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L’approche du sacré d’autrui ne relève pas du droit mais davantage de l’éthique et de la sensibilité. Le sacré, par définition,  se détermine par rapport à une certaine religion, à une certaine culture, des traditions spirituelles. C’est le sens supérieur que donne un individu ou un groupe d’individus à des éléments de l’existence ou à l’existence toute entière.

Lorsque l’on évoque ces choses, il ne s’agit pas simplement de deux rationalités qui se rencontrent mais des spiritualités, de l’affectivité, des cultures, des sensibilités, qui exigent de chacun, non pas de se défaire de ses propres droits, mais de ne pas tout réduire à une espèce de lutte de rationalités.

Le sacré d’autrui n’exige pas nécessairement une adhésion, mais une empathie intellectuelle, permettant de comprendre ce qui chez l’autre fait sens et parfois lui permet de vivre ou de survivre.

J’ai le droit de tout dire mais j’ai la responsabilité de savoir comment le dire, à quel moment le dire, à qui le dire et qui peut l’entendre.

Dans le cas de la diffusion de cette vidéo, des facteurs socio-économiques sont à prendre en compte. Il est intéressant de remarquer qu’aucun groupe de musulmans n’a réagi violemment dans les pays du Nord. Ils sont à l’aise, ils peuvent répondre et prendre de la distance.

Les peuples qui ont eu une réaction violente ont été menés, au départ, par des religieux populistes littéralistes. Pourquoi se sont-ils insurgés ? Parce que ce sont des gens dont les problèmes sont multiples : pauvreté, chômage, marginalisation, corruption. Quand la vie n’a presque plus de sens, la survie est dans le sacr