Visible depuis le 3 septembre 2013 en Méditerranée orientale, confirmée le 12 avril 2014 en mer Noire, la supériorité de la technologie militaire russe sur celle des États-Unis commence à être prise en compte par les responsables du Pentagone. Le débat s’installe dans la confusion et dans un contexte où se mêlent la réalité de la situation et les fantasmes de suprématie américaine pour des siècles et des siècles.

 

 

Petit retour en arrière

Le 3 septembre 2013, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne étaient prêts à lancer une attaque contre la Syrie. Au dernier moment, le président Obama annulait l’opération et opérait un revirement à 180°. La raison en est probablement que les États-Unis auraient tirés deux missiles balistiques sur la Syrie depuis une base OTAN en Espagne, et ces deux missiles auraient été détectés puis interceptés par des missiles anti-missiles russes, à partir de navires opérant en Méditerranée orientale. Le message de la Russie était clair : «  Nous avons les moyens et la volonté de vous interdire d’attaquer la Syrie par voie des airs et de l’espace. »

Le 10 avril 2014, le destroyer USS Donald Cook entrait en mer Noire pour une mission de démonstration de force au large de la Crimée. Il est équipé du système de combat de dernière génération AEGIS, qui est un système de défense antiaérienne intégré, capable de relier divers moyens en réseau, de poursuivre et de traiter plusieurs centaines de cibles en même temps. Deux jours plus tard, un SU-24, avion des années 70, avec des entrées d’air carrées, entra dans le volume de détection des radars américains, fut détecté, sa trajectoire analysée, puis soudain, plus d’image sur les radars du système AEGIS. Quelques minutes plus tard, le SU-24, équipé d’une nacelle de guerre électronique, survolait le pont du Donald Cook.

À partir de cet incident, j’ai compris que la Russie avait la supériorité militaire sur les États-Unis. En effet, dans mon livre « L’art de la guerre aérienne », je démontre de manière logique que la supériorité dans le domaine de l’information, et particulièrement de la guerre électronique, est le préalable à la supériorité aérienne, elle-même indispensable pour qui veut mener des actions de surface, sur terre ou sur mer.