Sur Institut des libertés

 

« Ce papier est un peu spécial. Les lecteurs savent que je soutiens depuis des années qu’un véritable coup d’État a eu lieu contre les Nations Européennes à la fin des années 90. Je me demande si une espèce de contrecoup d’État ne vient pas d’être organisée en Pologne par le parti « Justice et Liberté ».

Je suis loin d’être certain de ce que j’écris ci-dessous. Si des lecteurs connaissent mieux la situation que moi, qu’ils interviennent »CG

 

 

Je dois dire que j’ai une grande sympathie pour les Polonais. Cette Nation admirable, regroupée autour de son Église  a sauvé plus d’une fois l’Europe, par exemple avec leur Roi Jean Sobieski en 1683 dont les 80.000 Polonais mirent une raclée aux 130.000 Janissaires Turcs sous les murs de Vienne. Les puissances Européennes de l’époque (Prusse, Autriche, Russie, sous le regard bienveillant de la France) surent remercier la Pologne comme il convenait en procédant à  son démembrement quelques temps après.

 

La Pologne ne réapparut comme État indépendant qu’après la guerre de 14-18, pour être à nouveau abandonnée à son sort en 1940 et dépecée par Hitler et Staline de concert, avant d’être totalement annexée par le même Staline en 1945, célèbre auteur de la phrase la plus stupide de l’histoire « Le Pape, combien de divisions ? ». Car c’est bien un Pape et Polonais de surcroit, qui fit s’écrouler l’Union Soviétique et le totalitarisme communiste avec elle. Et ils sauvèrent une deuxième fois l’Europe…

 

Pourquoi je raconte tout ça, doit se demander le lecteur ?

 

Tout simplement parce que la Pologne a montré tout au long de l’histoire et de façon constante qu’une Nation si elle est gouvernée par un État qu’elle n’a pas choisi a toujours le dernier mot en renversant cet État  peut être légal mais néanmoins illégitime et que « la Vérité l’emportait toujours sur le mensonge » comme le disait Jean Paul II, le plus grand des Polonais depuis Sobieski

 

Or les Polonais, lors des dernières élections dans ce pays ont non seulement choisi de porter au pouvoir le « Parti de la Liberté et de la Justice » (quel beau nom !), Conservateur, Catholique et Eurosceptique,  mais lui ont donné une majorité absolue au parlement, ce qui permet d’après la Loi fondamentale Polonaise à celui qui est au pouvoir de réformer quelques uns des excès commis par le parti qui exerçait le pouvoir avant. Or ce parti n’était autre que celui de l’excellent monsieur Donald Tusk, mondialiste, européaniste et très vaguement Catholique, lequel a filé vers l’Europe et ses rentes dorées en devenant le remplaçant de l’inénarrable Von Rompuy, l’homme dont personne n’a jamais compris à  quoi il servait.  Et cela bien entendu avant que le parti de monsieur Tusk ne soit ratatiné dans les urnes, laissant sa remplaçante prendre la claque à sa place, ce qui est d’une grande élégance. Mais le parti battu avait pris grand soin de laisser quelques bombes à retardement qui devaient  exploser à la figure des nouveaux élus dès leur arrivée au pouvoir.  Le parti du nouveau «Président» Européen avait en effet jugé bon, juste avant l’élection en Pologne, de virer les 5 juges constitutionnels de la Cour Suprême dont aucun n’était en fin de mandat,  pour y mettre des hommes aux ordres de Bruxelles, en espérant de ce fait bloquer toutes les réformes que le parti de la Justice avait promises, ce qui n’avait suscité bien entendu aucune réprobation ni dans la grande presse ni dans les institutions européennes.

 

Le nouveau gouvernement semble vouloir virer ces cinq juges, en nommer trois plus en rapport avec ce que veulent les électeurs Polonais pour remplacer les trois qui seraient arrives en fin de mandat après l’élection, et reprendre deux des anciens virés  qui n’étaient pas arrivés en fin de mandat et donc simplement détricoter la  forfaiture qu’avait accomplie le précédent gouvernement.

 

Voila qui est une preuve certaine pour Bruxelles que « le fascisme est en marche en Pologne » (sic !), comme chacun peut en juger.

 

De même, la Télévision et la radio publique avaient été noyautées avec tout le talent qu’on leur connait par des opposants à ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui et le nouveau gouvernement a donc considéré que la mission de ceux qui étaient payés par l’État n’était peut être pas de dire du mal du gouvernement en place et que s’ils voulaient critiquer, le plus simple était d’aller dans le secteur privé où la presse était libre et payée par les lecteurs ou les auditeurs et non pas par les contribuables.  La liberté de  dire du mal du gouvernement garanti par un emploi à vie dans une structure étatique ne parait pas être une notion très porteuse en Pologne aujourd’hui et à mon avis n’a pas grand chose à voir avec la Liberté de la Presse.

 

Pour ajouter à son crime, le gouvernement Polonais entend également nommer ou remplacer les patrons des sociétés d’audiovisuelles nationales et vérifier la ligne éditoriale des journalistes qui y travaillent. Et donc faire ni plus ni moins que ce que font les socialistes en France depuis l’arrivée de Mitterrand au pouvoir. Mentionnons France Inter(minable), France Culture, le ministère de la Culture, l’Université …et si quiconque à le moindre doute, qu’il vérifie simplement les compétences journalistiques du Président du CSA ou des nouveaux administrateurs de l’agence France Presse, totalement inexistantes. Par contre leurs sélections à ces sinécures se comprennent fort bien si l’on considère leurs carrières particulièrement heureuses, toujours aux confins de la haute administration et du parti socialiste …

 

Tout cela serait anecdotique et quasiment risible si la Commission Européenne n’avait jugé bon d’intervenir dans un débat qui ne semblait concerner que les Polonais.

 

S’appuyant sur un texte que personne n’a voté et que tout le monde ignorait si ce n’est elle, la Commission Européenne, ce parangon de démocratie, peut en effet ouvrir une procédure disciplinaire contre un pays qui prendrait des mesures internes dangereuses pour « l’État de droit », notion qui leur tient beaucoup à cœur, comme on l’a vu quand ils ont viré Papandreou et Berlusconi, tous les deux élus du peuple pour les remplacer par des créatures à eux et que personne n’avait élu. Et donc, si les Français portaient à la Présidence quelqu’un qui déplairait à la Commission, celle-ci pourrait ouvrir une procédure disciplinaire contre la France pour peu que l’heureux élu(e?)  veuille appliquer son programme.  Je mets ce texte en annexe tant il vaut son pesant de cacahuètes.

 

La justification juridique que la Commission s’octroie pour justifier de privilèges attentatoires à toute souveraineté nationale fait référence à l’article 7 du traité de Lisbonne, qui n’était que le faux nez de la constitution européenne refusé massivement par les électorats Français et Hollandais et que le Président Sarkozy a fait passer au parlement en dépit du fait qu’il avait été refusé par le Peuple. Voila un homme qui par cette forfaiture s’est rendu à mon avis inéligible à jamais comme gardien ultime de la Souveraineté Française.

 

Et donc le sous commissaire de service,  un nommé Gunther Oettinger, né  à Francfort, a obéi aux ordres de son chef, Frans Timmerman, né, on a du mal à  le croire tant cela est prédestiné, à  Maastricht,  et a envoyé au ministre  de la Justice Polonais une mise en demeure d’avoir à se justifier sur ces atteintes à l’État de droit, faute de quoi la procédure disciplinaire commencerait contre la Pologne.

 

Inutile de souligner que ce dernier, Zbiniew Siobro, a cru s’étouffer de rage et a déclaré vertement que la Commission n’avait rien à  dire sur les lois régissant les media en Pologne,  que les Allemands avaient donné des ordres en Pologne de 1939 à 1944 et qu’il était hors de question qu’ils recommencent, que son grand père s’était battu pour les contrecarrer et qu’il allait faire de même. A cela, il a ajouté que l’Allemagne ferait mieux de s’occuper de sa presse  à elle dont les silences récents ont été étourdissants comme par exemple sur les comportements des refugiés en Allemagne… Quant au ministre des affaires étrangères Polonais Witold Waszczykowski , il a déclaré que la Commission n’avait aucune autorité juridique pour juger d’une loi passée démocratiquement concernant les media locaux dans une Pologne Souveraine tandis que la Première Ministre déclarait au Parlement que la Pologne était un pays démocratique qui n’avait de leçons à  recevoir de personne.

 

Ambiance…

 

Ce qui n’a pas empêché bien entendu la procédure disciplinaire d’être lancée et on va en suivre son cours avec beaucoup d’intérêts.

 

Et cerise sur le gâteau, la grande agence de notations Américaine Standard and Poor’s a décidé de dégrader le note de la dette Polonaise  à deux étapes de « pourri » avec connotation négative en raison des atteintes à la démocratie qui auraient lieu dans ce pays alors que la dette de l’État est à peine à 50 % du PIB.

 

Quant  on sait que la France en est à  plus de 100% et bénéficie d’une notation avantageuse, on ne peut que s’incliner une fois de plus devant la compétence et la totale indépendance de pensée de ces agences.

 

On voit qui roule pour la Commission et pour qui la Commission roule…

 

Je trouve cette histoire fascinante pour plusieurs raisons :

 

      Je suis sidéré de cette prise de pouvoir certes légale mais totalement illégitime de gens que personne n’a jamais élu et qui prétendent défendre la démocratie.  Les Polonais peuvent se féliciter de ne pas être dans l’euro. Ca leur évitera d’être traités comme les Grecs par la BCE.

 

      Je suis abasourdi par la collusion