CAP 2012... et après?

13/02/16

Professeur Henri Joyeux : combat contre les vaccinations abusives

 

Ajoutée le 12 févr. 2016

Le Professeur Henri Joyeux s’est lancé depuis plusieurs mois dans un combat pour protester contre les vaccinations abusives. Avec une pétition signée par plus de 700 000 personnes, il réclame le rétablissement du vaccin simple DTP, comme la loi l’exige. Alimentation, mode de vie, il nous donne les clés pour une meilleure prévention du cancer par des règles simples de santé.

 

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12/02/16

PRESIDENTIELLES 2017 - Mélenchon Moi-Je quelle misère !

11 févr. 2016

Le paradoxe avec Mélenchon c'est que toute son attitude et sa conduite vont à l'encontre, absolument, de ses appels incantatoires au peuple, à la volonté populaire, à la démocratie, à la rebellion collective et autres antiennes dominicales qu'en bon prélat laïc il contredit allègrement dès le lundi.

Le voici candidat autoproclamé dans l'absolue solitude du démocrate de façade et du bonapartiste de fond. Car c'est bien de cela qu'on doit le taxer. Il veut se placer "au dessus", au de là. Il dit "se proposer" mais tente de s'imposer. Il nous resasse avec l'humain d'abord et joue de l'inhumaine aventure personnelle du césar (heureusement au petit pied dans son cas).

Il est là, pérore, s'emballe, se propose, s'impose, moijeïse avec sa petite télé à soi-même... Il ne prétend pas incarner un programm et le présenter, non, il se présente lui-même. Le programme est vite évacué avec un cf. l'humain d'abord élaboré quatre ans auparavant. Exit, le fond, il en revient au vrai sujet : lui-même. Cela a quelque chose d'à la fois hallucinant et pitoyable.

Ses partisans feraient bien, quand même, de réfléchir à ce qu'il fait et du coup incarne c'est à dire la totale adhésion à la cinquième république, à ce qu'elle a de pire, de plus religieux, mystique, apolitique : cette fameuse rencontre d'un homme avec le peuple, source de toutes les dérives, de toutes les folies surtout les pires, et surtout, surtout de la plus complète dépolitisation des masses, d'un décervelage par lequel on ne demande plus au collectif d'inventer la vie mais de remettre le devenir de la sienne dans les mains mythifiées d'un petit sauveur suprême.

Et tous les appels ronflants, troisième républicards du mitterrandolâtre Mélenchon, ne pourront le cacher : loin de faire appel à l'inventivité et à l'autoorganisation du "peuple" qu'il affecte de tant révérer, il veut jouer le joueur de flûte et l'entraîner par la magie de soi et de son verbe dans  son providentiel sillage.

C'est d'autant plus désastreux qu'ainsi Mélenchon est, dans ce qu'on appelle encore la gauche, le seul à ne pas se situer dans une démarche collective, le seul.

Les hollandais peuvent se targuer de la légitimité du sortant qui, du haut de son élection passée peut prétendre solliciter un renouvellement. Les "frondeurs" peuvent eux en appeler à une primaire dans le PS ou dans la gauche, une démarche là encore à forme collective. Ceux qui pétitionnent pour une primaire de tout ou partie de la gauche de même. Lutte Ouvrière fait reposer sa candidate sempiternelle sur un collectif qui a sa légitimité.

Mais lui...

Moi Mélenchon je me propose depuis moi-même, en faisant fi de mes comparses du FG, avec une belle désinvolture même pas expliquée, donc même pas politisée, sans débat, sans consultation, du haut de ma seule absence absolue de vergogne. Et j'en appelle d'ailleurs à des comités à coup sûr "citoyens" à se constituer dare dare derrière ma citoyenne personne.

Ce Front de gauche dont on nous a rebattu tant et plus les oreilles, d'appareils patiemment rassemblées lors d'appels solennels à l'unité l'importune désormais. Il n'en est plus question, il ne s'en explique même pas, ne s'en soucie pas, jette aux orties son unitarisme d'hier. Seule désormais compte sa "proposition" de soi par soi et soi seul au peuple. Il n'a plus besoin d'onction collective. Il l'illustre d'ailleurs, premier pas, en recevant l'ex présidente du parlement grec (oppositionnelle à Syriza désormais), et lui infligeant le camouflet quasi machiste durant cette interview sensément d'elle de ne parler que de lui, de lui et encore de lui.

Au fond, cette candidature autoproclamée signe à sa façon l'acmé de la dépolitisation actuelle du peuple de gauche et de notre profonde déréliction politique !

Quelle misère.

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Remaniement ministériel février 2016- Jean-Michel Baylet : ministre et puissant patron de presse

Xenia Swinzow
Sacré Hollande ! Soit il le fait exprès, soit il n'a vraiment plus rien à se mettre sous la dent... Car au-delà des retours et des trahisons politico-politiciennes, une autre nomination au gouvernement commence à faire jaser : celle de Jean-Michel Baylet, ministre mais aussi patron de plusieurs journaux. Et qui, comme ses autres camarades... est lui aussi addict à la franc-maçonnerie (depuis 1991 au sein de la loge Demain du Grand Orient de France).

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Jean-Michel Baylet : ministre et puissant patron de presse

Au-delà des retours et des trahisons politico-politiciennes, une autre nomination au gouvernement commence à faire jaser : celle de Jean-Michel Baylet, ministre mais aussi patron de plusieurs journaux.

Cherchez l'erreur. Jean-Michel Baylet, le nouveau ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales, est aussi un puissant patron de presse, propriétaire de La Dépêche du Midi et de Midi-Libre.

La "une" du doute

Alors, ses journalistes peuvent-ils rester indépendants ? Au lendemain du remaniement, beaucoup en doutent, au vu de la "une" du quotidien notamment. Alors que plusieurs titres de la presse française étrillaient ce vendredi le chef de l’Etat, qualifié de « Monsieur Bricolage » ou accusé de "replâtrage" et de calcul politique, La Dépêche du Midi titrait avec un sympathique "Président jusqu’au bout" :

Un éditorial particulièrement élogieux

Plus gênant encore, l’éditorial de Jean-Claude Souléry, qui n'y va pas par quatre chemins pour écrire son admiration au chef de l’Etat : "La nouvelle équipe désignée hier répond clairement à deux exigences: apporter une meilleure cohérence à l'action gouvernementale (...) façonner une équipe de combat, la plus élargie possible, alliant la jeunesse à l'expérience. (...). Par son ampleur et son habile dosage politique, le nouveau gouvernement constitue un +pari raisonnable+ sur l'avenir. Nous pourrions dire que François Hollande réussit la meilleure synthèse à gauche possible".

Des critiques sur les réseaux sociaux

Une analyse très peu partagée par la presse mais aussi par les internautes qui n’ont pas hésité à railler ce mauvais mélange des genres, sur Twitter notamment :

 

 

 

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Le burn out Français et nos résignations

 

sur le Clairon

J’ai atteint un tel niveau d’exaspération politique que j’ai l’impression d’être au bord du burn out. Chaque jour je prends directement dans le ventre la honteuse réalité. Je vis dans un pays malade de partout, avec à sa tête des petits français, élus par la magie de tous nos renoncements, assis sur leurs privilèges, vidant les caisses à tour de rôle et à tours de bras sous nos yeux ébahis, se moquant allègrement de nos conversations et de nos avis, s’octroyant des primes, des salaires, des taux, des toits et des avantages généreux, inventant des lois scélérates sous la panique, chantant la Marseillaise au Congrès de Versailles, la larme à l’oeil entre deux mises en examen, désertant leur poste à l’Assemblée, démissionnant de leurs ministères pour retrouver leur mairie, profitant de leur poste, les yeux dans les yeux, pour placer l’oseille au frais, écrivant des livres de promesses malodorantes, courant de plateaux en plateaux pour déverser leurs éléments de langage, vidant le langage de tous ses éléments, bafouant la vérité au profit du profit, mentant le mardi pour se repentir le jeudi et se représenter le dimanche, la gueule enfarinée, rasant gratis et sans état d’âme, bénis par leurs camarades de promotion, coudes à coudes, soudés, calés dans les dorures, au son de la trompette républicaine lustrée par notre impôt massif et note dette souveraine.

J’ai la nausée, elle est là et elle ne me quitte plus, elle s’intensifie.

Je cherche des traces de l’intérêt général, je ne le trouve pas. Il a été noyé sous les partis, les syndicats, les associations, les lobbies, les groupes, les intérêts particuliers, les privilèges des uns qui font les bénéfices des autres. Le blocage est total, les verrous sont rouillés et les flambeurs continuent de parader devant six millions de chômeurs, une école qui se délite, une santé attardée, un indice de bonheur qui s’écroule au 29ème rang derrière le Qatar et une consommation d’anti dépresseurs qui fait le délice de nos laboratoires, eux aussi bien placés dans la course aux bien placés. Je dégueule ma peine et je pisse dans un violon. Comme vous. Français impuissant à qui l’on fait croire tous les cinq ans qu’ils ont leur destin en main, comme des veaux qu’on mène à l’abattoir en leur caressant le flanc sous une musique douce pour faciliter l’anesthésie. Cinq ans à nous déchirer pendant qu’une petite bande de petits français joue avec nos vies, nos économies, nos rêves de bonheur simple et de paix sociale. De temps en temps ils nous filent un os à ronger, qui d’un mariage pour tous, qui d’une loi de renseignement, qui d’une déchéance ou d’une indignité, et nous sautons dessus comme prévu, en bons petits soldats. Ils nous divisent à l’intérieur de nos familles, à l’heure où nous devrions plus que jamais nous aimer. Je suis écoeuré et perdu, silencieux, tétanisé par le sentiment d’impuissance. Les gens comme moi n’appartiennent à aucun intérêt particulier, hors celui de vivre bien ensemble, sans se déchirer, sans se méfier les uns des autres, tranquillement vivants sans faire de vague. Mais ça ne se passe plus comme ça… Cet hiver, l’un des nôtres est mort à trois cents mètres de l’Elysée. Je dis bien l’un des nôtres. Un membre du village, un cousin de cousin, certainement. On l’a laissé crever comme un rat aux pieds du Palais. Sans domicile. Pendant ce temps-là l’Élu assistait à des matchs de rugby et commémorait les chrysanthèmes, s’asseyait sur l’Histoire pour laisser une trace, de frein. Je n’en veux plus, de ces simulacres d’un temps passé et révolu.
Je ne veux plus d’un homme qui dit « moi je », il est temps que nous disions Nous. Aucune raison morale, technique et même de bon sens, qu’un seul homme du haut de ses petits arrangements entre amis, puisse décider d’envoyer le pays dans la guerre, et même de nommer la guerre, sans que nous, NOUS, ayons dit qu’il le pouvait. Aucune raison de modifier notre constitution sur l’autel de la peur. Aucune raison de prendre seul des responsabilités plus grande que lui. Sommes-nous donc fous d’oublier sans cesse, de fermer les yeux, comme ces femmes battues qui voudraient fuir mais ne le peuvent pas, prisonnières d’une peur qui les paralyse ? Si peu de choix entre l’incompétence, la malhonnêteté et la résignation ? Nous irons bientôt, en 2017, comme des moutons sous morphine, choisir entre trois personnages, glissant dans l’urne le nom d’un comédien, maquillé, média-trainé, porté par des intérêts qui nous sont étrangers. Le goût des jeux, même sans le pain, nous donnera quelques temps notre dose d’adrénaline et comblera notre sens du débat. Le lendemain, les trois quarts de la population auront la gueule de bois et retourneront tête baissée vaquer à leurs espoirs corrompus, jusqu’en 2022.

J’ai perdu le goût de ce cirque. Le pays est au bord du burn out et à la fin de cet article, je ne sais toujours pas ce que je peux faire. Cercle vicieux et vertigineux. Ce qui me fait peur, c’est ma propre résignation et cette colère stérile qui ne fait qu’engendrer de la colère stérile. À quel moment la somme de ces colères pourra-t-elle produire un son commun, un premier pas vers une remise au goût du jour de notre dignité ?

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Video-entretien : Thierry Mariani - Immigration (Calais, Europe) - Révision constitutionnelle : déchéance de nationalité

0'00 Immigration : Calais Europe

3'25 déchéance de nationalité pour les terroristes

https://www.youtube.com/watch?v=BIvNfWw2fU4&feature=share

  Boulevard Voltaire

Ajoutée le 11 févr. 2016

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L’orthographe, c’est l’hygiène de la langue, par Bruno Guigue

Culture France

Ne nous leurrons pas : cette ahurissante « réforme de l’orthographe » n’est pas une bévue socialiste de plus, mais la dernière étape d’un vaste chantier de démolition. Car, depuis des années, le gouvernement s’acharne contre ce qui fonde la transmission même du savoir scolaire : l’acquisition des connaissances par l’apprentissage de règles communes. Relâchement de la discipline et banalisation de l’incivisme, tyrannie des parents d’élèves (désormais indemnisés pour siéger aux conseils de classe), dissolution des savoirs disciplinaires au profit d’une « interdisciplinarité » vaseuse, suppression des classes bilingues, des langues anciennes et des bourses à caractère méritoire jugées « élitistes », mise en cause de la notation chiffrée au motif qu’elle serait « blessante » : toutes ces mesures sapent la légitimité de l’institution scolaire au moment même où la dictature du Tout-Marché accroît les inégalités sociales et pénalise les enfants issus des milieux modestes.

Pour parachever cette œuvre destructrice, il ne manquait plus, en effet, que la réforme de l’orthographe : parce qu’elle serait « trop difficile », parce qu’elle ne sert à rien, parce que l’écriture SMS, au fond, est l’écriture de demain, parce que la langue nationale est le dernier réduit d’un « souverainisme » abhorré, parce que le « fond », paraît-il, est plus important que la « forme », l’écriture de 2 400 mots sera désormais « simplifiée ». Mais c’est oublier qu’une langue est un code culturel partagé dont l’acquisition rend possible le vivre-ensemble, qu’il n’y a pas de société muette et que pour dialoguer il est impératif de se comprendre, c’est-à-dire de pratiquer la même langue, obéissant aux mêmes règles. Bref, c’est oublier que l’orthographe, avec la grammaire dont elle est la sœur-jumelle, est l’hygiène de la langue. Car l’orthographe ne se contente pas de déterminer des règles intangibles en fixant la norme, précisément, de « l’écriture droite ». Elle témoigne aussi des origines multiples, et pas seulement gréco-romaines, de la langue française : il n’y a pas d’étymologie sans orthographe, et ignorer l’orthographe, c’est insulter ses origines linguistiques. Mieux encore, c’est l’orthographe, par sa rigueur, qui autorise la subtilité de la langue française, qui favorise l’expression de la nuance, qui pare notre langue de mille couleurs chatoyantes. Manifestement, on finit par oublier ce qui pourtant tombe sous le sens : fruit d’une longue maturation culturelle, l’orthographe est ce qui ne se réforme pas.

Croyant atténuer la portée de cette réforme, nos dirigeants ont cru bon d’ajouter qu’en fait, désormais, « plusieurs orthographes seraient possibles pour un même mot ». Comme si ce n’était pas pire, précisément ! En torturant à loisir l’écriture de 2400 mots, en autorisant tout et son contraire, le message passé aux jeunes générations est catastrophique : il signifie que c’est sans importance, que c’est la même chose, d’écrire « oignon » ou « ognon ». Comment mener un travail pédagogique digne de ce nom si le fondement de toute pédagogie, la langue commune, se prête désormais, avec la bénédiction officielle, à des variations individuelles, au gré de la fantaisie de chacun ou sous l’effet d’une ignorance banalisée ? Cette réforme de l’orthographe, en réalité, est la négation même de l’orthographe, c’est-à-dire la négation du concept même du « bien-écrire ». Si l’on peut écrire le même mot de plusieurs façons, alors à quoi servirait-il de l’apprendre ? Et que faudra-t-il apprendre ? Les deux ou trois façons de l’écrire ? Où est alors la simplification recherchée ? Et quelle sera la prochaine étape ? L’écriture SMS comme langue officielle de la République et « Twitter » en guise de Journal Officiel ?

L’on perçoit, du coup, la cohérence perverse de cette « réforme de l’orthographe » avec la précédente réforme, celle de la dictée. La priorité, nous disait-on, était de « réformer la dictée pour arrêter « le cycle infernal de la peur de la faute ». Comment ? En faisant de l’évaluation des élèves un acte positif, et non plus un acte négatif. En distribuant un « plus » lorsqu’une faute n’a pas été commise, et un « moins » lorsqu’elle l’a été. Quand un élève, dans une dictée, fait une faute lexicale (« siel » au lieu de « ciel ») il a un point en moins. Mais si, dans la même copie, il fait correctement un accord (« les nuages »), il a un point en plus. Autrement dit, on entend valoriser systématiquement l’absence de faute, de manière à « encourager » l’élève dans sa progression. Il n’est pas nécessaire d’être un spécialiste, pourtant, pour voir que cette méthode d’évaluation est une aberration pédagogique. Ce n’est pas en passant de la pommade sur l’ego blessé des enfants (et de leurs parents) qu’on enrayera la dégradation du rapport à l’écrit. On peut s’accommoder de cette situation en considérant que l’orthographe de nos élèves est celle de demain, et enfouir sa tête dans le sable. Mais casser le thermomètre ne fera pas chuter la fièvre du malade.

Car la langue, faut-il le rappeler, est un code symbolique dont nous apprenons le maniement en bénéficiant des corrections de nos aînés. Aussi ancienne que l’écriture, la dictée est simplement la meilleure façon de vérifier si ces corrections ont porté leurs fruits. C’est pourquoi la dictée n’est pas un jeu où l’on ne ferait que des gagnants sous prétexte de ne vexer personne. Tout au contraire, elle est ce moment de la scolarité où l’on s’assure que les futurs citoyens utilisent la même langue. Elle traduit un double engagement : celui des maîtres, qui s’engagent à transmettre à leurs élèves les règles de la langue ; celui des élèves, qui s’engagent à respecter ces règles. Mais à quoi bon faire des dictées si l’orthographe n’est plus qu’une variable d’ajustement, une sorte d’option laissée au caprice individuel, un « truc ringard » dont on peut s’affranchir à moindres frais ? Nos dirigeants le savent bien : la démolition du savoir classique, propice au libre exercice de la pensée, passe par la dissolution du lexique dans un salmigondis « high tech ». Cette dissolution programmée de la langue française, dernier bastion d’une souveraineté haïe, exige la pulvérisation des règles linguistiques et le repli sur les idiomes tribaux, conditions requises de la balkanisation de la société. Opération réussie pour les tâcherons socialistes : le grand chantier de démolition touche à sa fin.

Bruno Guigue | 5 février 2016

Normalien, énarque, aujourd’hui professeur de philosophie, auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident (L’Harmattan, 2002).

Source : http://arretsurinfo.ch/lorthographe-cest-lhygiene-de-la-langue-par-bruno-guigue/

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11/02/16

Agriculteurs - L’ahurissante réunion de Matignon sur la crise agricole

 

Macron aurait-il donc raison pour une fois ? Oui, à condition d’oublier ceci : le rédacteur final du rapport Attali après discussion en commission de l’automne 2007 au début de l’année 2008 était un jeune banquier encore peu connu dont le nom était Macron Emmanuel.

 

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L’ahurissante réunion de Matignon sur la crise agricole

Gérard Le Puill
Mardi, 9 Février, 2016

 Manuel Valls  avait convoqué hier à Matignon les représentants de Carrefour, Casino , Système U, Lidl , Auchan  et Intermarché  pour leur demander de ne pas être trop radins quand  ils achètent des produits agricoles transformés aux industriels  de l’agro-alimentaire. Mais ils n’ont pris aucun engagement.

Très peu de choses avaient filtré hier midi sur ce qui s’était dit chez  le Premier ministre. Ce dernier  avait convié les représentants de la grande distribution à venir parler  des difficultés de monde paysan en présence du ministre de l’Agriculture et de celui de l’Economie. Alors la négociation annuelle se déroule actuellement entre les entreprises  de l’agro-alimentaire  et les quatre centrales d’achat de la grande distribution pour discuter des prix des produits qui seront mis en rayon durant douze mois, Manuel Valls a appelé les grandes enseignes  à la « responsabilité » pour , a-t-il été rapporté par des indiscrétions « ne pas faire davantage baisser des prix  très bas dans les négociations commerciales qui se terminent le 29 février ».

Pour comprendre de quoi il retourne, il faut savoir que les prix obtenus par  les enseignes en 2015 pour mettre  en rayon des les  yaourts, de beurre,  le  fromage, le saucisson,  le jambon  et autres produits alimentaires  que leurs bradent souvent les fabricants étaient déjà très bas. D’où la demande formulée par  Manuel Valls  de ne pas trop en rajouter cette année. Il faut savoir, par exemple,  que ces dernières années, le principal « argument » de négociation  des centrales d’achat face aux  salaisonniers et aux laiteries était le suivant : vous percevez un chèque du gouvernement au titre du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE)  sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC. Vous  devez partager  cette aide gouvernementale avec nous sous forme d’un rabais  équivalent à la moitié de cette somme sur les produits que nous allons mettre en rayon cette année. Faute de quoi, nous ne les mettrons pas en rayon. Voilà comment fonctionne la « négociation » sur le référencement  des produits alimentaires et autres dans les linéaires des grandes surfaces.

Les représentants des distributeurs ne semblaient pas traumatisés  hier en sortant de Matignon. Jacques Creyssel , le délégué général  de la Fédération du commerce et de la distribution a déclaré qu’on avait eu « une vraie discussion » et  « une bonne  analyse des responsabilités de chacun ». Disant cela, il semblait indiquer que les représentants  de la grande distribution avaient   convaincu le premier ministre de   demander des comptes à la Commission européenne. Ce que Valls a fait en ces termes: «nous avons débloqué des mesures d’urgence depuis le début de la crise, mais la crise est aussi européenne », a-t-il dit,  demandant à la Commission  « d’activer les pouvoirs dont elle dispose», lesquels, faute de régulation de la production,  se limitent à financer du stockage de produits laitiers  de viande porcine et bovine pour tenter  d’enrayer la chute des cours.

Mais la Commission  prépare déjà de nouvelles crises. Elle dispose  même  du feu vert des pays membres de l’Union européenne -dont la France- pour cela,  via les multiples mandats de négociation pour aboutir à  des accords de libre échange avec les Etats Unis, les pays du Mercosur  et plusieurs pays asiatiques. Avec ,chaque fois , des baisses de tarifs douaniers  sur des importations de viande  bovine, porcine  et de volaille sans oublier l’huile de palme,  le riz et bien d’autres produits.

Chaque fois qu’ils disposent de nouveau volumes de produits alimentaires importés de pays tiers, les transformateurs et les distributeurs en profitent  pour faire baisser  les prix payés aux paysans européens, notamment les producteurs de viande. Sachant cela, la proposition faite par Système U  et la FNSEA  d’une cagnotte alimentée  par une taxe volontaire des grandes surfaces sur la viande pour compenser partiellement les pertes des éleveurs, apparaît bien dérisoire. Plus il y aura des importations  faiblement taxées en provenances des pays tiers, plus les transformateurs et les distributeurs auront des armes pour piller les éleveurs en France. Ils le font aussi avec les importations intra-européennes sur des produits comme le lait, la viande bovine et porcine notamment. 

Toutes les enseignes étaient présentes à cette réunion de Matignon à l’exception de Leclerc. Il est vrai que Michel Edouard Leclerc  avait été l’inspirateur de Nicolas Sarkozy  pour l’élaboration de la Loi de modernisation économique  (LME) que les parlementaires de droite un voté en 2008 pour donner aux distributeurs le pouvoir de piller les paysans de manière permanente par le vote d’un texte  s’inspirant du rapport Attali. Il faut toujours se souvenir de ce rapport remis à Sarkozy par Attali. Surtout  lorsque le Figaro de ce 9 février nous dit que, « il y a quelques semaines, Emmanuel Macron avait été beaucoup plus critique que Manuel Valls  sur les pratique des acheteurs   de la grande distribution lors des négociations » annuelles sur les prix. Des pratiques qui perdurent selon les propos du représentant de l’Association nationale de l’industrie  alimentaire qui cite cette année  la persistance de « demandes de déflations exorbitantes et irresponsables de la part des quatre grandes centrales d’achat restantes ».

Macron aurait-il donc raison pour une fois ? Oui, à condition d’oublier ceci : le rédacteur final du rapport Attali après discussion en commission de l’automne 2007 au début de l’année 2008  était un jeune banquier encore peu connu dont le nom était Macron Emmanuel.

Voilà aussi pourquoi la réunion du 8 février  à Matignon n’aura été qu’un bal masqué de faux-culs  dont les paysans, une fois de plus,  auront été les cocus !

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"Où va la défense de la France ?" Conférence de Régis Chamagne

 

Ajoutée le 30 janv. 2016

Régis Chamagne, ancien Colonel de l'Armée de l'air, présente sa conférence "Où va la défense de la France ?" Nous comprenons ici le démantèlement de notre défense militaire aux profits de puissances étrangères et donc notre perte de souveraineté nationale.

Conférence organisé par l'association 'Comprenons l'Europe" et l"'Alliance pour une France libre" : http://alliance-pour-une-france-libre...

Commentaires sur le site de l'Agence Info Libre : http://www.agenceinfolibre.fr/confere...

 

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Mélenchon candidat?

...La logique? et que dire de la cohérence chez celui qui a cautionné la première censure extraordinaire décrétée par Valls, censure à priori contre un petit bateleur et son spectacle de Nantes que personne n’avait encore vu (Dieudonné janvier 2014)…. Tssssssssss C'est peut-être là qu'a commencé "LA CENSURE"!!!!!

Extrait:"...ce faisant Jean-Luc Mélenchon adopte le modèle « gaulliste » originel"  ... 
Allons, cessons d'insulter la mémoire de De Gaulle!  de celui dont quelques ambitieux de bas étage (et étiage)  se réclament tous la bouche en coeur à l'approche d'élections susceptibles de les porter au plus haut poste, devenu si lucratif pour les élus, dont le premier souci , c'est un fait avéré, n'est plus la défense de la place de la France et des Français dans le monde .

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Mélenchon candidat?

Jean-Luc Mélenchon a annoncé sa candidature à l‘élection présidentielle de 2017 hier, mercredi 10 février. Cette annonce a pris de cours tant ses « bons amis » du PCF, auquel il est uni par les accords du Front de Gauche que certains des militants du Parti de Gauche lui-même. Pour tout dire, cette annonce semble relever de la décision si ce n’est personnelle, du moins partagée entre un tout petit nombre de personnes. Ce faisant Jean-Luc Mélenchon adopte le modèle « gaulliste » originel. Il n’est pas sans ironie que celui qui est explicitement le plus grand pourfendeur des institutions de la Vème république, au point d’appeler à un changement de ces institutions avec l’appel pour une « 6ème république », soit obligé d’endosser une posture gaullienne.

A - mélenchon

 

Une candidature de défiance

Cette candidature, et ceci est une évidence, est un acte de défiance contre le « régime des partis », cette chose justement que dénonçait le Général de Gaulle. Ce « régime », nous le voyons effectivement à l’œuvre dans les « combinaisons » multiples qui s’échafaudent aujourd’hui pour tenter d’étrangler l’expression d’une réelle gauche face à l’effondrement et au discrédit de la « gauche » de pouvoir. Cette dernière, que représentent (et l’on évitera de dire illustre) tant François Hollande, que Manuel Valls ou Emmanuel Macron, est aujourd’hui à bout de souffle. De trahisons en trahisons, et ces dernières ont commencé dès l’élection de François Hollande dans le refus de renégocier réellement le TSCG, cette « gauche » de pouvoir, accrochée à ses prébendes, ses sinécures et ses avantages telle l’arapède à son rocher, s’est avérée une catastrophe pour la France. On se lasse d’énumérer tous les reniements, de la sidérurgie à l’éducation nationale, des actions contre la montée du chômage au revenu des ménages, et à l’international de l’inaction érigée en principe à l’aplatissement serviles derrière les Etats-Unis. La comédie de la « primaire », qui fut au départ engendrée par la méfiance justement qu’inspirait Hollande à certains, mais qui fut rapidement récupérée par les hiérarques de toute obédience, avait pour but d’étrangler l’expression d’une gauche véritable. Jean-Luc Mélenchon ici renverse la table et met fin à cette opération en déclarant sa candidature. Il renvoie les dirigeants du PCF à leurs contradictions. Les glapissements que ces derniers poussent dans les médias le prouvent bien.

 

L’impératif de cohérence

Il reste qu’il ne suffit pas d’endosser une posture gaullienne pour en avoir la stature. Car, pour chercher à passer au-dessus de la tête des partis, en s’adresser directement au peuple, encore faut-il avoir quelque chose à lui dire. Il faut être au clair sur l’articulation entre les intérêts du peuple et ceux de la Nation. Il convient de ne pas hésiter sur la question de la souveraineté. Cela implique de désigner clairement qui est l’ennemi, mais aussi d’en tirer toutes les conséquences.

La décision de Jean-Luc Mélenchon peut le libérer du lacis des compromis qu’il était obligé de passer quotidiennement et qui avaient fini par l’étrangler, par ôter à son action toute lisibilité et toute cohérence. Il devra cependant dire rapidement quelle serait son attitude dans le cas – que bien entendu on ne souhaite pas mais qu’il convient d’évoquer – où il ne serait pas présent au second tour de cette élection. On ne peut se dresser pour dénoncer les anciennes trahisons, prévenir les trahisons futures, et porter l’étendard d’une véritable révolte, et finir par accepter de se couler dans le moule d’un système honnis.

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La décision de Jean-Luc Mélenchon a pour elle la force de la logique. On a dit sur ce carnet que ce serait sa dernière chance. Mais, cette décision impose aussi un effort de mise en cohérence. C’est sur ce point que l’on jugera si Jean-Luc Mélenchon s’est réellement hissé au niveau nécessaire pour peser sur l’avenir de la France.


 

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SNOWDEN - Qui a dit: «La France, qui nous a donné la Statue de la Liberté, vient juste de voter la fin de la sienne»?

Publié le 09.02.2016 à 16:41
Mis à jour le 09.02.2016 à 16:52

sur 20minutes

SOCIETE Indice : Il s’agit de l’ennemi n°1 de la NSA

La Statue de la Liberté à New York.
La Statue de la Liberté à New York. - SUPERSTOCK/SIPA

C.B.

 

Les contradicteurs ne sont pas seulement français. Le projet du gouvernement d’inscrire dans la Constitution le régime de l’état d’urgence fait également réagir au-delà des frontières hexagonales.

Alors que l’Assemblée nationale a voté lundi soir l’article 1er du projet de révision constitutionnelle, c’est lanceur d’alertes Edward Snowden qui a pris la parole sur Twitter. D’après lui, « la France, qui nous a donné la Statue de la Liberté, vient juste de voter la fin de la sienne ».

 

Snowden, ancien employé de la CIA, a révélé en 2013 comment les Etats-Unis ont mis le monde sur écoute et ont surveillé les internautes, au mépris des lois nationales et des libertés individuelles. Depuis, il est recherché par son pays pour espionnage.

L'ancien consultant de la NSA Edward Snowden interviewé dans l'émission "Last Week Tonight". - HBO

 

« Maintenant je travaille pour le public »

L’homme a fait son apparition sur Twitter il y a quatre mois. En guise de biographie, l’informaticien a écrit : « Je travaillais pour le gouvernement. Maintenant je travaille pour le public. Directeur à @FreedomPress ». Soit l’organisation non gouvernementale Freedom of The Press Foundation, œuvrant pour la liberté de la presse, qu’il a rejointe en février 2014.

Poursuivi par la justice américaine, Snowden est actuellement « coincé » en Russie, l’un des rares pays à l’avoir accueilli comme exilé. Malgré les demandes de Washington, Moscou a refusé d’extrader l’analyste. Snowden a indiqué fin 2015 qu’il était prêt à revenir aux Etats-Unis pour purger une peine de prison, à condition qu’un compromis soit trouvé avec Washington.

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Bernard-Henri Lévy- selon le CFR, l’Occident a aggravé les guerres en Libye puis en Syrie

 

Pour des raisons promotionnelles, Bernard-Henri Lévy est à nouveau omniprésent sur la scène médiatique. Cet homme de réseaux et d’influence, qu’un académicien avait décrit comme le « vrai maître de la diplomatie » française, continue de justifier l’intervention de l’OTAN contre le régime libyen avec des arguments irréalistes. En effet, il estime que cette campagne a « évité à la Libye un destin syrien », en ce qu’elle aurait empêché Kadhafi d’« aller au bout de (…) projets meurtriers » pourtant loin d’être avérés. Nous allons montrer que ce raisonnement est invalide en résumant l’intervention clandestine et massive de l’Occident dans la guerre en Syrie, et en analysant une étude sur le conflit libyen parue dans Foreign Affairs, la revue du Council on Foreign Relations (CFR). En 2006, « devant les invités [de ce] prestigieux think tank new-yorkais, Lévy (…) confirm[a] qu’il partage “la vision morale et l’hostilité des néoconservateurs pour les Saddam, mollah Omar et Milosevic”. » Rapportant cet aveu, L’Express n’établit pas de lien entre cette posture « antitotalitaire » et les intérêts stratégiques des États-Unis et de leurs alliés en Irak, en Afghanistan et en ex-Yougoslavie

Cinq ans plus tard, cette même « vision morale » justifiera la campagne de l’OTAN contre la Libye, occultant les véritables buts de guerre de l’Élysée et de ses partenaires, dont les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Qatar. Rendu public à la suite de l’Emailgate, un mémo confidentiel adressé à Hillary Clinton lorsqu’elle était secrétaire d’État explicita « cinq facteurs motivant l’engagement de Nicolas Sarkozy à mener cette guerre en Libye : un désir d’obtenir une plus grande partie du pétrole libyen ; accroître l’influence française en Afrique du Nord ; améliorer sa situation politique intérieure en France ; offrir à l’armée française une chance de rétablir sa position dans le monde ; répondre à l’inquiétude de ses conseillers concernant les plans à long terme de Kadhafi de supplanter la France comme puissance dominante en Afrique de l’Ouest ». Et comme l’a rapporté Régis Soubrouillard, BHL aurait « clairement fait savoir aux responsables du CNT qu’ils “avaient une dette envers la France au vu de son soutien précoce et que Sarkozy avait besoin de quelque chose de tangible à présenter aux leaders politiques et économiques français”. » Ces révélations confirment que l’humanisme fut le principal facteur de l’intervention occidentale en Libye…  

Dans une tribune publiée le 16 mars 2011, Bernard-Henri Lévy et d’autres figures du Meilleur des Mondes avancèrent que Kadhafi « mitraille les populations civiles, “purge” les villes des opposants et fait régner la terreur. » Or, ces accusations ne résistent pas à l’épreuve des faits. Comme l’avait déclaré Rony Brauman, qui était initialement favorable à une intervention de l’OTAN, 

« [l]’aventure libyenne est elle-même partie d’une manipulation médiatique caractérisée. Ce qui a décidé Sarkozy et Obama a été le mitraillage aérien des manifestants de Tripoli le 21 février, une fausse information diffusée par Al-Jazira sur la base d’un simple témoignage téléphonique. Or il n’y a pas eu de manifestations à Tripoli et encore moins d’avion mitraillant la foule. Aucun des médias dominants n’a daigné faire la moindre vérification. La première page du récit de Bernard-Henri Lévy La Guerre sans l’aimer débute là-dessus : alors au Caire pour soutenir le Printemps arabe, il est sur le point de rentrer en France quand il voit sur les écrans de l’aéroport les avions attaquer en piqué la foule. Il prend soin de préciser que l’importance d’un événement c’est son commencement. À raison : ce commencement-là n’a pas eu lieu, c’était un énorme montage propagandiste, et qui donnait le ton de la suite. »

À cette époque, la nécessité d’une action militaire était presque unanimement défendue par des médias qui, malgré les dérives du journalisme de meute et de la propagande de guerredéplorent qu’un nombre grandissant de citoyens ne leur fait plus confiance. 

En Libye, la campagne de l’OTAN a prolongé la guerre et alourdi le bilan humain

Depuis le renversement de Mouammar Kadhafi, la situation sécuritaire en Libye est de plus en plus préoccupante. De ce fait, un nouvel engagement occidental dans ce pays semble inévitable, bien qu’il comporte de sérieux risques. Selon l’ancien diplomate Patrick Haimzadeh, en « [r]eléguant aux oubliettes la question cruciale de la reconstruction d’un État légitime et inclusif, une telle opération aurait toutes les chances de poser davantage de problèmes qu’elle n’est censée en résoudre ». Cet expert de la Libye considère notamment qu’une nouvelle action militaire occidentale pourrait renforcer Daech. Malgré cette impasse stratégique, Bernard-Henri-Lévy ne regrette rien et continue de qualifier cette intervention de « juste ». En son temps, Socrate avait déclaré que « [l]e mal vient de ce que l’homme se trompe au sujet du bien. » Comme d’autres « orateurs », BHL estime que cette intervention a empêché Kadhafi de tuer massivement son peuple. Or, une analyse du contexte réel précédant cette campagne de l’OTAN nous amène à la conclusion inverse : cette opération a prolongé ce conflit et elle en a dramatiquement alourdi le bilan humain, alors que les troupes libyennes reprenaient le contrôle du pays en essayant d’épargner les civils. 

Dans Foreign Affairs, la revue du prestigieux CFR, l’universitaire Alan Kuperman a démontré que l’ampleur de la répression de Mouammar Kadhafi avait été grandement exagérée par les médias et les défenseurs d’une action militaire de l’OTAN. D’après cet expert,

« [b]ien que la Maison Blanche ait justifié sa mission en Libye par des motifs humanitaires, cette intervention a en fait nettement aggravé le bilan humain dans ce pays. Tout d’abord, il s’est avéré que la répression de Kadhafi a été bien moins meurtrière que ne l’indiquaient alors les médias. Dans l’Est libyen, où l’insurrection a démarré sous la forme de manifestations pacifiques ou violentes, Human Rights Watch a recensé seulement 233 morts durant les premiers jours des combats, et non 10 000 comme l’avait avancé la chaîne saoudienne Al Arabiya. En vérité, comme je l’avais documenté en 2013 dans dans [la revue universitaire] International Security, entre le début de la rébellion à la mi-février 2011 et l’intervention de l’OTAN à la mi-mars, seulement un millier de Libyens avaient été tués, dont des soldats et des rebelles. Dans cette période, un article d’Al Jazeera largement cité par les médias occidentaux avança que l’armée de l’air de Kadhafi avait mitraillé et bombardé des civils à Benghazi et à Tripoli. Or, selon le professeur Hugh Roberts, de la Tufts University, “cette histoire était fausse”, comme il l’a démontré dans une longue enquête publiée par la London Review of BooksAu contraire, en s’efforçant de minimiser les pertes civiles, les troupes de Kadhafi s’étaient abstenues d’avoir recours à la violence indiscriminée. »

En citant des sources crédibles, ce spécialiste expose d’autres manipulations médiatiques ayant motivé l’intervention de l’OTAN. À l’initiative de la tribune du 16 mars 2011, que Bernard-Henri Lévy a cosignée, l’écrivain Dominique Simonnet déclara en août 2014 que « Kadhafi était en train de massacrer son peuple dans une abomination sans nom. Je pense qu’il était impossible de ne pas dire : “Faisons quelque chose, nous qui avons les moyens d’intervenir”. » Que Monsieur Simonnet en ait conscience ou pas, cet argument censé réaffirmer le bienfondé de la campagne de l’OTAN en Libye est indiscutablement faux, comme l’a démontré M. Kuperman dans Foreign Affairs :

« [A]u moment de l’intervention, la violence en Libye était sur le point de cesser. Les troupes bien équipées de Kadhafi avaient mis en déroute les rebelles désorganisés, qui rentraient chez eux. À la mi-mars 2011, les forces gouvernementales s’apprêtaient à reprendre le dernier bastion rebelle de Benghazi, afin de mettre un terme à ce conflit qui n’avait engendré que 1 000 décès en un mois. Or, à ce moment précis, des expatriés libyens basés en Suisse, qui étaient liés aux rebelles, ont lancé des mises en garde sur l’imminence d’un “bain de sang” à Benghazi – [des propos alarmistes] dûment repris par les médias occidentaux, mais qui se sont avérés être de la pure propagande. En vérité, le 17 mars [2011], Kadhafi s’engagea à protéger les civils à Benghazi, comme il l’avait fait avant de reprendre les autres villes libyennes, ajoutant que ses forces “laissaient la possibilité” aux rebelles de se réfugier en Égypte. En résumé, les insurgés allaient perdre la guerre, donc leurs agents d’influence à l’étranger agitèrent le spectre du génocide pour susciter une intervention de l’OTAN – ce qui fonctionna à merveille. Il n’existe aucune preuve que Kadhafi avait planifié ou envisagé une campagne de tueries contre la population. Certes, le gouvernement avait tenté d’intimider les rebelles en promettant de les traquer sans relâche. Mais Kadhafi n’a jamais mis ces menaces à exécution en visant les civils. »

Dans son étude, Alan Kuperman analysa de nombreux chiffres relatifs aux décès survenus depuis le lancement de l’opération occidentale en Libye. Il en a déduit qu’avant cette campagne de l’OTAN, la guerre civile était sur le point de se conclure, après avoir engendré « seulement » 1 000 décès. Selon lui, « depuis cette intervention, la Libye a souffert d’au moins 10 000 morts supplémentaires. En d’autres termes, il semblerait que l’opération de l’OTAN ait multiplié par dix le nombre de morts violentes » dans ce pays. Bien entendu, en l’absence d’étude épidémiologique crédible, le bilan humain de cette guerre reste impossible à déterminer. Dans tous les cas, il est clair que des manipulations médiatiques de grande ampleur ont altéré notre perception du « Printemps arabe » libyen, justifiant une campagne militaire aux conséquences désastreuses. À cette époque, toujours selon M. Kuperman, 

« [l]’intervention en Libye pourrait aussi avoir encouragé la violence en Syrie. En mars 2011, le soulèvement [dans ce pays] était encore largement non-violent et la réponse du gouvernement d’Assad, bien que criminellement disproportionnée, était relativement circonscrite, générant environ 100 morts par semaine. Après que l’OTAN eut donné l’avantage aux rebelles en Libye, les révolutionnaires syriens se sont tournés vers la violence à l’été 2011, s’attendant probablement à susciter une telle intervention. “C’est pareil que Benghazi”, déclarait alors un rebelle syrien au Washington Post, ajoutant : “Nous avons besoin d’une zone de non survol”. Il en résulta une escalade majeure du conflit en Syrie, ce qui générait au moins 1 500 morts par mois à partir de l’année 2013, un nombre 15 fois supérieur. »

Ainsi, il ressort de cette étude que, loin d’avoir « évité à la Libye un destin syrien », cette intervention de l’OTAN contre le régime de Mouammar Kadhafi a prolongé jusqu’à présent un conflit qui allait s’éteindre, tout en incitant les Syriens à militariser leur rébellion – parallèlement à l’infiltration d’« al-Qaïda en Irak » (AQI) durant l’été 2011 pour combattre le régime el-Assad. Mais le lien entre ces deux conflits est encore plus évident lorsque l’on s’intéresse aux politiques profondes occidentales durant la guerre en Libye. En août 2014, le Washington Post a publié un important article intitulé « Les terroristes qui nous combattent aujourd’hui ? Nous venons tout juste de les entraîner ». D’après cette analyse,

« [a]u cours de nombreux entretiens menés ces deux derniers mois [avec des membres de l’État Islamique et du Front al-Nosra], ils ont décrit comment l’effondrement sécuritaire durant le Printemps arabe les a aidés à recruter, à se regrouper et à utiliser en leur faveur la stratégie occidentale – c’est-à-dire le soutien et l’entraînement de milices afin de combattre des dictateurs. “Des Britanniques et des Américains nous avaient [également] entraînés durant le Printemps arabe en Libye”, d’après un homme surnommé Abou Saleh, qui a accepté d’être interrogé si son identité restait secrète. [Ce dernier], qui est originaire d’une ville proche de Benghazi, affirma qu’un groupe de Libyens et lui-même avaient bénéficié dans leur pays d’entraînements et de soutien de la part des forces [spéciales] et des services secrets français, britanniques et états-uniens – avant de rejoindre le Front al-Nosra ou l’État Islamique [en Syrie]. Interrogées pour cet article, des sources militaires arabes et occidentales ont confirmé les affirmations d’Abou Saleh, selon lesquelles des rebelles en Libye avaient bénéficié d’“entraînements” et d’“équipements” durant la guerre contre le régime de Kadhafi. »

Le grand reporter Seymour Hersh a mis en lumière d’autres liens entre ces deux conflits, décrivant un réseau d’approvisionnement en armes des rebelles anti-Assad organisé depuis Benghazi. Selon M. Hersh, durant l’été 2013, « le flux secret d’armes en provenance de Libye pour équiper l’opposition syrienne via la Turquie était en place depuis plus d’un an, ayant été lancé peu de temps après la mort de Kadhafi le 20 octobre 2011. L’opération était en grande partie organisée depuis une annexe secrète de la CIA à Benghazi, avec l’aval du Département d’État [et la participation présumée de] l’ambassadeur US en Libye Christopher Stevens [, qui] fut tué lors d’une manifestation anti-américaine à Benghazi ». Peut-on alors parler de « non intervention » occidentale contre le régime el-Assad, une « inaction » que BHL fustige pour minorer l’ampleur du désastre libyen ? Afin de répondre à cette question, étudions de plus près les opérations clandestines de la CIA et de ses partenaires. 

En Syrie, la guerre secrète de l’Occident et de ses alliés proche-orientaux a aggravé le conflit

Malgré le chaos que subit le peuple libyen, Bernard-Henri Lévy estime que la campagne de l’OTAN était préférable à la « non intervention » en Syrie – un argument qu’il avait déjà formulé lors d’un exposé controversé à l’IHEDN. Or, ce raisonnement de BHL n’est pas conforme au réel, car cette « non intervention » militaire des pays occidentaux relève du mythe.

En effet, bien que les puissances de l’OTAN et leurs alliés n’ont pas lancé de guerre ouverte contre le régime el-Assad, j’ai documenté l’année dernière une véritable guerre secrète multinationale de la CIA. Comme l’a récemment dévoilé le New York Times, cette opération fut baptisée Timber Sycamore, et elle a été principalement financée par l’Arabie saoudite. En juin 2015, elle avait été décrite par le Washington Post comme « “l’une des plus grandes opérations clandestines” [de la CIA], dont le financement annuel avoisine le milliard de dollars. D’après ce journal, cette intervention secrète (…) s’inscrit dans un “plus vaste effort de plusieurs milliards de dollars impliquant l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie”, c’est-à-dire les trois États notoirement connus pour soutenir les factions extrémistes en Syrie. »

Cette guerre secrète de grande ampleur a alimenté dès janvier 2012 l’essor du Front al-Nosra, la branche syrienne d’al-Qaïda, dont l’« État Islamique » faisait partie intégrante jusqu’à la scission d’avril 2013. À différents degrés, cette campagne a mobilisé de nombreuses agences moyen-orientales et occidentales, y compris les services spéciaux français, comme me l’avait confirmé le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud. Si l’on observe les dernières estimations de l’OSDH, sur un nombre total d’environ 260 000 victimes, la guerre en Syrie a tué environ 76 000 civils, donc approximativement 184 000 combattants. Reprenant les chiffres de cette organisation, Le Figaro soulignait en août dernier que « le bilan le plus lourd se trouve du côté des forces du régime avec 88 616 morts, soit un tiers des personnes décédées durant cette guerre ». Sans le soutien extérieur massif de l’Occident, de la Turquie et des pétromonarchies du Golfe, la rébellion n’aurait pu être aussi meurtrièrement efficace. En octobre 2015, l’universitaire Joshua Landis assura qu’« entre 60 et 80 % des armes que les États-Unis ont introduites en Syrie sont allées à al-Qaïda et les groupes qui lui sont affiliés ». Cette politique profonde a donc fortement aggravé ce conflit, en renforçant des réseaux extrémistes officiellement désignés comme nos ennemis.  

Depuis le début de la guerre en 2011, l’OSDH a recensé plus de 40 000 jihadistes étrangers morts en Syrie. Récemment, un haut gradé de l’état-major français estimait que, sur environ 100 000 rebelles anti-Assad, « 80 000 (…) appartiennent soit à des groupes terroristes désignés comme tels par les Nations Unies, soit à des groupes salafistes extrémistes. » Or, il est de notoriété publique qu’en Syrie, les différentes factions jihadistes ont été appuyées par l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie. Moins exposée dans les médias, la complicité des services occidentaux dans cette politique clandestine est dorénavant indiscutable. En octobre dernier, une parlementaire états-unienne avait publiquement dénoncé le soutien d’al-Qaïda par la CIA afin de renverser Bachar el-Assad. Plus récemment, en se basant sur des témoignages de hauts responsables de la sécurité nationale, Seymour Hersh confirma que le Pentagone était hostile à cette politique de l’Agence, puisqu’elle renforçait des factions jihadistes susceptibles de s’emparer du pouvoir. Le Président Obama ayant intensifié cette guerre secrète à partir de septembre 2013, le raisonnement de Bernard-Henri Lévy sur la « non intervention » occidentale en Syrie est donc totalement biaisé.

Conclusion : avant toute intervention, seuls les experts doivent influencer l’État

Se référant à « l’art de la guerre » et au krach de 2008, l’économiste Jacques Sapir a récemment souligné qu’en matière de conflits armés comme de crises financières, les décideurs « doivent réagir dans un temps très court et (…), bien souvent, [ils] n’ont pas les moyens (ou les capacités) de peser complètement le pour et le contre de leurs actions. Ils prennent alors des décisions importantes sur la base de paris, de règles heuristiques, qui peuvent être validées ou invalidées par la suite des événements. C’est ce qui rapproche la décision financière de la décision militaire. » Néanmoins, lorsque la sécurité nationale n’est pas en péril, et que les risques d’un génocide ne sont pas clairement établis, une telle urgence décisionnelle n’est pas justifiée – n’en déplaise à ces « orateurs » dont les velléités interventionnistes sont traditionnellement conformes aux intérêts de Washington.

Néanmoins, dans le cadre d’une campagne de Libye qui semblait préméditée, l’urgence décisionnelle n’est pas la clé du problème. Afin d’éviter la répétition d’un tel désastre, qui a eu comme conséquence de déstabiliser l’ensemble de l’Afrique du Nord et du Sahel, il faudrait ôter au chef de l’État le pouvoir discrétionnaire de déclencher une intervention lorsque notre sécurité nationale n’est pas directement et immédiatement menacée. En effet, une véritable frénésie guerrière a investi les locataires de l’Élysée depuis l’ère Sarkozy, ce qui dégrade nos capacités militaires et nous engage dans des conflits inextricables. Et comme l’a pertinemment souligné Jean-Claude Guillebaud,

« [Gaston Bouthoul] écrivait en 1951 que, contrairement à l’idée répandue selon laquelle les démocraties ne font pas la guerre, les dirigeants des démocraties sont toujours tentés de faire la guerre, car celle-ci les “sanctifie” en faisant d’eux des personnages incritiquables. La guerre offre l’opportunité de croire que l’on est du côté du bien et cela de manière indiscutable. Le corollaire de cela est que les démocraties diabolisent leur ennemi au-delà de ce qui est nécessaire. Souvenons-nous de Saddam Hussein : il était notre allié contre l’Iran puis les choses ont changé et il est devenu un nouvel Hitler. Pour le chef de l’État, il est plus “facile” de faire la guerre que de combattre le chômage. La guerre offre des résultats immédiats et quantifiables. Elle est propice aux grandes envolées lyriques et patriotiques. C’est pourquoi elle les fascine, assez naïvement d’ailleurs. On l’a vu avec Nicolas Sarkozy en Libye, puis François Hollande au Mali. » 

Alors que l’État ne parvient pas à redresser l’économie, cette frénésie guerrière devient presque irrationnelle, au vu de la multiplication des déclarations martiales de Manuel Valls et de François Hollande depuis le 13-Novembre. Accordant un pouvoir militaire exorbitant au chef de l’État, la Constitution doit être réformée utilement. En effet, la multiplication des opérations extérieures nous a précipités vers un état de guerre perpétuelle, induisant une forme d’état d’urgence permanent qui menace notre démocratie. Ainsi, en cas d’agression militaire étrangère ou d’insurrection armée, le Président doit garder la capacité de réagir immédiatement. Mais lorsque la France n’est pas directement menacée, comme en Libye (2011) ou en Syrie (2013), il est indispensable de modifier l’article 35 de la Constitution afin que le Parlement autorise a priori le chef de l’État à déclencher toute action militaire de grande ampleur.

Pour qu’une telle décision soit la plus rationnelle possible, nos parlementaires devraient en étudier l’opportunité grâce à un collège de spécialistes de l’IHDENqui est l’« établissement public administratif français d’expertise et de sensibilisation en matière de Défense, placé sous la tutelle directe du Premier ministre ». La polémique précédant la conférence de Bernard-Henri Lévy au sein de cette institution est symptomatique de l’influence démesurée de cet homme dans les arcanes décisionnels français, ce qu’avait souligné Jean-Christophe Rufin en le qualifiant de « ministre des Affaires étrangères officieux ». Cet état de fait n’est plus tolérable, et l’exemple libyen nous démontre qu’il est même dangereux. Afin de réintroduire de la rationalité dans la politique étrangère de l’Exécutif, l’IHEDN doit être considéré comme le seul organisme légitime pour conseiller les autorités sur les questions stratégiques et militaires. Les « orateurs » trop influents, qui prônent un interventionnisme à géométrie variable, doivent être mis à l’écart du débat public. En effet, ils ont défendu des actions militaires désastreuses en se trompant lourdement dans leurs diagnostics et leurs prévisions, comme certains d’entre eux l’ont admis concernant l’Irak, mais comme ils refusent de le concéder au sujet de la Libye. Et puisqu’il ne dispose d’aucune légitimité légale, Bernard-Henri Lévy doit être écarté des processus décisionnels aboutissant à la guerre, un acte trop grâve pour être justifié par l’émotion populaire – à plus forte raison lorsqu’elle est exacerbée par de faux prétextes humanitaires. 

Maxime Chaix

(Mon site)

 

SOURCE  https://blogs.mediapart.fr/maxime-chaix/blog/100216/bernard-henri-levy-selon-le-cfr-l-occident-aggrave-la-guerre-en-libye-et-en-syrie 

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CONSTRUCTION EUROPEENNE : Les autres mesures de confiscation de la souveraineté nationale - Vincent Brousseau - 30 janvier 2016

 

Les dangers du très discret projet de protocole de M. Duff par Vincent Brousseau

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Andrew Duff

 

L’étape suivante du processus de la construction européenne est annoncée. Il s’agit de rien moins que de la confiscation de la souveraineté budgétaire de la nation. Un projet de « Protocole additionnel » aux Traités européens, rédigé par un européiste de carrière, donne une vision glaçante de la façon dont les choses vont se passer, fort vraisemblablement à brève échéance.

 

La méthode Monnet

La méthode dite « des petits pas », encore appelée « méthode Monnet », attribuée à Jean Monnet-Schuman, a été la stratégie de base de la construction européenne. Souvent décrite comme le système de l’engrenage ou la méthode du cliquet, elle est d’une grande simplicité. Elle consiste à utiliser les acquis de cette « construction » européenne comme des prétextes, des excuses, des justifications pour demander de nouvelles avancées. Ces nouvelles avancées, une fois obtenues, sont à leur tour réutilisées de la même façon, et le processus est indéfiniment réitéré.

On rit souvent de l’argument européiste qui dit que, puisque l’Europe crée des problèmes, il faut plus d’Europe. C’est un argument que nous avons tous entendu ad nauseam. Eh bien, il n’y a pas de quoi rire. Tout ce qui s’est construit l’a été sur la base de cet argument d’apparence si stupide. Il constitue l’essence de la méthode des petits pas.

C’est ainsi que l’Acte Unique de 1992 nous a été présenté comme étant nécessaire à un meilleur fonctionnement de l’Europe, déjà percluse de problèmes, qui existait alors. L’Acte Unique, c’était le marché unique, et l’on vint donc nous dire que le marché unique requerrait, pour son bon fonctionnement, une monnaie unique.

Il était logique de prévoir que l’on viendrait nous dire que la monnaie unique nécessiterait, pour son bon fonctionnement, une mise en commun des prérogatives fiscales, connue sous le nom d’union fiscale, et consistant à déposséder les États de la prérogative de lever des impôts (dans la novlangue européiste, on ne dit jamais « voler un pouvoir du peuple » ou le « déposséder », on dit « mettre en commun une prérogative »). Avec cette étape, on commence à entrer dans le vif du sujet, puisque c’est cette « prérogative » qui, depuis l’Antiquité, définit un État comme tel.

C’était logique et je l’ai donc prédit dans une conférence que j’ai donnée à Castres le 6 juin 2015[1]. Il est facile de le vérifier, cette conférence se trouve sur l’internet. Quelques semaines plus tard, MM. Macron, un ministre français, et Cœuré, un membre du directoire de la BCE, me faisaient l’honneur de se comporter exactement comme je l’avais prédit. Le premier, dans une interview donnée à la Süddeutsche Zeitung[2] publiée le 31 août 2015, s’exprimait en ces termes : « Die Euro-Krise und die Verhandlungen um ein Rettungspaket für Griechenland hätten bewiesen, dass die Währungsunion nicht wie bisher weitermachen könne: « Der Status Quo führt in die Selbstzerstörung, die Fliehkräfte sind zu groß, politisch wie ökonomisch.«  » Ce qui veut dire en français : « La crise de l’euro et les négociations portant sur le plan de sauvetage de la Grèce ont démontré que l’Union monétaire ne peut plus fonctionner comme elle l’a fait jusque-là. « Un statu quo conduirait à son effondrement, car les forces centrifuges, tant du point de vue politique que du point de vue économique, sont trop grandes. » »).

Quant à M. Cœuré, dans un texte publié sur le site de la BCE le 27 août 2015[3], il écrivait : « Ce plus grand partage des risques suppose également des politiques budgétaires responsables, dans l’intérêt bien compris de chaque pays mais aussi de ses voisins. Je veux le dire clairement ici : on ne peut pas prôner l’Europe de la solidarité et croire que la politique économique d’un État membre de la zone euro est l’affaire de son seul parlement. C’est une contradiction, que la crise a exposée au grand jour. La mise en œuvre en commun d’un projet politique et d’une stratégie économique suppose en outre de renforcer notre union politique. Pour remédier au « déficit exécutif », c’est-à-dire pour réduire la difficulté à décider que j’ai évoquée précédemment, nous devrions privilégier le partage des décisions affectant l’avenir de la zone euro au sein d’institutions communes répondant à un mandat et à un contrôle démocratique européens.  »

Remarquons au passage qu’il s’agit là de deux illustrations canoniques et archétypales de la méthode des petits pas telle que je l’ai présentée.

Cela étant, attachons-nous à la substance de ces propos. Ils nous indiquent qu’un choix a a été fait, et qu’une route est tracée. Pour les élites euro-atlantistes qui nous dirigent, les États d’Europe ont vécu. Pour sauver le prétendu « acquis » européen, le prochain sacrifice ne sera rien moins que celui de la souveraineté budgétaire. Il est fort à craindre que, cette étape franchie, le processus de gommage de la France en tant qu’État-nation souverain ne s’accélère brutalement.

 

L’Article 48 du TUE

Mais comment procéder concrètement ? Pour les apprentis dictateurs qui nous dirigent, il ne saurait évidemment être question d’offrir un successeur au Traité de Lisbonne. Les européistes, qui craignent la démocratie comme la peste, savent bien que l’élaboration, la signature puis la ratification d’un nouveau traité rouvrirait la Boîte de Pandore qu’il fut si difficile de refermer après les Non des peuples français et néerlandais aux référendums de 2005 sur la Constitution européenne. Il serait nécessaire d’ouvrir un débat démocratique sur ce nouveau traité et impératif que tous les pays de l’Union le ratifient à l’unanimité. Ces ratifications pourraient susciter ici ou là des référendums, avec une probabilité quasi-certaine qu’au moins un peuple le rejette.

Les dirigeants euro-atlantistes vont donc choisir de faire des transformations substantielles en utilisant le traité de Lisbonne existant, en s’appuyant sur le fait que ledit traité a vicieusement inclus des clauses qui permettent ses propres mutations. C’est comme le génome d’un virus dormant, qui lui permet de muter vers des formes plus malignes. La séquence d’ADN responsable de ce petit prodige, c’est l’article 48. Examinons-le.

L’article 48 n’a pas seulement fixé en quoi consistait la procédure de révision « ordinaire » des traités, en posant bien le principe de l’unanimité. Le même article a aussi, fort opportunément, posé les bases de ce qu’il appelle la procédure de révision « simplifiée ».

Cette procédure de révision « simplifiée » permet de réformer discrètement, un peu à la sauvette, la troisième partie du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), relative aux politiques et actions internes de l’Union. C’est là précisément ce qu’il faut pour donner corps aux annonces de MM. Macron et Cœuré.

Comment cela se passe-t-il ? L’initiative d’une « révision simplifiée » appartient, soit au gouvernement d’un État membre, soit au Parlement européen, soit enfin, et c’est le plus simple, à la Commission européenne. Le Conseil européen l’adopte en statuant à l’unanimité, après avoir consulté différentes instances européennes qui seront unanimement d’accord.

La procédure de ratification reste « hélas » encore à l’ancienne, de sorte qu’on ne peut absolument exclure un référendum dans tel ou tel État mal luné. Mais comme il ne s’agit officiellement pas d’un « nouveau traité », les européistes ne se gêneront pas pour faire pression sur les gouvernements qui envisageraient de consulter leurs peuples par référendum pour qu’ils renoncent à cette vilaine action. Ils argueront benoîtement du fait qu’il ne s’agit que d’un « simple amendement » de l’ancien. Je pense d’ailleurs que les dirigeants français s’empresseront d’affirmer qu’il ne s’agit que d’une « simple révision technique », et que la ratification sera aussi parlementaire que furtive, par la voie du Congrès prévue par l’article 89 de notre Constitution. De bonnes âmes nous expliqueront que l’on « ne peut pas faire des référendums sur la moindre révision technique » et nous assureront que, « de toute façon, c’est trop compliqué pour que le peuple comprenne ».

 

Mais quel sera le contenu de la modification en question pour voler au peuple sa souveraineté budgétaire ?

M’est avis que ce contenu devrait avoir un certain air de ressemblance avec le Protocole rédigé par un certain M. Andrew Duff.

L’auteur du Protocole, M. Duff

Le nom d’Andrew Duff n’est probablement pas familier à tous nos lecteurs. Sujet britannique, ancien membre du Parlement européen et ancien président de l’Union des Fédéralistes Européens, ancien vice-président des Démocrates libéraux (sorte de MoDem britannique), Andrew Duff est l’exemple type de l’européiste de conviction. Il officie aujourd’hui en qualité de membre du Conseil Européen des Relations Étrangères, un think-tank nommé d’après son cousin américain – et vraisemblable inspirateur -, le très influent Council of Foreign Relations.

Duff a publié le 12 Janvier le texte de son Protocole[4], accompagné d’explications sur la manière de le faire concrètement adopter comme un amendement au Traité de Lisbonne[5]. Il explique avec candeur que les modifications qu’il souhaite voir adopter pourraient en théorie l’être par la voie de l’article 352 du TFUE[6] dit « clause de flexibilité », et d’autres articles servant le même but, mais qu’il ne juge pourtant pas que cette solution soit la meilleure.

En effet, les précieuses modifications ainsi obtenues ne seraient alors pas considérées comme « acquis communautaire », et de ce fait ne s’imposeraient pas, à terme, à tous les nouveaux membres de l’euro. Il craint de plus que ces articles ne permettent pas l’entièreté des transferts de compétences qu’il souhaite voir advenir.

Il préfère donc une révision des Traités, mais conscient du fait que la situation politique actuelle ne faciliterait pas un processus rapide de révision générale, (c’est-à-dire une renégociation avec remise à plat,) il opte avec regret pour une révision « plus courte », par quoi il entend un texte susceptible de faire l’objet de la procédure de révision prévue à l’article 48 du TUE. Cette révision doit prendre, selon lui, la forme d’un Protocole à adjoindre aux Traités en vigueur. Il rédige donc ce Protocole, dans la langue officieusement officielle des institutions européennes, qui, par chance, se trouve aussi être sa langue natale. C’est de toute façon la version anglaise qui fera foi. Il conclut sa présentation du Protocole par un appel lancé à qui de droit de faire usage de l’Article 48(2) pour l’amener à l’existence juridique.

 

Examinons le Protocole proposé.

Le cœur du Protocole : l’article 1

L’article 1 du Protocole ne fait pas dans la demi-mesure. Il conférerait à la Commission les droits qui sont aujourd’hui ceux de Bercy, à savoir de lever des impôts, d’émettre des obligations, de prêter de l’argent. La législation fiscale, qui est aujourd’hui nominalement du ressort du Parlement français, tomberait dans l’escarcelle du Parlement européen, ou plutôt du sous-ensemble formé par les députés européens élus dans un pays de la zone euro.

Il s’agirait ainsi d’une dépossession de la souveraineté nationale qui n’a pas, je crois, de précédent. Juste pour situer l’ampleur de la mesure, je voudrais rappeler que même les Allemands de 1940-1944 n’en avaient pas exigé autant des Français occupés et vaincus. Les compétences qui n’auraient pas été préemptées par le centre européen seraient généreusement concédées aux États-membres, devenus croupions, par la vertu de l’Article 5.

On pourrait croire qu’il s’agit d’une mauvaise blague. Mais ce ballon d’essai de M. Duff préfigure fort probablement l’amendement aux Traités dont la Commission prendra l’initiative d’ici peu, si les paroles de MM. Macron et Cœuré que j’ai rappelées plus haut signifient quelque chose – et il est à craindre que tel soit bien le cas. La confiscation de la souveraineté nationale, pleine, entière et définitive, risque bien de ne plus être qu’une question de mois.

Les autres mesures de confiscation de la souveraineté nationale

Que faire de l’argent de ces nouveaux impôts et nouvelles émissions d’obligations – qui ne sont jamais, en substance, que la titrisation d’impôts futurs dès lors que l’emprunteur s’est vu octroyer le pouvoir fiscal ? L’article 10 du Protocole de M. Duff prévoit d’ajouter un budget spécifique aux pays de la zone euro.

L’article 13 tord le cou à ce qui reste de prérogatives gouvernementales, à savoir la détermination de la politique économique. Par cet article 13, l’Eurogroupe se voit octroyer le droit de déterminer ladite politique, assorti du droit de faire des injonctions aux États désobéissants. Et si ces injonctions restent ignorées, l’article 13 prévoir de recourir à des mesures plus contraignantes (« to take more intensive action »). C’est du Sarkozy dans le texte.

La dette souveraine, celle qui reste émise par les États, tombe aussi sous la coupe du centre puisque l’article 15 prévoit que la gestion de cette dette (le programme d’émission, aujourd’hui la fonction de l’Agence France Trésor) doit être faite en commun (« common management »). Impossible de faire du déficit, l’article 16 y veille, et confère au centre le pouvoir de tancer, puis de contraindre, les États récalcitrants. D’ailleurs, l’émission de dette souveraine nationale devra être pré-autorisée par la Commission, ainsi qu’en dispose l’article 19 du Protocole de M. Duff.

L’article 17 confère à la BCE la prérogative de superviser les banques, qui est aujourd’hui encore – pour partie – celle de la Banque de France (la BCE est déjà le superviseur des banques françaises les plus importantes). Si certains de nos lecteurs travaillent à la Banque de France, ils peuvent commencer à se demander à quoi servira encore l’institution où ils travaillent.

 

L’article 20 et la sortie de l’euro

L’article 20 est spécialement intéressant.

Il introduit un droit, certes soumis à des conditions, de se retirer de l’euro (sans se retirer de l’UE.) Mais surtout, il confère à l’Eurogroupe et au Parlement européen la responsabilité d’établir les modalités de ce retrait, en d’autres termes de gérer ce qui, selon la propagande unanime des européistes, était… impossible à gérer. Ceux qui ont eu l’occasion, ces dernières années, de regarder TF1 ou de lire Le Monde, avaient pourtant bien appris la leçon, à savoir que la sortie de l’euro serait chose impossible. Mais l’article 20 ignore superbement cette « impossibilité », qui peut-être, en fin de compte, n’en était donc pas une…

Cet aveu implicite est bien entendu la conséquence de la frousse noire qui s’est emparée des européistes dans les deux premières semaines de juillet 2015, alors que la sortie de la Grèce de l’euro leur paraissait aussi imminente qu’inéluctable.

Comme je l’ai indiqué dans un précédent article (retour sur quelques plans secrets concernant la sortie de l’euro, op. cit.), les autorités européennes étaient fort embarrassées de trouver un habillage juridique à une sortie de l’euro non accompagnée d’une sortie de l’UE. En désespoir de cause, elles s’étaient résolues à recourir à la « clause de flexibilité » contenue dans l’article 352 TFUE, mais elles restaient bien conscientes du caractère tiré par les cheveux de cet expédient.

Duff songe donc bien naturellement à leur éviter de se retrouver de nouveau dans cette situation et prévoit, dans son Protocole, un mécanisme de sortie. Mais c’est aussi reconnaître la possibilité concrète de telles sorties, ce qui est tout à fait contraire à la « ligne du Parti » que nous ont, jusqu’à présent, servie nos médias nationaux et nos politiciens des partis dits de gouvernement.

On ne peut, sans un plaisir narquois, songer à la masse de déclarations et d’affirmations dont ces gens, toute honte bue, nous ont abreuvées au cours des sept ou huit dernières années, selon lesquelles toute sortie de l’euro était rendue, par mille raisons toutes plus péremptoires les unes que les autres, absolument impossible. Il est navrant que notre législation actuelle ne permette pas d’imputer à crime de telles distorsions systématiques, par le biais de mensonges avérés, du débat public.

 

Conclusion

Les Français doivent comprendre qu’il est minuit moins une. La confiscation de la souveraineté budgétaire risquerait d’être vraiment le début de la fin de la France en tant que nation souveraine.

Il est fort probable que le processus concret soit activé dans les mois qui viennent. D’ores et déjà, on a commencé à préparer l’opinion. D’ores et déjà, un projet concret de texte a pu être rédigé.

La Commission possède le pouvoir d’initiative qui permettra à ce projet ou à un texte similaire préparé par ses soins d’acquérir force de loi. C’est maintenant qu’il faut s’y opposer.


vincent-brousseau-upr
Vincent Brousseau
Responsable national de l’UPR pour l’euro et les questions monétaires
Ancien élève de l’ENS Saint-Cloud
Docteur en économie – Docteur en mathématiques
Ancien cadre à la BCE

[1] https://www.youtube.com/watch?v=rSYuTiaia1s  Le transparent s’affiche à partir de 49’ 30’’ et le commentaire oral commence à partir de 49’ 55’’.

[2] http://www.sueddeutsche.de/politik/emmanuel-macron-europa-neu-gruenden-1.2627314

[3] https://www.ecb.europa.eu/press/key/date/2015/html/sp150827.fr.html

[4] http://www.epc.eu/documents/uploads/pub_6229_protocol_of_frankfurt.pdf

[5] http://www.epc.eu/pub_details.php?cat_id=1&pub_id=6229

[6] Voir à ce sujet mon précédent article http://www.upr.fr/actualite/retour-sur-quelques-plans-secrets-concernant-la-sortie-de-leuro-par-vincent-brousseau

 

 

Source  http://www.upr.fr/actualite/les-dangers-du-tres-discret-projet-de-protocole-de-m-duff-par-vincent-brousseau

10/02/16

Des hommes à poigne - Serge HALIMI

Février 2016 sur  Le Monde diplomatique

Des hommes à poigne

Léchange de compliments a surpris. Le 17 décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine a marqué une préférence pour l’un des candidats de la primaire républicaine américaine, le milliardaire new-yorkais Donald Trump. Le qualifiant d’« homme brillant et plein de talent », il a fait de lui « le grand favori de la course présidentielle ». Loin de récuser un tel hommage, pourtant susceptible de lui nuire dans un parti où les néoconservateurs, nombreux, se demandent s’ils exècrent davantage la Russie ou l’Iran, M. Trump a réagi avec chaleur : M. Poutine « dirige vraiment son pays, c’est un leader énergique, ce qui le distingue beaucoup de ce que nous avons chez nous ». M. Trump a également promis que, s’il devenait président des Etats-Unis, il s’entendrait volontiers avec le dirigeant russe. La sympathie que se portent ces deux hommes à poigne est confortée par leur mépris commun pour l’actuel locataire de la Maison Blanche. M. Poutine « n’aime pas du tout Obama, se réjouit M. Trump, il ne le respecte pas. »

En général, les intérêts des Etats l’emportent sur les affinités éventuelles entre leurs dirigeants. Mais quand l’économie mondiale déraille, quand les cours du pétrole s’écroulent, quand les attentats meurtriers se multiplient, il n’est ni étonnant ni indifférent que les valeurs d’ordre, d’autorité, et les hommes forts, cyniques et brutaux, occupent la scène. Partisans d’une restauration patriotique et morale, nostalgiques d’un roman national, ils élèvent la voix, bandent leurs muscles, déploient leurs troupes.

Installer une clôture en acier le long des frontières de son pays avec la Serbie et la Croatie a profité politiquement au premier ministre hongrois Viktor Orbán, tout comme l’annexion de la Crimée a consolidé le pouvoir de M. Poutine et la répression meurtrière des Kurdes, conforté le président turc Recep Tayyip Erdogan. De la même façon, lorsque M. Trump recommande le rétablissement de la torture aux Etats-Unis ou que son concurrent républicain Ted Cruz exige que l’Amérique substitue à ses bombardements trop ciblés contre l’Organisation de l’Etat islamique un « tapis de bombes » sur les zones (et les civils) qu’elle contrôle, l’un et l’autre gagnent en popularité dans leur camp. Le dédain envers les intellectuels, les universitaires et leur « politiquement correct » leur servirait même d’argument supplémentaire. C’est peut-être aussi parce qu’ils ont remarqué ce genre de phénomène que les dirigeants français parsèment volontiers leurs discours de « réponse ferme » et « demande d’autorité », accroissent les prérogatives de la police au détriment de celles de la justice et accueillent avec flegme des dizaines de décapitations d’opposants en Arabie saoudite.

Les promesses de paix et de prospérité de la modernité capitaliste avaient déjà chaviré avec la débâcle financière de 2008. A présent, c’est au tour de sa culture, de son esprit, de ses dirigeants à la civilité onctueuse et trompeuse. La « mondialisation heureuse » se voulait rationnelle, fluide, globale, connectée. Sa faillite ouvre la voie aux « hommes en colère » et aux chefs de guerre.

Serge Halimi

Des hommes à poigne

Des hommes à poigne
 

Léchange de compliments a surpris. Le 17 décembre dernier, le président russe Vladimir Poutine a marqué une préférence pour l’un des candidats de la primaire républicaine américaine, le milliardaire new-yorkais Donald Trump. Le qualifiant d’« homme brillant et plein de talent », il a fait de lui « le grand favori de la course présidentielle ». Loin de récuser un tel hommage, pourtant susceptible de lui nuire dans un parti où les néoconservateurs, nombreux, se demandent s’ils exècrent davantage la Russie ou l’Iran, M. Trump a réagi avec chaleur : M. Poutine « dirige vraiment son pays, c’est un leader énergique, ce qui le distingue beaucoup de ce que nous avons chez nous ». M. Trump a également promis que, s’il devenait président des Etats-Unis, il s’entendrait volontiers avec le dirigeant russe. La sympathie que se portent ces deux hommes à poigne est confortée par leur mépris commun pour l’actuel locataire de la Maison Blanche. M. Poutine « n’aime pas du tout Obama, se réjouit M. Trump, il ne le respecte pas. »

En général, les intérêts des Etats l’emportent sur les affinités éventuelles entre leurs dirigeants. Mais quand l’économie mondiale déraille, quand les cours du pétrole s’écroulent, quand les attentats meurtriers se multiplient, il n’est ni étonnant ni indifférent que les valeurs d’ordre, d’autorité, et les hommes forts, cyniques et brutaux, occupent la scène. Partisans d’une restauration patriotique et morale, nostalgiques d’un roman national, ils élèvent la voix, bandent leurs muscles, déploient leurs troupes.

Installer une clôture en acier le long des frontières de son pays avec la Serbie et la Croatie a profité politiquement au premier ministre hongrois Viktor Orbán, tout comme l’annexion de la Crimée a consolidé le pouvoir de M. Poutine et la répression meurtrière des Kurdes, conforté le président turc Recep Tayyip Erdogan. De la même façon, lorsque M. Trump recommande le rétablissement de la torture aux Etats-Unis ou que son concurrent républicain Ted Cruz exige que l’Amérique substitue à ses bombardements trop ciblés contre l’Organisation de l’Etat islamique un « tapis de bombes » sur les zones (et les civils) qu’elle contrôle, l’un et l’autre gagnent en popularité dans leur camp. Le dédain envers les intellectuels, les universitaires et leur « politiquement correct » leur servirait même d’argument supplémentaire. C’est peut-être aussi parce qu’ils ont remarqué ce genre de phénomène que les dirigeants français parsèment volontiers leurs discours de « réponse ferme » et « demande d’autorité », accroissent les prérogatives de la police au détriment de celles de la justice et accueillent avec flegme des dizaines de décapitations d’opposants en Arabie saoudite.

Les promesses de paix et de prospérité de la modernité capitaliste avaient déjà chaviré avec la débâcle financière de 2008. A présent, c’est au tour de sa culture, de son esprit, de ses dirigeants à la civilité onctueuse et trompeuse. La « mondialisation heureuse » se voulait rationnelle, fluide, globale, connectée. Sa faillite ouvre la voie aux « hommes en colère » et aux chefs de guerre.

Serge Halimi

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"COMPLOTISME" - Ministère français de l’Education nationale et "théories du complot"!

 

"On n’y peut rien": la théorie du complot émerge en pleine faiblesse politique

20:51 09.02.2016(mis à jour 12:06 10.02.2016) 

Le ministère français de l’Education nationale organise une journée d’étude pour trouver le moyen de lutter efficacement contre la popularité des théories du complot, notamment parmi les jeunes attachés à tout ce que leur propose Internet à ce sujet. Pourquoi ce problème inquiète tellement le gouvernement français?

Najat Vallaud-Belkacem, ministre française de l'Education nationale, organise ce mardi une journée spéciale d'étude pour comprendre comment il faut réagir face aux théories du complots, un évènement réunissant 300 chercheurs, professeurs, psychiatres et lycéens, annonce Le Figaro.

Le ministère cherche des réponses pédagogiques et éducatives pour contrer la popularité de ces théories. Ce sont notamment les jeunes qui trouvent beaucoup d'informations à ce sujet sur Internet qui sont les plus touchés.

Patrick Louis, ancien député européen, et Bruno Drweski, directeur de la revue "La Pensée Libre", s'expriment sur ce sujet important pour la France d'aujourd'hui dans des entretiens accordés à Sputnik.

"Sur la question de la théorie du complot, il est évident que les apôtres de la pensée unique — ceux qui en fin de compte diabolisent toutes les pensées contradictoires — vont dire qu'il n'y a pas de complot. Effectivement, je ne pense pas qu'il y ait des gens quelque part au dernier étage d'une tour dans un pays, la tour de La Défense ou à Washington, qui sont en train de comploter contre l'ordre du monde. Parce que je pense que toute personne, tout Etat, toute civilisation, qui veut se défendre de toute manière complote", explique M.Louis.

Selon l'interlocuteur de Sputnik, il s'agit d'une incapacité des hommes politiques devant les problèmes sérieux des peuples. Cette situation entraîne des pensées liées aux complots à travers le monde.

"Mais le vrai problème, il n'est pas de savoir s'il y a des gens qui complotent, le vrai problème c'est que les hommes politiques ne sont plus des politiques, les politiques ne prennent plus les décisions. Et comme les hommes politiques disent: +On n'y peut rien, on n'y peut rien+, naturellement le peuple pense qu'il y a quelque chose qui est au-dessus d'eux alors qu'il n'y a rien au-dessus, il y a simplement la lâcheté des politiques qui ne prennent pas leurs décisions", déclare M.Louis.

"Beaucoup de Français tout simplement cherchent des informations dans la mesure où ils ont cessé de croire dans les grands médias, dans les grands médias officiels, privés comme publics d'ailleurs, et que la vraie raison c'est que le public ne suit plus la ligne dominante", souligne, pour sa part, M.Drweski.

L'interlocuteur de Sputnik évoque également la question de la liberté d'expression qui semble être liée à la discussion autour de la lutte contre la popularité des théories de complot en France.

"Aujourd'hui, nous sommes dans un monde unipolaire médiatiquement parlant avec 90 pour cent des médias dans le monde qui appartiennent à dix grandes firmes transnationales et les médias publics se sont d'ailleurs eux aussi très largement alignés sur ces grands médias internationaux. Donc à partir de ce moment-là la liberté de la presse n'est plus qu'un slogan que les gens découvrent en fait, ils voient bien que ça ne fonctionne pas", souligne M.Drweski.

On n’y peut rien: la théorie du complot émerge en pleine faiblesse politique
© Sputnik.
"On n’y peut rien": la théorie du complot émerge en pleine faiblesse politique

 

SOURCE  : http://fr.sputniknews.com/international/20160209/1021613973/theorie-complot-faiblesse-politique.html

Posté par Jocegaly à 16:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

NDDL - La stupéfiante arnaque de l’Etat pour faire croire à l’intérêt économique de Notre-Dame-des-Landes

 sur REPORTERRE

8 février 2016 / Tiffany Blandin (Reporterre)

Depuis des années, une bataille discrète se poursuit autour de l’intérêt économique de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Selon les chiffres posés par l’Etat dans l’enquête publique de 2006, le projet serait très rentable. Sauf que ces chiffres sont manipulés, comme le révèlent aujourd’hui Reporterre et les élus opposés au projet.

Depuis 2011, les élus opposés au projet d’aéroport réclamaient que la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) leur fournissent les bases de données qui avaient servi à calculer l’avantage économique du projet. Dans l’enquête d’utilité publique de 2006, il était affirmé que le nouvel aéroport générerait un avantage économique de 911 millions d’euros, ce qui le rendrait donc avantageux au regard d’un coût de construction affiché à moins de 600 millions d’euros.

Ce chiffre de 911 millions avait été calculé par le cabinet JLR Conseil. Mais, en 2011, une contre-expertise menée par le cabinet néerlandais CE Delft, à la demande des élus opposés au projet, a remis en cause ce chiffre.

Pour comprendre la divergence, il faudrait connaître la matrice de données sur laquelle JLR Conseil avait fondé ses calculs. Mais la DGAC se refuse obstinément à la communiquer. Les opposants ont reçu des centaines de pages de rapports divers, mais jamais la matrice qu’ils réclamaient, malgré un avis favorable de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA). L’enjeu est pourtant crucial, puisqu’il s’agit d’évaluer l’intérêt économique du projet d’aéroport. En situation de difficulté économique et d’endettement public, il n’est plus possible de gaspiller les ressources.

Le lendemain de la publication de l’article de Reporterre sur ce sujet, la DGAC a transmis en janvier un nouveau document au CéDpa. Nous nous sommes procurés ce dossier de 13 pages intitulé Précisions et explications sur le dossier de 2006 et daté de 2013. Le CéDpa (Collectif des élus opposés au projet de Notre Dame des Landes le dévoile lundi 8 février à Nantes lors d’une conférence de presse.

Ce document ne contient toujours pas la base de données demandée par le CéDpa. En revanche, il comporte des tableaux chiffrés qui n’avaient jamais été divulgués jusqu’ici. Grâce à ces nouvelles données, il devient possible de comprendre le calcul qui a mené aux 911 millions d’euros d’avantage économique, et à la déclaration d’utilité publique du projet.

 Télécharger la note de la DGAC : http://www.reporterre.net/IMG/pdf/dgac-note_d_explication-2013.pdf

DGAC - Note d’explication sur le dossier F - 2013

Ce qui apparait à une lecture attentive est... que la méthode de calcul est aberrante. L’explication est un peu compliquée, mais cela vaut la peine de s’accrocher.

Petit préambule pour bien comprendre. Pour calculer le gain économique d’un grand projet, les experts estiment le temps que la nouvelle infrastructure pourrait faire gagner aux voyageurs. Les trajets « économisés » sont ensuite convertis en euros, d’après des ratios très précis recensés dans un document appelé Instruction cadre relative aux méthodes d’évaluation économique des grands projet d’infrastructure de transport. Dernière précision, très importante : les trajets économisés sont valorisés différemment selon le mode de transport (voiture, train ou avion). Sachant qu’un « gain de temps air » vaut plus cher qu’un gain de temps voiture ou train.

Revenons à la note de la DGAC. Dans le tableau de la page 11, à la troisième ligne, on apprend que le « gain de temps air » représente, tenez-vous bien, 699 millions d’euros. En d’autres termes, si l’aéroport du Grand ouest ne voyait jamais le jour, les usagers rejoindraient d’autres aéroports par avion, pour un montant de 699 millions d’euros estimé par la DGAC.

Comment est-ce possible, sachant qu’il existe déjà un aéroport dans l’agglomération nantaise ?

L’explication pourrait être que l’étude de JLR Conseil a considéré que l’aéroport Nantes Atlantique allait arriver à saturation en 2019. L’excédent de passagers devrait donc se rabattre sur les autres aéroports. Mais comment se rendre dans ces aéroports voisins par les airs si l’aéroport nantais est saturé ? Et puis surtout, comment peut-on arriver à un montant de 699 millions d’euros avec ces seuls déplacements ? Quelque chose ne va pas.

L’aéroport de Nantes Atlantique en octobre 2015 : la saturation n’est pas pour demain

L’explication se trouve dans un autre document. Un gros dossier présenté comme l’étude initiale de JLR Conseil et transmis au CéDpa le 26 novembre dernier. L’information se trouve à la page 38 du-sous dossier « Rentabilité économique et financière de 2006 ».

 Télécharger la page 38 du sous-dossier de 2006 : http://www.reporterre.net/IMG/pdf/hypothe_se_p38.pdf

Il y est expliqué que le manque d’offre et de services des aéroports régionaux est compensé par du « temps aérien », de 1 h 30 à 2 h 30.


Ainsi, un Nantais qui se rendrait à Brest pour prendre son avion, car il n’aurait pas trouvé de billet au départ de Nantes, serait affecté d’un temps de parcours « air » de 1 h 30... en plus du temps qu’il doit effectuer par la route ou par le train pour rejoindre le chef-lieu du Finistère. Pour Rennes, la « pénalité » s’élève 2 heures. Tandis que Dinard et La Rochelle, qui offrent le moins de vols, ont droit à 2 h 30 de pénalité. D’où sortent ces chiffres ? Impossible de le savoir.

Le dernier document communiqué par la DGAC détaille, page 8, le nombre de passagers fictifs concernés par ces changements d’aéroport. L’information est tronquée puisque les estimations vont jusqu’en 2027, alors que l’étude de JLR Conseil s’est basée sur une période allant jusqu’à 2042. Mais il est possible d’extrapoler la tendance des données utilisées par le cabinet entre 2027 et 2042, car l’évolution de la fréquentation entre 2019 et 2027, inscrite sur le document, est régulière.

Un calcul... tombé du ciel

Le CéDpa s’est livré à l’exercice. Nous avons pu consulter le détail des calculs. Résultat, sur les 911 millions d’euros d’avantages économiques du projet, cette compensation par « gain de temps air » représente... entre 530 et 570 millions d’euros. C’est à en tomber à la renverse. Cette technique tombée du ciel permet à elle seule de légitimer la construction de l’aéroport, puisque le coût estimé du chantier est de 556 millions d’euros.

La culbute va même plus loin. En effet, les voyageurs fictifs utilisés dans le calcul n’auraient en fait aucune raison de se rendre dans les autres aéroports. L’étude de JLR Conseil est fondée sur le postulat que l’aéroport Nantes Atlantique ne pourra accueillir plus de 56.000 mouvements commerciaux (décollages et atterrissages) chaque année, pour ne pas dépasser les normes liées au bruit des avions.

Mais une contre-expertise menée en 2013 par le cabinet Adecs Airinfra a montré que l’aéroport existant pourrait en fait monter à 80.000 mouvements. Et, en tenant compte de l’évolution technologique des appareils, ce plafond s’élève à 115.000 mouvements.

En 2015, 49 250 avions ont atterri ou décollé sur la piste de l’aéroport nantais. Traduction, les passagers sont bien loin de devoir se rabattre sur d’autres aéroports !

« Cette méthode de calcul est une arnaque, estime Françoise Verchère, co-présidente du CéDpa. C’est pour cette raison qu’on nous a transmis les documents au compte gouttes. Pour moi, il y a eu une volonté de cacher ces informations. »

ll est plus que temps de reprendre sereinement, cartes sur table, en débattant ouvertement, le dossier économique de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.


LA DGAC NE SAIT PAS FAIRE UNE ADDITION !

Le document transmis par la DGAC le 13 janvier dernier est truffé d’erreurs. Deux exemples : page 7, il est indiqué qu’en 2019, il y aura 3,7 millions d’atterrissages et décollages à l’aéroport Nantes Atlantique - ce qui est une grossière confusion avec un nombre possible de passagers ! Encore plus gênant, le tableau chiffré illustrant la balance des coûts et avantages pour l’année 2012 comporte des erreurs d’addition !


Le total de la colonne de gauche est de - 2.959.141 et non de +. Celui de la colonne de droite est de - 482.137 et non de +.

Peut-on faire confiance à des "experts" qui ne savent pas faire une addition, ou du moins relire attentivement un texte de treize pages ?


LE FEUILLETON DU MYSTERE DES 911 MILLIONS

- dec 2012 l’Etat a manipulé les chiffres. Voici comment

- fev 2013 : Les explications tarabiscotées de la DGAC

- mars 2013 : Demande des vrais documents à la DGAC

- janv 2016 La DGAC ne donne pas les bons documents


Lire aussi : Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement maintient le secret sur les chiffres censés justifier l’aéroport

Source : Tiffany Blandin pour Reporterre

Photo :
. Aéroport de Nantes-Atlantique : B. Gabillaud



Documents disponibles

  DGAC - Note d’explication sur le dossier F - 2013   Sans titre

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UKRAINE "les masques de la révolution" - Canal+ ose dénoncer les néo-nazis ukrainiens… malaise dans l’intelligentsia française

Canal+ ose dénoncer les néo-nazis ukrainiens… malaise dans l’intelligentsia française

 

néo-nazi ukraine

Alors que nous évoquions Jeudi dernier le documentaire de Cash Investigation diffusé Mardi sur France Télévisions, c’est à nouveau la société de production Premières Lignes qui retient notre attention.

Canal+ diffusait lundi dernier un nouveau numéro de son émission d’investigation vedette, Spécial Investigation intitulé « Ukraine : les masques de la révolution ». Un numéro consacré aux circonstances troubles de la révolution ukrainienne.

N’étant pas officiellement disponible en streaming gratuit, nous ne relayons pas ici la vidéo (elle se trouve toutefois facilement sur internet), mais 3 extraits ont été diffusés par la production, les voici : extrait 1, extrait 2 et extrait 3.

Au-delà de l’analyse du documentaire, nous nous sommes intéressés à ce que révèle la réaction de notre intelligentsia à la diffusion de cette émission, à propos de la situation de l’information en France. En route pour faire tomber les masques !

Rapide retour sur la révolution ukrainienne 

Connue sous le nom d’Euromaïdan, la révolution ukrainienne s’inscrit souvent, pour le grand public, dans une séquence d’émancipation populaire démarrée quatre ans plus tôt en Tunisie avec les printemps arabes. Est-ce aussi simple que ça ? Pas si sûr ! Deux différences majeures résident dans ses causes financières et sa dimension internationale.

À l’automne 2013, l’Ukraine est proche du défaut de paiement. Le pays a entamé des négociations avec l’UE en vue d’un prêt de 20 milliards d’euros. Dans le même temps, son président, Viktor Ianoukovytch, négocie aussi avec la Russie. Celle-ci finit par accorder à l’Ukraine un prêt de 15 milliards, associé à la levée des barrières douanières et à une baisse du prix du gaz. Un vrai bol d’air pour une Ukraine exsangue… Mais l’accord de trop pour l’UE qui voulait récupérer l’Ukraine dans son giron.

Fort de sondages favorables à un rapprochement de l’Ukraine avec l’UE plutôt qu’avec la Russie, l’opposition s’organise. Les manifestations se succèdent pour demander le départ de Viktor Ianoukovytch. L’Ukraine connaît ses plus gros mouvements populaires depuis la révolution orange en 2004.

Très vite l’ingérence européenne et américaine se fait vive. L’opposant Vitali Klitschko est officiellement soutenu aux États-Unis par les partis Démocrate et Républicain, ainsi que par la CDU d’Angela Merkel, en Allemagne. John McCain prend la parole devant les manifestants et rencontre les leaders de l’opposition (parmi eux, Oleh Tyahnybok, chef du parti Svoboda, on y reviendra). Le Sénat américain va jusqu’à adopter une résolution demandant à Viktor Ianoukovytch de s’abstenir d’user de la force, tout en demandant à toutes les parties d’éviter les discours haineux et les actes antisémites (curieux ! On y revient aussi).

Mais, au cœur de l’hiver, la tension monte peu à peu… jusqu’aux événements tragiques de février. Dans l’après-midi du 18 février, la foule part à l’assaut des forces de l’ordre. Six policiers sont tués à Kiev. Le 20 février les forces de l’ordre sont autorisées à tirer à balles réelles pour reprendre le contrôle de la situation et évacuer la place du Maïdan. De part et d’autre, des hommes tombent. Dans leur immense majorité victimes de snipers dont l’identité est encore aujourd’hui inconnue.

Le bilan au 22 février fait état de 82 morts (dont un tiers du côté des forces de l’ordre). Face à ce drame, sous la pression, Viktor Ianoukovytch démissionne et quitte le pays. La révolution du Maïdan vient de se dérouler sous nos yeux. Elle s’est caractérisée par sa très forte dimension internationale, et l’ingérence constante des États-Unis et de l’Union Européenne (voir aussi cet article du Monde).

Pravy Sektor, bataillon Azov et Svoboda

Pour les médias français, pas l’ombre d’un doute. Il s’agit d’une révolution populaire. Partout dans les rues, le peuple ukrainien a pris son destin en main. Seul, et sans armes, il est venu à bout du régime après 3 mois de manifestations, et 4 jours d’affrontements sanglants. Une réalité peut-être un peu trop simple.

Sur internet, via les réseaux sociaux, un autre son de cloche se fait entendre. On y voit des manifestants armés, des milices para-militaires, des crânes rasés, et surtout… on y voit les manifestants tomber, non pas atteints par les balles des forces de l’ordre leur faisant face, mais touchés de dos, par de mystérieux snipers. Tout cela sera relayé, quelques mois plus tard, très discrètement par le nouvel obs.

néo-nazis

Mais qui sont donc ces hommes armés ? Trois noms reviennent sans cesse dès les premiers jours : Pravy Sektor, Bataillon Azov et Svoboda.

Pravy Sektor

drapeaux secteur droitLe Pravy Sektor (ou « Secteur Droit ») est un parti politique ultra-nationaliste ukrainien. Créé en tant que milice paramilitaire en novembre 2013, pendant les événements de l’Euromaïdan, il se structure en parti politique en tant que tel en mars 2014. Il est dirigé par Dmytro Iaroch, dont nous avions révélé, lors de sa nomination comme conseiller du gouvernement ukrainien qu’il était recherché par Interpol (fiche de recherche à l’appui). Cette milice s’est ensuite illustrée durant la guerre du Donbass contre les populations civiles russophones.

Bataillon Azov

drapeaux azovS’il a été formé officiellement en mai 2014 pour lutter contre l’insurrection des russophones du Donbass, les hommes qui le constituent étaient déjà présents sur le Maïdan. Dans un post publié sur Facebook, Arsen Avakov (Ministre de l’Intérieur de l’Ukraine) déclare que les États-Unis vont envoyer des parachutistes en Ukraine pour entraîner les unités du bataillon Azov… mais que le Canada refuse lui de former ce même régiment à cause de ses penchants néo-nazis. Idéologie dont cette milice utilise beaucoup de symboles.

Svoboda

drapeaux svobodaSvoboda (ou « Liberté ») est un parti politique d’extrême-droite. Fondé en 1991 sous le nom de Parti Social-Nationaliste d’Ukraine, il change de nom en 2004 avec l’arrivée à sa tête d’Oleh Tyahnybok. Dans une volonté de dé-diabolisation, il change également son symbole, le Wolfsangel (utilisé pendant la guerre par certaines unités nazies). Russophobe, homophobe, raciste et antisémite, ce parti s’est illustré en se classant en 2012 dans le Top 10 des antisémites de l’année du très sérieux Centre Simon Wiesenthal.

Seulement voilà, avant Paul Moreira et son excellent documentaire, personne ne semblait avoir vu tout cela dans nos médias mainstream. Et l’on ne remerciera jamais assez Olivier Berruyer et son excellent blog les-crises.fr d’avoir été, en France, le fer de lance de l’éveil citoyen sur la réalité du Maïdan, dès les premières heures des événements.

Paul Moreira ose dénoncer les néo-nazis ukrainiens  

Sur le papier, voilà bien un documentaire qui n’aurait dû faire aucune vague lors de sa diffusion. Mieux, le bon sens commun aurait laissé penser à un accueil enthousiaste et à des commentaires flatteurs. C’est bien mal connaître le contexte dans lequel s’est déroulée cette révolution.

Paul Moreira (fondateur de 90 minutes sur Canal+ puis de la société de production Premières Lignes) vient ici apporter une caution incontestable (quoique déjà contestée…) à tout ce que nous relayions déjà il y a 2 ans, presque jour pour jour. Et c’est bien cela qui dérange. Non pas, évidemment, la dénonciation de groupuscules violents et identitaires, mais bien le fait que personne ne les ait dénoncés plus tôt ! Alors même qu’à l’évidence tout le monde savait… puisque nous savions !

Cela ouvre alors une véritable boîte de Pandore ! Car évidemment, ces dernières années nous avons dénoncé, avec la même force, et les mêmes preuves incontestables, beaucoup d’autres scandales. Le soutien de nos dirigeants à beaucoup d’autres groupes bien peu recommandables, dans le seul but de satisfaire leurs propres intérêts. Ce reportage remet à lui seul en question tout le « double standard » de nos élites dominantes.

On peut critiquer Viktor Orban, le président hongrois, lorsqu’il fait installer des grilles à la frontière de son pays, mais pas les États-Unis lorsqu’ils construisent un mur avec le Mexique. On peut s’indigner des décapitations de Daesh, mais pas de celles du roi Al Saoud en Arabie Saoudite. On peut blâmer la colonisation française, mais on doit applaudir celle d’Israël en Palestine. On peut condamner les néo-nazis grecs d’Aube dorée, mais pas ceux du Pravy Sektor, du bataillon Azov ou de Svoboda en Ukraine…

À l’évidence ce double standard de l’élite française commence à se voir et pourrait rapidement lui provoquer quelques revers dans l’opinion publique.

La contre-attaque de l’intelligentsia française

L’ambassade ukrainienne lance le bal

Cela ne surprendra personne, la contre-attaque est tout d’abord venue d’Ukraine, par l’intermédiaire de son ambassade en France, via une publication facebook. Avec une faute d’orthographe par phrase (fautes que nous nous sommes permis de corriger) et tous les mots-clés de la novlangue (que nous avons soulignés), voilà bien un texte que Najat n’aurait pas renié :


« La version de M. Moreira des événements en Ukraine, y compris l’annexion illégale de la Crimée, est une douce musique aux oreilles des partisans des théories du complot et des propagandistes pro-russes. Cela fait de ce reportage un pamphlet à la hauteur des pires traditions de désinformation. (…) l’auteur a créé un film qui génère des préjugés et induit les téléspectateurs en confusion sur les événements tragiques que l’Ukraine a subi ces derniers temps. Les tentatives d’explication de ces événements comme une opération financée par les États-Unis ne sont pas seulement malhonnêtes, mais totalement irrespectueux envers nos concitoyens assassinés en plein coeur de Kiev en défendant l’aspiration démocratique de leur pays. M. Moreira a le droit d’avoir son opinion sur les États-Unis, mais une telle propagande n’a pas sa place dans un documentaire montré aux téléspectateurs français qui n’ont aucun moyen de savoir qu’ils sont induits en erreur. Ce n’est pas du pluralisme dans les médias, mais de la tromperie, et Canal+ serait bien avisé de reconsidérer la diffusion du film. Vous le savez, sans doute, ce genre de journalisme déloyal est une arme très puissante qui peut en effet être utilisé au détriment de vos téléspectateurs »

À noter malgré tout que la direction de Canal+, Vincent Bolloré en tête (président du Conseil de Surveillance du Groupe Vivendi, propriétaire de Canal+) n’a pas cédé à cette pression.

Mais, plus inquiétant, cette réaction a aussi et surtout été très largement relayée par notre élite nationale, qui n’a pas manqué de renchérir.

Un relai vite trouvé dans l’élite française

Nous vous proposons ici quelques « morceaux choisis » tirés de la presse française subventionnée, venue à la rescousse de l’ambassade d’Ukraine.  La palme de la condescendance est incontestablement décernée à Galia Ackerman et à son « collectif  » qui déclare sans honte dans le Monde :

« L’enfer est pavé de bonnes intentions : le désir sincère de débusquer le péril brun en Europe partout où il se cache peut conduire des esprits simplistes à se retrouver paradoxalement aux côtés de l’extrême droite populiste et antieuropéenne. C’est ce qui vient d’arriver à une équipe de Canal+, pourtant animée d’intentions progressistes et même antifascistes ».

Avant d’assainer quelques lignes plus loin le mot magique… « conspirationniste » pour finir sur un presque inattendu point Godwin… « négationniste », comme qui dirait… le mot est lâché… Il faut dire que le titre de l’article ne laissait guère l’espoir d’une quelconque demi-mesure : « Sur Canal+, un documentaire diffuse la propagande du Kremlin contre l’Ukraine ».

La rédaction du Monde, vient en personne renchérir sous la plume de Benoît Vitkine dans sa rubrique Télévision & Radio. Parlant des groupuscules néo-nazis, il s’étrangle : « Il les présente comme une force politique majeure, quand leurs scores électoraux sont dérisoires. » feignant de croire que cette révolution s’est faite dans les urnes… pathétique !

Renaud Rebardy, dans Libération reconnaît que ce documentaire « ne contient pas de révélation et aucun fait nouveau » (ce qui n’est pas tout à fait faux…) avouant ainsi qu’il connaissait le rôle des milices d’extrême-droite et la complicité américaine dans ces évènements. Puis il parle « d’obsession anti-américaine » là où nous avons vu au mieux une « obsession anti-néo-nazie » (serait-ce la même chose ?).

Le titre de son article, qu’il semble avoir copié sur Galia Ackerman (« Canal+ met en images le discours du Kremlin ») est particulièrement malin et ambigu. Au premier abord il laisse lui aussi penser à une accusation en propagande, au relai de thèses « complotistes » russes… Sauf qu’il est en vérité inattaquable. Canal+, par l’intermédiaire de Premières Lignes, a effectivement mis en images le discours du Kremlin… Preuve que le Kremlin disait juste… contrairement à nos médias.

Le Nouvel Obs, peut-être un peu amnésique, après l’article que nous mentionnions plus haut, y est lui aussi allé de sa petite pique.

Analyse du documentaire

Pour avoir passé mes nuits de février 2014 (pendant les événements du Maïdan) puis de mai (lors du drame d’Odessa) sur le blog d’Olivier Berruyer et les vidéos diffusées sur internet, je dois reconnaître ne pas avoir appris grand-chose à l’écoute de ce documentaire. Il n’en sera pas de même pour tous ceux qui s’étaient informés sur ces faits dans nos grands médias français.

Mais l’intérêt du documentaire n’est pas que là. Avant tout, il marque d’une pierre blanche le début d’une prise de conscience, dans nos médias subventionnés, des mensonges éhontés relayés à l’époque. Ce documentaire est donc non seulement très intéressant, mais aussi et surtout… salutaire !

Pour ne pas être accusés, malgré tout, de manquer d’esprit critique, nous avons poussé plus loin l’analyse.

Les snipers de la place du Maïdan

Si les snipers du Maïdan sont rapidement évoqués, un élément crucial des terribles journées de février n’est pas abordé : les vidéos montrant les manifestants atteints dans le dos (voir ici), par surprise, alors qu’ils faisaient face aux forces de l’ordre ! Ce point est d’autant plus troublant qu’une autre question reste encore aujourd’hui sans réponse. Comme nous le révélions en mars 2014 (ici) les victimes, policiers comme manifestants, ont été blessées par les mêmes balles ! L’identité de ces snipers est encore aujourd’hui LA grande question du Maïdan.

Natalie Jaresko, ministre des finances américano-ukrainienne

Comme précisé dans le documentaire, Natalie Jaresko est effectivement américaine. Mais ses parents sont ukrainiens et elle a très tôt, dès 1992, émigré en Ukraine. Cela aurait mérité d’être précisé pour ne pas prêter le flanc à la critique. Reste que comme le dit Paul Moreira, elle a bien été naturalisée ukrainienne, et qui plus est, le jour même de sa nomination au poste de ministre. Et qu’en tant que citoyenne américaine, nous sommes en droit de nous demander les intérêts qu’elle défend dans ce contexte hautement géopolitique.

L’authenticité des photos du bataillon Azov

En déclarant « sur internet, des photos se multiplient, inquiétantes. La plupart ont sans doute été postées par les officines de propagande de leurs ennemis russes, mais elle semblent authentiques », Paul Moreira laisse paradoxalement planer le doute sur l’authenticité de ces photos, ce que certains détracteurs n’ont d’ailleurs pas manqué de lui faire remarquer (voir les articles mentionnés plus haut). Nous pensons comme lui que ces photos sont authentiques dans leur grande majorité. Bien assez en tout cas pour que cela soit effectivement très inquiétant.

L’horreur du drame d’Odessa

Si le drame d’Odessa est très fidèlement conforme à l’analyse que nous avions eue à l’époque, le spectateur avisé ne pourra que remarquer l’évocation très pondérée de ces événements pourtant ultra-violents. Sans aller jusqu’à montrer l’horreur des corps carbonisés ou des hommes achevés au sol à coups de bâton après avoir sauté dans le vide pour échapper aux flammes, le ton des témoins nous a semblé très détaché. Oubliés aussi les véhicules de secours empêchés d’arriver sur les lieux, ou les entrées de l’immeuble condamnées par les assaillants.

Les pro-russes au brassard rouge

Paul Moreira explique très bien la genèse du drame d’Odessa. L’affrontement entre une horde de supporteurs anti-russes, à la sortie d’un match de foot, et une toute petite minorité de pro-russes au brassard rouge… Il passe par contre sous silence un élément clef de ces événements. De nombreuses vidéos de l’époque ont montré que ces hommes au brassard se sont protégés derrière les forces de l’ordre après avoir excité la foule. Comment dès lors ne pas s’interroger sur une possible manipulation de ces événements ?

Une accusation américaine en demi-teinte

Si Victoria Nuland (« la dame aux petits pains ») en prend pour son grade, notamment dans la séquence de son interrogatoire devant une commission d’enquête parlementaire, elle est à peu près la seule ! Malgré son rôle central dans les événements, c’est bien toute l’administration américaine qui a pesé de son poids dans la balance, ce que montre finalement peu le reportage. Plus gênant encore, le fait de laisser penser que Victoria Nuland ait pu ignorer l’existence de ces milices.

Nous le disons clairement, c’est impossible. Il n’est plus contestable que les États-Unis se soient volontairement appuyés sur ces groupuscules néo-nazis pour renverser le régime ukrainien. Ce que Paul Moreira finit par admettre à demi-mot en déclarant : « les États-Unis souhaitaient de toutes leurs forces le changement de régime à Kiev. Sans les troupes de choc de l’extrême droite, celui-ci n’aurait pas été possible »

L’attitude de la France passée sous silence

Plus grave encore en tant que Français, le rôle crucial de la France est complètement passé sous silence. BHL qui harangue la foule sur le podium érigé place Maïdan. Laurent Fabius ou Jean-Yves Le Drian en négociateurs zélés auprès d’Oleh Tyahnybok. Rien de tout cela ! Dommage, car il s’agit là de personnalités à qui l’on pourrait plus facilement demander des comptes.

Nous avions réalisé à l’été 2014, soit quelques mois seulement après les faits, une vidéo mettant justement en évidence le soutien éhonté de la France à ces mouvances néo-nazies alors même que leurs méfaits étaient déjà parfaitement connus. Un passage du documentaire de Paul Moreira, où l’on peut voir « Oleh » entouré de tous ses « amis » n’est d’ailleurs pas sans rappeler notre vidéo. Il serait intéressant de savoir si Paul Moreira avait eu l’occasion de la voir, ou si c’est juste qu’en faisant correctement son travail, on finit par arriver aux mêmes conclusions.

Au final, ce documentaire est incontestablement un remarquable travail d’investigation et de recherche de vérité, et ce, malgré les pressions exercées sur la production de Premières Lignes et la direction de Canal+. La rédaction du Cercle des Volontaires est en cela totalement solidaire de Paul Moreira et de son équipe. Merci à eux pour la qualité de leur travail.

Nico Las (TDH)

 

 

Source :  http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/02/09/canal-ose-denoncer-les-neo-nazis-ukrainiens-mailaise-dans-lintelligencia-francaise/

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09/02/16

François Fillion appelle à la levée des sanctions contre la Russie «le plus tôt possible»

 

Source: Reuters

L'ancien Premier-ministre de la France a indiqué que les sanctions économiques, imposées par l'Occident, ont gravement affecté les agriculteurs français et européens, n'ayant aucun impact sur la Russie.

En parlant de l'économie, François Fillon a souligné que l'abandon des sanctions était nécessaire pour régler la crise agricole.

«C'était un geste fou. Les sanctions n'ont eu aucun impact sur la politique internationale de la Russie, elles ont seulement aggravé les relations avec elle. Ces sanctions, par ailleurs, appauvrissent les agriculteurs français et européens, parce que tout cela, c'est un système économique unique», a-t-il dit dans un entretien diffusé sur la chaîne France 5.

A son avis, il faudrait tout faire pour que les pays de l'Union européenne exigent la levée des sanctions. «Il est grand temps que le président français François Hollande tape du poing sur la table et fasse pression pour que les sanctions soient levées», a ajouté François Fillon.

Selon le dernier rapport du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union Européenne, les pertes, à l’échelle de l’UE, s’élèveraient à environ 5,5 milliards d’euros et à environ 44 millions d’euros pour les seuls éleveurs de porcs français.

Face à cette crise du secteur agricole, plusieurs hommes politiques français ont évoqué la question de l'abandon des sanctions européennes. Parmi eux, le ministre de l’Agriculture, Stéphane le Foll, a déclaré que le président de la République et lui-même souhaitaient une levée des sanctions. Mais selon lui, le principal problème est que «ce n'est ni le ministre de l'Agriculture, ni même la France qui négocie avec la Russie», mais l’Union européenne.

 

 

SOURCE  https://francais.rt.com/france/15315-francois-fillion-appelle-levee-sanctions#.VrmOeJJ2hXk.facebook

 

Lire aussi

Quatre eurodéputés du Front national demandent la levée des sanctions contre la Russie

Posté par Jocegaly à 20:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

Fabius et Valls ont obéi aux injonctions d’Hillary Clinton en empêchant la libération de Georges Ibrahim Abdallah !

 

Des emails récemment déclassifiés émanant de Hillary Clinton, ancienne ministre étasunienne des Affaires étrangères et actuelle candidate aux élections présidentielles révèlent qu’en 2013, alors qu’elle était ministre, elle est intervenue directement avec Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères, pour empêcher la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

L’appel téléphonique en question entre Hillary Clinton et Laurent Fabius a eu lieu le 11 janvier 2013, c’est-à-dire le lendemain du jour où la Cour d’Appel a prononcé la libération de Georges Ibrahim Abdallah.

Ibrahim Abdallah, communiste révolutionnaire arabe, militant de la cause palestinienne, était détenu dans une prison française depuis 1984. En 2013, la plus haute Cour de Justice française lui a accordé sa libération conditionnelle.

Mais Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’y est opposé suite à l’intervention d’Hillary Clinton. Il a refusé d’extrader Ibrahim Abdallah au Liban et a prétendu qu’il ne lui serait pas possible de veiller à ce que celui-ci tienne parole une fois rentré dans sa patrie.

Georges Ibrahim Abdallah a été condamné à l’emprisonnement à perpétuité en 1987 pour sa participation dans l’assassinat de Charles Ray, attaché militaire américain, et dans celui de Yakov Barsimentov, diplomate israélien, survenus à Paris en 1982, ainsi que pour l’attentat de 1984 contre le consul général américain à Strasbourg.

Robert Homme- Ibrahim Abdallah, autrefois leader du mouvement de guérilla marxiste-léniniste FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) est connu pour être l’homme qui a passé le plus de temps dans les prisons occidentales.

Il aurait pu être libéré en 1999, mais sept appels consécutifs ont été rejetés parce qu’il n’a fait preuve d’aucun remords pour son crime et parce qu’il y avait tout lieu de penser qu’il reprendrait son combat révolutionnaire s’il était libéré et renvoyé au Liban.

Bien que le gouvernement français n’ait aucune autorité juridique pour annuler la décision de la Cour d’Appel du 10 Janvier, nous espérons que les autorités françaises puissent s’appuyer sur d’autres bases pour remettre en cause la légalité de cette décision.

Ce n’était certes pas la première intervention étasunienne dans le cas Ibrahim Abdallah. Trente ans plus tôt, en 1986, Ronald Reagan était intervenu aux côtés de François Mitterrand pour empêcher sa libération. Des fonctionnaires du Département d’Etat ainsi que des membres du Congrès n’ont cessé d’exiger qu’il soit maintenu en prison.

Le communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah a entamé sa 32e année de détention à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) -

Source : Le désordre et Secours Rouge

 

 

Qui est Georges Ibrahim Abdallah ?

C’est un Libanais arabe, militant de la cause palestinienne, emprisonné en France depuis 1984 et reconnu coupable d’avoir participé à des actions armées avec le mouvement FARL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban). Celui-ci combat les invasions sionistes et colonialistes au Liban.

Georges Abdallah est militant depuis son plus jeune âge. Il a d’abord travaillé avec le PSNS, Parti social nationaliste syrien, puis avec le FPLP, Front populaire de libération palestinien. Alors membre du FPLP, il a combattu et a été blessé en 1978 par les forces israéliennes qui envahissaient le Liban.

Communiste et internationaliste engagé, il considère la lutte arabe contre le sionisme et l’impérialisme comme partie intégrante du combat des travailleurs du monde entier contre le capitalisme.

Le mouvement FRAL (Fractions Révolutionnaires Armées du Liban) a été créé pour résister aux attaques impérialistes contre le Liban, menées par les États-Unis, Israël ou tout autre pays. Georges Abdallah a été accusé d’avoir participé à des attaques contre des responsables militaires américains et israéliens en France.

Depuis 1999, on a jugé qu’il pouvait être libéré. Pourtant, il continue à se voir refuser la libération conditionnelle bien qu’elle lui ait été plusieurs fois accordée par des juges français. Le gouvernement libanais a officiellement demandé sa libération et lui-même demande à être extradé au Liban.

Mais le gouvernement français est intervenu au plus haut niveau, avec les Américains et les Israéliens, pour lui refuser la liberté sur parole.

Samidou
n

29 janvier 2016

»» http://www.info-palestine.net/spip.php++cs_INTERRO++article15870
URL de cet article 29909
http://www.legrandsoir.info/fabius-et-valls-ont-obei-aux-injonctions-d-hillary-clinton-en-empechant-la-liberation-de-georges-ibrahim-abdallah.html

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Syrie - Le JT de France 2 utilise des images de frappes russes pour illustrer les succès de la coalition

Le ridicule ne tue pas . France 2 vit encore, et le journaliste aussi... jusqu'ici ils se contentaient de raconter des fadaises , comme l'utilisation des armes chimiques à la Ghouta par l'armée syrienne- 21-8;2013 pour servir de prétexte à attaquer la Syrie , alors que c'était par al nosra (comme l'a précisé la juge Carla del Ponte, l'enquêtrice envoyée par l'ONU..; et beaucoup d'autres ) , mais ils n'étaient jamais descendu jusqu'à attribuer à Hollande des succès russes!!! A vomir!

*

 Le JT de France 2 utilise des images de frappes russes pour illustrer les succès de la coalition

© capture d'écran france2

Dans le 20 heures de France 2 du 4 février, un reportage sur les frappes de la coalition en Syrie montre des images qui ne sont pas les bonnes. Le reportage montre des images de frappes russes alors que le commentaire parle de frappes américaines.

Le journal de 20 heures de France 2 débute avec un reportage sur les frappes en Syrie et à Alep. Après la diffusion d'un court reportage où les frappes russes sont vivement critiquées, un journaliste intervient en plateau pour donner plus d'informations et expliquer la situation.

Derrière celui-ci l'écran diffuse des images de frappes aériennes. Il explique alors qu'il s'agit des images de la coalition sous commandement américain. Il vante les mérites de ces frappes «chirurgicales» qui font moins de morts que les frappes russes. Ces frappes seraient plus précises, moins nombreuses et ne tueraient quasiment pas de civils. Mais le problème, c'est que les images diffusées ne sont pas celles de la coalition. Les vidéos à l'écran sont celles des frappes réalisées par la Russie et diffusées par le ministère de la défense russe. 

 

Etrange de diffuser des images des frappes russes «imprécises» pour illustrer l'action «chirurgicale» de la coalition...

On pourrait croire qu'il s'agit d'une malencontreuse erreur, mais il semblerait que ça ne soit pas le cas. Les vidéos originales du ministère de la Défense russe ont un time-code en bas, qui ici n’apparaît pas. A-t-il été supprimé délibérément ?  

 

Posté par Jocegaly à 16:10 - Commentaires [0] - Permalien [#]

A la Une: la Russie rebat les cartes en Syrie

 

Diffusion : mardi 9 février 2016
A la Une: la Russie rebat les cartes en Syrie

AFP

C’est un tournant dans la guerre en Syrie. L’armée de Damas, appuyée par d’intenses frappes aériennes russes, est en passe de reconquérir Alep, la deuxième ville du pays, tenue par la rébellion démocratique. « Alep, offensive décisive pour le régime Assad », s’exclame Le Monde en première page. Du coup, « la diplomatie est tétanisée, constate le quotidien du soir. Le processus initié à Vienne à l’automne 2015 pour un règlement politique de la crise syrienne entre les principaux acteurs internationaux du conflit, ce processus est déjà moribond. »

Car, explique Le Monde, « l’offensive d’ampleur lancée par le régime syrien à Alep, le 1er février, avec le soutien de la Russie et de l’Iran, n’a pas seulement condamné à l’échec les fragiles pourparlers de paix intrasyriens qui se tenaient alors à Genève sous l’égide des Nations unies. Elle a confirmé la détermination de Moscou à imposer sur le terrain les termes d’une solution politique. La perspective de sceller le sort de la rébellion à Alep encourage la Russie à aller au bout de la logique qui a sous-tendu son intervention en Syrie depuis l’automne 2015, à savoir, précise Le Monde, remettre en selle le président Bachar Al-Assad pour le poser en seule alternative aux jihadistes de l’organisation Etat islamique. Au grand dam de l’opposition et de ses soutiens étrangers, qui se trouvent à court d’arguments et de leviers face à la détermination russe. »

« Alep, tournant de la guerre civile syrienne », renchérit Le Figaro qui constate aussi que « la progression de l’armée de Damas, appuyée par les frappes russes, bouleverse la donne militaire et diplomatique. » Moscou avance ses pions : « Imposer sa solution sur le terrain en faisant de Bachar el-Assad la seule alternative aux jihadistes de Daech, c’était précisément l’un des objectifs de Vladimir Poutine, pointe Le Figaro, lorsqu’il a envoyé son armée au secours du régime syrien, le 30 septembre. C’est la raison pour laquelle il a compromis les négociations de Genève la semaine dernière en lançant son offensive contre Alep le premier jour de la conférence. Comme Bachar el-Assad, Vladimir Poutine a toujours soutenu que l’opposition syrienne, qu’il qualifie de  » terroriste « , ne pouvait faire partie de la solution en Syrie. Il lui faut donc éviter qu’elle ait son mot à dire sur l’avenir du pays, dans les enceintes diplomatiques comme sur le terrain. »

Et puis, poursuit Le Figaro, « en s’engageant militairement en Syrie, Moscou veut prendre sa revanche sur l’adversaire américain vainqueur de la guerre froide, mais aussi affaiblir et diviser l’Europe. En reprenant le contrôle de la Syrie utile, il consolide le régime de Bachar et restaure l’influence russe au Moyen-Orient. En coupant la route de la Turquie, la Russie casse l’approvisionnement en armes de la rébellion et fait un pied de nez à Erdogan, avec qui les relations sont exécrables. »

Pour Libération, « la chute d’Alep serait une tragédie et pas seulement pour la Syrie. Ce qui reste de crédibilité des Occidentaux est en jeu. A l’été 2013, malgré les «  lignes rouges  » clamées par Barack Obama, Washington avait renoncé à frapper un régime qui employait l’arme chimique contre son propre peuple. Cette dérobade a eu notamment pour conséquence d’encourager Poutine à la surenchère au Moyen-Orient ainsi qu’en Ukraine. »

Et Libération de s’interroger : « Deux ans et demi plus tard, un Obama encore plus timoré va-t-il rester sans réagir face à l’anéantissement des forces de la coalition de l’opposition que Washington soutient aux côtés de l’Arabie saoudite et de la Turquie ? On peut le craindre, répond Libération. Des centaines de milliers de civils dans une cinquantaine de villes sont assiégés par un régime qui n’hésite pas à utiliser la famine comme arme de guerre. C’est le cas à Madaya, 40 000 habitants, pourtant tout près de la frontière libanaise. Bientôt, ce pourrait être le sort d’Alep. »…/…

http://www.rfi.fr/emission/20160209-une-russie-rebat-cartes-syrie

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Piquemal interpellé: le gouvernement échoue, le peuple en fait les frais

 

Sur Sputnik news

21:37 08.02.2016(mis à jour 21:54 08.02.2016) URL courte
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L'ancien commandant de la Légion étrangère française Christian Piquemal interpellé à Calais, un nouveau modèle de justice? Face au gouvernement de plus en plus tendu, le général Picquemal semble en avoir fait les frais, estime l'interlocuteur de Sputnik Didier Tauzin.

Dans ce cas-là, ce ne sont pas les autorités municipales qui réagissent, mais le gouvernement, explique M. Tauzin, lui-aussi général. Alors que la France connaît aujourd'hui une montée importante de l'exaspération contre les migrants et contre le gouvernement lui-même, contre son inaction à l'égard des migrants, elle se retrouve devant un phénomène d'un gouvernement qui n'est plus vraiment légitime.

Non, ce gouvernement reste tout de même légal, avec tous ses membres traditionnellement élus, mais — il y a toujours un "mais".

"A partir du moment où le président de la république, le premier ministre, la plupart des élus de son gouvernement ont une côte de popularité très basse et qui continue de descendre, la légitimité démocratique commence à s'éroder très sérieusement", précise M. Tauzin.

Actuellement en France, on trouve de plus en plus de généraux qui se dressent pour contester la politique du gouvernement, poursuit M. Tauzin qui en a été le premier exemple, s'engageant lourdement en politique et souhaitant même se présenter à l'élection présidentielle de 2017. Pour un autre exemple, il y a le général Vincent Desportes, un stratège, qui réfléchit beaucoup, qui écrit et qui n'est pas engagé en politique. Finalement, il y a le général Picquemal, âgé de 75 ans, qui s'est dressé contre de graves dangers de sécurité publique, de dislocation de la cohésion nationale et de guerres ethniques et religieuses en France — et on sait bien ce qui en a résulté.

"C'est plutôt parce que le gouvernement, lui, est maintenant très tendu, aux abois, il cherche à faire d'une certaine manière avec le général Picquemal une démonstration de force à l'égard des généraux. Il commence à avoir peur des généraux", fait remarquer M. Tauzin.

Le gouvernement aux abois, et le général Picquemal en a fait les frais.

Mais la question reste toujours en suspens pourquoi, pour avoir participé à une manifestation, M. Picquemal a eu une peine aussi sévère.

"La manifestation a été interdite. Et le général Picquemal a passé outre cette interdiction. Il a considéré qu'il y avait des raisons beaucoup plus importantes que le respect de la loi. Il y a des raisons plus importantes pour continuer son action. Et ces raisons plus importantes, je le redis, c'est la cohésion nationale, c'est l'identité nationale, c'est le risque de guerres civiles, ethniques et religieuses. Il a considéré qu'il y avait des raisons plus importantes, il a accepté ce risque. Après tout cet homme est un soldat. Il a couru des risques militaires et là il a accepté de courir le risque d'être emprisonné".

Mais quel que soit le gouvernement, à droite ou à gauche, la France d'aujourd'hui se trouve en présence des idéologues qui depuis des années combattent la nation, voulant lui faire changer de civilisation. Et donc il apparaît un problème quand ils sont pris au dépourvu, surtout quand la nation se réveille — voilà ce qui se passe à l'heure qu'il est.
"Il y a un véritable réveil de la nation française. Alors que les généraux soient aux premières loges de ce réveil, cela me semble normal. Et c'est quelque chose de tout à fait symbolique de la France d'aujourd'hui", résume le général Tauzin.

 

Cédric Michel, président national du Syndicat de défense des policiers municipaux (SDPM), a même décidé de saisir la justice et a déposé plainte samedi auprès du parquet de Boulogne-sur-Mer, suite à l'interpellation de M. Picquemal.

La manifestation interdite où a participé le général Piquemal allait apparemment à l'encontre de la politique d'Etat actuelle d'accueillir des migrants, et des policiers municipaux ont participé à l'encadrement de cette manifestation, ce qui a été révélé par une vidéo en ligne de la chaîne russe RT, raconte-t-il dans un entretien accordé à Sputnik.

"Des policiers municipaux m'ont informé de ceci, y compris des policiers municipaux de Calais. Aujourd'hui, les policiers municipaux en l'état de la réglementation ne peuvent pas participer à un dispositif de maintien de l'ordre, dans des conflits à caractères sociaux ou revendicatifs de type +manifestation+, c'est interdit par la loi", explique-t-il.

Ainsi, le policier municipal qui participe à ce type de dispositif se trouve exposé au danger de manière physique parce qu'une manifestation peut dégénérer. Et si la situation dégénère, s'il est blessé lui-même ou s'il est amené à blesser un tiers, il n'est pas couvert juridiquement. Alors qu'en France, lorsque les responsabilités sont recherchées, ça peut aller très loin, se traduire devant un tribunal et il peut y avoir des condamnations pénales fortes, ainsi que des réparations civiles importantes.

La plainte de M. Michel visait ainsi à être une action forte dénonçant et rappelant le fait que les policiers municipaux ne peuvent pas participer à ce type de dispositif.

"Déontologiquement, je ne l'accepte pas parce que les policiers municipaux ont un employeur qui est le maire, qui est un politicien", souligne-t-il. "J'estime que déontologiquement ils ne peuvent pas s'investir dans un conflit social, dans un conflit d'ordre politique. C'est déontologiquement inacceptable. Le législateur en France a entendu ne pas associer les policiers municipaux aux conflits sociaux et c'est parfaitement normal, c'est parfaitement légitime".

Mais comment se fait-il que des policiers municipaux y ont participé? Le président du SDPM estime qu'il s'agissait certainement de quelqu'un qui a donné un ordre, mais qui — la préfecture, la mairie ou bien la mairie à la demande de la préfecture — il faut encore le découvrir.

Ayant appris que des policiers municipaux ont participé à un dispositif qui encadrait la manifestation, Cédric Michel a saisi le procureur de la république en déposant une plainte, et lui a demandé d'ouvrir une enquête pour vérifier les faits et visant à établir les responsabilités dans cette affaire.

"Je veux savoir, moi, qui a donné cet ordre de faire participer les policiers municipaux à un dispositif qui encadre cette manifestation ou pourquoi ils se trouvent à proximité. (…) Je répète — la plainte ne vise pas les policiers municipaux eux-mêmes, elle vise cet ordre, elle vise l'ordre illégal pour protéger les policiers municipaux pour que cela ne se reproduise pas à l'avenir", conclut-il.


Lire la suite: http://fr.sputniknews.com/france/20160208/1021580828/piquemal-interpellation-raisons.html#ixzz3zs8p5Uxt

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Les députés votent l'interdiction de la dissolution de l'Assemblée nationale pendant l'état d'urgence.

C'EST MIEUX QUE LES PLEINS POUVOIRS A PÉTAIN ! L'ÉTAT D'URGENCE AD VITAM AETERNAM...

Et ce même Parlement pour toujours, sorte d'assemblée nord-coréenne. Autant le fermer. Car l'état d'urgence, Valls l'a dit, ne sera levé que quand Daech sera anéanti. Cela n'en prend pas la tournure. Daech s'avère de plus en plus utile. Ils nous avaient tant vanté leur démocratie. Eh bien leur dictature c'est ici et maintenant avec le LRP$, le parti unique de la droitegauche. Dans cette logique ils vont aussi supprimer les élections !

Comme le fait remarquer justement Vincent Serveille le vote fait en catimini (démocratique et citoyen bien sûr...) a donné ceci :
103 Pour
26 contre
7 abstentions
et 441 députés absents de l'Assemblée.!

 

*

Les députés votent l'interdiction de la dissolution de l'Assemblée nationale pendant l'état d'urgence
L'Assemblée a voté un amendement du socialiste Sébastien Denaja, contre l'avis du gouvernement.

Les députés ont voté lundi soir l'interdiction de dissolution de l'Assemblée nationale pendant l'état d'urgence. Ils ont adopté un amendement du socialiste Sébastien Denaja qui dispose que "pendant toute la durée de l’état d’urgence, le Parlement se réunit de plein droit et l’Assemblée nationale ne peut être dissoute".

Un vote contre l'avis du gouvernement, qui avait déposé lundi un autre amendement, qui rendait caduc l'état d'urgence en cas de dissolution de l'Assemblée nationale.

La loi portant prorogation de l’état d’urgence est caduque à l’issue d’un délai de quinze jours francs suivant la date de la démission du Gouvernement ou de la dissolution de l’Assemblée nationale.Amendement du gouvernement

Une formulation jugée "hasardeuse" par l'élue PS de Paris Sandrine Mazetier, qui craignait que "toutes les mesures prises, en particulier les assignations à résidence, tombent du fait de la caducité de l'état d'urgence".

C'est finalement les députés qui ont emporté ce "débat gauche-gauche" (comme l'a qualifié le député Les Républicains de Paris Pierre Lellouche), puisque l'amendement de Sébastien Denaja a été adopté, faisant tomber les autres textes, dont celui du gouvernement.

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FN : Marine Le Pen ferme la porte à tout aggiornamento économique

Isabelle Ficek / Journaliste | Le 08/02 à 17:54
sur les Echos

Marine Le Pen.

 

La présidente du FN conserve la sortie de l’euro au cœur de son programme. En vue de 2017, le parti s’efforce surtout de gommer ses divisions.

Au Front national, tout le monde est, officiellement, rentré dans le rang. Tous derrière Marine Le Pen, qui fait, ce lundi soir sur TF1, sa rentrée médiatique, après le séminaire du parti d’extrême droite dans l’Essonne ce week-end, placé sous le thème de « l’arrivée au pouvoir. » Des vice-présidents Louis Aliot et Florian Philippot en passant par le secrétaire général Nicolas Bay ou le sénateur-maire de Fréjus David Rachline, les dirigeants du FN n’avaient lundi, à la bouche, que les éléments de langage : « cohésion », « unité », « maturité », « souveraineté monétaire et économique », « caricature de nos adversaires. » Des mots que Marine Le Pen devait remettre en avant sur TF1, fermant la porte, comme le laissaient entendre les débats pré-séminaire, à tout aggiornamento économique.

Sortie de l’euro

Le FN a en effet « réaffirmé » ce week-end « les grandes valeurs et les grands axes » de son projet politique, et en premier lieu, « la souveraineté nationale et la souveraineté économique et monétaire, conditions sine qua non du redressement de notre pays ». En clair, la sortie de l’euro, considérée par certains en interne comme un frein « anxiogène » à l’élargissement de son électorat en direction de la droite, demeure au cœur du programme économique du FN. Mais tous insistent sur le mot « souveraineté monétaire », plutôt que sur la sortie de l’euro. Tous martèlent également qu’il s’agirait, comme cela a toujours été le cas dans leur programme, d’une sortie « négociée » et « non brutale », a souligné David Rachline.

Surtout, petit gage aux plus « libéraux » du FN, Marine Le Pen veut mettre en avant d’autres pans de son programme, en particulier sur le « soutien aux TPE-PME, la justice fiscale », elle qui leur propose une baisse de l’impôt sur les sociétés. Et puis, toujours en quête de crédibilité, le FN veut tenter d’être audible sur de nouveaux thèmes, comme «l’innovation et l’industrie du futur, l’écologie » et ce qu’il appelle « le patriotisme alimentaire. »

Des changements de forme, qui vont avec la nouvelle affiche « La France apaisée » du parti, plutôt que des changements de fond. « C’est une énorme opération de maquillage », tacle un cadre.

L’image d’un parti « uni »

Bref, Marine Le Pen a refermé le débat qui était monté en interne après le second tour des élections régionales sur la stratégie du parti. Très - trop ? - risqué. La présidente du FN préfère, dans la perspective de 2017, mettre en avant l’image d’un parti « uni », qui « contraste avec les déchirements permanents des Républicains et du PS, tiraillés par les guerres de petits chefs ». Et souligner, comme tous les dirigeants du FN, la « progression » des scores du parti, niant, presque à la façon de la méthode Coué, l’existence d’un plafond de verre.

« Il fallait lâcher du lest, cela grognait en région avec des candidats lassés de se faire éclater au second tour. Ce séminaire est là pour faire passer le fait que les choses ne vont pas beaucoup bouger. Marine Le Pen veut bien la discussion mais si tout le monde est d’accord avec elle à la fin. Et puis il est difficile de faire son autocritique alors que les scores n’ont jamais été aussi hauts», analyse un cadre. Et il faut dire que la question posée - comment passer à 51 % ? - demeure, sans alliance, une équation encore très compliquée.



En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/021681671164-fn-marine-le-pen-ferme-la-porte-a-tout-aggiornamento-economique-1198594.php?Ko1cw6EPIdiQjHmV.99#xtor=CS1-25

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Quatre eurodéputés du Front national demandent la levée des sanctions contre la Russie

Sur RT

Source: Reuters

Sophie Montel, Florian Philippot, Dominique Bilde et Steeve Briois ont proposé une résolution au Parlement européen visant à mettre fin aux sanctions économiques qui visent la Russie depuis le mois de juillet 2014.

Face à la crise du secteur agricole, et plus particulièrement de la filière porcine, lourdement impactée par l’embargo russe mis en place en représailles aux sanctions européennes, les députés ont donc décidé de se mobiliser pour endiguer la chute des prix qui touche de plein fouet les agriculteurs.

«Ça me paraît scandaleux d’avoir une attitude aussi obstinée à l’égard de la Russie qui est un allié objectif de l’Europe et des peuples européens. […] Les sanctions à l’égard de la Russie ont créé de graves problèmes pour nos agriculteurs, notamment les agriculteurs français», a réagi Sophie Montel, interrogée par RT.

Près de 5,5 milliards d’euros pour les agriculteurs français

Les pertes, à l’échelle de l’UE, s’élèveraient à environ 5,5 milliards d’euros selon le Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union Européenne, et à environ 44 millions d’euros pour les seuls éleveurs de porcs français. Selon les eurodéputés, «ces sanctions anti-russes se révèlent particulièrement inefficaces puisqu’en quatre ans, la production de porc russe a augmenté de 26 %, faisant de la Russie un pays exportateur, ce qui a débouché sur la chute des prix dans certains pays de l’OCDE».

Interrogée par RT France, Dominique Bilde nous a confié son optimisme concernant cette résolution : «Je pense que cette résolution va aboutir car si tout le monde se mobilise pour la levée des sanctions, comme le font actuellement le ministre de l’agriculture ou la FNSEA, il va bien falloir que l’Europe prenne une décision, d’autant que la France occupe une place très importante au sein de l’Union». Questionnée sur une possible réaction des Américains, qui ont poussé les européens à mettre en place ces sanctions, l'élue du Front national (FN) s'est demandée : « Si on n’a plus aucune chance de changer les choses car les Etats-Unis viennent nous donner des ordres, alors à quoi cela sert-il d’être députée ?».

«Les collègues de mon groupe sont pour la levée des sanctions»

Sophie Montel s'est déclaré moins optimiste : «Les collègues de mon groupe sont pour la levée des sanctions, par contre, le reste du parlement souhaite le maintien des sanctions contre la Russie. En tout cas, la majorité de mes collègues du Parlement européen, c’est une évidence». 

Le 31 janvier, le ministre français de l’Agriculture, Stéphane le Foll, avait en effet déclaré que le président de la République et lui souhaitaient «une levée des sanctions», précisant qu’il était «allé en Russie pour négocier à ce sujet». Mais selon lui, le principal problème, c'est que «ce n'est ni le ministre de l'agriculture ni même la France qui négocie avec la Russie», mais l’Union européenne.

 

SOURCE : https://francais.rt.com/france/15062-quatre-eurodeputes-front-national-demandent

 

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