La longue intervention que Vladimir Poutine a faite lors de la conférence du Forum Valdai qui se tenait à Krasnaya Polyana à la fin du mois d’octobre dernier, réveille les échos de sa fameuse déclaration à la conférence de Munich sur la sécurité en 2007. A l’époque, on avait voulu voir dans ces déclarations on ne sait quels relents de guerre froide. En réalité, la teneur du discours de Poutine était bien plus centrée que les principes communs que les grandes puissances devaient respecter si elles voulaient pouvoir coopérer entre elles. Or, le Président de la Russie a toujours, et de manière très cohérente, défendu la même position. Il en a donné une nouvelle preuve lors du dernier Forum Valdai[1].

 

La teneur du discours de Munich en 2007

Le discours qui fut prononcé par le président Vladimir Poutine en février 2007 à Munich a constitué un moment important dans les relations internationales. Il mérite encore d’être cité analysé avec précision[2]. Car Vladimir Poutine est le dirigeant politique qui a certainement tiré avec le plus de cohérence les leçons de ce qui s’est joué entre 1991 et 2005, autrement dit de l’avortement du « siècle américain » que l’on annonçait à la suite de l’effondrement de l’URSS[3]. Il en déduit l’importance de principes permettant d’organiser ces relations sur une base d’égalité entre les nations. C’est un retour aux bases de la politique « westphalienne » qui domine les relations internationales depuis le XVIIIème siècle. Ce retour découle du constat de la différence radicale des valeurs pouvant exister dans chaque pays. Faute d’une base morale et éthique permettant de faire disparaître le politique des relations internationales, ces dernières ne peuvent être gérées que par le principe fondamental du droit international, soit la règle d’unanimité et de respect des souverainetés nationales.

Or, et c’est ce que constate et déplore le président russe, les États-Unis tendent à transformer leur droit interne en droit international alternatif. On a vu cette démarche à l’œuvre avec les sanctions prises par les Etats-Unis contre des institutions financières (et en particulier la Société Générale), coupables simplement d’utiliser le Dollar américain dans des opérations contrevenant aux décisions prises par le gouvernement des Etats-Unis. Il convient de rappeler qu’il s’agissait de l’embargo contre l’Iran et contre Cuba, et que ces institutions financières n’étaient ni américaines, ni n’avaient imp