15 Nov 2017

sur investig'action

 Michel Collon vient de publier « Pourquoi Soral séduit ». Avec en sous-titre une série de mots qui peuvent paraître provocants : « banques, juifs, complots, capitalisme, crise, guerres, Israël, Front National, classes, PS, francs-maçons. Fantasmes et réalités. »
Ce livre en étonnera plus d’un. Pour certains en effet, Collon et Soral partagent le même combat contre les guerres de l’Otan ou le sionisme. Pour d’autres, ils défendent les mêmes dictatures et les mêmes thèses complotistes. Alors, Collon et Soral, même combat? « Non, répond le fondateur d’Investig’Action. Ce nouveau livre est l’occasion ou jamais de clarifier tout cela. C’était nécessaire, car, comme je le démontre dans mon bouquin, les idées de Soral mènent dans l’impasse. »

 

Pourquoi avoir écrit un livre sur Alain Soral?

Eh bien, que cela plaise ou non, il faut constater les faits. Alain Soral est, à mon avis, l’intellectuel français le plus influent auprès des jeunes. Son livre Comprendre l’Empire s’est vendu à plus de cent mille exemplaires en trois ans. Ses vidéos, longues et payantes, battent des records d’audience.

 

Entre les scandales, les procès et les divisions au sein de son mouvement, Soral n’a-t-il pas perdu de son aura ?

Il a toujours une grande influence. Moi-même, je rencontre régulièrement des jeunes, voire des moins jeunes qui l’apprécient. Mais surtout, ses idées ne sont pas vraiment nouvelles. Elles existaient avant lui et continueront d’exister après lui. Un personnage moins clivant pourrait les reprendre. C’est donc sur ce terrain-là que je me suis engagé. Certains ont déjà écrit des articles sur la personnalité sulfureuse de Soral. Moi, ce qui m’intéresse, c’est de décortiquer les thèses qu’il défend. 

 

Mais il défend la cause palestinienne et dénonce les guerres de l’Otan. Comme vous. Alors, pourquoi le critiquer ?

A première vue, ses raisonnements et ses analyses semblent correspondre à certaines impressions de bon sens. Mais j’ai fait l’effort de lire plusieurs fois son livre Comprendre l’Empire. Je l’ai analysé de près. Ma conclusion : il est incapable de mettre en lumière ces mécanismes du capitalisme qui conduisent aux guerres de l’Otan ou au colonialisme d’Israël. Au lieu de ça, Soral voit des complots partout et construit des histoires qui ne tiennent pas debout, une fois qu’on gratte un peu. C’est du roman.

 

On ne peut tout de même pas nier qu’il dénonce le système, la propagande de guerre ou la domination des marchés. Même s’il le fait autrement, ce n’est pas une bonne chose?

Il est très positif que beaucoup de gens se méfient des médias traditionnels et des explications officielles. Ils cherche