Isabelle Ficek / Journaliste | Le 08/02 à 17:54
sur les Echos

Marine Le Pen.

 

La présidente du FN conserve la sortie de l’euro au cœur de son programme. En vue de 2017, le parti s’efforce surtout de gommer ses divisions.

Au Front national, tout le monde est, officiellement, rentré dans le rang. Tous derrière Marine Le Pen, qui fait, ce lundi soir sur TF1, sa rentrée médiatique, après le séminaire du parti d’extrême droite dans l’Essonne ce week-end, placé sous le thème de « l’arrivée au pouvoir. » Des vice-présidents Louis Aliot et Florian Philippot en passant par le secrétaire général Nicolas Bay ou le sénateur-maire de Fréjus David Rachline, les dirigeants du FN n’avaient lundi, à la bouche, que les éléments de langage : « cohésion », « unité », « maturité », « souveraineté monétaire et économique », « caricature de nos adversaires. » Des mots que Marine Le Pen devait remettre en avant sur TF1, fermant la porte, comme le laissaient entendre les débats pré-séminaire, à tout aggiornamento économique.

Sortie de l’euro

Le FN a en effet « réaffirmé » ce week-end « les grandes valeurs et les grands axes » de son projet politique, et en premier lieu, « la souveraineté nationale et la souveraineté économique et monétaire, conditions sine qua non du redressement de notre pays ». En clair, la sortie de l’euro, considérée par certains en interne comme un frein « anxiogène » à l’élargissement de son électorat en direction de la droite, demeure au cœur du programme économique du FN. Mais tous insistent sur le mot « souveraineté monétaire », plutôt que sur la sortie de l’euro. Tous martèlent également qu’il s’agirait, comme cela a toujours été le cas dans leur programme, d’une sortie « négociée » et « non brutale », a souligné David Rachline.

Surtout, petit gage aux plus « libéraux » du FN, Marine Le Pen veut mettre en avant d’autres pans de son programme, en particulier sur le « soutien aux TPE-PME, la justice fiscale », elle qui leur propose une baisse de l’impôt sur les sociétés. Et puis, toujours en quête de crédibilité, le FN veut tenter d’être audible sur de nouveaux thèmes, comme «l’innovation et l’industrie du futur, l’écologie » et ce qu’il appelle « le patriotisme alimentaire. »

Des changements de forme, qui vont avec la nouvelle affiche « La France apaisée » du parti, plutôt que des changements de fond. « C’est une énorme opération de maquillage », tacle un cadre.

L’image d’un parti « uni »

Bref, Marine Le Pen a refermé le débat qui était monté en interne après le second tour des élections régionales sur la stratégie du parti. Très - trop ? - risqué. La présidente du FN préfère, dans la perspective de 2017, mettre en avant l’image d’un parti « uni », qui « contraste avec les déchirements