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 Jean-Luc Mélenchon contre la "marchandisation de l'école" et pour la scolarisation de 3 à 18 ans

Anne Brigaudeau

Publié le 30/01/2012 à 23H20, mis à jour le 31/01/2012 à 14H00

Jean-Luc Mélenchon (28 janvier 2012)

Jean-Luc Mélenchon (28 janvier 2012)

Dans un théâtre des Grands boulevards, Jean-Luc Mélenchon a présenté mardi soir ses voeux au monde de l'Education nationale. Il a dénoncé "la financiarisation" de l'école et s'est prononcé pour une scolarisation étendue de 3 à 18 ans.

Une petite foule se pressait lundi soir 30 janvier au Comedia, boulevard de Strasbourg  à Paris: Jean-Luc Mélenchon présentait ses voeux au monde de l'Education nationale.

Enseignants, retraités, syndicalistes, intermittents du spectacle étaient venus l'écouter dans ce théâtre parisien. Et même deux collégiens de troisième à Henri IV, Nicolas, futur journaliste, Victor, futur informaticien (qui va faire son stage d'entreprise chez Google...).

Tous deux enthousiasmés par le candidat du Front de Gauche à l'Elysée : "il va vraiment le faire ce qu'il dit. Son but c'est d'aider les gens". Et assumant de trancher dans leur établissement d'élite, parce qu'"ils sont vachement à droite, à Henri IV".

La preuve de l'Education nationale ? "Nous sommes la 5e puissance mondiale !"

Après une première partie très séventies, reprise par un groupe d'un tube de Serge Reggiani ("Les lou-oups sont entrés dans Paris") et lectures de textes de Jaurès ou Bourdieu, celui que la salle attendait arriva. Il ne déçut pas son public.

"L'école, expliqua Jean-Luc Mélenchon d'une voix qu'il cherchait à ménager, a été chargée de toutes les demandes", sans avoir les moyens d'y répondre. Elle a généré "des frustrations fortes", surtout chez les plus défavorisés.

Mais a-t-elle failli à sa tâche ? Et de s"emporter contre "le dénigrement obsessionnel des enseignants" alors que "84% des jeunes sont formés". La preuve de l'efficacité de l'Education nationale ? "C'est que nous sommes la cinquième puissance économique mondiale". Déferlante d'applaudissements.

"L'enseignement professionnel a permis de tester la marchandisation"

Passée la salve des critiques, le vif du sujet : "la financiarisation , la marchandisation des savoirs, l'organisation de l'école comme un marché, voilà la menace que le Front de gauche veut combattre frontalement".

"Comme d'habitude, c'est l'enseignement professionnel, poursuit l'ancien ministre de Lionel Jospin, qui a permis de tester cette marchandisation. Il y a une certaine indifférences des classes supérieures envers cet enseignement professionnel." Mais "c'est un marché particulièrement juteux. D'autant qu'on a fait passer le bac pro de quatre à trois ans. Mécaniquement, le taux d'échec s'est élevé".

 

Affiche du Front de Gauche sur le théâtre Comedia

Affiche du Front de Gauche sur le théâtre Comedia © AB

"L'apprentissage, source d'élimination de la jeunesse scolarisée"

Le candidat à l'Elysée soupçonne d'ailleurs Nicolas Sarkozy, après ses propos tenus dimanche soir à la télévision, de préparer un nouveau coup contre cet enseignement professionnel, en substituant à l'alternance l'apprentissage.

"Or l'apprentissage est une source d'élimination de la jeunesse scolarisée : 25% des contrats sont rompus dans les trois mois parce qu'on manque de maîtres d'apprentissage et parce que les entreprises ne sont pas des écoles".

"Les classes moyennes, a-t-il assené,  n'ont aucun intérêt à séparer leur sort des ouvriers". La marchandisation, a-t-il prédit, s'est attaquée d'abord au marché de l'enseignement professionnel - via des "certificats de compétence" sous-traités au privé, mais gagnera peu à peu tout l'enseignement.

"Moins de hiérarchie, plus de collectif"

Les maîtres-mots du candidat Mélenchon sur l'école ? On l'a compris, "définanciarisation" et "démarchandisation".

Le député européen n'a pas manqué de rappeler ses propositions, à rebours des réformes accomplies sous le dernier quinquennat. Abrogation de la loi LRU sur l'autonomie des universités, scolarisation étendue de sorte que le temps de l'éducation soit le plus complet possible pour élever chacun au plus haut niveau possible: de trois ans à 18 ans", titularisation de tous les  précaires de l'Education national via un examen professionnel, pré-recrutement des enseignants...

"L'école, a-t-il aussi proclamé, a le devoir de combattre le sexisme, le racisme, l'homophobie". Et de souhaiter, dans la vie de l'établissement, "moins de hiérarchie, plus de collectif".

Enfin, Jean-Luc Mélenchon prôna que soient enseignées parfaitement l'histoire en général et celle  de la Révolution française en particulier. 1789, toujours et encore, pierre angulaire et fondatrice de la "gauche républicaine"...et du Parti communiste, composante du Front de gauche.