Jean-Luc Mélenchon agit comme un révélateur de la conscience française
Le mode d’expression de Jean-Luc Mélenchon est salutaire. Dans un monde politique et médiatique où les mots sont anesthésiés et vidés de leur contenu social, il parle un langage de vérité, sincère, honnête et cash.
Parler comme lui est sans doute une façon de sauver la politique. Aujourd’hui, quand une personne allume la télévision et tombe sur un politique, elle change de chaîne. Et ce, car une petite musique semblable résonne d’un homme politique à un autre. La plupart des Français considèrent donc qu’il y a une arnaque dans le discours politique. Ils éteignent souvent leur télé et arrêtent alors de réfléchir politiquement pour aller vers un canal de télé-réalité ou un autre divertissement.
L’objectif de la gauche est de changer la société. On ne peut donc pas se satisfaire de l’éloignement de de la politique des Français. Un de nos principaux problèmes est que 70% des ouvriers s’abstiennent aux élections. Le discours de Jean-Luc Mélenchon capte l’attention. Beaucoup de gens le critiquent mais personne ne lui conteste son honnêteté. Par cette sincérité, il est susceptible de rappeler à la politique beaucoup des nôtres. Parmi les hommes et femmes politiques, il fait d’ailleurs les meilleurs scores d’audiences lors de ses passages à la télévision.
Le «salaud» agit sans se poser la question des conséquences morales
Mais, nous vivons un changement d’époque que je réalise avec tristesse. Je milite depuis 20 ans et quand j’étais jeune militante, si quelqu’un s’en prenait à Jean-Marie Le Pen, quels que soient les mots utilisés, il ne serait jamais venu à l’idée de personne de le défendre. Aujourd’hui, lorsque Marine Le Pen fait l’objet d’un mot un peu dur ou moqueur de la part de Mélenchon, beaucoup de personnes viennent à sa rescousse.
Aujourd’hui, les gens tiennent compte de la forme avant tout. Ils ont totalement dédiabolisé le FN. Il est devenu un parti comme les autres alors qu’il ne l’est pas. Son programme est extrêmement brutal notamment vis-à-vis des immigrés. Mais là, cela ne choque personne. Jean-Luc Mélenchon agit donc comme un révélateur de la conscience française et de son langage. Il oblige chacun à réfléchir.
Concernant Pierre Moscovici, salopard est un terme utilisé au sens littéraire de Jean-Paul Sartre : le salaud est l’homme qui agit sans se poser la question des conséquences morales de ses faits et gestes. A l’Eurogroup, Pierre Moscovici a participé à des discussions techniques sur les banques chypriotes. Ils ont alors décidé de prélever de l’argent sur tous les comptes en banque y compris ceux des petits déposants. Ce qui me choque c’est qu’on appelle cela de la technique bancaire et pas qu’on appelle cela «être un salopard». Ces mots révélateurs sont une condition pour la construction d’une pensée et d’une société plus à gauche.
J’invite tout le monde à parler comme lui pour lancer une vraie réflexion
La gauche ne peut pas gagner dans une société anesthésiée dans laquelle tous les mots et les actes se valent. Le langage de Jean-Luc Mélenchon n’est pas de l’exagération, il est beaucoup plus juste que le langage faussement neutre utilisé constamment. J’invite tout le monde à parler comme cela pour lancer une vraie réflexion.
Même des grands hommes comme Bernard Pivot regrettent qu’on ait un langage aussi policé. Il y a une semaine, il tweetait en se demandant pourquoi on avait arrêté d’utiliser le mot foutre en France («Il n'y a guère, "foutre" était un juron très prisé. Foutre non! Foutre merde! Foutrebleu! Putain, pourquoi foutre a-t-il disparu?).
Pourquoi quand Bernard Pivot l’écrit, est-ce bien ; mais quand il s’agit de Jean-luc Mélenchon, c’est louche?
L’étrange "mauvaise affaire" de Thomas Fabius

Le fils du ministre a payé 7,4 millions d’euros un bien qui avait été vendu 4,4 millions deux ans auparavant.
Paris Match s’est procuré l’acte de vente du fameux appartement acheté boulevard Saint-Germain par Thomas Fabius. Il établit que le fils du ministre des Affaires étrangères a payé 7,4 millions d’euros un bien qui, deux ans auparavant, avait été cédé 4,4 millions. Comment expliquer un tel écart ? Thomas Fabius a-t-il si peu le sens des affaires ? A moins que cette transaction ne cache une opération de blanchiment. C’est en tout cas une des hypothèses sur lesquelles planchent aujourd’hui les policiers de l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).
Vingt-six mille euros le mètre carré. Un record dans ce quartier
L’histoire commence le 19 avril 2012, trois jours avant le premier tour de l’élection présidentielle. Héritière d’une famille de la grande distribution, Béatrice B. signe, ce jour-là, une promesse de vente pour un appartement de 285 mètres carrés boulevard Saint-Germain, au coin du boulevard Raspail. Le bénéficiaire est la société civile immobilière Poopie Woopie, gérée par une jeune Hollandaise, Irma S. Jamais le nom de Thomas Fabius n’apparaît. C’est pourtant lui le propriétaire de cette SCI. Sur l’acte de vente, l’appartement est décrit ainsi : « Cinquième étage, huit pièces principales, cuisine, dégagements, trois WC, salle de bains avec dressing, salle de bains, salle d’eau avec WC, cheminées. » Le prix est fixé à 7,4 millions d’euros. Soit 26 000 euros le mètre carré. Un record dans un quartier où il tourne autour de 15 000 euros. C’est d’ailleurs à ce prix – 4,4 millions – qu’il avait été précédemment acquis, en mai 2010, par Béatrice B. auprès du réalisateur Claude Zidi. Qu’est-ce qui justifie une telle augmentation en seulement deux ans, alors qu’entre-temps le marché immobilier a stagné ? « Je l’ai acheté à un prix très bas et l’ai ensuite remis en état. J’ai rencontré Thomas Fabius par une amie commune. C’est le seul acheteur potentiel que j’ai vu », nous a répondu, un peu gênée, Béatrice B. Cette femme de 47 ans, collectionneuse d’art contemporain, suscite bien des interrogations chez les policiers qui l’ont entendue fin mars. Très riche, elle a détenu, selon Artcurial, un tableau de Basquiat estimé à 2,5 millions d’euros qui sera mis en vente début juin. Sa sœur et son beau-frère possèdent en Normandie un haras réputé dans le monde des concours hippiques. Ils ont longtemps côtoyé un autre propriétaire de chevaux, François Fabius, le frère de Laurent, décédé en 2006. Au téléphone, Béatrice B. nie tout arrangement avec la famille Fabius : « Je ne les connaissais pas avant cette vente. »
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"Les nouveaux chiens de garde" - Jacques Kirsner (producteur de CE FILM°) : « France Télévisions m’a blacklisté ! »
Voici le texte ( accompagné de ce titre) que je reçois de Jacques Kirsner, producteur reconnu, qui se dit « blacklisté » par France Télévisions: Le récit, sous sa plume, des relations tumultueuses entre un professionnel du petit écran et ce groupe. Avec en toile de fond, l’ombre de Nicolas Sarkozy…
L’interdit
Jem Productions a été créée en 1994.
Durant ces dix-neuf années nous avons produit vingt-cinq documentaires et une vingtaine de téléfilms et de longs métrages. Ainsi, ces derniers temps, nous avons sorti : Cuba année zéro, Un monde dans tous ses états, Victor Serge, Clemenceau, Drumont histoire d’un antisémite français, et, au cinéma, Les nouveaux chiens de garde.
Aucune raison d’avoir honte.
Nous produisons, comme tous les producteurs indépendants avec des hauts et des bas, mais nous produisons.
Il y a quinze mois, avec l’arrivée d’un nouveau directeur sur France 3, la situation a brusquement changé. Une série sur laquelle nous travaillions depuis un an, Cuba Rumba a été brutalement stoppée, une partie des frais remboursée, la production de Clemenceau avancée.
Mais à partir de ce moment, la situation a radicalement changé.
Tous les projets, je dis bien tous les projets que nous avons proposés ont été systématiquement refusés. Toute discussion devenait impossible. Un exemple. Je soumets à la directrice de la fiction le projet d’une adaptation d’un livre formidable, Le goût du roi : refus immédiat. J’insiste, pour qu’il y ait un échange -ce qui a toujours été le cas- avec l’auteur et le producteur. Réponse d’Anne Holmès :
- « Après étude du document avec l’équipe fiction et la direction des programmes nous vous avons signifié notre refus. Je suis à votre disposition pour en parler avec vous, mais sachez que la décision de France 3 est prise et irrévocable. »
Je propose d’autres projets dont un Simenon, un scénario original, jusqu’au moment où un chargé de mission me confie :
- « Inutile, tous tes projets sont refusés par Thierry Langlois ».
J’ajoute que la responsable des documentaires s’est alignée avec zèle sur la même attitude…
Ni fiction, ni documentaire sur France 3 : interdit professionnel.
Sur France 2, nous avions un projet en bonne voie de développement. Coup de téléphone du responsable, bouleversé :
- « Jacques, la hiérarchie vient de me demander d’arrêter Le mal de mère. Je ne sais pas pourquoi. Je suis désolé ». Avec courage cette personne me l’a confirmé par écrit.
Ni France 3 ni France 2… : interdit de séjour sur les deux chaînes.
Pour un producteur qui vit essentiellement de la fiction, la situation devient intenable. Jamais sur France 5 nous n’avons eu à faire face à de tels comportements : mais impossible de vivre seulement avec des documentaires.
Jem Productions avait un projet de fiction sur ARTE -où travailler est un véritable plaisir- qui s’est confirmé : Marcel Dassault, l’homme au pardessus. Ce film nous a fait gagner plusieurs mois. À l’étonnement des dirigeants d’ARTE et alors qu’un responsable de France Télévisions confiait son admiration pour un scénario qu’il qualifiait de « magnifique », la coproduction avec France 3 ou France 2 a été refusée. L’Interdiction Professionnelle était établie.
Bruno Patino est intelligent et talentueux. En témoigne son remarquable essai « La condition numérique » qui parle de la condition humaine. Il m’a assuré qu’il ne tolérerait pas qu’un producteur soit « blacklisté ». Je le suis…
À son initiative j’ai rencontré récemment le précité Monsieur Thierry Langlois, directeur des programmes de France 3. L’échange a été poli, constructif puisqu’il me demandait quels étaient mes projets susceptibles d’être produits sur sa chaîne. A la fin, me quittant, il déclarait :
- « Je vois Bruno demain et je reviens vers vous dans trois ou quatre jours ».
C’était le 10 avril.
À ce stade, un producteur un tant soit peu paranoïaque envisagerait volontiers l’hypothèse d’un complot. Parlons plutôt de normalisation, de volonté d’écarter un gêneur.
Il y a quelques mois, interrogé par Le Figaro, je déclarais :
- « France Télévisions est un bateau ivre. Rémy Pflimlin, son patron a changé trois fois la direction de France 2 et France 3. (…) La téléréalité pollue ces deux chaînes. On chasse les saltimbanques. Le pouvoir appartient, sur le service public, à ceux qui sortent des écoles de commerce et non aux créatifs. France 5 est un modèle, la seule chaîne du service public digne de ce nom ».
On peu discuter du style, du ton, de l’opportunité. Mais sur le fond j’abordais les problèmes qui ont en partie trouvé un écho : quelques semaines plus tard le président de France Télévisions bouleversait son organigramme et mettait au centre de ses préoccupations… les programmes.
Interdire un producteur, comme par hasard le producteur des Nouveaux chiens de garde parce qu’on ne partage pas ses opinions dénote un comportement d’une affligeante banalité, mais qui, lorsqu’il s’applique sur et au nom du service public, est scandaleux.
France Télévisions va mal. Tout le monde le sait, tout le monde le dit, mais qui souhaite son redressement ? Il faudrait rassembler les énergies, les diversités, les points de vue contradictoires pour recréer « du sens« , de l’énergie positive, de l’enthousiasme. On fait le contraire. Les mesures administratives et la vacuité l’emportent.
- « C’est dans le vide de la pensée que s’inscrit le mal » Hannah Arendt.
Rémy Pflimlin. Flash back.
Il y a près de deux ans le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy[1] me demandait mon avis sur la nomination du futur Président de France Télévisions. Il penchait pour un jeune homme incarnation du libéralisme. Je m’y opposais en défendant la candidature de Rémy Pflimlin avec lequel je n’avais pas de liens particuliers. La discussion fut rude comme c’était souvent le cas avec l’ex-Président, mais il y eut discussion, avec moi et avec d’autres. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy m’annonçait qu’il avait décidé de nommer Rémy Pflimlin. En me raccompagnant il me glissait dans un sourire :
- « Il te trahira à la première occasion ».
C’était bien vu.
Interdit de séjour : cette situation doit cesser. Je devais m’exprimer publiquement par amitié pour les metteurs en scène, les scénaristes et tous ceux qui travaillent avec Jem Productions.
Trop c’est trop. Le seuil de tolérance a été franchi. Que chacun prenne ses responsabilités.
Jacques Kirsner
Producteur et scénariste
[1] J’ai connu Nicolas Sarkozy lorsque j’ai acquis les droits du livre « Georges Mandel, le moine de la politique ». Alors il était isolé, rejeté dans son parti comme dans l’opinion publique après la défaite de Balladur. Avec mon ami scénariste Jean-Michel Gaillard nous avons frappé à toutes les portes audiovisuelles. Personne ne voulait du projet. Un jour, miracle, Patrice Duhamel que je ne connaissais pas, nommé à la direction de France 3 m’annonce qu’il fera Mandel. C’est grâce à lui que ce film magnifique avec Jacques Villeret et Catherine Frot a existé.
Nigel Farage: "De la fraude fiscale envers les contribuables européens"
il y a 13 heures Nigel Farage critique fortement les membres du parlement européen qu'il accuse de réaliser de la fraude fiscale en ne payant que 12% d'impôts sur leurs énormes salaires d'eurodéputés. Mais ils les félicite pour avoir passé une loi protégeant les citoyens contre l'huile d'olive. ahahahahahah énorme !!!


