François-Xavier Bourmaud
06/01/2010
 

L'ancien premier ministre, mardi soir à Paris, lors de la projection en avant-première du documentaire de Patrick Rotman Lionel raconte Jospin.
L'ancien premier ministre, mardi soir à Paris, lors de la projection en avant-première du documentaire de Patrick Rotman Lionel raconte Jospin. Crédits photo : AFP


 Dans son livre d'entretiens, l'ancien premier ministre donne quelques pistes de réflexion au Parti socialiste.

Salle comble. Les socialistes se sont déplacés en masse mardi soir pour assister à la projection du documentaire consacré à Lionel Jospin et qui sera diffusé les 14 et 21 janvier sur France 2. Parallèlement, l'ancien premier ministre publie jeudi un livre, Lionel raconte Jospin (Seuil), dans lequel il revient sur l'ensemble de sa carrière politique. Une carrière qui s'est achevée le 21 avril 2002 avec son élimination au premier tour de l'élection présidentielle.

L'épisode traumatise toujours les socialistes. Depuis ce «coup de tonnerre », ils sont confrontés à une triple crise qu'ils n'ont pas encore réussi à surmonter : de leadership, de projet et d'alliance. En assistant à la projection du documentaire, ce sont aussi des réponses que sont venus chercher les socialistes, au premier rang desquels Martine Aubry, François Hollande et Bertrand Delanoë. Lionel Jospin leur a-t-il apporté des réponses ? À tout le moins des pistes de réflexion puisque l'ancien premier ministre ne se prononce jamais explicitement sur les difficultés actuelles qu'affronte le PS.

 

Sorte d'appel au calme

 

Sur la question de l'alliance avec le MoDem par exemple, Lionel Jospin ne dit pas un mot. Mais il détaille la réflexion qui l'a amené à bâtir la gauche plurielle après sa défaite de 1995 face à Jacques Chirac et son retour à la direction du PS. «J'ai voulu me situer dans la renaissance, la régénérescence de l'union de la gauche et je me suis tourné vers les communistes (…) Et je me dis qu'un nouveau courant de pensée existe, les Verts, et qu'il faut l'associer à cette majorité nouvelle. D'où l'idée de ne pas reprendre le vocable union de la gauche, qui aurait été daté, mais de renouveler ce vocable et de le dépasser dans une majorité plurielle », explique-t-il. Voilà qui valide peu ou prou l'initiative de Martine Aubry de bâtir une «maison commune de la gauche ».

Pour trouver des pistes de réflexion pour résoudre la crise de leadership du PS, les socialistes pourront aussi se pencher sur le livre. Déchiré depuis le référendum européen de 2005, le PS «n'a pas su pacifier sa vie interne ni régler la question de son leadership. Après la défaite de 2007 (…), le PS doit encore rétablir sa crédibilité comme force nationale d'alternance. Le problème, aujourd'hui, ne réside pas dans l'inactualité du socialisme mais, peut-être, dans la manière dont les socialistes font, trop souvent, l'actualité. S'ils prennent sur eux, il ne devrait pas être impossible d'y remédier », écrit Lionel Jospin dans une sorte d'appel au calme.

Quant à la crise programmatique, là aussi il livre quelques pistes en appelant ses camarades à s'interroger sur «les fondements du socialisme réformiste » aujourd'hui. Pour Lionel Jospin, il y en a trois : la priorité de l'économie sur la finance, une plus juste répartition des revenus, une régulation de l'économie mondiale. À l'heure où les socialistes s'apprêtent à lancer le grand chantier de leur programme présidentiel de 2012, voici donc quelques pistes à explorer. Lionel Jospin les a d'ailleurs prévenus avant la projection : «Il y a des enseignements à tirer de ce récit, de cet itinéraire, mais c'est à ceux qui sont responsables aujourd'hui du Parti socialiste et de la gauche de tirer les leçons. » Ou comment se tourner vers l'avenir en regardant derrière soi.

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Mon commentaire:  Bonjour la rénovation!!!