Sur LES ECHOS


Daniel Bastien / Editeur-web | Le 04/09 à 20:20, mis à jour à 20:36

 

 L’été, les guerres et l’« industrie » nouvelle des passeurs comptent beaucoup dans l’accélération du phénomène au cours des derniers mois.

Le flot montant des migrants a tétanisé tout l’été l’Europe - et jusqu’à peu ses dirigeants - au rythme de ses drames maritimes et de ses quêtes cahotiques à travers les Balkans. L’accélération de la crise est palpable, et les chiffres sont sidérants : quelque 340.000 migrants venant de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan ou d’Afrique ont gagné l’Europe depuis le début de l’année, selon l’agence européenne des frontières (Frontex) dont 137.000 au cours du seul mois de juillet. Et ils pourraient atteindre un million d’ici la fin de l’année. En Grèce, leur nombre double grosso modo chaque mois depuis le début 2015, et il sont déjà trois fois plus nombreux à y être arrivés depuis janvier qu’au cours de toute l’année 2014 ... Jeudi, 5.600 migrants et réfugiés sont entrés en Macédoine depuis la Grèce en une seule journée. Du jamais vu.

Comment comprendre ces « records » ?

D’abord, relativiser

Il faut d’abord avoir conscience que ces mouvements ne sont ni soudains, ni uniques. L’intensification fulgurante du phénomène migratoire vers l’Union européenne est en fait à l’oeuvre depuis 3 ans, et les 60 millions de migrants dans le monde attendus cette année représentent la plus grosse « poussée » depuis la deuxième guerre mondiale. Ils étaient 19 millions il y a 10 ans, selon les chiffres du HCR.

Le démographe François Héran, directeur de recherche à L’INED (Institut national d’études démographiques) rappelle de son côté que la France a, des années 1880 aux années 1920, accueilli sans grand problème 150.000 juifs russes fuyant les pogroms, plus de 700.000 Catalans ayant fui l’Espagne de Franco en 1939, et 170.000 boat people vietnamiens et cambodgiens.

Dans le cas de l’Europe, les mouvements de migration illégale ont enfin toujours été régulièrement rythmés par