Sur VOLTAIRE

Le pétrole n’a pas d’odeur
L’ascension et la chute de Mikhail Khodorkovski

Le traitement médiatique occidental de l’affaire Khodorkovski illustre le « deux poids, deux mesures » que la presse atlantiste applique systématiquement à la Russie. Des hommes d’affaires ayant eu recours aux mêmes pratiques ont été lourdement condamnés en Europe et aux États-Unis, mais vu de Londres et de Washington, Mikhail Khodorkovski était un partenaire si utile qu’il doit être défendu à tout prix.

| Paris (France) | 6 juin 2005
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Mikhail Khodorkovski faisant la couverture du magazine Stalitsa en 1992

Le possible éclatement de la Fédération de Russie fait rêver les États-Unis depuis la dissolution de l’URSS. Ainsi pourrait disparaître leur seul compétiteur sérieux. Dans cette perspective, ils ont su saisir l’opportunité que représentaient de jeunes loups avides de pouvoir. Dans l’ombre de Boris Eltsine, et avec la bénédiction de Washington, de Londres et de Tel Aviv, 22 ambitieux se sont partagés les principales richesses du pays. Le plus riche de ces « oligarques », Mikhail Khodorkovski, est vite devenu leur allié dans cette entreprise de déstabilisation. L’histoire de sa compagnie, ce monstre pétrolier appelé Yukos, revêt des aspects géopolitiques, économiques, socio-psychologiques et politiques.

Il a eu la réputation d’être l’oligarque aux méthodes les plus sales de Russie. Ses appuis et ses gigantesques campagnes de propagande lui ont permis de se forger une image de golden-boy des plus respectables. Mais ni lui, ni ses pairs n’ont créé de richesses, ils ont uniquement fait sortir du pays tout