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George Soros principal soutien financier d’Avaaz

L’ONG Avaaz : Duper les progressistes sur les guerres [1/2]

Première partie

Même dans la communauté étasunienne progressiste, Avaaz est beaucoup moins connue que son organisation sœur. Pour mettre Avaaz en perspective, un petit retour en arrière est nécessaire.

Avaaz a été créée en 2006 et lancée officiellement en 2007 par l’action civique MoveOn.org et le petit groupe mondial de défense beaucoup moins connu et qui lui est étroitement lié, Res Publica, Inc. Son important soutien financier est venu du philanthrope libéral George Soros et de ses fondations Open Society (alors appelé Open Society Institute).

Les fondateurs individuels d’Avaaz incluaient trois de ses actuels dirigeants – Ricken Patel, Eli Pariser et Thomas Pravda — ainsi que Thomas Perriello, Andrea Woodhouse, Jeremy Heimans et David Madden. (Plus de détails sur eux ci-dessous.)

Si vous ne savez pas beaucoup de choses sur Avaaz, ou si vous pensez à elle, comme je l’ai longtemps fait, comme à une entité non étasunienne (en fait, son siège est à New York), ce n’est pas surprenant. En effet, beaucoup de ses campagnes ciblent des pays spécifiques autres que les Etats-Unis, et seulement un petit peu plus de 5% de ses 43.1 millions de membres y habitent. (Est membre quiconque a signé une fois une pétition Avaaz – et cela m’inclut.)

Pourtant, même ce petit pourcentage étasunien équivaut à 2.3 millions de personnes – un nombre qui rendrait envieuses la plupart des organisations militantes aux Etats-Unis. (À titre de comparaison, l’organisation affiliée d’Avaaz, MoveOn.org, revendique plus de 8 millions de membres.)

Le nombre de membres américains d’Avaaz est à peu près le même que celui des Allemands (2.2 millions), et beaucoup moins que la France, avec 4.3 millions, et le Brésil, avec un énorme 8.8 millions de membres. D’autres pays comptant plus d’un million de membres Avaaz comprennent l’Italie (2.1 millions), l’Espagne (1.8 millions), le Royaume-Uni (1.6 million), le Mexique (1.4 million), le Canada (1.2 million). L’Inde a 991 000 membres et la Russie 901 000. Dans l’ensemble, Avaaz affirme avoir des membres dans 194 pays, et son plus petit nombre d’adhérents — 81 — se trouve dans le territoire d’outre-mer britannique de Montserrat, pour une population de 5 100 habitants.

Avaaz est organisée sous le nom de Fondation Avaaz, un groupe de pression à but non lucratif 501(c)(4), dont le siège est à Manhattan. Elle se décrit elle-même comme ayant «une simple mission démocratique : combler l’écart entre le monde que nous avons et celui que veulent la plupart des gens partout dans le monde».

Dans le plus récent Form 990 filing déposé à l’Internal Revenue Service, signé en septembre 2015 pour l’année fiscale 2014, Avaaz a fait état de contributions totalisant $20.1 millions et des actifs nets de $7.6 millions. Avaaz, qui dit qu’elle est entièrement financée par ses membres, avait auparavant déclaré qu’elle n’acceptait pas de contribution unique de plus de 5000 dollars, mais cela n’a pas été le cas en 2014, puisque l’organisation a rapporté que 18 individus avaient contribué pour des montants allant de $5 000 à $15 383. Les noms des contributeurs ne figuraient pas dans le document déposé. Depuis environ 2010, l’organisation est considérée comme n’acceptant pas les donations d’entreprises ou de fondations – bien qu’elle ait reçu des subventions des fondations liées à George Soros au cours des trois années précédentes totalisant $1.1 million.

En réponse à notre demande sur le financement d’Avaaz et son lien, au début, avec Soros, la directrice de campagne Nell Greenberg a répondu :

«En ce qui concerne le financement d’Avaaz, ce mouvement a été fondé avec l’idéal d’être totalement autosuffisant et démocratique. Le 100% du budget d’Avaaz provient de petits dons en ligne. [] Avaaz n’a jamais accepté une contribution d’un gouvernement ou d’un entreprise, et depuis 2009 n’a pas sollicité d’aide auprès de fondations caritatives.»

Elle a poursuivi :

«Nous avons reçu une aide au démarrage de l’Open Society Foundation de George Soros, mais pas après 2009. Aucune grande société, fondation ou membre du conseil n’a une influence sur les orientations ou les positions des campagnes de l’organisation. C’est extrêmement important de garantir que notre voix soit déterminée exclusivement par les valeurs de nos membres, et pas par un grand bailleurs de fonds ou un agenda quelconque.»

Sur les quatre administrateurs actuels d’Avaaz, seul le directeur général Ricken Patel était indiqué comme travaillant à plein temps, avec un salaire annuel de $177 666 pour 2014. Le président Eli Pariser, le trésorier Thomas Pravda et le secrétaire Ben Brandzel ne sont pas employés sur une base quotidienne et aucun n’a reçu d’indemnisation en 2014. Sur les 77 employés d’Avaaz, les cinq membres du personnel qui touchent les indemnités les plus élevées après Patel ont reçu des salaires s’établissant entre $111 000 et $153 000.

Pour ses diverses campagnes intérieures et à l’étranger, Avaaz a rapporté avoir fourni en 2014 $3.2 millions de subventions aux organisations étasuniennes et $932 000 aux organisations étrangères. Les subventions de plus de 5 000 dollars sont réparties en cinq catégories, où les plus importants bénéficiaires sont le Fonds des Etats-Unis pour l’UNICEF ($1 million pour la formation des réfugiés syriens) et le Fonds forêts tropicales ($1 million pour la conservation des terres et des espèces).

Pour aider à combattre le virus Ebola, Avaaz a fourni $500 000 à l’International Medical Corps, $350 000 à Save the Children et $300 000 à Partenaires pour la santé. Pour organiser en septembre 2014 la Marche mondiale pour le climat à New York, Avaaz a accordé $27 500 à Align et $10 000 au New York Public Interest Research Group (NYPIRG). Pour compléter la liste, une subvention de $10 000 est allée à Amazon Watch pour «la protection de l’Amazonie».

Pour ses activités hors des Etats-Unis, Avaaz a dépensé le plus en Europe pour des campagnes, la publicité et le conseil – $6.2 millions. L’Amérique du Sud vient loin derrière avec $685 000 pour des services de conseil, suivie par l’Asie de l’Est et le Pacifique, avec $553 000 pour des campagnes et des services de conseil. Les dépenses dans cinq autres régions vont de $45 000 à $270 000.

Avaaz a rapporté que la fondation est toujours composée des deux mêmes organisations membres – l’action civique MoveOn.org et Res Publica, Inc. (U.S.) — les groupes fondateurs originels.

Res Publica, une organisation 501(c)(3), indique la même adresse à Manhattan que la 501(c)(4) Avaaz et fournit sans doute une aide non spécifiée à cette dernière. Au début d’Avaaz, les trois directeurs de Res Publica étaient Patel, Pravda et Perriello, précédemment cités. Les trois hommes avaient tous servi à l’International Center for Transitional Justice, qui «aide les pays traquant les responsabilités d’atrocités massives et les violations passées des droits humains». Déjà à l’époque, selon certaines sources, Avaaz indiquait l’Union internationale des employés des services et GetUp.org, basée en Australie comme organisations co-fondatrices, mais celles-ci semblent ne plus faire partie du tableau depuis longtemps.

Dans le plus récent Form 990 filing déposé par Res Publica à l’IRS pour 2013, Patel est indiqué comme directeur général, Pravda comme trésorier et Vivek Maru comme secrétaire. Aucun n’a touché d’indemnités. Les contributions pour 2013 se montaient au total à $963 895, dont $846 65 provenaient de « subventions gouvernementales » pour des buts non spécifiés. L’organisation a rapporté qu’elle « fournit des conseils stratégiques à d’autres organisations sans but lucratif [] et propose des campagnes éducatives et basées sur l’action par e-mail à des citoyens dans tous les pays, via son site internet ». Elle a aussi dit qu’elle soutenait des projets «à travers du parrainage fiscal centré sur la sécurité en ligne et la liberté d’internet pour les communautés réprimées dans le monde []».  

Voici les profils des co-fondateurs d’Avaaz et de ses respons