9 mars 2015 / Lorène Lavocat (Reporterre)

La permaculture, tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment de quoi il s’agit. Une branche radicale de l’agroécologie ? Une nouvelle tendance New Age ? Notre reporter s’est rendue à un week-end d’initiation, pour tenter de lever le voile.

- Thoiras (Gard), reportage

Le hameau de Rouveyrac se niche sur les pentes abruptes d’une vallée cévenole. Sous les châtaigniers, Tom, Simon et Charlotte ont installé une vieille gazinière, un canapé en cuir défoncé et un tableau en bois bricolé. Des livres s’éparpillent sur la table. Guide de botanique, essai sur l’agroécologie, manuel d’outils participatifs... Tout y est.

Nous sommes une douzaine, venus nous initier à la permaculture. Je me sens jeune novice, prête à recevoir les enseignements. Mais quels enseignements, au fait ? Le terme « permaculture » me semble entouré d’un mystère savamment entretenu.

Nombreux sont ceux qui ont déjà entendu le mot, très en vogue dans les milieux alters, mais peu savent le définir. Il faut pour cela passer par un stage d’initiation, voire une formation de plusieurs semaines. Moi et mes compagnons apprentis n’avons que deux jours pour nous immerger dans le monde permacole. La tâche paraît ardue...

Idée reçue n°1 : C’est la même chose que l’agroécologie

« La permaculture, c’est une démarche, une philosophie, explique Tom. Le but est de prendre soin de la nature, des Hommes et de partager équitablement. » Autrement dit : concevoir des cultures, des lieux de vie autosuffisants et respectueux de l’environnement et des êtres vivants. Comment ? En s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes et des savoir-faire traditionnels. Une éthique, et beaucoup de bon sens.


- Les trois piliers de la permaculture, sur le site http://videopermaculture.com/ -

Mais attention, elle ne se résume pas à l’agroécologie. « Aujourd’hui, on cherche à créer une culture durable, permanente, en prenant en compte tous les domaines de la vie humaine », explique Simon.

En 2002,