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07.05.2012 à 12h07 • Mis à jour le07.05.2012 à 14h11

Par Alexandre Léchenet

 

Les enveloppes contenant plusieurs papiers sont considérées comme des votes "nuls", au même titre que le vote blanc.

Plus de 2 millions de bulletins blancs et nuls ont été glissés dans l'urne dimanche 6 mai pour l'élection présidentielle : 2 147 173. Avec 5,80 % des votants, le taux de ces bulletins ne choisissant ni François Hollande ni Nicolas Sarkozy atteint un niveau comparable à ceux des élections de 1995 et 2002. C'est en 1969, alors qu'il y avait deux candidats de droite au second tour, que la proportion de bulletins blancs et nuls a été le plus important : 6,42 %.

 

 

 

Marine Le Pen, qui a rassemblé au premier tour 6,4 millions d'électeurs, a annoncé le 1er mai qu'elle voterait blanc, sans donner de consigne de vote. Nathalie Kosciusko-Morizet a d'ailleurs accusé Marine Le Pen d'avoir "fait élire François Hollande" en votant blanc : "Appeler à voter blanc, c'est fuir ses responsabilités".

 

 

La distinction entre bulletins blancs et bulletins nuls n'est pas faite lors de la transmission des résultats, ne permettant pas de savoir, parmi les 2,1 millions, combien ont effectivement voté blanc. Il y avait 701 190 bulletins blancs et nuls au premier tour, soit 1,91% des suffrages.

RECONNAÎTRE LE VOTE BLANC ?

La reconnaissance du vote blanc "comme un vote exprimé" figurait au programme de François Bayrou, sans plus de détails sur les modalités. En 2010, une proposition de loi de Jacques Remiller, député (UMP-Droite populaire) de l'Isère, envisageait de comptabiliser les bulletins blancs et de reporter le scrutin s'il y en avait plus de 30 %. En Suisse, le vote blanc n'est pris en compte que lors du premier tour, pour établir une majorité absolue, mais il n'est pas comptabilisé au second tour.

 

 

Si les votes blancs et nuls avaient été pris en compte pour ce second tour, le candidat socialiste n'aurait pas atteint la majorité absolue, puisqu'il rassemble environ 48,6% des votants autour de son nom. Valérie Pécresse déclarait même le 7 mai que François Hollande avait été élu avec une "minorité des voix", ce qui prouve selon elle que "les solutions de la gauche face à la crise n'ont pas convaincu les français".

Alexandre Léchenet