Le président en attente de bas de soie et de perruque à rouleaux a quitté la France, il a décollé de sa petite République située en périphérie de l’Allemagne, en périphérie de l’Amérique et en périphérie de l’Asie pour gagner l’Empire du Milieu. Il y a emmené « une cinquantaine de dirigeants d’entreprises dont ceux d’AccorHotels, LVMH, Airbus, Areva, Safran, BNP Paribas ». Ou devrais-je plutôt dire que ce sont eux qui l’y ont emmené – traîné, souriant et fat, par la peau du costard – aux frais de l’État, d’un État qui rogne sur tous les budgets sauf sur voyages organisés dans l’intérêt du Grossium.
Le président s’est envolé, en bon commis-voyageur des puissants et des profiteurs, pour s’entretenir, comme disent les journalistes, avec son homologue chinois. Il est parti pour lui coller des avions (ça tombe bien Airbus possède une usine d’assemblage à Tianjin et veut augmenter les cadences de production), des moteurs Safran, une usine de retraitement (sans Anne Lauvergeon) et des maisons de retraite. La France semble vouloir gagner à tout retraiter, de l’uranium très appauvri aux vieux suffisamment enrichis, et veut élire domicile en Chine. Le président dans les nuages souhaiterait même que le pays de Mao Zedong réserve un plus large accueil aux produits de son agriculture et de ses banques. Il demande plus d’ouverture, le président, il réclame une politique de la porte ouverte dans un pays qui fut autrefois envahi et déchiqueté par les chacals du capitalisme sauvage et qui aujourd’hui a son mot à dire.
Porté par les ailes du vent, il réfléchit, entouré de ses cinquante voleurs adeptes d’un libre-échang