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Publié le 16/05/2018 à 11:56

 

FIGAROVOX/TRIBUNE - Selon l'historien Benoît Pellistrandi, le nouveau président catalan Quim Torra est une «marionnette» entre les mains de Puigdemont. Plus inquiétant, ce leader ouvertement nationaliste puise son inspiration dans la Yougoslavie de Milosevic ou l'Italie de Mussolini.

 


Agrégé d'histoire et ancien élève de l'École normale supérieure, Benoît Pellistrandi est professeur en classes préparatoires au lycée Condorcet à Paris et spécialiste de l'histoire espagnole. Il a notamment publié Histoire de l'Espagne, des guerres napoléoniennes à nos jours chez Perrin en 2013.


Après cinq mois de blocage politique, la majorité indépendantiste du Parlement de Catalogne a enfin été en mesure d'investir un président de la Généralité. Quim Torra, né en 1962, élu député pour la première fois lors des élections du 21 décembre dernier, sans aucune expérience de gestion mais une trajectoire de militant de la cause nationaliste, est devenu président de la Généralité.

Institutionnellement, Quim Torra est président de la Généralité à tous effets. Politiquement, il est un pion dans le jeu de l'ancien président Puigdemont.

De manière symbolique et hautement significative, Carles Puigdemont a interdit à son successeur d'utiliser le bureau présidentiel du Palais de la Généralité! De même, le gouvernement régional qui sera formé a été négocié entre Carles Puigdemont, sa coalition Junts per Cat, et Esquerra Republicana de Catalunya (la gauche républicaine nationaliste). Le mardi 15 mai, en signe ostensible d'allégeance à Puigdemont, Quim Torra s'est rendu à Berlin pour rencontrer «le président légitime». De même, le président du Parlement, Roger Torrent, n'a pas sollicité d'entrevue avec le roi Philippe VI pour l'informer de l'élection de Torra, comme le veut l'usage. Car c'est à la suite de cette information, que le roi signe le décret qui valide cette élection parlementaire.

Si avec cette désignation, le régime d'exception qu'entraînait l'application de l'article 155 de la constitution prend fin et les institutions catalanes retrouvent leur autonomie, on le voit, le bras de fer in