son peu d’empathie pour McCarthy, préférant s’inquiéter de la « spéculation » et de « l’unanimisme » régnant depuis quelques années dans le monde de l’art. Autre parole remarquée, l’aveu récent, au moment de partir à la retraite, d’un des plus grands marchands d’art, Yvon Lambert : « J’arrête aussi parce que mon métier a changé, il n’y a que le fric qui compte ».

Philippe Dagen a donc estimé urgente sa mise en garde et son article remarqué constitue un tournant historique dans ce petit milieu spéculatif. Le puissant critique du Monde a bien senti, derrière les cris des habituels perroquets hurlant aux « réacs », le silence gêné des professionnels de la profession se demandant si l’affaire du plug anal de 24 mètres de la place Vendôme n’était pas le premier accident industriel du juteux business de l’art contemporain. Philippe Dagen est leur « lanceur d’alerte ».

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UKRAINE - Rebondissements très inquiétants en Ukraine (Rapport de situation au 24 Octobre 2014)

 

Rebondissements très inquiétants en Ukraine (Rapport de situation au 24 Octobre 2014)

26 octobre, 2014

Posté par Benji

 

La situation ne pouvait pas s’améliorer, là où les USA passent, la société trépasse… Car sans l’intervention plus ou moins discrète des Etats-Unis, jamais une telle situation n’aurait été possible, entre l’ingérence pour intégrer l’Ukraine dans l’Union Européenne, l’envoi de mercenaires d’Academi (ex-Blackwater) pour orienter les troubles et le soutien de politiciens ouvertement néo-nazis dont certains sont réellement dangereux puisque ayant tenus des propos extrêmement menaçants à l’encontre de la Russie, parlant même de tuer les populations… Étrangement, nous en revenons toujours aux Etats-Unis… Et donc, s’il est impossible de fournir ici un résumé détaillé et exhaustif des événements en Ukraine depuis le début du conflit, une présentation de la situation au 24 Octobre est possible.

Ce billet vise essentiellement à vous informer sur les derniers développements relatifs à la guerre en cours en Ukraine, au 24 octobre 2014.

À la suite de l’utilisation d’un missile balistique tactique contre Donetsk par les Ukies, Zakharchenko a déclaré que le cessez-le-feu était, à toutes fins utiles, terminé.

Strelkov a lancé un avertissement officiel à propos de l’information voulant que les Ukies massaient des troupes en vue d’un assaut. D’après Strelkov, le plan des Ukies consiste à effectuer une poussée très brève et très rapide vers Donestk et la frontière russe, de façon à rendre l’État novorossien non viable et pouvoir ainsi négocier en position de force. Strelkov a certes l’habitude d’exagérer la menace afin de mieux la réduire, mais, cette fois, il y a des signaux clairs que son analyse est partagée par les militaires russes, et ces signaux sont les plus inquiétants qui soient.

Des sources russes, dont l’excellent blog du colonel Cassad, rapportent que le robinet du voentorg [L’aide clandestine russe] est de nouveau ouvert à fond et que d’importantes livraisons sont attendues. Je me réjouis bien sûr de savoir que la résistance novorossienne va acquérir de l’équipement (et de l’aide de spécialistes), ce dont elle a cruellement besoin, sauf que la reprise du voentorg me donne aussi à penser que les services du renseignement russes ont conclu qu’une attaque est très probable, et ce, très bientôt.

Je surveille la situation au Banderastan d’assez près et ce que je peux dire, c’est que le régime en place se fissure de partout. Je ne sais pas si Porochenko, et ses maîtres à penser aux USA, croient vraiment qu’une attaque peut réussir (j’en doute) ou veulent vraiment forcer la main à la Russie pour qu’elle intervienne ouvertement (c’est presque inévitable selon moi), mais un fait demeure : déclencher une guerre majeure pourrait bien être la seule façon de sauver le régime Porochenko, lequel est actuellement en chute libre.

 

Il est fort possible que l’avertissement sans détour de Strelkov et que, plus encore, la reprise du voentorg, convaincront les Ukies que la Russie est prête à intervenir, et que l’attaque prévue est vouée à l’échec. Ce qui me préoccupe, c’est que le régime Porochenko (et ses patrons de la CIA) pourrait juger que même une défaite face aux militaires russes est préférable à la spirale descendante en cours. Non seulement une guerre peut sauver le régime, mais une intervention russe réaliserait enfin le rêve anglo-sioniste. Poutine fera tout son possible pour éviter ce piège, ce qui veut dire que la Russie devra fournir secrètement une aide et un appui massifs à la Novorussie. Quant aux Novorusses, ils doivent être assez forts pour contenir l’assaut initial. S’ils réussissent, l’offensive prendra fin. Mais Strelkov a raison. Si les Ukies font une trouée dans les lignes des Novorusses, la Russie devra intervenir.

C’est une situation extrêmement dangereuse.

Plusieurs d’entre vous ont noté ce qui n’est rien de moins qu’une déclaration de guerre à la Russie par George Soros, l’un des bonzes du marché de capitaux internationaux anglo-sionistes, qui a déclaré que la Russie défie aujourd’hui l’existence même de l’Europe et que L’Europe soit sauver la nouvelle Ukraine [1]. Après Khodorkovsky, voilà Soros qui en remet. Nous savons maintenant qui veut mettre la main sur la Russie, et comment. Il ressort clairement aussi que, par leurs propos belliqueux, ces financiers admettent sans ambages que Poutine défie l’existence même de leurs intérêts. Il faut dire qu’ils ont absolument raison (ce qui prouve une fois de plus que ceux qui disent que Poutine est une marionnette des oligarques ne sont que des idiots utiles manipulés).

Nuland, Soros, Khodorkovsky, Hillary, Friedman… la liste s’étend à l’infini. Toute la cabale néoconservatrice veut la guerre et exerce énormément de pression pour que le reste de la planète partage ses vues.

Sans surprise, les Européens ont autant de colonne vertébrale qu’une méduse cuite au micro-ondes, même s’ils savent et comprennent parfaitement que l’oncle Sam soutient un régime nazi à Kiev, et que les politiques des USA leur nuisent. Sauf qu’ils vont faire tout ce que les USA leur demandent. Il n’y a pas de politique étrangère européenne à proprement dit. Tout ce que les Européens peuvent faire se résume à dire Oui monsieur, vos désirs sont des ordres, monsieur ! La preuve la plus pitoyable de cette submissivité à tout ordre provenant des USA, même le plus stupide de ces ordres, est ce conte de fées à propos d’un sous-marin russe tapi dans les eaux suédoises.

Rapport complet sur Vineyardsaker.fr

Posté par Jocegaly à 13:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

POUTINE - Discours de Valdaï, le 24/10/14 "L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles?" (Dossier de presse)

 

L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

Discours de Vladimir Poutine au Club Valdaï, le 24 octobre 2014

Sur VINEYARD SAKER

 

Vladimir Poutine au Club de Valdaï le 24 octobre 2014Vladimir Poutine au Club de Valdaï le 24 octobre 2014

Préambule

Depuis 2004, le Club international de discussion de Valdaï réunit une fois par an des experts et des politiques de différents pays pour débattre de la politique internationale. Cette année, la rencontre a eu lieu les 22, 23 et 24 octobre, à Sotchi, dans un hôtel de la station de montagne de Krasnaïa poliana.

108 experts, historiens et analystes politiques, originaires de 25 pays, dont 62 étrangers à la Russie ont ainsi analysé durant trois jours le thème de cette édition 2014 : L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ?

Vendredi 24 octobre, lors de la synthèse des travaux des trois journées précédentes en séance plénière, Vladimir Poutine est intervenu. Nous vous présentons ici des extraits de cette intervention du Président de la Fédération de Russie.

Et quand vous aurez lu ce discours impressionnant, nous vous invitons à lire l’article que Philippe Grasset lui a consacré aujourd’hui 25 octobre : L’ours de la taïga, la dédollarisation et la question du fou.

Le Saker francophone

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RETRANSCRIPTION DU DISCOURS DE VLADIMIR POUTINE AU CLUB VALDAÏ, LE 24 OCTOBRE 2014

Chers collègues, Mesdames et Messieurs, chers amis,

C’est un plaisir de vous accueillir à la XIe réunion du Club Valdaï.

Il a déjà été mentionné que le Club a de nouveaux co-organisateurs cette année. Ils comprennent des organisations non gouvernementales russes, des groupes d’experts et de grandes universités. Il a également été suggéré d’élargir les discussions à des questions qui ne sont pas seulement liées à la Russie elle-même, mais aussi à la politique et à l’économie mondiales.

J’espère que ces changements dans l’organisation et le contenu des sessions renforceront l’influence du Club en tant que forum de discussion et d’experts de premier plan. Dans le même temps, j’espère que « l’esprit de Valdaï » sera conservé – cette atmosphère libre et ouverte, cette opportunité d’exprimer toutes sortes d’opinions très différentes et franches.

Permettez-moi de dire, à cet égard, que je ne vais pas vous décevoir et que je vais parler directement et franchement. Certains de mes propos pourront sembler un peu trop rudes, mais si nous ne parlons pas directement et honnêtement de ce que nous pensons vraiment, alors il est absolument inutile de tenir de telles réunions. Il serait préférable, dans ce cas, de se contenter des rencontres diplomatiques, où personne ne dit rien qui ait une véritable portée et, reprenant les paroles d’un célèbre diplomate, où vous vous rendez compte que les diplomates ont une langue faite pour ne pas dire la vérité.

Nous nous réunissons pour d’autres raisons. Nous nous réunissons pour nous parler franchement. Nous avons besoin d’être directs et francs aujourd’hui, non pas pour s’envoyer des piques, mais afin de tenter de faire la lumière sur ce qui se passe dans le monde, d’essayer de comprendre pourquoi le monde est de moins en moins sûr et de plus en plus imprévisible, et pourquoi les risques augmentent partout autour de nous.

Les débats d’aujourd’hui se sont tenus sous le thème : De nouvelles règles ou un jeu sans règles ? Je pense que cette formule décrit avec précision le tournant historique que nous avons atteint aujourd’hui et le choix auquel nous sommes tous confrontés. Bien sûr, il n’y a rien de nouveau dans l’idée que le monde est en train de changer très rapidement. Je sais que c’est quelque chose dont vous avez parlé durant les échanges d’aujourd’hui. Il est certainement difficile de ne pas remarquer les transformations dramatiques dans la politique mondiale et dans l’économie, dans la vie publique, dans l’industrie, l’information et les technologies sociales.

Permettez-moi de vous demander dès maintenant de me pardonner si j’en viens à répéter ce que certains des participants à la discussion ont déjà dit. C’est pratiquement inévitable. Vous avez déjà eu des discussions détaillées, mais je vais exposer mon point de vue. Il coïncidera avec le point de vue des participants sur certains points et divergera sur d’autres.

Tandis que nous analysons la situation d’aujourd’hui, n’oublions pas les leçons de l’histoire. Tout d’abord, les changements dans l’ordre mondial – et tout ce que nous voyons aujourd’hui constitue des événements de cette ampleur – ont généralement été accompagnés sinon par une guerre et des conflits à l’échelle mondiale, du moins par des chaînes de conflits locaux intenses. Deuxièmement, la politique mondiale est avant tout une question de leadership économique, de guerre et de paix, avec une dimension humanitaire, incluant les droits de l’homme.

Aujourd’hui, le monde est plein de contradictions. Nous devons être francs en nous demandant mutuellement si nous avons un filet de sécurité fiable et bien en place. Malheureusement, il n’y a aucune garantie et aucune certitude que le système actuel de sécurité mondiale et régionale soit en mesure de nous protéger des bouleversements. Ce système a été sérieusement affaibli, fragmenté et déformé. Les organisations internationales et régionales de coopération politique, économique, et culturelle traversent également des temps difficiles.

Oui, un grand nombre des mécanismes actuels visant à assurer l’ordre mondial ont été créés il y a très longtemps, y compris et surtout dans la période suivant immédiatement la Seconde Guerre mondiale. Permettez-moi de souligner que la solidité du système créé à l’époque reposait non seulement sur l’équilibre des forces et les droits des pays vainqueurs, mais aussi sur le fait que les « pères fondateurs » de ce système se respectaient mutuellement, n’essayaient pas de mettre la pression sur les autres, mais tentaient de parvenir à des accords.

L’essentiel est que ce système doit se développer, et malgré ses diverses lacunes, il doit au moins être capable de maintenir les problèmes mondiaux actuels dans certaines limites et de réguler l’intensité de la concurrence naturelle entre les nations.

Je suis convaincu que nous ne pouvions pas prendre ce mécanisme de freins et contrepoids que nous avons construit au cours des dernières décennies, parfois avec les plus grands efforts et difficultés, et tout simplement le détruire sans rien reconstruire à sa place. Sinon, nous serions laissés sans instruments autres que la force brute.

Ce que nous devions faire était de procéder à une reconstruction rationnelle et de l’adapter aux nouvelles réalités du système des relations internationales.

Mais les États-Unis, s’étant eux-mêmes déclarés vainqueurs de la Guerre Froide, n’en voyaient pas le besoin. Au lieu d’établir un nouvel équilibre des forces, essentiel pour maintenir l’ordre et la stabilité, ils ont pris des mesures qui ont jeté le système dans un déséquilibre marqué et profond.

La Guerre Froide a pris fin, mais elle n’a pas pris fin avec la signature d’un traité de paix comprenant des accords clairs et transparents sur le respect des règles existantes ou la création d’un nouvel ensemble de règles et de normes. Cela a créé l’impression que les soi-disant « vainqueurs » de la Guerre Froide avaient décidé de forcer les événements et de remodeler le monde afin de satisfaire leurs propres besoins et intérêts. Lorsque le système actuel des relations internationales, le droit international et les freins et contrepoids en place faisaient obstacle à ces objectifs, ce système été déclaré sans valeur, obsolète et nécessitant une démolition immédiate.

Pardonnez l’analogie, mais c’est la façon dont les nouveaux riches se comportent quand ils se retrouvent tout à coup avec une grande fortune, dans ce cas sous la forme d’un leadership et d’une domination mondiale. Au lieu de gérer leur patrimoine intelligemment, pour leur propre bénéfice aussi bien sûr, je pense qu’ils ont commis beaucoup de folies.

Nous sommes entrés dans une période de différentes interprétations et de silences délibérés dans la politique mondiale. Le droit international a maintes fois été forcé de battre en retraite, encore et encore, par l’assaut impitoyable du nihilisme légal. L’objectivité et la justice ont été sacrifiées sur l’autel de l’opportunisme politique. Des interprétations arbitraires et des évaluations biaisées ont remplacé les normes juridiques. Dans le même temps, l’emprise complète sur les médias de masse mondiaux ont rendu possible, quand on le désirait, de présenter le blanc comme noir et le noir comme blanc.

Dans une situation où vous aviez la domination d’un pays et de ses alliés, ou plutôt de ses satellites, la recherche de solutions globales s’est souvent transformée en une tentative d’imposer ses propres recettes universelles. Les ambitions de ce groupe sont devenues si grandes qu’ils ont commencé à présenter les politiques qu’ils concoctaient dans leurs corridors du pouvoir comme le point de vue de l’ensemble de la communauté internationale. Mais ce n’est pas le cas.

La notion même de « souveraineté nationale » est devenue une valeur relative pour la plupart des pays. En essence, ce qui était proposé était cette formule : plus la loyauté de tel ou tel régime en place envers le seul centre de pouvoir dans le monde est grande, plus grande sera sa légitimité.

Nous aurons une discussion libre après mon propos et je serai heureux de répondre à vos questions et je tiens également à utiliser mon droit à vous poser des questions. Que personne n’hésite à essayer de réfuter les arguments que je viens d’exposer lors de la discussion à venir.

Les mesures prises contre ceux qui refusent de se soumettre sont bien connues et ont été essayées et testées de nombreuses fois. Elles comprennent l’usage de la force, la pression économique et la propagande, l’ingérence dans les affaires intérieures, et les appels à une sorte de légitimité « supra-légale » lorsqu’ils ont besoin de justifier une intervention illégale dans tel ou tel conflit ou de renverser des régimes qui dérangent. Dernièrement, nous avons de plus en plus de preuves que le chantage pur et simple a également été utilisé en ce qui concerne un certain nombre de dirigeants. Ce n’est pas pour rien que « Big Brother » dépense des milliards de dollars pour tenir sous surveillance le monde entier, y compris ses propres alliés les plus proches.

Demandons-nous à quel point nous sommes à l’aise avec tout cela, à quel point nous sommes en sécurité, combien nous sommes heureux de vivre dans ce monde, à quel degré de justice et de rationalité il est parvenu. Peut-être n’avons-nous pas de véritables raisons de nous inquiéter, de discuter et de poser des questions embarrassantes ? Peut-être que la position exceptionnelle des États-Unis et la façon dont ils mènent leur leadership est vraiment une bénédiction pour nous tous, et que leur ingérence dans les événements du monde entier apporte la paix, la prospérité, le progrès, la croissance et la démocratie, et nous devrions peut-être seulement nous détendre et profiter de tout cela ?

Permettez-moi de dire que ce n’est pas le cas, absolument pas le cas.

Un diktat unilatéral et le fait d’imposer ses propres modèles aux autres produisent le résultat inverse. Au lieu de régler les conflits, cela conduit à leur escalade ; à la place d’États souverains et stables, nous voyons la propagation croissante du chaos ; et à la place de la démocratie, il y a un soutien pour un public très douteux, allant de néo-fascistes avoués à des islamistes radicaux.

Pourquoi soutiennent-ils de tels individus ? Ils le font parce qu’ils décident de les utiliser comme instruments dans la voie de la réalisation de leurs objectifs, mais ensuite, ils se brûlent les doigts et font marche arrière. Je ne cesse jamais d’être étonné par la façon dont nos partenaires ne cessent de marcher sur le même râteau, comme on dit ici en Russie, c’est-à-dire de faire les mêmes erreurs encore et encore.

Ils ont jadis parrainé des mouvements islamistes extrémistes pour combattre l’Union soviétique. Ces groupes se sont formés au combat et aguerris en Afghanistan, et ont plus tard donné naissance aux Talibans et à Al-Qaïda. L’Occident les a sinon soutenus, du moins a fermé les yeux sur cela, et, je dirais, a fourni des informations et un soutien politique et financier à l’invasion de la Russie et des pays de la région d’Asie centrale par les terroristes internationaux (nous ne l’avons pas oublié). C’est seulement après que des attaques terroristes horribles aient été commises sur le sol américain lui-même que les États-Unis ont pris conscience de la menace collective du terrorisme. Permettez-moi de vous rappeler que nous avons été le premier pays à soutenir le peuple américain à l’époque, le premier à réagir comme des amis et partenaires après la terrible tragédie du 11 Septembre.

Au cours de mes conversations avec les dirigeants américains et européens, je parlais toujours de la nécessité de lutter ensemble contre le terrorisme, de le considérer comme un défi à l’échelle mondiale. Nous ne pouvons pas nous résigner et accepter cette menace, nous ne pouvons pas la couper en morceaux séparés à l’aide du deux poids deux mesures. Nos partenaires ont exprimé leur accord, mais après quelques temps, nous nous sommes retrouvés au point de départ. Ce fut d’abord l’opération militaire en Irak, puis en Libye, qui a été poussée au bord du gouffre. Pourquoi la Libye a-t-elle été réduite à cette situation ? Aujourd’hui, c’est un pays en danger de démantèlement et qui est devenu un terrain d’entraînement pour les terroristes.

Seule la détermination et la sagesse de la direction égyptienne actuelle a sauvé ce pays arabe clé du chaos et de l’emprise des terroristes. En Syrie, comme par le passé, les États-Unis et leurs alliés ont commencé à financer et armer directement les rebelles et leur ont permis de remplir leurs rangs de mercenaires provenant de divers pays. Permettez-moi de vous demander où ces rebelles obtiennent leur argent, leurs armes et leurs spécialistes militaires ? D’où tout cela vient-il ? Comment l’État Islamique notoire a-t-il réussi à devenir un groupe aussi puissant, de fait une véritable force armée ?

Quant aux sources de financement, aujourd’hui, l’argent ne vient plus seulement de la drogue, dont la production a augmenté non pas de quelques points de pourcentage mais dans des proportions considérables depuis que les forces de la coalition internationale sont intervenues en Afghanistan. Vous êtes au courant de cela. Les terroristes obtiennent également de l’argent en vendant du pétrole. Le pétrole est produit dans le territoire contrôlé par les terroristes, qui le vendent à des prix de dumping, le produisent et le transportent. Mais d’autres achètent ce pétrole, le revendent, et font du profit, sans penser au fait qu’ils financent ainsi les terroristes qui pourraient venir tôt ou tard sur leur propre sol et semer la destruction dans leur propre pays.

Où trouvent-ils les nouvelles recrues ? En Irak, après que Saddam Hussein ait été renversé, les institutions de l’État, y compris l’armée, ont été laissés en ruines. Nous avons dit, à l’époque, soyez très, très prudents. Vous mettez les gens à la rue, et que vont-ils y faire ? N’oubliez pas que légitimement ou non, ils faisaient partie de la direction d’une grande puissance régionale, et en quoi est-ce que vous les transformez maintenant ?

Quel fut le résultat ? Des dizaines de milliers de soldats, d’officiers et d’anciens militants du parti Baas se sont retrouvé à la rue et ont aujourd’hui rejoint les rangs des rebelles. Peut-être cela explique-t-il pourquoi l’État islamique s’est avéré si efficace. En termes militaires, il agit très efficacement et il a certains cadres très compétents. La Russie a mis en garde à plusieurs reprises sur les dangers des actions militaires unilatérales, des interventions dans les affaires des États souverains, et des flirts avec les extrémistes et les radicaux. Nous avons insisté pour que les groupes luttant contre le gouvernement syrien central, surtout l’État islamique, soient inscrits sur les listes des organisations terroristes. Mais avons-nous vu le moindre résultat ? Nous avons lancé des appels en vain.

Nous avons parfois l’impression que nos collègues et amis sont constamment aux prises avec les conséquences de leurs propres politiques, et qu’ils dépensent tous leurs efforts dans le traitement des risques qu’ils ont eux-mêmes créés, en payant un prix de plus en plus élevé.

Andrei Bystritsky (Président du conseil de la Fondation du Club international Valdaï), Wolfgang Schüssel (ancien chancelier fédéral autrichien) and Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie)Andrei Bystritsky (Président du conseil de la Fondation du Club international Valdaï), Wolfgang Schüssel (ancien chancelier fédéral autrichien) and Vladimir Poutine (président de la Fédération de Russie)

Chers collègues,

Cette période de domination unipolaire a démontré de manière convaincante que le fait d’avoir un seul centre de pouvoir ne rend pas les processus mondiaux plus faciles à gérer. Au contraire, ce type de construction instable a montré son incapacité à lutter contre les menaces réelles telles que les conflits régionaux, le terrorisme, le trafic de drogue, le fanatisme religieux, le chauvinisme et le néonazisme. Dans le même temps, il a ouvert une large voie aux fiertés nationales exacerbées, à la manipulation de l’opinion publique, ainsi qu’à la brutalisation et à l’oppression des faibles par les forts.

Essentiellement, le monde unipolaire est tout simplement un moyen de justifier la dictature sur les individus et les nations. Le monde unipolaire s’est avéré un fardeau trop rude, trop lourd et trop ingérable même pour son chef auto-proclamé. Des commentaires ont été faits dans ce sens juste avant mon intervention, et je suis entièrement d’accord avec eux. Voilà pourquoi nous voyons, en cette nouvelle étape de l’histoire, des tentatives de recréer un semblant de monde quasi-bipolaire en tant que modèle commode pour perpétuer le leadership américain. Peu importe qui prend la place du centre du mal dans la propagande américaine, peu importe qui remplace l’ex-l’URSS en tant que principal adversaire. Cela pourrait être l’Iran, en tant que pays qui cherche à acquérir la technologie nucléaire, la Chine, en tant que plus grande économie mondiale, ou la Russie, en tant que superpuissance nucléaire.

Aujourd’hui, nous assistons à de nouveaux efforts pour fragmenter le monde, dessiner de nouvelles lignes de clivage, réunir des coalitions qui ne sont pas façonnées pour quelque chose mais dirigées contre quelqu’un, qui que ce soit, pour créer l’image d’un ennemi comme ce fut le cas pendant les années de Guerre Froide, et s’emparer du droit à ce leadership, ou diktat si vous préférez. La situation était présentée de cette façon au cours de la Guerre Froide. Nous savons tous cela et nous le comprenons bien. Les États-Unis ont toujours dit à leurs alliés : « Nous avons un ennemi commun, un ennemi terrible, le centre du mal, et nous vous protégeons, vous nos alliés, de cet ennemi, et nous avons donc le droit de vous donner des ordres, de vous forcer à sacrifier vos intérêts politiques et économiques et à payer votre quote-part des coûts de cette défense collective, mais nous serons les responsables de tout cela bien sûr. » En bref, nous voyons aujourd’hui des tentatives, dans un monde nouveau et changeant, de reproduire les modèles familiers de la gestion globale, et tout cela de manière à garantir aux États-Unis leur situation exceptionnelle et à récolter des dividendes politiques et économiques.

Mais ces tentatives sont de plus en plus déconnectées de la réalité et sont en contradiction avec la diversité du monde. Des mesures de ce genre créent inévitablement des confrontations et provoquent des contre-mesures, et ont pour résultat l’effet inverse de ce qui était souhaité. Nous voyons ce qui se passe quand la politique commence imprudemment à s’ingérer dans l’économie et que la logique des décisions rationnelles cède la place à la logique de confrontation, qui ne fait que nuire aux propres positions et intérêts économiques des pays en question, y compris les intérêts des entreprises nationales.

Les projets économiques communs et les investissements mutuels rapprochent objectivement les pays et contribuent à aplanir les problèmes actuels dans les relations entre États. Mais aujourd’hui, la communauté mondiale des affaires fait face à des pressions sans précédent de la part des gouvernements occidentaux. De quelles affaires, de quelles opportunités économiques ou de quel pragmatisme peut-on encore parler lorsque nous entendons des slogans tels que « la patrie est en danger », « le monde libre est menacé », et « la démocratie est en péril » ? Et tout le monde doit alors se mobiliser. Voilà à quoi ressemble une vraie politique de mobilisation.

Les sanctions sapent déjà les fondements du commerce mondial, les règles de l’OMC et le principe de l’inviolabilité de la propriété privée. Ils portent un coup dangereux au modèle libéral de la mondialisation fondé sur les marchés, la liberté et la concurrence, qui, permettez-moi de le souligner, est précisément un modèle qui a avant tout bénéficié aux pays occidentaux. Et maintenant, ils risquent de perdre la confiance en tant que gouvernants de la mondialisation. Nous devons nous demander, pourquoi était-ce nécessaire ? Après tout, la prospérité des États-Unis repose en grande partie sur la confiance des investisseurs et des détenteurs étrangers de dollars et de valeurs mobilières étasuniennes. Cette confiance est clairement mise à mal et des signes de désillusion quant aux fruits de la mondialisation sont maintenant visibles dans de nombreux pays.

Le précédent bien connu de Chypre et les sanctions pour des motifs politiques n’ont fait que renforcer la tendance à chercher à renforcer la souveraineté économique et financière et la volonté des pays ou de leurs groupes régionaux de trouver des moyens de se protéger contre les risques de pressions extérieures. Nous voyons déjà que de plus en plus de pays cherchent des moyens de devenir moins dépendants du dollar et mettent en place des systèmes financiers, de paiement et des monnaies de réserve alternatifs. Je pense que nos amis américains sont tout simplement en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis. On ne peut pas mélanger la politique et l’économie, mais c’est ce qui se passe maintenant. J’ai toujours pensé et je pense encore aujourd’hui que les sanctions pour des motifs politiques sont une erreur qui nuira à tous, mais je suis sûr que nous reviendrons sur ce point.

Nous savons comment ces décisions ont été prises et qui exerçait les pressions. Mais permettez-moi de souligner que la Russie ne va pas perdre son calme, s’offenser ou venir mendier à la porte de quiconque. La Russie est un pays auto-suffisant. Nous allons travailler au sein de l’environnement économique international qui a pris forme, développer la production et la technologie nationales et agir de façon plus décisive pour mener à bien notre transformation. Les pressions de l’extérieur, comme cela a été le cas à plusieurs reprises par le passé, ne feront que consolider notre société, nous maintenir en éveil et nous amener à nous concentrer sur nos principaux objectifs de développement.

Bien sûr, les sanctions constituent un obstacle. Ils essaient de nous affaiblir par ces sanctions, d’entraver notre développement et de nous pousser à l’isolement politique, économique et culturel, en d’autres termes nous forcer à prendre du retard. Mais permettez-moi de rappeler encore une fois que le monde est un endroit très différent aujourd’hui. Nous n’avons pas l’intention de nous isoler de quiconque ou de choisir une sorte de voie de développement fermée, en essayant de vivre en autarcie. Nous sommes toujours ouverts au dialogue, y compris au sujet de la normalisation de nos relations économiques et politiques. Nous comptons ici sur l’approche et la position pragmatiques des milieux d’affaires dans les principaux pays.

Certains disent aujourd’hui que la Russie tournerait le dos à l’Europe – de tels propos ont probablement été tenus ici aussi lors des discussions – et rechercherait de nouveaux partenaires commerciaux, surtout en Asie. Permettez-moi de dire que ce n’est absolument pas le cas. Notre politique active dans la région Asie-Pacifique n’a pas commencé d’hier, et non en réponse aux sanctions, mais c’est une politique que nous suivons depuis maintenant un bon nombre d’années. Comme beaucoup d’autres pays, y compris les pays occidentaux, nous avons vu que l’Asie joue un rôle de plus en plus important dans le monde, dans l’économie et dans la politique, et nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’ignorer ces développements.

Permettez-moi de dire encore une fois que tout le monde agit ainsi, et nous allons le faire nous aussi, d’autant plus qu’une grande partie de notre pays est géographiquement en Asie. Au nom de quoi devrions-nous ne pas faire usage de nos avantages concurrentiels dans ce domaine ? Ce serait faire preuve d’une vue extrêmement courte que de ne pas le faire.

Le développement des relations économiques avec ces pays et la réalisation de projets d’intégration communs créent aussi de grandes incitations pour notre développement national. Les tendances démographiques, économiques et culturelles actuelles suggèrent que la dépendance à une seule superpuissance va objectivement diminuer. C’est une chose que les experts européens et américains ont également évoqué dans leurs réunions et travaux.

Peut-être que l’évolution de la politique internationale sera le reflet de l’évolution que nous constatons dans l’économie mondiale, à savoir la concurrence intensive pour des niches spécifiques et des changements fréquents de dirigeants dans des domaines précis. Cela est tout à fait possible.

Il ne fait aucun doute que des facteurs humanitaires tels que l’éducation, la science, la santé et la culture jouent un rôle plus important dans la concurrence mondiale. Cela a également un impact important sur les relations internationales, y compris parce que cette ressource douce (soft power) dépendra dans une large mesure des réalisations concrètes dans le développement du capital humain plutôt que des trucages sophistiqués de la propagande.                                              

Dans le même temps, la formation d’un soi-disant monde polycentrique (je voudrais également attirer l’attention sur cela, chers collègues), en soi et d’elle-même, n’améliore pas la stabilité. De fait, il est plus probable que ce soit l’inverse. L’objectif d’atteindre l’équilibre mondial est en train de devenir un casse-tête assez difficile, une équation à plusieurs inconnues.

Qu’est-ce que l’avenir nous réserve donc, si nous choisissons de ne pas respecter les règles – même si elles peuvent être strictes et peu pratiques – mais plutôt de vivre sans règles du tout ? Et ce scénario est tout à fait possible. Nous ne pouvons pas l’exclure, compte tenu des tensions dans la situation internationale. Beaucoup de prédictions peuvent déjà être faites, en tenant compte des tendances actuelles, et, malheureusement, elles ne sont pas optimistes. Si nous ne créons pas un système clair d’engagements et d’accords mutuels, si nous ne construisons pas les mécanismes de gestion et de résolution des situations de crise, les symptômes de l’anarchie mondiale vont inévitablement s’accroître.

Aujourd’hui, nous voyons déjà une forte augmentation de la probabilité de tout un ensemble de conflits violents avec la participation directe ou indirecte des plus grandes puissances mondiales. Et les facteurs de risque comprennent non seulement les conflits multinationaux traditionnels, mais aussi l’instabilité interne dans différents États, surtout quand on parle de nations situées aux intersections des intérêts géopolitiques des grandes puissances, ou à la frontière de continents civilisationnels, culturels, historiques et économiques.

L’Ukraine, qui j’en suis sûr a été longuement évoquée et dont nous parlerons encore, est l’un des exemples de ces sortes de conflits qui affectent l’équilibre international des puissances, et je pense que ce ne sera certainement pas le dernier. De là émane la prochaine menace réelle de détruire le système actuel d’accords de contrôle des armements. Et ce processus dangereux a été initié par les États-Unis d’Amérique quand ils se sont unilatéralement retirés du Traité sur les missiles antibalistiques (ABM) en 2002, puis se sont lancés dans la création de leur système global de défense antimissile et poursuivent aujourd’hui activement ce processus.

Chers collègues et amis,

Je tiens à souligner que nous ne sommes pas à l’origine de tout cela. Une fois de plus, nous glissons vers des temps où, au lieu de l’équilibre des intérêts et des garanties mutuelles, ce sera la peur et l’équilibre de la destruction mutuelle qui empêcheront les nations de se livrer à un conflit direct. En l’absence d’instruments juridiques et politiques, les armes deviennent encore une fois le point focal de l’ordre du jour mondial ; elles sont utilisées n’importe où et n’importe comment, sans la moindre sanction du Conseil de sécurité de l’ONU. Et si le Conseil de sécurité refuse de rendre de tels arrêts, alors on le condamne immédiatement comme un instrument dépassé et inefficace.

De nombreux États ne voient pas d’autres moyens d’assurer leur souveraineté qu’en obtenant leurs propres bombes. Cela est extrêmement dangereux. Nous insistons sur la nécessité de poursuivre les négociations ; nous ne sommes pas seulement en faveur de pourparlers, mais nous insistons sur la nécessité de poursuivre les pourparlers de réduction des arsenaux nucléaires. Moins nous aurons d’armes nucléaires dans le monde, mieux ce sera. Et nous sommes prêts à mener les discussions les plus sérieuses et les plus concrètes sur le désarmement nucléaire – mais seulement des discussions sérieuses sans aucun deux poids, deux mesures.

Qu’est-ce que je veux dire par là ? Aujourd’hui, de nombreux types d’armes de  haute précision sont déjà assimilables à des armes de destruction massive en termes de capacité, et en cas de renonciation complète aux armes nucléaires ou de réduction radicale du potentiel nucléaire, les nations qui sont des leaders dans la création et la production de systèmes de haute précision auront un net avantage militaire. La parité stratégique sera perturbée, ce qui est susceptible d’entraîner de la déstabilisation. Le recours à une soi-disant première frappe préventive globale peut devenir tentant. En bref, les risques ne diminuent pas, mais s’intensifient.

La prochaine menace évidente est l’escalade plus avant de conflits ethniques, religieux et sociaux. De tels conflits sont dangereux non seulement en tant que tels, mais aussi parce qu’ils créent des zones d’anarchie, d’absence total de lois et de chaos autour d’eux, des lieux qui sont commodes pour les terroristes et les criminels, et où la piraterie, le trafic d’êtres humains et le trafic de drogue sont florissants.

D’ailleurs, nos collègues ont alors essayé de contrôler plus ou moins ces processus, d’exploiter les conflits régionaux et de concevoir des révolutions colorées en fonction de leurs intérêts, mais le génie s’est échappé de la lampe. Il semble que les pères de la théorie du chaos contrôlé eux-mêmes ne sachent plus quoi en faire ; il y a confusion dans leurs rangs.

Nous suivons de près les discussions à la fois au sein de l’élite dirigeante et de la communauté des experts. Il suffit de regarder les gros titres de la presse occidentale de l’année dernière. Les mêmes personnes sont appelées des combattants pour la démocratie, puis des islamistes ; d’abord, ils parlent de révolutions, puis ils parlent d’émeutes et de soulèvements. Le résultat est évident : la propagation du chaos mondial.

Chers collègues,

Compte tenu de la situation mondiale, il est temps de commencer à se mettre d’accord sur des choses fondamentales. Ceci est d’une importance et d’une nécessité extrêmes ; cela vaudrait beaucoup mieux que de se retirer dans nos propres retranchements. Plus nous faisons face à des problèmes communs, plus nous nous trouvons dans le même bateau, pour ainsi dire. Et la manière sensée de trouver une issue réside dans la coopération entre les nations, les sociétés, dans le fait de trouver des réponses collectives aux défis croissants, et dans la gestion commune des risques. Certes, certains de nos partenaires, pour des raisons bien à eux, ne se remémorent cela que lorsque c’est dans leurs intérêts.

L’expérience pratique montre que les réponses communes aux défis ne sont pas toujours une panacée, et il faut que nous comprenions cela. En outre, dans la plupart des cas, elles sont difficiles à atteindre : il n’est pas facile de surmonter les différences dans les intérêts nationaux et la subjectivité de différentes approches, en particulier lorsqu’il s’agit de pays ayant des traditions culturelles et historiques différentes. Mais néanmoins, nous avons des exemples où, ayant des objectifs communs et agissant sur la base des mêmes critères, nous avons obtenu collectivement un réel succès.

Permettez-moi de vous rappeler la résolution du problème des armes chimiques en Syrie, et le dialogue de fond conséquent sur le programme nucléaire iranien, ainsi que notre travail sur les questions nord-coréennes, qui ont aussi connu des résultats positifs. Pourquoi ne pouvons-nous pas utiliser cette expérience à l’avenir pour relever les défis locaux et mondiaux ?

Quelle pourrait être la base juridique, politique, et économique pour un nouvel ordre mondial qui permettrait la stabilité et la sécurité, tout en encourageant une saine concurrence, et en ne permettant pas la formation de nouveaux monopoles qui entravent le développement ? Il est peu probable que quiconque puisse proposer dès à présent des solutions absolument exhaustives et prêtes à l’emploi. Nous aurons besoin de beaucoup de travail et de la participation d’un large éventail de gouvernements, d’entreprises mondiales, de la société civile, et de plates-formes d’experts telles que celle-ci.

Cependant, il est évident que les succès et les résultats réels ne sont possibles que si les participants clés des affaires internationales peuvent se mettre d’accord sur l’harmonisation des intérêts de base, sur le fait de s’imposer des limites raisonnables, et de donner l’exemple d’un leadership positif et responsable. Nous devons identifier clairement où se terminent les actions unilatérales et nous avons besoin de mettre en œuvre des mécanismes multilatéraux. Et dans le cadre de l’amélioration de l’efficacité du droit international, nous devons résoudre le dilemme entre les actions de la communauté internationale visant à assurer la sécurité et les droits de l’homme, et le principe de la souveraineté nationale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un État, quel qu’il soit.

Ces collisions mêmes conduisent de plus en plus à une interférence extérieure arbitraire dans des processus internes complexes, et encore et encore, ils provoquent des conflits dangereux entre les principaux acteurs mondiaux. La question de la préservation de la souveraineté devient presque primordiale dans le maintien et le renforcement de la stabilité mondiale.

De toute évidence, discuter des critères de l’utilisation de la force extérieure est extrêmement difficile. Il est pratiquement impossible de la séparer des intérêts des nations particulières. Cependant, il est beaucoup plus dangereux de rester dans une situation où il n’y a pas d’accords qui soient clairs pour tout le monde, et où des conditions claires pour l’ingérence nécessaire et légale ne sont pas fixées.

J’ajouterais que les relations internationales doivent être basées sur le droit international, qui lui-même doit reposer sur des principes moraux tels que la justice, l’égalité et la vérité. Peut-être le plus important est-il le respect de ses partenaires et de leurs intérêts. C’est une formule évidente, mais le fait de la respecter, tout simplement, pourrait changer radicalement la situation mondiale.

Je suis certain qu’avec une volonté réelle, nous pouvons restaurer l’efficacité du système international et des institutions régionales. Nous n’avons même pas besoin de reconstruire quelque chose de nouveau, à partir de zéro ; ce n’est pas une « terre vierge », d’autant plus que les institutions créées après la Seconde Guerre mondiale sont relativement universelles et peuvent être dotées d’un contenu moderne et adéquat pour gérer la situation actuelle.

Cela est vrai quant à l’amélioration du travail de l’ONU, dont le rôle central est irremplaçable, ainsi que celui de l’OSCE, qui, durant 40 ans, a démontré qu’elle était un mécanisme nécessaire pour assurer la sécurité et la coopération dans la région euro-atlantique. Je dois dire que même aujourd’hui, en essayant de résoudre la crise dans le sud-est de l’Ukraine, l’OSCE joue un rôle très positif.

À la lumière des changements fondamentaux dans l’environnement international, l’augmentation des désordres incontrôlables et des diverses menaces, nous avons besoin d’un nouveau consensus mondial des forces responsables. Il ne s’agit pas de conclure certaines transactions locales ou un partage des zones d’influence dans l’esprit de la diplomatie classique, ni d’assurer la domination globale et complète de quiconque. Je pense que nous avons besoin d’une nouvelle version de l’interdépendance. Nous ne devrions pas avoir peur de cela. Au contraire, c’est un bon instrument pour harmoniser les positions.

Cela est particulièrement pertinent étant donné le renforcement et la croissance de certaines régions de la planète, processus qui nécessite objectivement l’institutionnalisation de ces nouveaux pôles, par la création de puissantes organisations régionales et l’élaboration de règles pour leur interaction. La coopération entre ces centres contribuerait sérieusement à la stabilité de la sécurité, de la politique et de l’économie mondiales. Mais afin d’établir un tel dialogue, nous devons partir du postulat selon lequel tous les centres régionaux et projets d’intégration qui se forment autour d’eux doivent avoir les mêmes droits au développement, afin qu’ils puissent se compléter mutuellement et que personne ne puisse artificiellement les forcer à entrer en conflit ou en opposition. De telles actions destructrices briseraient les liens entre les États, et les États eux-mêmes seraient soumis à des difficultés extrêmes, voire même à une destruction totale.

Je voudrais vous rappeler les événements de l’année dernière. Nous avions prévenu nos partenaires américains et européens que les décisions hâtives prises en coulisses, par exemple, sur l’association de l’Ukraine avec l’UE, étaient emplies de risques graves pour l’économie. Nous n’avons pas même évoqué les problèmes politiques ; nous n’avons parlé que de l’économie, en disant que de telles mesures, mises en place sans arrangements préalables, nuiraient aux intérêts de nombreux autres pays, dont la Russie – en tant que principal partenaire commercial de l’Ukraine –, et qu’un large débat sur ces questions était nécessaire. D’ailleurs, à cet égard, je vous rappelle que par exemple, les négociations sur l’adhésion de la Russie à l’OMC ont duré 19 ans. Ce fut un travail très difficile, et un certain consensus a finalement été atteint.

Pourquoi est-ce que je soulève cette question ? Parce qu’en mettant en œuvre ce projet d’association avec l’Ukraine, nos partenaires seraient venus à nous avec leurs biens et services par la porte arrière, pour ainsi dire, et nous n’avons pas donné notre accord pour cela, personne ne nous a rien demandé à ce sujet. Nous avons eu des discussions sur tous les sujets liés à l’association de l’Ukraine avec l’UE, des discussions persistantes, mais je tiens à souligner que notre action a été menée d’une manière tout à fait civilisée, en indiquant des problèmes possibles, et en soulignant les raisonnements et arguments évidents. Mais personne ne voulait nous écouter et personne ne voulait discuter. Ils nous ont simplement dit : ce ne sont pas vos affaires, point, fin de la discussion. Au lieu du dialogue global mais – je le souligne – civilisé que nous proposions, ils en sont venus à un renversement de gouvernement ; ils ont plongé le pays dans le chaos, dans l’effondrement économique et social, dans une guerre civile avec des pertes considérables.

Pourquoi ? Quand je demande à mes collègues pourquoi, ils n’ont plus de réponse ; personne ne dit rien. C’est tout. Tout le monde est désemparé, disant que ça c’est juste passé comme ça. Ces actions n’auraient pas dû être encouragées – cela ne pouvait pas fonctionner. Après tout (je me suis déjà exprimé à ce sujet), l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch avait tout signé, il était d’accord avec tout. Pourquoi ont-ils fait ça ? Dans quel but ? Est-ce là une manière civilisée de résoudre les problèmes ? Apparemment, ceux qui fomentent constamment de nouvelles « révolutions colorées » se considèrent comme de « brillants artistes » et ne peuvent tout simplement pas s’arrêter.

Je suis certain que le travail des associations intégrées, la coopération des structures régionales, doivent être construits sur une base transparente et claire ; le processus de formation de l’Union économique eurasienne est un bon exemple d’une telle transparence. Les États qui font partie de ce projet ont informé leurs partenaires de leurs plans à l’avance, en précisant les paramètres de notre association et les principes de son travail, qui correspondent pleinement aux règles de l’Organisation mondiale du commerce.

J’ajouterais que nous aurions également accueilli favorablement l’initiation d’un dialogue concret entre l’Eurasie et l’Union européenne. D’ailleurs, ils nous ont presque catégoriquement refusé cela, et il est également difficile d’en comprendre les raisons. Qu’est-ce qu’il y a de si effrayant à cela ?

Et bien sûr, avec un tel travail conjoint, on pourrait penser que nous devons nous engager dans un dialogue (j’ai évoqué cela à de nombreuses reprises et j’ai entendu l’accord de plusieurs de nos partenaires occidentaux, du moins en Europe) sur la nécessité de créer un espace commun pour la coopération économique et humanitaire s’étendant depuis l’Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique.

Chers collègues,

La Russie a fait son choix. Nos priorités sont d’améliorer encore nos institutions démocratiques et notre économie ouverte, d’accélérer notre développement interne, en tenant compte de toutes les tendances modernes positives observées dans le monde, et en consolidant notre société sur la base des valeurs traditionnelles et du patriotisme.

Nous avons un agenda pacifique et positif, tourné vers l’intégration. Nous travaillons activement avec nos collègues de l’Union économique eurasienne, de l’Organisation de coopération de Shanghai, du BRICS et avec d’autres partenaires. Ce programme vise à renforcer les liens entre les gouvernements, pas à les fragiliser. Nous ne prévoyons pas de façonner des blocs ou de participer à un échange de coups.

Les allégations et déclarations selon lesquelles la Russie essaie d’établir une sorte d’empire, empiétant sur la souveraineté de ses voisins, n’ont aucun fondement. La Russie n’a pas besoin d’un quelconque rôle spécial ou exclusif dans le monde – je tiens à le souligner. Tout en respectant les intérêts des autres, nous voulons simplement que nos propres intérêts soient pris en compte et que notre position soit respectée.

Nous sommes bien conscients du fait que le monde est entré dans une ère de changements et de transformations globales, dans laquelle nous avons tous besoin d’un degré particulier de prudence et de la capacité à éviter toutes mesures irréfléchies. Dans les années suivant la guerre froide, les acteurs politiques mondiaux ont en quelque sorte perdu ces qualités. Maintenant, nous devons nous les rappeler. Sinon, les espoirs d’un développement stable et pacifique seront une illusion dangereuse, tandis que la crise d’aujourd’hui servira simplement de prélude à l’effondrement de l’ordre mondial.

Oui, bien sûr, j’ai déjà souligné que la construction d’un ordre mondial plus stable est une tâche difficile. Nous parlons d’une tâche longue et difficile. Nous avons réussi à élaborer des règles pour l’interaction après la Seconde Guerre mondiale, et nous avons pu parvenir à un accord à Helsinki dans les années 1970. Notre devoir commun est de résoudre ce défi fondamental à cette nouvelle étape du développement.

Je vous remercie vivement pour votre attention.

Vladimir Vladimirovitch Poutine
Traduit par sayed7asan    

Sources : Заседание Международного дискуссионного клуба «Валдай» (kremlin.ru, russe, 24-10-2014) et Meeting of the Valdai International Discussion Club (kremlin.ru, anglais, 24-10-2014)

 

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L’ours de la taïga, la dédollarisation et la question du fou

Sur DEDEFENSA.ORG

25.10.14

Le discours du président russe Poutine lors de la onzième rencontre du Club Valdaï (Valdai International Discussion Club) a permis d’entendre pour la première fois de façon claire et précise de son chef, l’affirmation que la dédollarisation est en marche. Ce fut une étrange occurrence où Poutine joua à la fois son rôle de chef d’État et de leader antiSystème, et d’autre part le rôle d’une sorte d’anthropologue incrédule, demandant au bloc BAO, et particulièrement aux USA  : “Mais pourquoi faites-vous cela ?” (“pourquoi faites-vous ce que vous faites ?”), – c’est-à-dire, votre politique, votre frénésie de désordre et de pressions unilatérales, qui nous conduisent évidemment à chercher des alternatives au dollar ? Ou dit encore autrement, selon une expression employée par Poutine, “mais pourquoi sciez-vous la branche sur laquelle vous êtes assis, en nous poussant à diverses mesures contre vous, dont cette dédollarisation ?”

Pas de réponse certes, et aucun espoir d’en avoir, mais un discours intéressant et, effectivement, ces questions qui ne le sont pas moins. Nous nous concentrons sur cet aspect du discours de Poutine (la dédollarisation effective, déclenchée par les sanctions contre la Russie), mais on trouve d’autres aspects intéressants, tous marqués par une critique aigue des USA et du bloc BAO et par l’affirmation que la Russie, plus que jamais symbolisée par ce noble et puissant animal qu’est l’ours de la taïga, a décidé de suivre sa propre voie qui est de se tourner vers d’autres partenaires (“[L’ours] est considéré comme le maître de la taïga et, je le sais d’expérience, il ne veut pas vivre sous un autre climat où il ne serait pas à son aise. Quoi qu’il en soit, il ne cédera devant personne ; je pense que cela devrait être clairement compris... [...] La Russie a fait son choix, – nous voulons développer notre économie et les valeurs démocratiques. Nous y travaillons, notamment avec nos partenaires de l’Organisation de Coopération de Shanghai et avec les BRICS. Nous voulons que nos opinions soient respectées. Nous devons tous être prudents pour éviter de prendre des initiatives hâtives et dangereuses. Certains des acteurs de la scène mondiale semblent avoir oublié cette nécessité...”)

Russia Today (RT) donne, le 24 octobre 2014, un rapide résumé de l’intervention de Poutine sur le double thème des sanctions et de la dédollarisation ... «The sanctions imposed on Russia by the US and the West, among other financial blunders, are mistakes that have triggered the world to de-dollarize. Russian President Putin describes this as like “cutting down the branches, upon which they are sitting.” Putin said that sanctions have an overall negative effect on the entire global community, and actually motivate countries to seek financial sovereignty from the status quo. [...]

» “Politically-motivated sanctions have intensified the trend of economic and financial sovereignty, the desire of countries and regions would like to secure themselves against outside pressure,” he said. Dependence on a single global power will decrease, and new reserve currencies, such as the yuan and ruble, are already starting to emerge. “Now, an increasing number of countries are attempting to move away from dollar dependence and to establish alternative reserve currencies and settlement systems,” the President said.

»Maintaining global equilibrium becomes difficult when everyone stops playing by the rules, the President said, citing the precedent of the Cyprus bailout and the “politically-motivated” sanctions against Russia over its action in Ukraine. “Now they risk losing confidence as the leaders of globalization. My question is – why would they do it? The prosperity of the US depends on its investors, those that own dollar debt,” he said. “I think our American counterparts are sawing the branch they are sitting on,” Putin said,..»

... Ainsi pourrait-on parler d’une “doctrine Sinatra” pour la Russie, en souvenir amical de ces temps heureux où la rupture et la fin brutale de la Guerre froide semblaient pleines de promesses. En 1990, le ministre des affaires étrangères de Gorbatchev, Edouard Chevardnadze, avait qualifié le désir manifesté par les satellites est-européens de l’URSS en processus accéléré d’émancipation de sortir du Pacte de Varsovie qui se dissolvait à une très grande vitesse, de “doctrine Sinatra”. Il faisait allusion à la chanson My Way, adaptation par Sinatra du Comme d’habitude de Claude François, exprimant dans la version US le constat et la volonté de suivre sa propre voie pour faire sa propre vie. Poutine a donc proclamé sa propre version de la “doctrine Sinatra“, dissipant un malentendu né autour de 1990, avec l’arrivée d’Eltsine, vodka en bandouillère. Cette circonstance oiseuse, d’ailleurs favorisée par tous les agents américanistes du monde, avait fait croire à l’Ouest, futur bloc BAO, que la Russie, entretemps mise à l’encan par le même futur-bloc, abdiquerait toute prétention identitaire et souveraine pour se couler docilement dans le moule de la “gouvernance mondiale” que prétendaient et prétendent toujours assurer, chacun d’ailleurs avec ses illusions propres qui ne cessent d’accentuer de plus en plus les perceptions faussaires impliquées, les USA et l’UE constitués en un bloc BAO.

Mais à part le nom, la “doctrine Sinatra” de Poutine diffère de fond en comble de celle de Chevardnadze. Le temps des sourires et des visites à l’OTAN des chefs d’état-major des forces armées soviétiques puis russes a laissé place à des crispations extraordinaires de tension et de puissance contenues. Le ton et les termes du discours de Poutine sont calmes et mesurés, mais la résolution est évidemment inflexible, parce qu’il ne peut en être autrement. Manifestement, on a l’impression constante qu’en même temps qu’une affirmation politique résolue mais classique, le président russe ne cesse d’exsuder une stupéfaction sans fin. Il semble que ses affirmations évidentes soient soulignées, en arrière-plan, de l’interrogation constante, concernant la politique russe du bloc BAO : “mais comment et pourquoi font-ils cela et à qui croient-ils donc avoir à faire quand ils ont à faire à la Russie?” Effectivement, un tel discours fait s’interroger de savoir si tous nos distingués dirigeants, surchargés de diplômes et de réformes postmodernistes, savent ce dont il s’agit quand il s’agit de la Russie, – ou, disons, comme dit Poutine, du grand ours qui est le maître de la taïga. Tout cela culmine avec l’interrogation effectivement stupéfaite de Poutine, qui semble répétée sans fin : “Ma question est, – pourquoi font-ils cela ?” («My question is – why would they do it?»)

Cette question concerne effectivement la dédollarisation comme acte concret et extraordinairement déstructurant de l’ordre du bloc BAO, en plus de diverses autres avancées politiques. C’est la première fois que Poutine l’évoque en des termes si concrets, selon un constat si clair et sans détour. Il n’est plus temps de jouer au plus fin : la Russie “dédollarise” et elle n’est pas la seule, elle ne fait que caractériser, susciter, démarrer un mouvement qui va priver les USA de l’une de leurs armes principales... “Je pense que nos homologues [américains] sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis”. Ces diverses affirmations, – toujours le ton, la mesure et la résolution, avec cette constante stupéfaction en une sorte de basse continue, – montrent combien Poutine agit sans intention agressive ou mobilisatrice, mais bien qu’il y est contraint par la politique du bloc, qu’il le fait parce qu’il le faut, sans joie particulière mais aussi sans la moindre hésitation, et finalement sur la voie (“doctrine Sinatra”) d’y trouver évidemment des avantages considérables pour la Russie et ses amis. En fait, l’impression dominante serait que ce discours serait plus important par l’interrogation à propos de l’étrange comportement des “homologues” du bloc BAO, que par l’affirmation de la Russie qui, elle, va évidemment de soi, sans nécessité de discours finalement. On comprend d’autant mieux ce constat inattendu que, de tous côtés, – sauf du côté de l’Ouest du monde certes, –s’accumulent les rapports et les commentaires sur les catastrophiques conséquences pour le bloc BAO de la “politique” du bloc BAO.

(Voir par exemple l’article de Edward Lozansky et de Martin Sieff, – Martin Sieff, ancien journaliste-vedette de United Press, – deux dirigeants universitaires US de l’American University de Moscou qui n’ont rien de “dissidents” US pro-Poutine, dans Inside Russia, ce 25 octobre 2014Sanctions Policy Is a Massive Fail. Hurting Europe, Helping China, and Isolating... the US. The policy is short-sighted, petulant, and self-destructive. It’s making Putin more popular and strengthening Russia's resolve on Ukraine. EU and Washington are “deluded”.»] «It is indeed an extraordinary strategic fantasy to imagine that the United States and the EU can “isolate” Russia and China, which are not so lonely after all... [...] Policymakers in Washington and Brussels continue in the delusion that they live in an “End of History” world where their shared liberal and democratic values are bound to win – and quickly – over every alternative economic and political system... [...] Economic sanctions are not isolating Russia: They are isolating the United States and straining the bonds of the European Union. Those outcomes are already clear.»)

Ainsi soit-il... Le discours de Poutine, au Club Valdaï dans sa onzième session annuelle, constitue l’annonce officielle de l’ouverture de la voie de la dédollarisation. C’est l’événement conjoncturel le plus important qui résulte de l’étrange crise ukrainienne, ouverte et poursuivie sans aucun frein par le bloc BAO, selon une perception extraordinairement faussaire de la situation. Ce que va montrer cette voie de la dédollarisation, encore plus que le considérable basculement géopolitique qu’elle amorce, c’est l’extraordinaire enfermement de la perception du monde des dirigeants des USA et de l’UE, la fantastique autosuggestion qui anime cette perception, cette “extraordinary strategic fantasy” dénotant en fait une situation encore plus hors du commun, une “extraordinary psychological fantasy”...

C’est-à-dire que si l’on comprend parfaitement Poutine, la logique de sa démarche, sa volonté de préserver et d’affirmer la “voie” sociale et culturelle de la Russie, la puissance de la Russie, la réalité des soutiens extérieurs de la Russie, l’évidence de la démarche de la dédollarisation, etc., on doit aussi savoir que l’important, sinon l’essentiel réside dans cette “extraordinary fantasy” caractérisant le comportement du bloc BAO (du terme fantasy tel qu’introduit dans notre idée de fantasy-narrative inauguré dans notre texte du 1er septembre 2014). Ce n’est pas une situation normale, et c’est bien pourquoi l’importance réelle du discours de Poutine réside dans cette question («My question is – why would they do it?») ; car c’est bel et bien la question de l’état de l’esprit d’un bloc BAO complètement sous l’empire du Système qui est posé, et c’est bel et bien la question du fou...

Mis en ligne le 25 octobre 2014 à 14H36

 

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Discours intégral de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial (24 octobre 2014)

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26 octobre, 2014 Posté par voltigeur 18 commentaires

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Monsieur Poutine dit tout haut, ce que nous constatons des manœuvres pour instaurer ce NWO ou Nouvel Ordre Mondial, selon les règles « bulldozer » de ces soi disant amis et partenaires, qui ne pensent qu’à leurs intérêts. On peut se rendre compte, que les guerres « humanitaires » la distribution de la « démo[n]cratie », les droits de l’homme etc… ne sont mis en avant, que pour assoir une hégémonie mondiale. Loin d’apporter la paix, et l’entente entre les peuples, c’est le chaos et la misère qui sont présents. Cette intervention du Président de la confédération de Russie, ne passera jamais en prime time  sur nos médias aux ordres. Profitons de la sagesse de cette analyse, en gardant à l’esprit que tout est lié. Rien n’est innocent dans les propos, d’où qu’ils viennent. Merci à Sayed Hasan.

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Posté par Jocegaly à 12:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

La Chine et 20 autres pays asiatiques lancent une banque rivale à la Banque mondiale

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La Chine et 20 autres pays asiatiques lancent une banque rivale à la Banque mondiale

Les Etats-Unis perdent chaque jour un peu plus de pouvoir sur la planète et s’inquiètent de la création de cette nouvelle banque, leur contrôle de la finance devient problématique puisque les BRICS deviennent des adversaires de poids, un poids qu’ils n’ont pas eu jusqu’à présent, mais pas uniquement. La situation financière des USA ne leur permettent plus de se montrer aussi orgueilleux qu’auparavant, ils sont trop endettés, les réserves d’or sont épuisées, seuls les conflits organisés pour mieux piller les ressources et les subterfuges pour faire tenir l’économie moribonde leur permet de faire perdurer l’illusion… Les alliances se multiplient, et maintenant, une banque concurrente à la banque mondiale apparaît, une banque qui ne sera donc pas sous le contrôle des américains! Seul ombre au tableau, seul l’avenir apportera des réponses quand à la fiabilité de cette alliance, la présence du Qatar qui depuis longtemps déjà joue double-jeu dont celui des Etats-Unis…

La Chine et vingt autres pays ont signé, le 24 octobre, un protocole d’accord visant à créer une banque FOREIGN201406300829000467313233482régionale spécialisée dans le financement des infrastructures, et conçue comme une alternative à la Banque mondiale.

L’Inde, Singapour, le Kazakhstan, Pakistan, le Vietnam et le Qatar figurent parmi les 21 pays signataires de l’accord. Le Japon n’a pas signé cet accord en raison de la rivalité avérée entre Pékin et au Tokyo sur les plans militaire, économique et politique.

A noter également que l »Australie, l’Indonésie et la Corée du Sud n’